Les auditeurs s’interrogent sur le traitement éditorial de la campagne des élections municipales en France. Pour leur répondre, Florent Guyotat, directeur adjoint de la rédaction de Franceinfo, est au micro d’Emmanuelle Daviet.

Emmanuelle Daviet: Depuis janvier, vous couvrez la campagne des municipales. Selon quels critères choisissez-vous les communes où vous envoyez des reporters, s’interrogent des auditeurs ? Cherchez-vous un équilibre entre les grandes métropoles et les villes moyennes ?

Florent Guyotat: Alors, depuis le mois dernier, vous entendez régulièrement cette petite musique à l’antenne.

[Extrait sonore : « Franceinfo, municipales 2026 »]

Florent Guyotat: Donc depuis le début de l’année 2026, nous avons sélectionné une vingtaine de villes en France, avec deux fois par semaine, le matin à 6 h 20 et 8 h 20, un reportage dans l’une de ces villes dans lesquelles on interroge les principaux candidats. Il y a évidemment le trio Paris, Lyon, Marseille, mais pas seulement. On a sélectionné les villes qui correspondent en fait aux grands enjeux nationaux. L’un des enjeux de ces élections, c’est l’éventuelle poussée du Rassemblement national. Est-ce que ce parti va remporter certaines villes importantes ? Nous nous sommes rendus notamment à Toulon. Vous l’entendez d’ailleurs encore aujourd’hui avec la visite sur place de Marine Le Pen. Et je vous donne un autre exemple, lors des dernières municipales en 2020, l’un des faits marquants, c’était la percée des écologistes qui avaient remporté des villes importantes comme Bordeaux, Besançon, Strasbourg. On se demande donc si les écologistes seront en mesure de conserver ces villes. Nous sommes retournés sur place pour voir comment la gestion de ces municipalités était appréciée par la population. Donc voilà pour certains des grands enjeux nationaux à travers 20 villes, grandes ou moyennes.

Emmanuelle Daviet: Et les communes rurales ?

Florent Guyotat: Alors, nous ne les oublions pas non plus. Nous avons organisé plusieurs journées spéciales autour des problématiques qui les concernent. Cette semaine encore, jeudi dernier, une journée consacrée à l’un des grands défis des maires ruraux : lutter contre la désertification médicale, attirer des professionnels de santé comme dans cette commune de l’Eure où le maire a réussi à trouver une infirmière qui prend en charge une partie du travail des médecins.

[ Extrait de reportage ]

Florent Guyotat: Extrait d’un reportage signé Anne-Laure Dagnet, du service Sciences-Santé-Environnement de Franceinfo. C’était jeudi dernier.

Emmanuelle Daviet: Florent Guyotat, intéresser l’ensemble de vos auditeurs à un sujet local, ça peut constituer un défi. Comment maintenir l’intérêt éditorial pour un auditeur qui habite à 600 kilomètres, par exemple, du lieu évoqué ? Est-ce que vous cherchez systématiquement à dégager une dimension nationale dans chaque reportage local sur le logement, la sécurité ou la santé, comme on vient de l’entendre.

Florent Guyotat: On s’efforce de faire ça. Oui, on entendait il y a un instant que l’on soit dans une commune de l’Eure ou de l’Aveyron, il y a des enjeux communs que l’on retrouve partout en France. C’est là-dessus que nous voulons insister. Et depuis le mois de janvier, en plus des reportages dont je vous ai parlé sur les principales batailles politiques, nous avons chaque semaine organisé une journée spéciale avec des thèmes comme les transports publics, la sécurité, la santé. On en parlait, l’environnement, l’attractivité économique. Que peuvent faire les maires dans chacun de ces domaines ? Quelles sont les limites de leur action ? Ce sont les questions que nous nous sommes posées.

Emmanuelle Daviet: Est-ce que la personnalisation autour des candidats reste un levier fort ? Ou bien est-ce que vous privilégiez les enjeux de fond ?

Florent Guyotat: On essaie de concilier les deux. La politique, c’est bien sûr une affaire de personnes. Vous entendez régulièrement parler de la rivalité entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire à Paris sur Franceinfo. Même chose à Lyon avec Jean-Michel Aulas et Grégory Doucet. C’est normal de traiter cela, c’est la vie politique. Mais la vie politique, c’est aussi des idées, des enjeux de fond. Et c’est pour cela que nous avons organisé toutes ces journées thématiques, au delà des affrontements entre personnalités.

Emmanuelle Daviet: Journées thématiques donc, à retrouver sur le site de Franceinfo.