Lundi 31 mars, Marine Le Pen a été condamnée à une inéligibilité immédiate pour cinq ans, dans l’affaire des assistants parlementaires européens. A ce stade, cette inéligibilité immédiate l’empêche de concourir à la présidentielle 2027. Marine Le Pen a également écopé d’une peine d’emprisonnement de quatre ans dont deux fermes aménagés sous bracelet électronique et d’une amende de 100.000 euros. Les auditeurs ont été nombreux à nous écrire à la suite de cette actualité. Sélection de leurs messages:
Je trouve ahurissant tout ce que j’entends depuis lundi midi sur la condamnation de Marine Le Pen. Les juges ont appliqué la loi, qui est votée par les parlementaires. Marine Le Pen s’est dit innocente malgré les preuves et de grosses sommes d’argent ont été détournées. Les politiques, qui ont un devoir d’exemplarité, sont souvent bien plus sévères envers les simples justiciables et ne trouvent pas que les sanctions soient disproportionnées. Enfin, rien n’empêche le Rassemblement National de présenter quelqu’un aux prochaines élections. Ce ne sera pas elle, tant pis. Il ne fallait pas détourner des fonds publics !
Je ne comprends pas la réaction de la classe politique, en particulier, tous ceux qui demandent à longueur d’année, une justice plus ferme envers les délinquants mais qui quand ils sont eux-mêmes jugés coupables de faits délictueux trouvent l’application de la loi intolérable !!
Cela me paraît tristement révélateur de leur conception de la justice et de la démocratie en général. Extrêmement inquiétant !
Je ne comprends pas les réactions des politiques face à l’inéligibilité de Marine Le Pen. Un délit est établi, la justice a tranchée. Le poids n’est plus du côté du doute, le fléau penche du côté de la faute.
La justice peut-elle prendre le risque d’accepter que des élus qui dévoient l’argent de leurs concitoyens, pour payer les frais de fonctionnement de leur parti, soient réélus ?
Je suis atterrée, comment tous ces politiques désirent-ils que l’on vote pour eux alors que leurs réactions mettent en doute leur probité ?
Je suis consternée et c’est peut-être la première fois que je mets en doute l’utilité d’aller voter, triste spectacle, comment désirer être dirigée par une telle engeance…Sévérité, sacrifices pour le « petit peuple » et dédouanement pour soi !
Pouvoir envisager que tout le monde n’est pas égal devant la loi, « Marine Le Pen est-elle condamnable comme chacun ? » : en arriver à poser cette question, c’est ce qui est inquiétant pour la démocratie !
Je ne comprends pas que l’on victimise une personne qui ne respecte pas la loi, d’autant plus, quand cette personne brigue le plus haut poste de notre démocratie.
Elle a voulu détourner de l’argent public, elle s’est fait prendre, elle doit faire face à la justice.
S’il y a eu procès c’est qu’il y a eu des faits hors la loi. Madame Le Pen est justiciable comme vous et moi, tout le monde est égal vis à vis de la loi, donc pourquoi tout ce bazar médiatique. Regardons plutôt les procès qui n’ont pas eu lieu, les passe-droit…
Je suis professeur des écoles et pour passer le concours on me demande un casier judiciaire vierge. Comment se fait-il que pour accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat ce ne soit pas un prérequis minimum pour pouvoir se présenter ?
Justice est faite.
Sans compromis.
Merci aux magistrats
Le Pen inéligible.
Sarkozy 7 ans..
Justice doit être désormais faite sur tous nos politiques. Qu’ils ne se sentent plus au-dessus.
qu’ils assument tous leurs faits, leurs hauts faits d’armes, et leurs méfaits.
C’est justice.
Point.
Le droit est le droit. Il faut juste l’appliquer
Point barre.
Même pas de débat.
Je suis très surpris et un peu indigné des réactions « troublées » sur le jugement de ce jour. Plus de respect de la justice et des institutions mériterait d’être considéré.
Enfin, les réactions des autocrates et autres dictateurs laissent rêveur.
Je suis très étonné du traitement médiatique du procès Le Pen. La parole est donnée avec une largesse sans pareille au Rassemblement National sans expliquer en profondeur et clairement la teneur des accusations et les raisons du jugement. Seules les réactions intéressent ! Le rôle de journaliste est d’expliquer et de faire comprendre les tenants et aboutissants d’un sujet.
