Les auditeurs ont réagi cette semaine au traitement éditorial de l’actualité internationale et à la hiérarchie de l’information. Pour répondre à leurs questions, Richard Place, directeur de la rédaction de franceinfo, s’est exprimé au micro d’Emmanuelle Daviet.
Emmanuelle Daviet: Beaucoup de messages cette semaine sur l’actualité internationale. On commence avec cette question : « Comment Franceinfo aborde et hiérarchise l’actualité liée au Groenland dans le contexte des déclarations de Donald Trump ? » Les auditeurs souhaiteraient savoir quels critères éditoriaux guident votre traitement éditorial.
Richard Place: Alors, l’actualité du Groenland, elle s’est imposée à nous via Donald Trump, comme tout le monde, toute la planète. Et en plus, parce que les déclarations de Donald Trump au sujet du Groenland arrivaient juste après son action au Venezuela, où on a vu qu’il a surpris, là encore, le monde entier avec une action très rapide où il a quand même, c’est une première, les États-Unis sont allés capturer un chef d’État, l’ont sorti de son pays pour l’amener devant la justice américaine. Donc, quand il a commencé, ses premières déclarations, nous, à Franceinfo, comme le monde entier, on a pris tout cela très au sérieux grâce à nos correspondants aux États-Unis. On a eu aussi, à l’antenne de Franceinfo, des reportages au Groenland où on a eu des reportages cette semaine, d’Ottilia Ferey. Un peu plus tôt dans le mois de Hajera Mohammad pour avoir aussi la version des Groenlandais. On a entendu les Danois, les responsables européens. Nous avons voulu couvrir cette actualité au plus près et raconter, grâce aux experts internationaux de la rédaction internationale de Franceinfo, ce qui se passait dans les coulisses, dans les discussions à Davos notamment cette semaine, parce que cette actualité s’est imposée à nous, il a fallu la décrypter, savoir si Donald Trump était prêt à aller jusqu’au bout, à savoir une action militaire. Et ça, à part Donald Trump, personne ne le savait réellement. Mais on a essayé de le comprendre le plus possible. Et puis on a eu par exemple, entre autres invités, parce qu’on en a eu beaucoup sur ce sujet là, l’ambassadeur français des Pôles, Olivier Poivre d’Arvor, qui nous a dit ce matin là, c’était la semaine dernière, le nombre de militaires français qui étaient sur place, une quinzaine au Groenland, pour un exercice militaire là-bas.
Emmanuelle Daviet: Tout autre sujet des auditeurs constatent qu’il est beaucoup question de l’Iran sur l’antenne pour des raisons qu’ils comprennent parfaitement. Ils s’étonnent en revanche qu’il n’y ait plus, je les cite, un mot sur la situation à Gaza et en Israël. Que répondez-vous, Richard Place à ces questions ?
Richard Place: Alors d’abord que ce n’est pas vrai. Nous continuons de parler de la situation à Gaza, en Israël, notamment grâce au travail de Thibault Lefèvre, notre correspondant sur place, et je salue ce travail, ainsi que celui d’Alice Froussard et de Michel Paul, qui sont les journalistes que l’on entend très souvent sur Franceinfo. Parce que cette situation, nous devons en rendre compte régulièrement et nous continuons de le faire avec du reportage, évidemment. Toujours pas à Gaza. Et j’en profite pour dire à quel point nous, à Franceinfo et à Radio France, nous souhaitons ardemment que les journalistes puissent enfin entrer à Gaza et rendre compte de leurs yeux, de ce qui se passe là-bas et pouvoir le raconter à nos auditeurs. Ce serait extrêmement précieux. Et régulièrement, nous faisons ces demandes encore et toujours pour pouvoir entrer dans les meilleures conditions possibles pour nous, journalistes à Gaza, pour raconter cette actualité-là au plus près.
Emmanuelle Daviet: Continuez-vous à évoquer l’Ukraine ?
Richard Place: Évidemment, nous continuons à évoquer l’actualité en Ukraine par l’actualité diplomatique. Là encore, des négociations qui ont lieu entre les Etats-Unis, l’Europe, l’Ukraine, la Russie. Et là aussi, nous pouvons nous targuer d’être l’un des rares médias à avoir des correspondants en Russie et aux États‑Unis, d’avoir quelqu’un à Bruxelles de manière permanente et en Ukraine, nous y retournons régulièrement avec les journalistes qui partent de Paris, mais aussi des pigistes, des journalistes que nous employons ponctuellement depuis l’Ukraine, et nous les entendons à l’antenne rendre compte de ce qui se passe là bas.
Emmanuelle Daviet: Et j’invite tous les auditeurs qui veulent suivre au plus près cette actualité internationale à se rendre sur votre site Franceinfo pour retrouver tous les reportages et tous les articles pour décrypter cette actualité extrêmement dense.