Les auditeurs ont été nombreux à écrire sur le traitement éditorial de la guerre au Moyen-Orient, des élections municipales et de la mort de Lionel Jospin sur France Inter. Pour leur répondre Rémi Sulmont, directeur de la rédaction de France Inter et Anne Soetmondt, Directrice de la rédaction internationale sont au micro d’Emmanuelle Daviet.
La guerre au Moyen-Orient
Jérôme Cadet : On va commencer Emmanuelle par ces questions qui concernent la guerre au Moyen-Orient. Depuis le 28 février dernier, le déclenchement de l’offensive d’Israël et des Etats-Unis contre l’Iran. Les auditeurs sont nombreux à vous écrire à ce sujet.
Emmanuelle Daviet: Oui, ils estiment que la couverture de la guerre au Moyen-Orient serait trop alignée sur le point de vue israélien et occidental. Ils considèrent qu’il y a une surreprésentation de sources israéliennes, un manque de voix iraniennes. Anne Soetmondt, comment recevez-vous ces remarques et que disent-elles, selon vous, de la perception du traitement médiatique de ce conflit ?
Anne Soetmondt: Oui, je les reçois d’abord avec intérêt, pour la manière dont les auditeurs nous écoutent. Je pense que ce sont effectivement des questions très importantes. Et ce que je voudrais passer comme message aujourd’hui, c’est vraiment qu’on réfléchit beaucoup à la manière dont on essaie de vous raconter ce qu’il se passe depuis aujourd’hui, je ne sais plus si on en est à 25 ou 26 jours, mais en tout cas, depuis, depuis quatre semaines c’est un vrai défi, la justesse éditoriale et l’équilibre. Et le problème, c’est qu’il y a un déséquilibre dans notre accès aux sources pour raconter ce qui se passe, aux sources et au terrain. Vous avez d’un côté Israël et les États-Unis, où nous avons déjà des journalistes qui sont en poste et qui peuvent nous raconter quasi immédiatement le jour du déclenchement de cette guerre. Thibault Lefevre, qui est notre correspondant, notre envoyé spécial permanent, qui est basé à Jérusalem, était, je crois, en direct à 7h30 sur Franceinfo, quelques minutes après les premières alertes. Nous avons aussi quelqu’un à Washington. Et puis c’est dans ces pays, il y a de multiples sources qui nous racontent, la Croix-Rouge par exemple, des institutions publiques et puis évidemment les autorités politiques. Et puis, de l’autre côté, vous avez l’Iran où nous n’arrivons pas à aller. Ça fait, je vous en reparlerai peut-être, plusieurs mois que nous demandons des visas, que nous essayons de rentrer. Pour l’instant, ce n’est pas possible. Nous y avons un pigiste, Siavosh Ghazi, qui est très important et à qui je voudrais rendre un hommage appuyé aujourd’hui. Vous l’entendez beaucoup, vous le voyez peut être aussi ailleurs, sur des télévisions.
Jérôme Cadet: On l’a entendu ici même il y a dix jours, nous dire qu’il avait échappé à la mort en pleine nuit, avec des bombardements sur Téhéran.
Anne Soetmondt: Siavosh prend des risques pour nous informer tous les jours. Il fait des directs de son bureau, parfois en haut de son immeuble. Il prend des risques, il se démultiplie. Il ne dort pas beaucoup. Ça, il faut le dire. Je l’ai très souvent au téléphone. Donc on a une grande difficulté. Et par ailleurs, je voudrais aussi dire quelque chose, c’est qu’on nous a beaucoup fait, je crois, ce reproche au tout début de la guerre. Mais ayons en tête qu’au début de la guerre, il y avait un « blackout » en Iran. En fait, on ne pouvait pas joindre les gens qui étaient là-bas. Et ce « black out », il continue. On va parler ensuite, je crois, des victimes notamment, dont des gens de la rue. Ces gens là n’ont pas un accès libre à Internet, donc c’est très difficile. Ça n’excuse pas, je veux dire, ça n’explique pas le fait qu’il ne faut pas entendre les Iraniens, effectivement, mais c’est très difficile.