Le Pen est-elle une justiciable comme les autres ?
MAIS OUI !
Laisser penser autrement est grave !
Plus de dix ans que ça dure cette procédure…. Mme Le Pen ne découvre pas les faits reprochés. Mais bon sang, ce n’est pas parce tout le monde le fait que c’est légal !!! Oui la justice est la même pour tous.. Merci de soutenir la démocratie sur vos antennes et non pas de laisser planer le doute… rappeler les faits et inviter les associations anticorruptions pour analyser les faits.
Je trouve regrettable le traitement par France Inter et l’essentiel de la presse de la condamnation de Marine Le Pen.
Madame Le Pen n’a pas été victime d’un complot pour l’éliminer du pouvoir; elle a été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 fermes aménageables, pour détournement de fonds publics.
Son inéligibilité n’est qu’une conséquence de sa condamnation, et non sa cause comme le prétend le RN.
En vous concentrant sur l’aspect politicien de cette affaire, vous donnez à croire le contraire et faites le jeu de ceux qui cherchent à décrédibiliser l’Etat de droit.
Je trouve qu’on n’a pas à s’immiscer dans les choix des décisions de Justice.
C’est à Madame Le Pen de le faire et elle va le faire pour gagner du temps (comme tous ceux qui connaissent les ficelles !).
Tout le monde parle de démocratie, alors il faut faire confiance en la Justice. La loi est la même pour tout le monde (même si je pense que certaines personnes peuvent bénéficier de mesures allégées quand il s’agit de faire de la prison ferme – bracelet électronique plutôt qu’emprisonnement) et je pense que la Justice reste honnête et nécessaire à notre Démocratie.
Le métier de journaliste est d’expliquer les choses et de les expliquer correctement, je trouve.
Que ce soit Marine Le Pen ou une autre personnalité politique, quand on est condamné, c’est qu’on a fait des « bêtises » et il faut les payer. C’est normal.
Merci pour vos journaux qui sont très complets sur France Inter, même si le monde est grand…
J’écoute depuis plusieurs dizaines de minutes France Info sur le résultat de la condamnation de Mme Le Pen. Je ne comprends pas pourquoi vous insistez tellement sur cette condamnation et vous donnez autant la parole à tous les détracteurs de la Justice et de notre Démocratie ? Cette condamnation montre justement que nous sommes encore une Démocratie, comme pour la condamnation de Mr Sarkozy. Notre Justice a eu le courage d’appliquer la loi sur des faits réels de détournement de fonds publiques. Mme Le Pen a été jugée coupable de ces faits et à la peine correspondante. Point. La justice est la même pour tous. Relayer de façon excessive les discours mettant en cause cette décision ne fait qu’augmenter la suspicion des auditeurs envers la Justice de notre pays. Cela est très dangereux. À mon sens il faut bien plus insister sur le fait que ce n’est que Justice et faire de la pédagogie en expliquant à nouveau pourquoi ce résultat. On est en train de faire croire aux gens que ceux qui crient et gesticulent le plus ont davantage raison… c’est très inquiétant.
Depuis ce matin, j’entends sur France Inter : « Marine Le Pen, en tête des sondages , condamnée à une peine d’inéligibilité » : je suis choquée par le fait d’accoler imprudemment ces deux notions : cela suggère une opposition entre le « jugement » du « peuple » et le verdict clairement étayé de la justice et, in fine, cautionne un sentiment d’injustice qui ne manquera pas d’être exploité et pas seulement par Monsieur Mélenchon ;les politiciens et les réseaux vont embrayer et l’effet de meute contribuera à faire de Mme Le Pen une martyre façon Trump . Or la Justice est garante de la démocratie et le peuple n’a pas vocation à la remplacer : si Mme Le Pen est populaire tant mieux pour elle, or Mme Le Pen est candidate aux plus hautes fonctions , ce qui est incompatible avec ses malversations et c’est ce que le tribunal a décidé, envers et contre tous les populismes. C’est, je crois, ce qu’il faut dire et répéter: nos démocraties sont plus que jamais menacées et je crois que la mission des journalistes est d’informer dans l’intérêt de la démocratie, en expliquant pourquoi ce traitement est juste et exemplaire pour lutter contre le »tous pourris ».
