Des auditeurs nous ont écrit cette semaine au sujet de la grève des médecins libéraux, estimant un traitement insuffisant d’un mouvement qu’ils jugent majeur. Pour leur répondre, Florent Guyotat, directeur adjoint de la rédaction, est au micro d’Emmanuelle Daviet

Emmanuelle Daviet: Nous revenons aujourd’hui sur la place accordée à la grève des médecins libéraux sur Franceinfo. Des auditeurs ont eu le sentiment qu’elle avait été moins traitée que d’autres mobilisations récentes, comme celle des agriculteurs par exemple. Alors, comment s’opère concrètement le choix de hiérarchisation de l’actualité dans ce type de situation ?

Florent Guyotat: Alors d’abord, oui, c’est exact de dire que la mobilisation agricole a été plus traitée à l’antenne que celle de la médecine libérale. La raison principale, c’est tout simplement que la durée de cette mobilisation agricole est plus longue. Vous vous souvenez, ça a commencé avant les fêtes de fin d’année. Il y a des actions sur certains axes routiers qui se sont poursuivies au moment de Noël, la semaine du nouvel an également. Ça a repris en ce début d’année et ça va d’ailleurs continuer la semaine prochaine avec un appel à manifester à Strasbourg devant le Parlement européen avec des tracteurs qui rejoindront les abords du Parlement. Donc vous voyez, c’est un mouvement long qui s’étale sur décembre et janvier, plus long que celui de la médecine libérale qui a débuté seulement le 5 janvier. Et puis vous savez aussi l’impact d’un conflit social, sa visibilité, ça se mesure aussi au choix du mode d’action. Les agriculteurs mobilisés ont choisi des lieux symboliques. L’Assemblée nationale, devant laquelle ils ont interpellé directement des responsables politiques comme la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, qui a été un peu chahutée. L’Arc de Triomphe aussi. Leur action, avec les blocages ou les barrages filtrants, impacte aussi directement la circulation routière. Donc c’est un mouvement très visible, perceptible pour la population. Alors vous me direz, il y a aussi un impact concret pour la grève de la médecine libérale. Des cabinets fermés, des opérations non urgentes reportées dans les cliniques privées. Ça également, c’est perceptible par la population. Mais encore une fois, sur une durée moins longue. Et c’est pour ça tout simplement qu’on en a moins parlé à l’antenne.

Emmanuelle Daviet: Des auditeurs auraient quand même voulu entendre davantage de sujets sur les revendications et les contraintes de la médecine libérale. Ces angles ont-ils été abordés sur l’antenne ?

Florent Guyotat: Si certains auditeurs restent sur leur faim, j’en suis désolé mais Franceinfo, c’est important de le souligner, a quand même beaucoup expliqué les raisons du mécontentement des médecins mobilisés. Je vous donne quelques exemples. Au cours de la semaine écoulée, des invités, dont la matinale de Franceinfo, Lamine Gharbi, le représentant des cliniques privées, le docteur Jérôme Marty de l’Union française pour une médecine libre. Ils ont eu l’occasion de développer leurs arguments. Et puis, juste avant samedi dernier, il y avait une manifestation à Paris que nous avons largement couverte avec notre spécialiste santé Anne-Laure Dagnet. Ecoutez d’ailleurs un extrait de son reportage diffusé dans le 17/20, samedi dernier.

Extrait

Florent Guyotat: Reportage d’Anne-Laure Dagnet, sur franceinfo le samedi 10 janvier dernier. Vous entendez donc qu’on s’est efforcé d’expliquer concrètement les raisons de la mobilisation. Précisons, c’est important que depuis, sur ces deux points de mécontentement, le contrôle des arrêts maladie et la tarification des actes médicaux. Eh bien, le gouvernement a fait machine arrière. Ce dont nous avons d’ailleurs rendu compte sur Franceinfo.

Emmanuelle Daviet: Dans un conflit aussi technique et sensible, Florent Guyotat, des auditeurs souhaiteraient aussi savoir comment la rédaction choisit les interlocuteurs auxquels elle donne la parole, qu’il s’agissent des représentants des médecins, mais aussi des institutions concernées ou des patients.

Florent Guyotat: Nos choix sont guidés avant tout par le pluralisme. Vous l’entendiez à l’instant où on donne la parole à des médecins, à leurs représentants. Mais il est important également d’entendre d’autres points de vue. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a été régulièrement invitée sur franceinfo en ce début d’année. Et on n’oublie pas non plus les usagers du système de santé par exemple, le collectif de patients « France Assos Santé » a régulièrement la parole sur Franceinfo.

Emmanuelle Daviet: J’indique également que sur le site de la médiatrice, les auditeurs qui le souhaitent peuvent retrouver une grande sélection de sujets consacrés à cette actualité.