Les auditeurs s’interrogent sur l’absence de couverture de certains sports à l’antenne, et sur la place accordée au sport féminin. Pour leur répondre, Nathalie Iannetta, directrice du service des Sports, est au micro d’Emmanuelle Daviet.

Emmanuelle Daviet: On commence par cette remarque qui revient fréquemment dans les messages cette semaine. Je vous cite un auditeur : « Depuis deux mois, les équipes de France de biathlon hommes et femmes remportent des victoires successives, mais aucune info sur l’antenne. Pourquoi cet ostracisme à l’égard de ce sport ? » demande cet auditeur.

Nathalie Iannetta: Alors on va commencer par un petit mea culpa. J’imagine que cet auditeur fait aussi référence au week-end dernier à Eric Perrot qui a brillé sur les pistes de la République tchèque où il a remporté la célèbre mass start de Nové Mesto. Néanmoins, nous en avons parlé tout au long de la journée. Nous l’avons même entendu, Eric Perrot, une fois qu’il a remporté cette course, ce qui est toujours un exploit retentissant, surtout à quelques jours des Jeux Olympiques. Donc ça, c’est pour le petit mea culpa. Nous n’étions pas sur place, mais nous en avons quand même parlé. En revanche, depuis début décembre et la campagne de biathlon qui s’est enclenchée, c’est un peu injuste parce que nous étions notamment au Grand Bornand pour les exploits, entre autres de Lou Jeanmonnot et des filles qui cartonnent et qui sont nos plus grands espoirs de médaille. D’ailleurs, hommes et femmes, c’est la discipline, le biathlon, où les Français tiennent tête aux plus grandes nations que sont la Norvège, l’Italie et un peu l’Allemagne. Donc ostracisme est un terme qui me paraît un peu fort pour le biathlon qu’on aime beaucoup sur les antennes de Franceinfo.

Emmanuelle Daviet: On poursuit avec cette question d’une auditrice : « Seriez-vous capable d’appliquer la parité aux informations sportives et de parler autant de sports masculins que de sports féminins ? »

Nathalie Iannetta: Alors capable après tout, oui, pourquoi pas, on pourrait le faire. La vérité, et nous le devons, le reconnaître, c’est que nous ne sommes pas à cette parité. Nous essayons d’y tendre le maximum. Mais cela dépend aussi quand même, soyons honnêtes, de l’intérêt des compétitions sportives. Et on se pose ces questions là aussi quand il s’agit de garçons, bien sûr. Pour le moment, moi, j’essaie de faire tenir à mes équipes un petit tableau de stats, vous savez, pour savoir où on en est, combien de fois on a parlé de sport féminin, duquel, combien de fois on a parlé de sport masculin. On est, c’est vrai, pas du tout à 50-50, on est plutôt autour de, on va dire 35-65. L’objectif est évidemment de descendre, mais il y a des compétitions, notamment les Jeux olympiques, qu’ils soient d’hiver ou d’été, où ce sont évidemment des compétitions paritaires. Et là, on parle autant des exploits des sportives et des championnes que des champions.

Emmanuelle Daviet: Alors précisément, les Jeux olympiques d’hiver de 2026 se dérouleront en Italie et débutent vendredi prochain. Quel dispositif est prévu sur franceinfo pour suivre cette édition très attendue ?

Nathalie Iannetta: Très attendue et très inédite. Pourquoi inédite ? Parce que pour la première fois, ces Jeux olympiques seront dispatchés sur plusieurs sites qui sont très loin les uns des autres. Donc en gros, ce seront comme plusieurs petits championnats du monde les uns les autres, le tout regroupé en quinze jours. La cérémonie d’ouverture, par exemple, aura lieu à San Siro, le stade de foot de Milan. Mais les délégations, et notamment les délégations françaises seront dispatchées sur quatre sites à Livigno, à Predazzo et à Cortina. Nous serons sur ces quatre sites en même temps et tout au long de la compétition, nous suivrons par exemple le ski alpin féminin qui se déroulera sur la mythique piste de l’Olympe à Cortino, le ski alpin masculin qui lui sera à Bormio. Bien sûr, le biathlon, on en a parlé, qui est l’une des disciplines qui soulève le plus d’espoirs de médailles pour la délégation française. On ne manquera pas les hockeyeurs ni les hockeyeuses, qui font leur grand retour pour les garçons aux Jeux olympiques et pour les filles, c’est une première et tous les autres grands champions et championnes françaises auront leur rond de serviette pendant quinze jours sur l’antenne de Franceinfo et on espère qu’il y en aura beaucoup.

Emmanuelle Daviet: Alors je sais, Nathalie Iannetta, qu’à chaque édition des Jeux Olympiques, vous passez des consignes pour que les journalistes et présentateurs de journaux n’emploient plus le mot « breloques » pour désigner des médailles. Et pourtant, à chaque édition, je reçois des mails d’auditeurs très contrariés et à juste titre, d’entendre le terme de breloque qui est totalement inapproprié. Allons-nous y échapper cette année ?

Nathalie Iannetta: Alors j’ai décidé pour la première fois, comme effectivement, vous avez raison, on fait la chasse à ce terme qui est totalement inapproprié et les auditeurs ont bien raison, de pénaliser le premier ou la première qui prononcera sur l’antenne de Franceinfo, qu’il soit un présentateur ou un journaliste de la direction des sports, ce terme, ce sera 1€ dans une cagnotte. J’espère qu’on n’aura pas de quoi aller manger ensemble parce que ça voudra dire que voilà… Résultat, tout le monde se sera enfin débarrassé de ce terme totalement inapproprié.