Pourquoi lorsque vous traitez de l’invasion du Vénézuéla vous ne dénommez pas l’information en qualifiant l’acte des États-Unis d’un “coup d’état” ? N’est-ce pas une question d’éthique journalistique que d’employer les termes juridiques de base pour indiquer aux auditeurs de quoi l’on parle ? C’est à force de langage édulcoré que nous avançons de plus en plus dans les esprits vers les coups de forces fascisants.
Je vous écris pour vous dire à quel point le traitement de l’actualité au Venezuela m’a choqué aujourd’hui. Voici les premiers mots prononcés en introduction, le déroulé en avait ensuite le même ton : « L’incertitude du jour d’après au Venezuela : Le président déchu et son épouse dans l’attente de leur procès à une date inconnue, incertitude sur la durée de l’intérim qu’assume désormais la vice-présidente Delcy Rodriguez, incertitude encore sur la manière dont Donald Trump souhaite administrer le Venezuela, incertitude encore sur ce coup de force américain… »
Banaliser à ce point un acte de guerre d’une violence inouïe me choque profondément.
C’est la première fois que le traitement d’une information sur votre chaîne me surprend. Peut-on considérer comme acceptable qu’un président ait le droit d’agresser militairement un pays voisin ? Quand bien même le régime de M. Maduro est questionnable, peut-on légitimer cette intervention militaire ?
À la suite de la diffusion sur l’antenne de Franceinfo d’une séquence sur le coup d’état au Venezuela je me permets de vous contacter pour dénoncer un traitement inapproprié et peu professionnel lors de l’émission spéciale. Aux alentours de 11h du matin de ce samedi 03/01/2026 le journaliste a interrogé un collègue spécialiste en international, en même temps qu’un directeur de recherche de l’IRIS et une personne présentée comme une correspondante à Caracas. Le « spécialiste- journaliste » a prétendu bien connaître la région, et a répondu par la négative et sans fondements à la question de savoir s’il s’agissait d’un coup d’état. Selon lui un coup d’état serait le fait d’une opération interne et toujours selon lui ce n’était qu’une simple opération spéciale pour rétablir la démocratie indiquant que Maduro était un dictateur. De son côté, la correspondante à Caracas indique que tout est calme à Caracas et qu’elle a entendu des cris de joie à l’annonce du message du président américain concernant la capture de Maduro. Seul le directeur de recherche de l’IRIS (que je ne connais pas) a immédiatement rappelé que de telles déclarations des deux intervenants antérieurs étaient extrêmement peu sérieuses et pouvaient être considérées comme de la désinformation. Bien sûr ce sont des réactions à chaud et nous ne savons pas les détails mais il importe de rappeler aux journalistes et correspondants qui interviennent sur l’antenne que les auditeurs attendent des informations vérifiées, basées sur des faits prouvés et recoupés par diverses sources et non des impressions ou des messages politiques clairement politiquement orientés comme cela a été le cas. La position scientifique du directeur de l’IRIS, précautionneux et pondéré sur votre antenne est digne de mention. Elle semble toutefois très minoritaire eut égard à l’avalanche de déclaration de la parole officielle des généraux « à la retraite » qui viennent vendre leur livre à l’antenne et ont balayé d’un revers de la main la question – pertinente – du journaliste à la tête de cette émission spéciale lui demandant si l’on pouvait considérer comme normal de ne pas respecter le droit international. Le général de service répondant qu’il fallait faire quelque chose même si cela allait contre le droit international. Nous avons le droit de recevoir des informations sérieuses et vous êtes dans le devoir de nous la proposer.
Dans votre édition de 13h de ce samedi 3 janvier, vous n’abordez presque pas l’aspect légal de la capture de Maduro par les USA. Vos spécialistes/journalistes parlent très peu de droit international, cet aspect est laissé aux réactions politiques. Le ratio « détails de la capture et de l’opération »/ »légalité de l’opération au regard du droit international » est assez indigne.
Fidèle auditeur de France Inter et de Radio France, je suis scandalisé par le traitement de l’information concernant l’intervention américaine au Venezuela, et l’enlèvement puis l’exfiltration du président Maduro et de son épouse. Cet événement extrême grave puisqu’il s’agit d’une intervention utilisant des moyens militaires dans un état souverain, est traité comme un fait divers, comme si Maduro était un narcotrafiquant légitimement arrêté par une “police” mondiale. Je trouve que les réactions sont extrêmement molles par rapport à un non-respect du droit international, par rapport à un pays souverain (quelque soient nos sentiments par rapport à sa politique), et par rapport au néofasciste Trump qui veut faire main basse sur toutes les ressources naturelles du monde (pétrole, minerais, terres rares, etc…), soit par le rachat (Cf le Groënland) soit par la force. Cette passivité journalistique est inacceptable. De fait, elle marque une ligne éditoriale faite de soumission à l’ordre établi.
Félicitations pour la rapidité des infos sur le Vénézuéla sur Franceinfo.
Les commentaires sont intéressants mais timorés voire complaisants.
Les termes pour qualifier l’enlèvement de M. et Mme Maduro sont euphémisés. Est-ce une agression militaire comme pour l’Ukraine ?
Quels termes aurais-je entendus si M. Poutine avait fait enlever et envoyer M. et Mme Zelensky dans un lieu sous contrôle russe ?
Que disent les membres de l’Union européenne ?
Que déclare Mme Ursula von der Leyen ?
Le coup d’état américain de M. Trump nous est présenté par France Inter comme quelque chose de banal, normal, naturel.
M. Maduro étant un « dictateur », un « narcotrafiquant », cette intervention serait légitime.
France Inter met le droit international à la poubelle.
Faudrait-il intervenir militairement contre tous les régimes non démocratiques, corrompus ? Mettre la planète à feu et à sang : intervenir contre la Chine, la Russie, la Birmanie, l’Iran etc.
Non bien sûr, il y a des cibles privilégiées « sans danger » conformes aux intérêts économiques, géopolitiques des USA, mais cela France Inter ne le dira pas à ses auditeurs.
Le traitement du coup d’état de Trump au Venezuela me semble très peu objectif dans le journal de 9h ce dimanche sur France Culture : micro-trottoir de quelques vénézuéliens légitimant le coup d’état, aucune mention sur le fait que l’intervention est en totale négation du droit international. Bref, un journalisme tendancieux qui prend acte.
A l’écoute de Franceinfo difficile de ne pas penser que la capture de Maduro n’est pas une bonne nouvelle. Certes la radio relaie les réactions de certains pays étrangers et de la gauche française hostile aux évènements mais pour le reste on entend le ton positif et la parole donnés (comme toujours) aux expatriés qui se réjouissent de retrouver « la liberté ». Bien entendu aucun sujet sur la société terriblement inégalitaire de la période pré-Chavez et du fait qu’une partie importante des premiers expatriés (qui ont eu les moyens de partir) sont issus des grandes familles bourgeoises qui dominaient le pays. L’oligarchie régnait, avec les soutiens des USA, mais Franceinfo retient principalement les dérives du pouvoir chaviste, réelles mais également renforcées par la pression et les exactions constantes des USA sur l’économie vénézuélienne.
Venant de subir de très longues minutes de direct d’un discours de M. Trump sur Franceinfo, je m’étonne de la longueur extravagante de ce direct consistant en des rodomontades et une autopromotion électoraliste. Il est utile bien sûr de suivre ce que le président des USA fait ou dit, mais une mise à distance post discours aurait largement suffit. Entendre pendant près de 15 minutes ces péroraisons insupportables à visée de politique interne aux USA, comme s’il s’agissait du président de la République français, est très perturbant sur une antenne nationale.