Emmanuelle Daviet: Alors les victimes venons -y. Les auditeurs s’interrogent sur la manière dont ces victimes civiles sont évoquées à l’antenne. Ils ont parfois le sentiment que les morts israéliens sont davantage évoqués, donc que les victimes iraniennes. Anne Soetmondt, est-ce que vous estimez que le contexte de ce conflit où l’accès au terrain est restreint, comme vous l’avez indiqué, explique en partie ce traitement différencié et comment vous évaluez, et ça, c’est vraiment important, la fiabilité des informations que vous recevez sur les victimes civiles et les bilans ?
Anne Soetmondt: Alors évidemment, là, je ne peux que dire, évidemment, qu’on a d’abord entendu les victimes israéliennes. Pour la raison dont je vous parlais tout à l’heure. Thibault Lefèvre, dans le premier jour et les premières heures du conflit, a réussi à sortir et à nous raconter, par exemple, comment les Israéliens entendaient des alertes et se rendaient dans un abri. Ça, on l’a entendu très vite. Et c’est vrai qu’on n’a pas du tout entendu la rue à Téhéran et comment ils réagissaient aux bombardements, parce que nous ne pouvons pas le faire. Donc, il y a une liberté d’accès au terrain israélien qui est vraie. C’est aussi la même chose au Liban. On entend beaucoup les victimes libanaises et d’ailleurs les Libanais dans leur ensemble, car nous pouvons aller au Liban. Je le redis, en Iran, nous ne pouvons pas aller. Donc, effectivement, on a des manières différentes de parler. On essaie de raconter, nous, ce qu’on arrive à raconter de loin ou avec Siavosh qui n’est pas tout le temps disponible. Mais nous, de loin, on fait aussi beaucoup de choses, on raconte une réalité puis on essaie de joindre des Iraniens.
Rémi Sulmont: Oui, c’est ça, on l’a fait. On a passé des heures et des heures, à essayer d’appeler Téhéran.
Anne Soetmondt: Voilà ce qu’il faut comprendre, c’est que, à la rédaction internationale, on a mobilisé plusieurs journalistes qui, pendant des jours et des jours, ont essayé d’envoyer des messages et n’ont pas reçu de réponse. Et dès qu’ils avaient des réponses, on a essayé d’utiliser ces réponses avec prudence, puisqu’effectivement on ne peut rien vérifier. Donc, on essaie de recouper, on essaie de vérifier, ça prend du temps de les faire entendre.
Jérôme Cadet: J’ajoute sur les victimes civiles concernant notamment l’école qui a été bombardée en Iran aux premiers jours de la guerre, que la cellule de vérification de Radio France a travaillé pour pouvoir affirmer qu’il y avait un missile américain qui était tombé juste avant à côté de cette école. Donc on a aussi travaillé avec les équipes de Radio France sur les victimes civiles en Iran. Et dès le début du conflit.
Emmanuelle Daviet : Et d’ailleurs à ce sujet, on nous avions reçu des messages d’auditeurs qui félicitaient les équipes pour ce travail de vérification. Les auditeurs sont très attentifs également au vocabulaire, et c’est d’autant plus vrai dans le contexte d’une communication de guerre. Ils reprochent l’usage d’un vocabulaire, euphémisant qui, selon eux, oriente la perception du conflit. Ils critiquent notamment les termes entendus les premiers jours lorsqu’il a été évoqué, je cite « les frappes préventives ». Or, nous disent-ils, des frappes, ce sont des bombardements ou d’autres attaques militaires type missiles ou drones. Anne Soetmondt, dans un conflit qui est très polarisé, comment veuillez-vous à ne pas reprendre les éléments de langage des gouvernements ou des armées ? Et est-ce que la rédaction arbitre ses choix de vocabulaire dans ce contexte de guerre où on le sait, les mots orientent la perception des événements ?
