Dimanche 17 mai, « L’Esprit public » abordait la question du dialogue. Cette émission a suscité des réactions d’auditeurs, dont voici une sélection.
Félicitations à « L’Esprit public » d’avoir su échanger sur « Sait-on dialoguer ? ». Alors que des échéances électorales primordiales pour notre devenir commun auront lieu en 2027, il est important que les auditeurs puissent disposer de repères pour réfléchir sur la façon dont il faudrait utiliser nos divers moyens de communication pour clarifier nos désaccords et coconstruire des changements prioritaires. Comme l’a dit Rachid Benzine, ceci nécessite du courage pour prendre le risque de se rencontrer avec ceux qui sont différents et pour chercher ce qui nous rassemble.
L’émission d’aujourd’hui de L’Esprit public sur le dialogue était fort intéressante mais trop élitiste. C’est de l’entre-soi entre personnes qui pensent, peu ou prou, la même chose. Il eut fallu inviter des représentants de la « Nouvelle France » ou des élus de Seine-Saint-Denis pour ancrer ce thème du dialogue dans une réalité sociale absente de l’émission.
Félicitations à Astrid de Villaines et à ses invités du 17 mai pour cette émission sur le dialogue qui était simple, claire, intelligente, et presque enthousiasmante (dans le contexte actuel). Je l’ai recommandée à des amies professeures, et mise en lien sur LinkedIn.
Votre émission sur le dialogue (un sujet qui m’est cher) me semble avoir un angle mort. Celui de la relation, si l’altérité a bien été évoquée, la relation embarque un élément indispensable au dialogue la confiance. La confiance en soi, la confiance en l’autre et la confiance dans la relation. Dommage que l’évocation de Martin Buber et de la prise de risque dans la relation n’ait pas été évoqué plus tôt dans le débat. Je m’étonne que Carl Rogers n’ait même pas été cité, dans le dialogue, il y a l’écoute, pas seulement le temps de parole. L’autre clé pour moi du dialogue c’est l’échange, le don et le contre don. Le processus de circulation qui fait naître entre « je » et « tu », un « nous ».
Le dialogue que je tente d’entamer avec vous repose sur la confiance que j’ai dans la solidité de mon propos et en contact avec mon intention, un désir, la confiance d’être lu, la confiance ce que vous portez dans le sérieux du traitement des messages. Si vous me répondez alors il y aura relation et la confirmation que je peux avoir confiance. Comme en économie, la confiance est clé, là aussi il y a échange. Quand, dans une société, les médias (pas seulement numériques) excitent en permanence la défiance, exacerbent les extrêmes le dialogue devient de plus en plus difficile, c’est bien le constat de votre émission.
Mon intention est de vous encourager à inviter un référent en psychologie qui travaille avec une approche relationnelle, plutôt que de la psychanalyse qui instaure dans son dispositif une distance et une relation asymétrique dans le processus thérapeutique. Les approches humanistes telles que l’école de Palo Alto ou la Gestalt-thérapie me semblent plus riches sur un tel sujet.
Je me suis dit en l’écoutant qu’il aurait été intéressant, lorsque la notion de pouvoir dialoguer avec Chatgpt a été abordée, que vous ayez invité à votre dialogue Antonio Damasio qui vient de publier ‘L’intelligence naturelle et l’éveil de la conscience’. Il met au centre la place du corps et du sentiment dans la notion de conscience. Le sujet de la présence du corps a été, à mon sens, très justement abordé, et ce que Damasio nous présente met en dialogue cette notion d’une rationalité possible sans les vécus subjectifs de chaque individu, qui participent à ce dialogue. Or aucune intelligence artificielle n’est capable de vécus subjectifs… bien heureusement il me semble !!
Auditeur assez régulier de l’émission, je pestais depuis quelques semaines face à la banalité des sujets et du coup de leur traitement ; je me suis régalé aujourd’hui : j’écoute France Culture pour entendre ce qu’on n’entend pas ailleurs.