1. L’opération militaire des Etats-Unis au Venezuela :
– Remarques diverses
– Usage du terme « capture »
– Usage du terme « exfiltration »
2. Iran : révolte “contre la vie chère” ?
3. L’incendie à Crans-Montana
4. Le décès de Brigitte Bardot
– Remarques diverses
– Le journal de 13h de France Inter le 28 décembre
5. Les Matins de France Culture : “2026 vu par les Prix Nobel”
6. Le Masque et la Plume fête ses 70 ans
7. Simon Le Baron dans la Grande Matinale de France Inter
8. Le retour de « Grand bien vous fasse » pendant 1h sur France Inter
9. Fip Cultes : La nouvelle webradio de Fip
10. La programmation de « Sous le soleil de Platon » sur France Inter pendant les fêtes
11. « Un thé avec Agatha Christie » sur France Inter
Avant d’aborder les thématiques qui ont suscité de nombreuses réactions de la fin de 2025 à ce début d’année, je souhaite, en préambule, remercier l’ensemble des auditeurs qui prennent le temps de nous écrire. Nous lisons tous les messages avec une grande attention et il est important de préciser que ce qui est publié, ici ou sur le site de la médiatrice, ne prétend pas refléter l’ensemble des points de vue des près de quinze millions d’auditeurs qui écoutent chaque jour les antennes de Radio France. Il s’agit uniquement des contributions de celles et ceux qui choisissent de réagir, souvent parce qu’ils ont une interrogation, un désaccord ou un besoin de clarification à l’écoute des antennes.
Chaque jour, ce sont plusieurs centaines de messages qui nous parviennent, en moyenne 700. Ils sont tous scrupuleusement lus et analysés, avec mes deux collaboratrices. Cette attention constante permet d’établir un diagnostic permanent de la perception qu’ont une partie des auditeurs sur les journaux d’information ou les programmes.
J’indique que leurs remarques ne restent pas sur mon bureau. Elles sont transmises quotidiennement aux directions de chacune des chaînes. Chaque semaine, je rencontre également les directeurs des programmes ainsi que les directeurs de l’information. Il ne s’agit pas de dicter une ligne éditoriale, ce n’est ni le rôle ni la vocation de la médiation, mais de permettre à chacun de connaître la manière dont les auditeurs perçoivent les choix éditoriaux et les propositions d’antenne.
Je suis également très attentive aux retours que me font les auditeurs sur les rendez-vous de la médiation à l’antenne, sur France Inter, Franceinfo ou France Culture, ainsi que sur la Lettre du vendredi, qui suscite souvent de nouveaux échanges. Certains nous écrivent pour dire combien ils sont sensibles au fait de retrouver, dans les messages publiés, des impressions qu’ils avaient eux-mêmes ressenties à l’écoute, sans oser nous l’écrire. D’autres saluent le lien que cette démarche contribue à créer entre Radio France et ses auditeurs.
L’un d’entre eux écrivait récemment : « Je voudrais vous adresser, à vous et à votre équipe, un message de remerciement pour votre travail. J’estime que c’est une contribution précieuse à la relation entre nous, le public, et vous, le service public. Vos comptes rendus et les rendez-vous à l’antenne montrent que vous prenez au sérieux nos avis et que vous y accordez une grande importance. En cela, surtout par les temps qui courent, je trouve que vous jouez un rôle essentiel pour notre vie démocratique. »
Un autre auditeur évoquait à propos de cette Lettre « sans doute la production de Radio France la plus périlleuse ». Le terme peut sembler excessif, mais il traduit bien le caractère délicat de cette mission qui consiste à être au plus près de ce qui nous est adressé, à restituer les messages avec fidélité et transparence, tout en ayant pleinement conscience de l’engagement quotidien des équipes pour proposer des antennes qu’elles s’efforcent de rendre les plus exigeantes et les plus qualitatives possibles.
C’est dans cet équilibre, entre écoute des auditeurs et respect du travail des rédactions et des programmes, que s’inscrit la médiation, avec la conviction que ce dialogue est non seulement nécessaire, mais essentiel à la vitalité du service public.
Trump/Maduro : le choix des mots
Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont mené un raid militaire de grande envergure au Venezuela, aboutissant à l’arrestation et au transfert forcé du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. L’opération, baptisée « Absolute Resolve » (Détermination absolue), menée après « des mois de préparation » selon le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a impliqué des frappes aériennes et l’intervention d’hélicoptères pour intercepter le couple dans ce que Donald Trump a décrit comme une « forteresse » près de Caracas. Nicolas Maduro et son épouse ont été emmenés aux États-Unis, où ils doivent répondre d’accusations de « narcoterrorisme » devant la justice américaine.