Anne Soetmondt: Alors vous dites « guerre » et « arbitrage » dans la même phrase. Ça me fait penser qu’on a arbitré, ça pour le coup, ça a été une décision éditoriale à l’échelle de Radio France, assez rapidement pour pouvoir utiliser et assumer ce mot de « guerre » quand nous avons estimé éditorialement qu’il s’agissait d’une guerre. Donc oui, nous avons beaucoup de discussions éditoriales sur la manière de raconter, les mots qu’il faut choisir ou pas. Ce que je voudrais vous dire aussi, c’est qu’il faut se mettre à la place des journalistes et de l’endroit où ils parlent. Finalement, quand cette guerre commence, les premières informations qu’on a, elle nous viennent des autorités israéliennes qui parlent d’une frappe préventive. Donc au début, effectivement, nous disons, nous racontons les informations dont nous disposons, tout sourçant. C’est là que c’est important, c’est qu’on n’a jamais dit « des frappes préventives en Iran ». Nous avons dit « d’après l’armée israélienne, des frappes préventives ont été menées en Iran ». C’est tout ce travail là qui est un travail vraiment d’orfèvre, de chirurgien pour essayer d’avoir une justesse éditoriale dans ce qu’on raconte. C’est une question qu’on se pose très souvent, tout comme celle de la pédagogie, mais je crois qu’on va y revenir.
Emmanuelle Daviet: Alors la pédagogie, il y a évidemment beaucoup d’aspects. Par exemple, sur le terme « proxy », c’est un mot que les auditeurs ne comprennent pas. Alors ils peuvent se rendre sur le site de la médiatrice où j’y ai consacré un article, mais je veux bien entendre vos explications, Anne Soetmondt.
Anne Soetmondt: Alors d’abord, peut-être un mea culpa. Vous avez raison, on a peut être trop utilisé « proxy » sans vous l’expliquer. On essaie de se poser cette question très souvent d’ailleurs dans votre journal Jérôme, on raconte comment est-ce qu’on travaille, quel mot on choisit. C’est vrai qu’on l’a peut-être pas fait, en tout cas pas assez. Mais j’ai vu votre article, il est très bien. Alors un proxy, qu’est-ce que c’est ? Un proxy, c’est un mot qui vient effectivement de l’anglais qui veut dire procuration, intermédiaire, substitut. Ça s’utilise beaucoup dans le vocabulaire, pardon, je jargonne, géopolitique. Dans les relations internationales, on dit beaucoup « une guerre menée par proxy », ça veut dire une guerre menée par des intermédiaires, des gens indirects qui font la guerre pour une autre. On utilise beaucoup ça évidemment pour les alliés de l’Iran. Donc ça va être les milices armées au Liban, le Hezbollah, mais aussi en Syrie ou les Houthis au Yémen. C’est compliqué. C’est peut-être pour ça qu’on avait cette facilité de langage. Pardon, on n’aurait pas dû.
Emmanuelle Daviet: Pour les auditeurs, cette guerre en éclipse une autre. Depuis le 24 février 2022, leur intérêt pour l’Ukraine n’a jamais faibli. Or, les nombreux messages reçus depuis un mois expriment une incompréhension face à la quasi disparition de la guerre en Ukraine. Alors évidemment, il y a eu l’interview de Volodymyr Zelensky sur France Inter il y a quinze jours, mais ils ont l’impression que cette guerre a été quelque peu reléguée au second plan. C’est une réalité ou un ressenti ?
Anne Soetmondt: C’est une réalité dans le traitement médiatique parce que la guerre au Moyen-Orient a pris beaucoup de place et à juste titre. C’est un événement majeur qui secoue nos sociétés, qui se coup plein de rapports de forces géopolitiques. Mais quand même, je voudrais dire qu’à Radio France, on a vraiment, je crois, un souci de ne pas oublier la guerre en Ukraine, pas par goût personnel des équipes, même si on y est très attaché. J’adresse d’ailleurs un petit salut à notre fixeur historique. C’est un facilitateur Yachar Fazylov qui est à Lviv pour nous et aide nos équipes. On fait l’effort d’essayer de continuer à raconter cette guerre et je dois vous dire, c’est une petite plongée dans les coulisses de Radio France qu’en ce moment même, Isabelle Labeyrie, une reporter de la rédaction internationale, se trouve dans un avion militaire français et raconte et elle vous racontera, vous l’entendrez dans quelques jours comment on ravitaille les Rafale français qui sont sur le flanc est et qui contribuent à sécuriser la frontière Est de l’OTAN. Donc on essaie vraiment de le faire. On a un correspondant qui vient de s’installer là-bas qui s’appelle Lucas Lazo. Nous avons une journée drones qui se prépare avec des reportages, notamment en Ukraine, qui sont en train d’être tournés. Puis on raconte comment Volodymyr Zelensky dit qu’il ne faut pas oublier cette guerre, se démultiplie, va en Arabie Saoudite et ailleurs.
