Des auditeurs réagissent à propos du traitement sur les antennes de l’affaire Patrick Bruel.
Je cite l’interview passée à l’antenne du journal de 8 heures ce matin du 16 mai sur France Inter ce matin d’une dame qui disait, à propos de “l’affaire Bruel” : « quand on se fait violer, on ne porte pas plainte 40 ans après ».
Je ne peux qu’être outré par le fait que les journalistes d’Inter aient de moins en moins de discernement et ne se posent plus de questions avant de diffuser un tel propos.
Je suis consterné par l’évolution actuelle de certains médias.
Reportages concernant l’affaire Bruel.
Non, non et trois fois non on ne se « fait pas violer » comme irait se faire couper les cheveux, cela ne dépend pas d’une volonté personnelle, c’est celle de l’agresseur et uniquement la sienne. Cette faute de sens me fait mal, car j’ai subi un viol et des agressions sexuelles. Quant à ceux qui prétendent que parler de victime(s) alors qu’aucun procès n’a été encore programmé c’est déjà condamner l’accusé c’est faire bien peu de cas des enquêtes alors qu’on se prétend attaché au droit. D’autres affaires ont prouvé (celle de Depardieu, par exemple) que la sérialité des faits et le nombre croissant de plaintes, un certain modus operandi, une habitude, et surtout une habitude à vivre dans l’impunité la plus totale. Quant parlera-t-on, enfin, de présomption de dire la vérité pour celles dont la vie a été bouleversée, voire totalement gâchée ? Etre violé(e) par une personne connue (PPDA, Hulot, Miller, Bruel) est une double peine que les médias prennent rarement en compte. Au contraire, certains journalistes y voient une source de doute, après tout, quelles étaient les intentions de ces « victimes » ? Coucher avec une célébrité mais se venger si ça ne se passe pas comme elles le voulaient ? Tout cela est écœurant. Et quand on entend dans les micros-trottoir à quel point les badauds remettent toujours en question des témoignages parfois glaçants, cela promet de beaux jours à tous les agresseurs qui sont passés à l’acte ou qui vont le faire.
Lors d’un micro-trottoir réalisé auprès du public se rendant au concert de Patrick Bruel, le journaliste a choisi de diffuser les propos d’une femme qui affirmait qu’on n’attend pas quarante ans pour porter plainte. J’ai souffert d’une amnésie traumatique durant 34 ans à la suite d’une agression sexuelle. Il m’a fallu 6 ans pour avoir la force de porter plainte, avec l’aide d’une neuropsychiatre. Les propos retenus sont faux, j’en suis témoin. Ils m’ont blessée et ont ravivé une douleur contre laquelle je me bats depuis de nombreuses années.
Je suis tombé sur un débat au sujet de l’affaire Patrick Bruel entre une journaliste de Mediapart et un avocat qui était invité à la grande matinale. L’avocat disait simplement le droit et je trouve qu’il a été pris à partie en toute fin d’interview au sujet de la liberté d’expression journalistique alors qu’à aucun moment ce n’était le sujet de son propos. Il alertait juridiquement sur les inconvénients de ne pas laisser à la justice le soin de juger les choses. L’animatrice a conclu elle-même sur la liberté d’expression des journalistes qui ont un devoir d’informer. Le débat a été conclu sans autre forme de procès.
L’avocat admettait la gravité des faits reprochés, a abordé me semble-t-il le droit des victimes.
Nous le savons tous, la célébrité des agresseurs provoque une distorsion juridique par rapport aux communs des mortels. Les lois qui sont votées doivent être les mêmes pour tout le monde sinon nous ne faisons pas société.
Le fait de signaler la problématique de cette égalité devant la loi, de signaler que la présomption d’innocence était un précepte très important en France, de signaler les inconvénients quant aux actions à envisager pour permettre aux organisateurs de spectacle de ne pas embaucher les artistes incriminés dans ces douloureux dossiers ne rend pas complice l’avocat en question de ces situations, même d’être considéré comme quelqu’un mettant en cause la liberté d’informer.
Et dire à des journalistes aussi sérieux soit-il dans leur recherche dans les recoupements et vérification qu’ils exercent que leur travail est susceptible d’influencer le travail de la justice est un avis qui méritait d’être signalé à votre heure de grande écoute comme un contrepoint à votre travail tout à fait respectable.
Je n’ai ressenti à aucun moment d’esprit partisan dans les propos de cet avocat contre le travail journalistique et il n’était pas besoin d’aboutir à cette conclusion que je trouve inutile.
Lorsque j’écris ces lignes, je pense à l’affaire Cantat, et à l’excellent documentaire que j’ai vu sur Netflix récemment qui montre sans ambiguïté un certain nombre de faits qui pourraient rouvrir le dossier du décès de sa seconde épouse. Ce sont les victimes elles-mêmes dans ce cas-là qui disent « cela suffit ». La famille de sa seconde épouse qui a déjà subi quatre procès ne souhaite pas que l’affaire soit rouverte tant la souffrance pour eux est grande de voir rouvrir un dossier qui les a déjà fait tant souffrir depuis 15 ans.
Dans ce cas-là on voit bien que le devoir d’informer correctement et précisément avec un travail d’archives remarquable se heurte à la réalité des victimes qui elles sont prises à la fois dans le tourbillon de la célébrité de l’agresseur, à la fois dans la conception personnelle de ce qui devrait être fait dans ces cas en particulier, à la fois dans la souffrance quotidienne que provoque le décès d’un proche ou l’agression d’un proche.
