Lundi 15 décembre, Patrick Cohen consacrait son édito politique à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) : « Dermatose bovine, récupération, désinformation« . Ce billet a divisé les auditeurs :
Dans son édito, M. Cohen ce matin a évoqué les éleveurs de bovins opposés à l’abattage total des troupeaux et “une campagne numérique aussi virale que la dermatose, qui mêle extrême droite et ultra-gauche, souverainistes, antivax, antisystèmes de tous poils”. Pourtant les agriculteurs demandent au contraire que la vaccination soit largement étendue et dans l’éditorial M. Cohen indique l’urgence en reconnaissant que la protection n’est efficace qu’au bout de 45 jours.
Je suis maraicher bio et éleveur de quelques bovins. J’ai beaucoup apprécié votre édito faisant appel à des sources trop peu souvent citées. Une chose est oubliée dans vos propos c’est l’impréparation du gouvernement et surtout des instances agricoles et vétérinaires qui le conseille alors que cette épidémie.
Fidèle auditeur de France Inter et éleveurs de vaches laitières depuis 40 ans, j’ai été choqué par l’édito de Patrick Cohen ce matin sur la DNC. J’écoute France Inter en trayant. Il a essentialisé les gens qui sont contre l’abatage systématique des troupeaux en les décrivant comme anti sciences. A la confédération paysanne, syndicat paysan très attaché à la science, nous avons travaillé depuis cet été sur le sujet et nos conclusions, comme la fédération des vétérinaires Européens, nous conduisent à affirmer que seule la vaccination permet de venir à bout de cette maladie.
Que cette question soit récupérée par la sphère complotistes est indéniable. Ce qui n’empêche pas d’avoir un regard pragmatique sur le dossier.
Patrick Cohen a repris les éléments de langage du gouvernement, il lui aurait suffi d’aller sur n’importe quelle IA pour avoir les études scientifiques sur lesquels on s’appuie.
Dire la science, la science, et ne regarder qu’une partie des résultats scientifiques tue la science. La science progresse qu’avec la controverse.
Merci, monsieur Cohen, pour l’explication, sur la DNC au grand public, je commençais à désespérer, je suis responsable agricole FNSEA, certes, mais avant tout mon engagement a toujours été de défendre l’intérêt général, notre local a été en partie saccagé, nos salariés sont là pour protéger les éleveurs, c’est aussi pour eux que je vous remercie. Ensuite les manifestants ont également souillé le monument des martyrs, déportés… ils parlent de génocide des vaches, dans le berceau des Bourbons. Il y a eu des tas qui nous ont traité de collabos. Mille mercis ! Trois jours à attendre une pensée non d’émotion mais de réflexion, un travail de journaliste quoi.
Je réagis à la suite de l’édito de Patrick Cohen ce matin 15 décembre sur France Inter. Je suis choquée par les affirmations péremptoires de M. Cohen sur cette crise qui secoue le monde paysan, établissant un parallèle entre la DNC et la crise Covid et classant sans nuance les agriculteurs opposés à l’abattage systématique des troupeaux en complotistes arriérés. M. Cohen affirme à l’antenne qu’il y a un consensus scientifique sur l’abattage en citant Jeanne Brugère Picoux. Ce n’est pas exact. L’Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA), déplore toute solution d’abattage. « L’opinion publique soutiendra toujours davantage des vétérinaires qui soignent et vaccinent que ceux contraints d’abattre (…) C’est une logique de facilité. On préfère abattre massivement sur un doute plutôt que de tester le cheptel. L’OABA demande la vaccination généralisée depuis 6 mois ! ». Outre cette dérive paradoxale alors qu’il prétend parler de désinformation, M. Cohen ne mentionne pas la violence choquante de l’assaut policier qui a eu lieu en Ariège, rappelant les dérives policières lors du mouvement des Gilets jaunes, de la ZAD de Notre Dame des Landes ou de l’affaire des mégas bassines de Ste Soline. Il ne mentionne pas non plus la division au sein du monde vétérinaire et scientifique sur cette pratique cruelle et violente. La fondation 30 millions d’amis dénonce clairement l’abattage, je ne crois pas qu’ils soient ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche.
