Nous apprenions mardi 13 janvier qu’il y a eu plus de décès que de naissances en France en 2025, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale selon l’INSEE. Les auditeurs ont réagi à cette actualité traitée sur les antennes :
Je suis fatiguée d’entendre ces injonctions à la natalité pour des raisons économiques. Nous sommes déjà trop nombreux sur Terre : nous luttons pour préserver la nature, pour accéder au logement, pour manger localement et sainement, sans pesticides sachant que les pesticides sont justifiés par la logique selon laquelle « il faut bien nourrir la population ». Pendant ce temps, des millions d’animaux innocents continuent d’être tués et nous sommes en concurrence permanente pour les emplois.
Stop à la natalité justifiée par des arguments économiques ou de retraite.
Vous oubliez aussi de dire que certaines femmes ne veulent tout simplement pas d’enfants, parce qu’elles n’en ressentent pas le besoin. Certaines regrettent même d’en avoir eu — que cela plaise ou non.
Il est temps de sortir de cette vision monofocale, patriarcale et désuète.
Au-delà de tous les problèmes évoqués, il semble que vous avez oublié l’aspect psychologique et affectif… Comment trouver le bon père/mère qui va s’engager pendant des années pour élever et éduquer un enfant ?
M. Seux, je suis étonnée que vous n’évoquiez pas dans votre édito éco sur la baisse de la natalité la paupérisation des mamans solos mise en évidence par les Gilets jaunes notamment.
Même si un journaliste n’est pas tenu à la rigueur intellectuelle d’un scientifique, je vous invite à regarder les recherches scientifiques sur les conséquences économiques, aujourd’hui très documentées, pour les femmes en général de l’arrivée du premier enfant et pour les mamans solos puisque la disparition des pères séparés dans le quotidien de leurs enfants élevés par leur mère seule est actée socialement (sachant que la pension alimentaire, quand elle est réglée, est très loin de suffire)…
Rien d’étonnant que les jeunes femmes y réfléchissent à deux fois pour faire un enfant, même si elles en ont toujours autant envie que dans les générations antérieures (cf. dernières recherches à ce sujet).
Les masculinistes ont dû être bien confortés dans leurs idées ce matin en entendant votre Journal de l’éco sur le célibat : le féminisme et l’émancipation des femmes sont une catastrophe, elles mènent au célibat, donc, au déclin de la démographie, donc, au déclin tout court. Je simplifie un peu, mais à peine.
En plus, les femmes deviennent capricieuses et trop exigeantes sur les sites de rencontre ! (Je me suis demandée si mon enceinte connectée n’avait pas basculé par erreur sur un podcast de « Jeux vidéo 18-25 »).
Vous reprenez les antiennes bien connues du patriarcat : s’il y a un truc qui va pas, c’est sûrement de la faute des femmes ; et une femme qui fait ce qu’elle veut, c’est jamais bon.
Peut-être faudrait-il questionner la violence masculine, peut-être que c’est une bonne nouvelle que des femmes n’acceptent plus d’être exploitées, violées, maltraitées, surveillées, voire tuées ? Connaissez-vous les chiffres hallucinants des violences sexistes et sexuelles, notamment au sein du couple ? Et le fait qu’un homme marié progresse mieux dans sa carrière qu’un homme célibataire, mais pour une femme c’est l’inverse ?
Si tant est que la baisse démographique soit une mauvaise nouvelle (ce qui est à discuter), il semblerait plus pertinent de questionner les causes probables que sont la pauvreté, et donc le capitalisme libéral et le refus de partager les richesses, et surtout les catastrophes écologiques et les guerres qui s’annoncent. Le célibat, pas plus que l’homosexualité, n’empêchent d’avoir des enfants. Le capitalisme, le productivisme, la prédation environnementale, les guerres, la violence, toutes choses liées très intimement à l’idéologie de la virilité, si.
Je vous conseille de lire par exemple Le Coût de la virilité de Lucile Peytavin, ainsi que les livres d’Ovidie et de Christine Delphy, entre autres.
Dénatalité ou début d’équilibre démographique ?
Une autre explication : dans toute population animale (nous sommes une espèce animale dans un milieu limité), la démographie tend vers un équilibre. Avec 5, 6, 7 milliards d’individus sur une planète qui ne grossit pas, n’est-il pas temps de nous adapter à nos ressources ? D’autant plus que nos besoins sont au-delà des besoins « naturels ». Pour avoir étudié les évolutions démographiques des animaux, je sais comment la nature pousse à l’équilibre : famines ou pénuries, propagation de maladies (les individus se côtoient d’avantage), déplacements de populations, luttes pour un espace minimum ou un territoire et même stérilité des individus. Ne vaudrait-il pas mieux tenir compte de ça, dont j’entends parler depuis plus de 50 ans) et s’adapter, en cherchant comment bien vivre dans ce nouveau monde plutôt que de chercher à lutter contre l’inéluctable ?
Je n’ai qu’un enfant qui refuse d’en avoir à son tour, et nous nous en portons très bien. Cet enfant unique a coûté peu et rapporte plus à la société : dette de départ plutôt basse car peu d’allocations à « rembourser », plus d’impôts, bien encadré donc bon élève et sain, donc bon salaire pour payer nos retraites et pas de congés pour natalité ou soins aux enfants etc. Je n’y vois que des choses à gagner.
Je réagis à l’émission de ce matin sur France Inter « Pourquoi fait-on moins d’enfants ? » de ce matin. Il faudra expliquer à Olivier Rey que nos ancêtres n’avaient ni la pilule, ni l’IVG et la question de faire des enfants ne pouvait pas se poser de la même façon qu’aujourd’hui. J’ai 75 ans, je suis la 7ième d’une fratrie de 8, aucun n’était désiré…
Ma fille, mon neveu n’ont pas d’enfant par choix.
Démarche politique : trop difficile d’élever un enfant et lui donner confiance et lui proposer un avenir dans un monde où seul l’argent compte. Incertitude mondiale.
Démarche écologique : nous sommes en surpopulation.
Pénurie d’eau potable et surchauffe de la planète inéluctables…
Je voulais juste partager que je m’étonne que jamais lors des discussions sur la baisse de la natalité la question de l’infertilité n’est mentionnée. Sans écarter les changements sociétaux et économiques, il me semble qu’il y a de plus en plus de personnes souffrant d’infertilité probablement en partie liée à des problèmes environnementaux. Il pourrait être intéressant de lier les chiffres (si suffisamment pertinent), mais aussi de parler d’une part de l’aide ou absence d’aide à ces personnes et au besoin de protéger nous et les générations futures de tous ces dérèglements environnementaux, chimiques, etc.
Je vous écris au sujet de vos reportages sur la démographie qu’on entend depuis hier, mardi, avec le dépassement des naissances par les décès en 2025. Je trouve inadmissible que l’infertilité des couples qui concerne 15% des couples (https://fiv.chu-brest.fr/les-parcours-de-soin/linfertilite-et-son-bilan/quest-ce-que-linfertilite) et pourrait fortement augmenter les prochaines années ne soit pas évoqué. En cause, les pesticides, les modes de vie, etc, éléments qui doivent être abordés aujourd’hui sur la thématique de la natalité ! Comment pouvez-vous passer à côté d’un tel enjeu, sachant que des débats existent et doivent être médiatiser sérieusement. L’affluence dans les centres FIV le matin est quelque chose qui doit être également abordé, les lourdeurs des traitements qui freine de nombreux couple à « tenter l’aventure », l’impact des hormones des traitements, etc.