Les élections municipales
Jérôme Cadet: On a un autre sujet à aborder ensemble, Emmanuelle Daviet, ce sont les élections municipales. Beaucoup de questions aussi à ce sujet.
Emmanuelle Daviet: Et oui, questions à Rémi Sulmont, directeur de la rédaction de France Inter, au sujet de l’équilibre éditorial. Un auditeur écrit et cela résume bien la teneur des messages reçus. « Je trouve que vous avez passé, lors de ces municipales, beaucoup trop de temps à opposer l’extrême gauche à l’extrême droite. Le centre et la gauche ont été inaudibles. » Qu’est-ce que ça vous inspire, Rémi Sulmont, ce déséquilibre ressenti ?
Rémi Sulmont: J’entends cet auditeur. Vous savez quoi, Emmanuelle on va l’inviter à la conférence de rédaction de 9h cet auditeur. Et il va voir lors de cette conférence combien on prend de soin à essayer de donner la parole à tout le monde. Si on a donné la parole à untel le matin, on se dit à 13h dans le journal de 13h, il faut appeler unetelle. Le soin que nous avons pris avec Maxence Lambrecq, le chef du service politique, à aller voir tous les candidats, à aller voir tous les électeurs. Et si vous venez, on vous montrera aussi la carte de France des municipales qui a été constituée par le service politique, qui a rempli une carte numérique, pour vérifier s’il n’y avait pas des points qui manquaient sur la carte. Et franchement, cette carte, elle est belle. Elle montre qu’on est allé partout. Et la plupart des reportages que nous avons fait, bien, en fait, c’est une réalité politique. On est allé dans des villes divers droite et divers gauche la plupart du temps, parce que c’est la réalité politique, C’est aussi cette réalité politique au niveau national, LFI et le RN qui ont été dominants dans le débat politique, notamment depuis la mort de Quentin Deranque à Lyon. On devait faire part de cette actualité là, mais dans le respect scrupuleux des temps de parole, vous savez, les fameux temps de parole qui sont imposés par la loi. Et si vous venez à la conférence de rédaction de 9h avec Jérôme, vous constaterez que le temps de parole politique, c’est comment dire, une préoccupation hors campagne électorale. Et ça devient une obsession pendant la campagne électorale. C’est une obsession saine, démocratique, car la première radio de France se doit aussi d’être la première sur le podium pour le respect du pluralisme.
Emmanuelle Daviet : Rémi Sulmont, des auditeurs regrettent également que la couverture de ces élections ait été, selon eux, axée sur les alliances, les rapports de force entre partis et les enjeux nationaux dans la perspective de la présidentielle, au détriment parfois de projets locaux et des préoccupations concrètes des habitants sur le terrain. Alors, votre première réponse, évidemment, contrebalance un peu ce ressenti, mais quelle a été votre approche éditoriale ?
Rémi Sulmont: Figurez-vous qu’on s’est dit exactement la même chose au début de la campagne. On s’est dit on va nous faire ce reproche, il ne faut pas qu’on nous le fasse. Donc vous nous le faites, donc ça veut dire qu’on n’a pas complètement rempli le contrat. En tout cas on a eu dès le début de cette campagne, et même très tôt, dès le mois d’août, figurez-vous, on a choisi de faire notre rentrée avec du reportage sur le terrain axé sur les municipales, parce qu’on savait que ça serait une dominante dans notre année et dans notre saison radiophonique. Si vous voulez me faire dire que durant l’entre deux tours, on n’a pas parlé de fusion de listes, on n’a pas parlé de stratégie électorale, vous n’allez pas me le faire dire. Mais ça devenait indispensable pour décrypter le scrutin. Mais ça ne doit pas effacer les mois et les semaines de travail, ici même, on a parlé à Tournus la démographie sur l’ombre du narcotrafic à Mâcon, dans le 13/14, on a parlé des éoliennes à Pornichet, on a parlé de l’adaptation au changement climatique à Trèbes. Je vais bientôt m’arrêter. On a parlé aussi dans dix chroniques hebdomadaires depuis janvier avec Maxence Lambrecq, des enjeux et des compétences des maires.
