De nombreux auditeurs ont écrit car ils ne trouvent plus les nouveaux épisodes du Cours de l’histoire sur leur plateforme d’écoute habituelle. Ils plébiscitent également les choix de sujets de l’émission. Pour leur répondre, Xavier Mauduit, producteur de l’émission, est au micro d’Emmanuelle Daviet.
Emmanuelle Daviet: De nombreux auditeurs nous contactent car ils ne trouvent pas les nouveaux épisodes du Cours de l’histoire sur leur plateforme d’écoute habituelle. Je vous lis deux messages. Une auditrice nous écrit : « je suis surprise et attristée de ne plus pouvoir écouter le cours de l’histoire sur l’application Podcast d’Apple. Pourquoi ce choix éditorial ? » Et puis un autre message d’un auditeur : « Pour quelles raisons doit on attendre un mois avant de pouvoir écouter les derniers épisodes du Cours de l’histoire autrement qu’avec l’application Radio France? J’utilise depuis de nombreuses années iTunes pour télécharger et panacher à l’avance dans mes playlists personnelles, des podcasts de nombreuses émissions de France Culture, dont le Cours de l’histoire depuis ses débuts et avant cela, La Fabrique de l’histoire, les émissions de philosophie, de sciences, d’actualités politiques et géopolitiques. » Alors Xavier Mauduit, quelles explications pouvez-vous leur apporter ?
Xavier Mauduit: Tout d’abord, merci Emmanuelle pour cette question et merci aux auditeurs et aux auditrices qui ont pu écrire. Vous avez lu deux mails, mais j’en ai reçu des dizaines et des dizaines. Effectivement, l’émission « Le Cours de l’histoire » est désormais à écouter en exclusivité sur l’application Radio France pour les nouveaux épisodes, c’est à dire pour les épisodes qui ont moins d’un mois. Après, ils sont disponibles sur toutes les plateformes externes, c’est à dire Apple Podcasts, Deezer et Spotify. En fait, cette décision s’inscrit dans un long processus ancien déjà de Radio France. L’idée est assez simple, c’est que pour écouter les archives anciennes ou les nouveaux épisodes du Cours de l’histoire, il faut aller sur la plateforme Radio France. Je vais vous dire pourquoi. Déjà, c’est pour être libéré, indépendant des algorithmes de ces plateformes externes. Je le vois très bien pour « Le Cours de l’histoire ». Vous savez, l’émission se construit en série autour d’un thème avec des épisodes un, deux, trois, quatre. Sur les plateformes externes, les épisodes sont dans le désordre. Enfin, on ne sait pas pourquoi certains sont mis en avant et d’autres disparaissent. Sur l’application Radio France, vous avez ici les épisodes dans l’ordre, c’est à dire que ce sont nos algorithmes. Puis je vais vous dire Emmanuelle, il y a autre chose. C’est que « Le Cours de l’histoire » reçoit des historiennes, des historiens souvent issus de l’université, c’est à dire qui travaillent grâce à de l’argent public, qui sont payés par l’Etat. Mais nous même, l’audiovisuel public, nous sommes ici payés par l’État. Pour le dire autrement, d’un côté vous avez des gens payés par l’Etat pour faire de la recherche et puis nous, service public, nous sommes là pour diffuser cette même recherche. Je trouve assez cohérent même que ce soit sur l’application Radio France, que l’on trouve ces épisodes en exclusivité.
Emmanuelle Daviet: Question posée par un auditeur : « Vous nous recommandez donc de passer par l’appli Radio France. Mais s’il n’y a pas de réseau, quelle est la solution ? »
Xavier Mauduit: Oui, ça c’est un véritable problème d’écoute et je trouve vraiment pertinent de voir comment les gens écoutent la radio. On peut l’écouter en direct sur un poste, on peut l’écouter en direct sur l’application Radio France. Et puis pour les podcasts, et ben là c’est différent. Sur l’application Radio France, il y a aucun souci. En fait, beaucoup de gens écoutent la radio en prenant le podcast sur une application externe, souvent sur leur ordinateur, ils téléchargent le fichier puis le mettent ensuite dans un lecteur MP3, ce qui leur permet d’écouter la radio dans des zones où il n’y a pas de connexion, où ils n’ont pas de wifi par exemple. Sur l’application Radio France, vous pouvez télécharger pour après écouter n’importe où. Et j’ai des messages de gens qui me disent « mais moi, quand je suis sur mon tracteur, je ne peux plus vous écouter dans les champs ou dans les vignes, ça m’embête. » Avec l’application Radio France, on peut le faire. Bien sûr, je sais que ça nécessite un téléphone qui permet, avec un appareil mobile d’avoir l’application Radio France. Mais en tout cas, cela permet, en allant sur l’application Radio France de découvrir cette application et la richesse des programmes. Enfin, moi je trouve ça fascinant. J’adore me perdre dedans parce que j’en apprends beaucoup.
Emmanuelle Daviet: Je vous lis à présent un autre message d’auditeur reçu la semaine dernière: « Un grand merci pour ce format de quatre matinées autour de la Grèce antique. C’est un format que vous réalisez très bien. J’avais déjà suivi les quatre matinées consacrées au Japon contemporain et celles consacrées au Brésil. Bravo pour vos compétences et votre travail au profit des auditeurs de France Culture. » Xavier Mauduit, par rapport à l’actualité au Moyen-Orient et pour laquelle vous avez proposé du décryptage ces dernières semaines, faire des émissions sur la Grèce antique ou bien sur Antoine de Saint-Exupéry, cela s’appelle une contre programmation. Pourquoi cela vous paraît important et quels sont les critères qui guident vos choix de thématiques ?
Xavier Mauduit: Avec toute l’équipe du « Cours de l’histoire » et notamment Maïwenn Guiziou qui assure la programmation, ou Jeanne Delecroix qui travaille également dans le choix des sujets. Nous sommes toujours en réflexion pour répondre aux attentes du moment qui sont les nôtres sans doute, et celles que nous imaginons être les attentes des auditeurs et des auditrices. Donc, il y a la nécessité d’apporter des réponses avec un regard historique sur des questions d’actualité. Les accidents du travail, voilà, ça c’est un sujet qui va venir bientôt dans le Cours de l’histoire. Mais vous avez, vous l’avez dit, Emmanuelle, sur le Moyen Orient, presque une obligation de se dire « regard historique ». Et puis de temps en temps, et l’histoire a cette force-là, c’est de proposer des sujets qui nous offrent comme un grand bol d’air, qui nous permettent d’explorer d’autres sujets les créatures fantastiques, vraiment exceptionnelles, avec des licornes. Et puis moi, d’un seul coup, je me plonge avec les sirènes et je suis très content. Et c’est le cas avec Saint-Exupéry. Et étonnamment, nous avons ici, en se disant qu’on est en contre programmation, des échos aux préoccupations du moment parce que toute production historique est réalisée aujourd’hui au plus près de la recherche. Et c’est pour cela que « Le Cours de l’histoire » donne la parole aux chercheurs et aux chercheuses. Et puisqu’ils sont produits dans une société qui est la nôtre, eh bien ces travaux là sont en écho aux préoccupations de cette société. Et donc c’est un régal de se dire chaque semaine, construire comme ça un thème et de pouvoir, le luxe de France Culture, disposer d’une heure pour entrer au plus près de la recherche, la rendre accessible au plus grand nombre. Et puis il y a dans ce « Cours de l’histoire » les émissions du vendredi et le vendredi, c’est justement une ouverture vers des artistes, comédiens, comédiennes, auteurs, autrices qui portent un regard sur le passé et d’un seul coup, tout mis bout à bout, nous avons un grand bol d’histoire tous les jours, donc en podcast sur l’appli Radio France et en direct sur France Culture.