On voit bien que ces problématiques ne sont pas simples et qu’il est utile de bien les envisager sous tous les angles y compris ceux qui sont susceptibles d’aller à l’encontre des avis des uns et des autres.
Je trouve détestable cette volonté d’actions de tout un chacun avant les décisions/jugements de la justice. D’accord il y a les plaintes, mais de là à vouloir interdire tout concert, ce n’est pas démocratique – tout le monde a entendu les plaintes et est capable intellectuellement/émotionnellement de ne plus aller/ou d’aller assister à ses concerts. Interdire les concerts vise à prendre la place de la justice et cela est dangereux.
Vos journalistes ne cessent de commenter le sujet de l’accusation de P. BRUEL en nommant les accusatrices de « victimes » au lieu de préciser « victimes présumées » ou « plaignantes ».
Croyez-vous sincèrement que nous sommes dupes ? Vous prenez systématiquement parti en jouant sur les mots l’air de rien alors qu’ils ont une importance que vous savez parfaitement.
En les nommant « victimes », alors qu’à ce jour aucun procès n’a reconnu la véracité de leurs accusations, vous avez déjà validé l’accusation.
Ainsi, vous tentez de manipuler l’opinion, et chaque jour je constate qu’on ne peut plus vous faire confiance.
Je précise que j’exprime ce mécontentement sans aucun parti pris car je n’aime pas Bruel, ni le personnage ni ce qu’il produit et représente, mais je suis attaché à l’ordre public et à la justice et je suis écœuré de cette logique de procès médiatique.
Une fois de plus, France Inter se joue du principe de la « présomption d’innocence » et préfère « faire le buzz » avec l’affaire Patrick Bruel ! Quel sens a, pour vous, ce statut de « présumé innocent » ? De la manière dont vous nous servez cette information dans tous vos journaux et depuis plusieurs jours, Patrick Bruel n’est plus présumé innocent ! Vous en faites un coupable avéré ! Tout cela, pour soigner l’audience de notre chère radio ! C’est une honte ! Et n’allez pas croire que je défends Patrick Bruel en dépit de son procès annoncé, mais par pitié, préservez la discrétion qui devrait être de mise pendant ce statut de présomption d’innocence, statut qui est un atout de notre démocratie : dans certains pays, vous êtes pendu avant même d’avoir pu plaider votre innocence !
Le traitement médiatique sur Radio France des frasques sexuelles de Patrick Bruel (qui est fort ménagé) n’a rien à voir avec celui avec lequel vous traitiez celles de Gérard Depardieu, qui, lui, ne fut pas ménagé et a subi un vrai « lynchage médiatique » de la part de Radio France et autres médias d’ailleurs… Deux poids, deux mesures ?
Depuis 48h, je ne peux allumer Franceinfo sans tomber presque immédiatement sur l’évocation de l’affaire Bruel. Est-ce l’information prioritaire depuis deux jours selon vous ?
Patrick !!! Patrick!!!
Assez ! Journal de 6h30, premier titre qui sera repris à 8 h, donc j’éteins ma radio.
Depuis deux jours, les mêmes questions, à chaque journal ou flash :
Faut-il annuler les concerts ?
Point sur la liste d’annulation des concerts.
Questions aux personnes politiques :
Voulez-vous annuler le concert dans votre ville ?
Sinon, irez-vous à ce concert ?
Où en est le nombre de signatures de la pétition pour annuler les concerts ?
Aborderiez-vous les mêmes questions si le mis en cause était le boucher du coin ou le manager d’une PME ?
Décidément, « Me too », c’est le cinéma, le théâtre, les médias.
Mais quand va naître un « me too » agriculture, supermarché… ?
ARRETEZ, on n’en peut plus, laissez tomber pour ce week-end prolongé.
Habitué de la Grande matinale, je trouve l’invitation de l’avocate de Flavie Flament non appropriée.
Condamnant les actes de Patrick Bruel s’il est reconnu coupable, je pense néanmoins que le discours de cette dame ne sert personne, ni sa cliente, ni les femmes et elle a des contradictions dans son propos.
Je crois que France Inter a mieux à faire que de faire venir des avocats qui font leur pub !
Je suis désespérée par les sujets choisis chaque matin, d’un niveau fond de tiroir enveloppé de bienveillance, qu’a-t-on besoin épiloguer sur Bruel et ses plaintes alors qu’il est présumé innocent, il sera bientôt un bon sujet d’émission mais c’est trop tôt, de même ce matin pour moi des émissions à polémiques sur le banquet “le canon français ”et les “on dit”…
Ça me désespère car moi je lis les tortures des journalistes emprisonnés, je vois un spectacle de jeunes russes exilés se démenant pour aider à sortir leurs amis
Jamais de vrais sujets, que des sujets faisant leurs jeux de l’extrême droite en attisant des caricatures
À quand de bonnes interviews pas complaisantes ni larmoyantes ?
Mes amies sont 100% d’accord avec moi.
Vos interviews sont toujours très intéressantes. Je reste quand même perplexe par rapport à la présence d’une avocate (celle de Flavie Flament) pendant qu’une instruction est en cours.