Les auditeurs ont réagi à l’emploi du terme « proxy » pour traiter de la guerre en Iran.
Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le mot « proxy » a fait son grand retour dans la bouche de vos journalistes. Or il existe un mot français pour désigner ce concept, il s’agit du mot « mandataire ».
Je pourrais dire la même chose au sujet de « deal » qui a remplacé le mot « accord ».
Il est très dommageable que Radio France, radio publique, donne un écho à de telles erreurs.
Une partie des messages témoigne de l’attention portée au vocabulaire utilisé dans les journaux et les reportages. Les auditeurs rappellent que les mots employés pour décrire les événements contribuent à la manière dont ils sont perçus et compris et ils s’interrogent sur certaines expressions entendues à l’antenne, qu’ils jugent parfois euphémisantes ou porteuses d’une interprétation. L’emploi de termes comme « frappes » ou « frappes préventives » est particulièrement discuté : certains auditeurs estiment que ces formulations reprennent le vocabulaire des acteurs du conflit ou qu’elles atténuent la réalité des bombardements.
Autre terme qui les conduit à nous écrire : l’emploi de « proxy ». Des auditeurs indiquent qu’ils ne comprennent pas ce mot. Ils disent ne pas en connaître la signification, ne pas le trouver dans le dictionnaire, et se demandent s’il s’agit d’un mot technique appartenant à un domaine spécialisé. Cette incompréhension les conduit à demander des explications afin de mieux saisir les enjeux du conflit.
Le mot « proxy » vient de l’anglais et signifie littéralement « procuration », « intermédiaire » ou « substitut ». Son origine remonte au latin procuratio (procuration), qui a donné en ancien français procuracie, puis en anglais médiéval proxy, utilisé dès le XVe siècle pour désigner une personne qui agit à la place d’une autre. Dans le langage courant anglophone, un proxy est donc quelqu’un ou quelque chose qui agit par délégation ou indirectement pour un autre acteur.
Dans le vocabulaire des relations internationales, l’expression « guerre par proxy » (en anglais proxy war) désigne un conflit dans lequel de grandes puissances ne s’affrontent pas directement, mais soutiennent des acteurs locaux qui combattent à leur place. Elles peuvent fournir des armes, un soutien financier, logistique ou politique à des groupes ou à des États alliés. En français, on parle traditionnellement de « guerre par procuration ».
Ce terme s’est diffusé largement pendant la guerre froide, lorsque les États-Unis et l’Union soviétique soutenaient des camps opposés dans différents conflits sans s’affronter directement. Des exemples souvent cités sont les guerres en Corée, au Vietnam ou en Afghanistan dans les années 1980. Aujourd’hui, le mot est utilisé pour décrire des situations où plusieurs puissances influencent un conflit en soutenant des forces locales, ce qui explique sa réapparition fréquente dans les analyses géopolitiques récentes.
Il faut aussi noter que le mot proxy est employé dans d’autres domaines, notamment en informatique, où il désigne un serveur intermédiaire qui relaie des requêtes entre un utilisateur et Internet. C’est généralement cette définition qui est donnée dans les dictionnaires. Dans tous les cas, l’idée centrale reste la même : un intermédiaire qui agit pour le compte d’un autre.
Quoi qu’il en soit, les réactions des auditeurs montrent que le vocabulaire choisi pour commenter cette guerre est attentivement écouté. Le recours à des termes étrangers ou perçus comme du jargon peut susciter des interrogations ou des crispations, certains auditeurs souhaitant que les notions employées à l’antenne soient soit traduites, soit expliquées afin de rester accessibles au plus grand nombre.
Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes
Depuis hier avec l’actualité en Iran, les journalistes se gargarisent avec le mot « proxy ». Là encore, foultitude de traductions possibles pour éviter cette cuistrerie et cette paresse.
Je suis fort déçu de vous entendre, sans fin, prononcer « PROXY », ce mot absent de mes dictionnaires et que nul n’utilisait il y a encore une semaine.
Est-ce à cause de la guerre ? Des guerres ?
De grâce, ne renoncez pas à votre capacité à vous exprimer de façon sensée, sans recourir à d’inutiles éléments de langage !
Est-ce que vous pourriez donner une définition du terme « proxy » dont tout le monde parle svp, je suis un peu larguée (62 ans); merci pour la qualité exceptionnelle de vos émissions sur France Culture.
« Proxy »
Je ne suis pas sûr qu’1 auditeur sur 10 connaisse ce terme !
S’agit-il d’un terme technique informatique ou bien d’un terme de finance ?
De mon temps tant à l’I.E.P qu’a H.E.C nous devions nous exprimer sans jargon….
SOYEZ CLAIRS !
Il est affligeant d’utiliser ce terme.
Enfin je peux toujours me « rabattre » sur la B.B.C.
Je vous remercie pour votre souci de la langue française.
Aujourd’hui, une précision :
Guerre par proxy peut se traduire par guerre par procuration.