J’écoute France Inter dans mon camion en roulant le matin. Merci pour la qualité de vos programmes.
Concernant le verdict du jugement de Madame Le Pen, si on commence à laisser entendre que les personnes politique doivent avoir un jugement particulier sous prétexte que démocratiquement ils représentent beaucoup de monde, nous finirons par avoir nous aussi un président coupable de faits répréhensibles, comme aux USA.
J’ajoute que si c’est le cas (traitement particulier des personnes politiques) alors je n’ai plus de raison de respecter les règles sachant que nous avons déjà « les zones de non droit » dixit le discours politique.
Notre ex-président condamné Monsieur Sarkozy me donne déjà la nausée…
Bref, la politique est toxique !
A 23h35, lundi 31 mars, jour du jugement décidant de l’inéligibilité de Marine Le Pen, j’allume Franceinfo. Une magistrate, présentée comme membre de la Ligue des droits de l’homme (dont on connait le positionnement politique) est interrogée longuement (une dizaine de minutes). Elle trouve évidemment le jugement normal, charge le RN et Marine Le Pen. On apprend, oh surprise, qu’elle fait partie aussi du Syndicat de la Magistrature ! Puis, le journaliste annonce un reportage parmi ceux qui ne votent pas RN et là, on entend une dizaine de personnes se réjouir, plaisanter, dénoncer les fautes très normalement sanctionnées…. Puis, on nous emmène au parlement européen où un député socialiste s’exprime. Je dois à la vérité de dire que le journaliste nous rapporta les propos de deux députés de droite (on ne les entendit pas). Ensuite comme si ça ne suffisait pas, on eut droit à la longue diatribe de François Ruffin très offensif. Il restait quelques minutes et enfin un député RN eut le droit d’exposer un point de vue différent mais, interrogé par la journaliste-animatrice dont les interventions furent si longues (et en contradiction systématique avec son interlocuteur) que son temps de parole dépassa, à mon avis, celui de son interlocuteur. Sur 25 minutes, au moins 20 furent donc d’un bord, oubliant toutes les critiques que ce jugement suscitait. Critiques peut être contestables mais que les auditeurs ont le droit d’entendre (la recommandation du Conseil Constitutionnel, le discutable risque de réitération de l’infraction, le trouble à l’ordre public…) Vous allez me dire que je suis mal tombé en n’écoutant que de 23h35 à Minuit mais insomnie aidant et rallumant à 4h, j’eus droit aux Informés qui avaient invité un professeur d’Université, présenté comme « spécialiste de l’extrême droite » dont le discours extrêmement politique me fait dire qu’il est plutôt un « spécialiste contre l’extrême droite ».(…). Si ça ne gêne personne que le service public de l’audiovisuel soit à ce point, partisan, on comprend qu’il soit interdit de critiquer la décision prise par le Tribunal sauf à être d’extrême droite et complotiste. Circulez, voilà ce que vous devez penser, nous dit-on. (…) une candidate favorite des sondages interdite de se présenter (mais enfin, puisqu’on vous dit que l’état de droit et la loi ont été respectés !), cela fait beaucoup pour nombre de français qui commencent à trouver sympathique celle contre qui on s’acharne. Si vous ajoutez ceux qui adhéraient déjà, cela risque de faire une majorité. Qu’inventera-t-on pour les priver de leur choix ?
Vos informations sont très déséquilibrées sur France Inter. Une place beaucoup plus large a été donnée aux protestataires défendant Mme Le Pen qu’aux politiques qui approuvent la décision judiciaire.
Jean-Jacques Urvoas a justement déclaré : « Mme Le Pen n’est victime de rien, elle est coupable. »
Une place disproportionnée est donnée par votre antenne aux politiques du monde entier qui s’en prennent à la justice depuis plusieurs semaines.