Cette opération a suscité des réactions internationales : plusieurs pays alliés de Caracas (la Chine, la Russie, l’Iran, la Colombie) ont mis en cause la légalité de l’opération américaine. Les critiques ont également fusé de diverses capitales latino-américaines et européennes contre le recours à la force contre un Etat souverain et « une violation du droit international ». Seuls quelques gouvernements pro-Trump, tels que l’Argentine ou Israël, ont applaudi.
Les auditeurs sont nombreux à commenter le traitement sémantique de ces évènements. Pour beaucoup, le choix des mots « coup de force », « capture », « exfiltration », « opération spéciale » a produit un effet de « banalisation », comme si l’irruption de moyens militaires étrangers sur le territoire d’un État souverain pouvait être décrite sans qualification juridique claire, ni mise en perspective du droit international.
Des auditeurs pointent un décalage entre l’ampleur des faits et la prudence du langage. Le manque de référence au droit international est vécue comme un angle mort, laissant la place à des commentaires politiques, militaires ou stratégiques, parfois perçus comme « alignés sur la parole officielle américaine ». Certains auditeurs s’étonnent même d’entendre des intervenants « balayer d’un revers de main » la question de la légalité au nom d’une nécessité d’agir, sans que cette position soit véritablement interrogée ou mise à distance.
Si un tel acte avait été commis par une autre puissance, notamment la Russie, les mots auraient-ils été les mêmes ? Cette question traverse les messages comme un fil rouge. Elle ne vise pas à réhabiliter le régime de Nicolás Maduro, que beaucoup qualifient eux-mêmes de dictatorial, mais à rappeler un principe fondamental : le droit international et la souveraineté des États ne devraient pas être à géométrie variable selon l’identité de l’agresseur ou « la sympathie » que l’on éprouve pour le régime en place.
« Capture » ? « Exfiltration » ?
Si les messages d’auditeurs se ressemblent par leur point de départ, l’emploi d’un mot, ils portent en réalité sur une perspective plus large : la façon dont le langage fabrique une lecture des événements. Ce qui les heurte, c’est d’entendre les termes « capturé » ou « exfiltré » pour raconter « l’enlèvement » de Nicolas Maduro après l’intervention américaine au Venezuela. Pour eux, ce vocabulaire déplace le regard. « Capture » évoque la prise d’un animal, ou l’arrestation d’un criminel ; « exfiltration » suggère le sauvetage d’une personne en danger et consentante pour être exliftrée. Dans les deux cas, écrivent-ils, la sémantique installe la légitimité implicite de cette action des Etats-Unis, là où eux perçoivent un acte de force, une violation du droit international, voire un geste qui pourrait relever d’une logique de guerre.
Derrière cette critique linguistique, ils pointent la reprise sans distance du vocabulaire de Donald Trump et de l’administration américaine. Ils considèrent qu’en reprenant les mots des acteurs de l’opération, les journalistes adoptent aussi, et même malgré eux, le point de vue ou le « narratif » étatsunien, et qu’ils contribuent ainsi à normaliser l’idée qu’une puissance pourrait « capturer » un chef d’État étranger comme on neutralise un malfaiteur. Beaucoup insistent sur le fait qu’on peut juger durement le régime de Nicolas Maduro sans pour autant accepter que les termes employés transforment une intervention militaire en simple fait d’ordre public.
L’Iran : une révolte “contre la vie chère” ?
Le traitement journalistique de l’actualité en Iran soulève une incompréhension. Ce qui revient dans les messages, c’est le sentiment d’une simplification de la réalité : qualifier un soulèvement massif et durable de « manifestations contre la vie chère » est vécu comme « dénaturation des faits ». Pour ces auditeurs, l’enjeu ici n’est pas sémantique mais politique et moral. Ils disent voir, entendre et comprendre un mouvement de révolte dirigé contre un régime autoritaire, porté par des revendications de libertés et de changement de système, pour autant ils ne distinguent pas cette dimension dans les mots employés sur les antennes.
Cette incompréhension est d’autant plus forte qu’elle s’accompagne d’un sentiment de dissonance interne : certains auditeurs soulignent le décalage entre les récits du correspondant sur place, qui décrit la nature politique du mouvement et la radicalité des slogans, et les propos énoncés dans les journaux, perçus comme figés dans une grille de lecture économique devenue “obsolète”. Cette discordance alimente l’idée d’une information « déconnectée du terrain », voire d’une prudence excessive.
