Le traitement éditorial de la crise agricole sur les antennes de Radio France a suscité de nombreuses réactions d’auditeurs, témoignant des perceptions très contrastées de la couverture proposée. Cette actualité est celle qui a généré le plus grand nombre de messages cette semaine. Ils traduisent à la fois un besoin de compréhension scientifique sur la dermatose nodulaire contagieuse, un questionnement sur le pluralisme des points de vue et, chez certains, une défiance croissante vis-à-vis de ce qui est perçu comme un “alignement sur la parole officielle”.   

Une première série de réactions exprime un sentiment d’information incomplète. Plusieurs auditeurs disent manquer d’éléments factuels pour comprendre la maladie elle-même : sa nature, son mode de propagation, sa létalité réelle, ses conséquences sur la santé animale et sur la consommation de viande. Ils s’étonnent que certains aspects, notamment l’absence de transmission à l’homme ou la possibilité de guérison, soient peu ou pas rappelés à l’antenne, alors qu’ils leur paraissent déterminants pour appréhender les enjeux et apaiser les inquiétudes. 

Il est probable que des auditeurs n’aient pas entendu l’ensemble des sujets diffusés sur ce thème. Or, au fil des journaux et des émissions, les points soulevés dans leurs messages ont bien été abordés sur les antennes : nature du virus, risques sanitaires, absence de transmission à l’homme, enjeux économiques, alternatives possibles, témoignages d’éleveurs. 

Dans un souci de transparence, nous proposons donc un récapitulatif des principaux sujets consacrés à la dermatose nodulaire contagieuse sur les antennes, accompagné des liens permettant de les écouter ou de les réécouter, afin que chacun puisse se forger une appréciation plus complète de la couverture proposée. 

D’autres messages dénoncent ce qu’ils considèrent comme un traitement unilatéral. Ils reprochent aux antennes de donner majoritairement la parole à des “vétérinaires officiels”, à des “représentants du ministère de l’Agriculture” ou à des experts perçus comme alignés sur la “stratégie gouvernementale” fondée sur « l’abattage des troupeaux ». Cette récurrence nourrit chez certains auditeurs l’impression d’un “manque d’impartialité” et d’une “absence de débat scientifique”, notamment sur les alternatives possibles telles que la “vaccination généralisée”, la “mise en quarantaine” ou d’autres protocoles expérimentés ailleurs. 

Cette critique s’accompagne parfois d’une mise en cause très sévère de la politique publique elle-même. Certains auditeurs contestent frontalement les propos entendus à l’antenne et estiment que la couverture médiatique contribue à légitimer des décisions perçues comme “violentes”, “économiquement motivées” et “destructrices” pour la paysannerie. La dimension humaine et patrimoniale de l’élevage est fortement mise en avant, ainsi que le “traumatisme” que représente “l’abattage de cheptels” constitués sur plusieurs générations. 

À l’inverse, quelques messages soutiennent la stratégie sanitaire et soulignent la nécessité de l’abattage pour endiguer la propagation de la maladie, jugeant “irresponsables” les mobilisations d’éleveurs opposés à ces mesures. Ces auditeurs rappellent que la gestion d’une épizootie implique parfois des décisions difficiles mais, selon eux, indispensables à “l’intérêt collectif”. 
Demain dans « Le rendez-vous de la médiatrice », Richard Place, directeur de la rédaction de Franceinfo, répondra aux questions des auditeurs sur le traitement éditorial de la crise agricole à 16h53, 18h50 et 21h13.  

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes