L’intervention de François Ruffin dans la matinale de France Inter

Capture d'écran France Inter

François Ruffin, député La France insoumise de la Somme était invité de France Inter, jeudi 28 avril, dans le 7h50 de Léa Salamé.
Alors qu’il était interrogé sur le résultat de Jean-Luc Mélenchon, lors de la présidentielle, François Ruffin a déclaré: « Ce qui a été réussi, c’est qu’aujourd’hui il y a un drapeau de la gauche qui est haut, qui peut briller alors qu’elle pourrait ne plus exister quand on a eu cinq ans de Hollande, et que son héritier, son fils ou son bâtard, Emmanuel Macron, est présenté comme étant la continuité de cette gauche-là, ça pourrait être laminé dans le pays, ça ne l’est pas ».

Ce propos a suscité une vague d’indignation chez les auditeurs, ce courriel illustre la teneur des messages reçus :

J’adore votre programme et suis à l’écoute tous les matins. Sans être partisan, ni politiquement engagé, j’ai été outré que M. Ruffin utilise le mot « bâtard », ici pour M. Macron, mais ma réaction serait la même pour n’importe qui d’autre, en plein milieu de l’interview. Cela ne grandit pas la politique, exalte les haines. Un peu de respect grandirait le débat. On se demande après pourquoi les gens se détourne de la politique. 
Finalement, je suis assez surpris qu’il n’y ait aucune réaction de votre part pour modérer ou interpeller cet individu qui ne devrait pas avoir voix au chapitre. 
Continuez votre travail de qualité, mais s’il vous plaît, ne laissez pas passer ces mots.

Laurence Bloch, directrice de France Inter, vous répond :

Chers auditeurs,
Chères auditrices,

Vous avez manifesté votre indignation à l’écoute de l’interview de François Ruffin dans le 7/9 de France Inter jeudi dernier et je ne peux que partager votre sentiment sur le fait que l’injure en politique dessert non seulement ses auteurs mais abîme la démocratie et le sens du dialogue.

La réaction de Léa Salamé à l’insulte dégainée par Francois Ruffin à l’encontre du président de la République a sans doute été trop faible mais à sa décharge le direct vous prend parfois au dépourvu notamment lorsque vous accueillez à l’antenne des membres du personnel politique dont vous espérez de la mesure même si la critique est vive.

Par ailleurs, je me permets de constater que sur les centaines d’interviews réalisées sur notre antenne ce genre d’incident est heureusement extrêmement rare.

Je pense que la fatigue accumulée pendant ces dernières semaines d’actualité politique et géopolitique forte et violente ont eu raison de la vigilance pourtant constante et de la rigueur professionnelle de notre journaliste.

Soyez sûrs en tout cas que les consignes que je relaie sans cesse auprès des équipes sont de préserver à tout prix les échanges à l’antenne de toute agression verbale, de toute insulte et de toute violence.

Vous remerciant infiniment de votre exigence et de votre fidélité je vous adresse mes sentiments les plus cordiaux et vous adresse tous mes regrets pour cet incident qui ne grandit personne.

Laurence Bloch