J’ai écouté le Téléphone sonne ce lundi soir pendant quelques minutes en rentrant du travail, émission consacrée à la condamnation de Marine Le Pen. Je n’ai pas pu identifier qui était autour de la table de Fabienne Sintes. Au cours de ces quelques minutes il n’a été question que de savoir comment la Loi voire la Constitution pourraient être modifiées à l’initiative des différents groupes parlementaires de l’Assemblée nationale pour permettre la grâce de Marine le Pen en vue de sa participation aux élections présidentielles. Content d’être déjà assis pour ne pas tomber, je me suis demandé comment des journalistes ou des invités je présume responsables et pertinents, participant à une émission supposée l’être tout autant, pouvaient disserter avec aplomb et décontraction sur la manière dont on pourrait battre en brèche les fondements majeurs de notre société que sont l’indépendance de la justice et le caractère souverain et impérieux des décisions de justice rendues. La seule question serait à mon sens de savoir si elle compte se prévaloir des recours judiciaires dont elle dispose, au même titre que n’importe quel autre justiciable… Nous avons bon dos de critiquer l’effondrement de la démocratie américaine si en France le politique a désormais le pouvoir de remettre en cause L’AUTORITÉ DE LA CHOSE JUGÉE. J’espère de pas être le seul à m’être étouffé avec le repas que je n’étais même pas encore en train de manger en vous écoutant…
Je suis très surprise que France Inter relaie sans prise de distance la soi-disant « hébétude » « stupéfaction » « on ne s’y attendait pas du tout » des membres du RN et des autres commentateurs de la condamnation de Marine Le Pen, sans jamais parler des précédents, notamment celui de F. Fillon. Tout le monde pouvait s’y attendre. Pourquoi France Inter donne-t-elle l’impression que cette condamnation est inédite et ahurissante ? Nous auditeurs et contribuables, sommes en droit d’attendre une certaine prise de recul de la part d’une telle antenne et non qu’elle hurle avec les loups.
En espérant que ce recul viendra au moins dans les prochaines émissions à ce propos
Les magistrats ont retenu « le risque de récidive » pour justifier le prononcé de l’exécution provisoire à l’encontre de Marine Le Pen. « Le risque de récidive », elle n’est plus au Parlement européen, son parti n’a plus de problème d’argent, où est le risque de récidive ? C’est une décision politique des magistrats.
C’est quoi cette élite qui nous interdit de voter pour ceux que l’on souhaite ?
Merci de ne pas mettre trop en avant ceux qui parlent d’une situation non démocratique ! C’est justement la démocratie qui est en train de se défendre. Soulignez plutôt ce point fort avec vigueur. Merci.
Qui peut m’expliquer comment on peut considérer comme antidémocratique une décision de la justice ? Pour moi notre démocratie s’honore de sanctionner ceux qui détournent de l’argent public, qui ils soient !
Une décision de justice étayée par des faits avérés. Pas un scandale, juste un jugement conforme au délit.
La démocratie n’a rien à voir avec ce procès et le jugement.
J’attends des décisions aussi fermes pour chaque « homme politique »
Le devoir d’exemplarité d’un mandat publique ne devrait laisser aucune chance à ceux qui en profitent.
Un seul regret, une nouvelle fois, la lenteur de la justice…
Enfin, les politiques vont-ils finir par comprendre qu’ils sont des justiciables comme les autres ?
Ils réclament des condamnations pour les autres mais se pensent au-dessus des lois.
Notre démocratie prouve le contraire.
Merci à la justice de notre pays
Traitement du procès Marine Le Pen concernant les détournements de fond européens versus l’affaire Toblerone. L‘exemple le plus frappant date d’une vingtaine d’années. Il s’agit de l’affaire du Toblerone, qui a coûté sa place à la ministre suédoise Mona Sahlin, numéro deux du gouvernement. Cette femme avait fait des courses, loué une voiture et avait notamment acheté deux barres de chocolat suisse en payant avec sa carte de crédit professionnelle (NDLR: achats pour un montant total d’environ 5000 euros). Aussitôt, elle rembourse, mais trop tard. La presse a révélé qu’elle s’était servie de sa carte pro, ce qui est strictement interdit. Un sondage révèle alors que les deux tiers des Suédois pensent qu’elle ne peut pas être ministre avec une telle attitude. Elle doit démissionner, alors qu’elle était en passe de devenir Premier ministre. En France, tu détournes plus de 4 millions de fonds européens et on se demande si tu dois vraiment devenir inéligible ? La honte… Cette manière de présenter l’information est proprement nauséabonde.