La mort de Lionel Jospin
Jérôme Cadet: Des questions sur la mort de Lionel Jospin aussi, Emmanuelle Daviet.
Emmanuelle Daviet: Lundi, des auditeurs mécontent ont écrit pour déplorer l’interruption brutale de l’interview de Marie Kondo par Sonia Devillers pour annoncer le décès de Lionel Jospin. Ils n’ont absolument pas compris ce choix éditorial, estimant que France Inter n’est pas une chaîne d’info en continu et que la mort de Lionel Jospin aurait pu simplement être mentionnée avec un renvoi au flash de 10h pour que Sonia Devillers puisse terminer tranquillement son interview. Alors Rémi Sulmont, pourquoi cette interruption ?
Rémi Sulmont: C’est un art délicat, celui de « casser l’antenne », comme on dit dans notre jargon. Vous avez raison, France Inter n’est pas une chaîne d’information continue. Donc casser l’antenne, ce n’est pas naturel de le faire ici. Ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas le faire quand c’est nécessaire, il faut le faire. Ça dépend aussi du moment. Là, nous étions dans une tranche d’informations dans la dernière heure de la grande matinale, à l’heure où on prend un peu le temps de donner de l’info, mais on donne de l’info. La question, c’est donc quel événement d’actualité mérite sur France Inter de casser l’antenne, d’interrompre ce qui était prévu ? Là, c’est évidemment du cas par cas. Pour Lionel Jospin, pour moi, il n’y avait pas d’hésitation. Lionel Jospin, même s’il n’a pas été président de la République, il a été Premier ministre pendant cinq ans. C’est une figure majeure de l’histoire politique. Il est rentré dans l’histoire politique. Bon, après, je vous concède que ça dépend du moment où ça arrive. Quand la mort de Lionel Jospin arrive au milieu d’une interview de Marie Kondo, qui est la reine du rangement japonaise et qu’il faut interrompre cette interview. Il faut le faire avec beaucoup de tact. Je crois que c’est ce qu’a fait Sonia Devillers. Elle l’a fait avec beaucoup de délicatesse. Mais on ne pouvait pas attendre la fin de l’interview. Ça, ce n’était pas possible. On ne pouvait pas non plus annoncer la mort de Lionel Jospin et dire qu’on allait y revenir ensuite. Donc je suis sûr que ça, ça nous aurait valu plus de courriers encore Emmanuelle.
Emmanuelle Daviet: Ce qui m’a valu également du courrier, c’est votre 13h, Jérôme puisque vous avez consacré les 20 premières minutes à la mort de Lionel Jospin, et les auditeurs souhaiteraient savoir pourquoi vous y avez consacré autant de temps ?
Jérôme Cadet : Rémi a déjà un peu répondu. Déjà, je remercie tous ceux qui vous ont écrit. C’est toujours bien de le faire. On apprend la mort de Lionel Jospin à 9h08, donc beaucoup d’auditeurs ensuite vont apprendre la disparition de l’ancien Premier ministre à 13h. Donc ça vaut qu’on consacre une large place. Il a marqué la vie politique, Rémi Sulmont l’a dit. Moins de place ce jour là pour l’actualité internationale et pour les municipales reléguées au second plan. Je crois qu’on vous a écrit ça « relégué au second plan ». On a fait au moins 80 sujets dans ce 13/14 sur les municipales, en deux mois, on a fait trois semaines de feuilleton, on a fait dix chroniques avec Maxence Lambrecq et Rémi l’a rappelé, On a fait trois émissions spéciales sur le terrain à Lhuis, dans l’Ain, à Saint-Dizier, en Haute-Marne, nous étions la semaine dernière à Toulouse, pour un débat en public. Aucune radio, vous pouvez chercher, aucune télé n’a fait un débat en public dans ces élections municipales. On l’a fait. Donc je trouve cette remarque au second plan légèrement injuste. Je me permets de le dire ici. Je suis très heureux d’avoir pu y répondre.