Aucune allusion non plus au conflit d’intérêt d’Arnaud Rousseau président de la FNSEA qui détient des intérêts financiers dans le groupe avril, lié à l’élevage intensif et favorable au Mercosur. Pourtant là est bien le cœur de cette crise, opposant une agriculture paysanne à une industrie productiviste polluante qui par ses méthodes importe les zoonoses. Si M. Cohen s’était informé, il saurait que dans un communiqué de presse commun en date du 10 décembre, quatre syndicats agricoles du département de l’Ariège , ainsi que les Chambres d’Agriculture d’Ariège et de Haute-Garonne appellent le gouvernement à abandonner le dépeuplement systématique et « proposent une alternative scientifique », qui consisterait notamment à n’abattre que les animaux positifs au virus, d’accroître la surveillance des autres et à vacciner largement, au-delà des zones aujourd’hui prévues par la réglementation. Cette méthode a fait ses preuves ailleurs notamment en Afrique du Sud ou en Suisse. Le travail des journalistes est d’informer pas de faire de la politique en traitant sans aucune nuance une crise douloureuse pour les petits et moyens éleveurs, pour la ruralité en général, encore une fois rabaissée avec mépris par des journalistes qui visiblement ne sont jamais allés sur le terrain, pour enquêter sur le réel. Regrettable.
Je vous retrouve avec plaisir sur l’antenne ; bravo pour votre chronique. Enfin un commentaire tout à fait juste et qui remet les choses à leur place : les avis scientifiques et les lois qui s’appliquent.
Bravo au service public pour une information qui doit enfoncer et bousculer les opinions (majoritaires chez certaines tranches de population) : cette contamination doit être stoppée dans l’œuf (si je puis dire…clin d’œil à Morin, œuf poules vaches).
Les agriculteurs (que je respecte), ne comprennent pas que les mesures sont appliquées pour la communauté, cela coûterait beaucoup plus cher si nous n’éradiquons pas cette contamination tout de suite.
Très bien de proposer un “Téléphone sonne” là-dessus, il faut vraiment que les gens comprennent l’ampleur de la catastrophe si les agriculteurs continuent d’agir comme ils veulent.
Aujourd’hui Patrick Cohen dans sa chronique (le 15/12) a multiplié les amalgames et je trouve cela inadmissible. Parler des agriculteurs qui refusent l’abatage systématique de leurs animaux (et qui proposent des solutions pour éviter de voir leur travail de 30 ou 40 ans réduit à néant) ne sont pas des complotistes ou des antivax ! Non, on ne revient pas au temps du COVID ! Non ces éleveurs ne remettent pas en question la science puisqu’ils demandent la vaccination globale du cheptel ! Puisqu’ils mettent en avant des solutions qui ont fonctionné en Turquie par exemple.
Faire ces amalgames est dangereux, c’est encore une fois être source de clivage dans la société alors qu’elle n’en a pas besoin. Et c’est juste dérouler le tapis rouge à la FNSEA dont l’objectif est clair, et cela depuis des dizaines d’années : tuer les petits agriculteurs, renforcer les fermes usines et l’agro-industrie. Ce n’est pas pour rien qu’elle soutient l’abatage systématique…
Bref : votre chronique M. Cohen est plus que maladroite. Elle est partisane.
J’écoutais votre édito du jour sur l’abatage des troupeaux contaminés par la dermatose bovine, je n’ai rien à dire sur votre analyse mais quand vous dites que l’abatage systématique de la totalité du troupeau dans d’autres régions a fait ses preuves, il faudrait également parler des méthodes qui ont échouées pour prouver que la méthode radicale est la plus efficace. Le chirurgien coupe la jambe entièrement pour éviter l’infection du genou.