Des auditeurs ne contestent pas la complexité des situations ni l’existence de facteurs économiques, mais ils estiment que continuer à les placer au premier plan revient à occulter l’essentiel : un affrontement politique où des femmes et des hommes risquent leur vie. Certains vont jusqu’à parler d’un alignement involontaire sur le discours du régime iranien, tant cette qualification semble, à leurs yeux, minimiser la portée subversive du mouvement.
Demain, dans le rendez-vous de la médiatrice sur Franceinfo, nous reviendrons sur la sémantique employée pour qualifier l’action des États-Unis à l’égard du Venezuela, et sur les mots choisis pour raconter cet événement majeur de l’actualité internationale. Nous aborderons également le traitement de la situation en Iran, et la manière dont les mouvements en cours ont été qualifiés et analysés à l’antenne.
Anne Soetemondt, directrice de la rédaction internationale de Radio France répondre aux interrogations des auditeurs à 16h53, 18h50 et 21h13.
Nous proposons également aux auditeurs de retrouver une sélection d’émissions et de reportages consacrés à la situation en Iran. Parmi eux, un reportage de Franceinfo qui revient sur ce soulèvement à la fois nourri par la question de la vie chère et par une contestation plus large du régime des mollahs.
Ces contenus permettent de mieux saisir la complexité et l’évolution de la situation, dans un contexte où les causes économiques et les revendications politiques s’entremêlent. Les rédactions de Radio France restent pleinement mobilisées pour continuer à couvrir cette actualité au fil de ses développements, malgré l’impossibilité de se rendre dans le pays.
L’incendie de Crans-Montana
Dans la nuit du 1er janvier 2026, un incendie dramatique s’est déclaré vers 1h30 dans le bar Le Constellation à Crans-Montana, une station de ski suisse. Le sinistre, survenu lors des célébrations du Nouvel An, a causé la mort de 40 personnes, dont 20 mineurs, et fait 119 blessés. La police a dénombré au total 21 Suisses, 9 Français dont une Franco-suisse et une Franco-israélo-britannique, 6 Italiens dont un Italo-emirati, une Belge, une Portugaise, un Roumain et un Turc. Ces victimes ont entre 14 et 39 ans.
L’incendie aurait pris naissance à cause de bougies dites « fontaines » fixées sur des bouteilles de champagne. Ces bougies auraient enflammé le plafond du sous-sol du bar, recouvert de mousse isolante acoustique, provoquant un embrasement généralisé en quelques instants. Les gérants du bar, un couple français, font l’objet d’une enquête pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». La Suisse a décrété une journée de deuil national le 9 janvier, et une enquête approfondie est en cours pour déterminer les responsabilités et les éventuelles failles dans le respect des normes de sécurité.
Les messages des auditeurs traduisent un sentiment de malaise face au traitement médiatique de cette tragédie, l’impression que certains « curseurs de décence » ont été franchis. Certains disent avoir ressenti une forme d’intrusion dans les interviews entendues : intrusion dans l’intimité de victimes encore sous le choc, de familles suspendues à l’attente d’une nouvelle, de survivants auxquels on demande de mettre des mots sur un traumatisme encore à vif. Pour ces auditeurs, donner la parole à des jeunes rescapés, à une mère cherchant son fils ou à des témoins endeuillés ne constitue ni une information, ni un acte de compréhension.
En creux, la question du sens traverse les messages : à quoi sert tel détail médical, telle description des blessures à vif ou de corps calcinés ? Où est l’information, et où commence le voyeurisme ? Un auditeur parle d’une « galerie des horreurs », d’autres d’une information anxiogène et macabre qui, loin d’aider à comprendre, traumatise à nouveau. La répétition de détails crus, la sollicitation de médecins spécialistes pour décrire l’indescriptible, sont vécues comme une mise en spectacle de la souffrance plutôt que comme un travail journalistique utile.
Dans le courrier, des messages interrogent également la manière dont certaines victimes ont été mises en avant au détriment d’autres : le fait de souligner le statut de footballeur de l’un, ou de préciser l’origine corse des propriétaires du lieu. Des auditeurs s’interrogent : ces précisions apportent-elles réellement de l’information ou introduisent-elles, au contraire des hiérarchies implicites, voire des stigmatisations inutiles ?
À ces remarques s’ajoute les questions de la hiérarchisation et de la priorisation : après une « saturation » initiale autour de ce drame, certains auditeurs ont eu le sentiment d’un abandon soudain : Crans-Montana a été, dès samedi, relégué au second plan, remplacé par l’actualité du Venezuela, sans retour sur des questions restées en suspens.
Des auditeurs ont alors exprimé un “sentiment de désorientation” face à ce qu’ils ont perçu comme une alternance brutale entre une forte mobilisation éditoriale autour du drame de Crans-Montana, puis un basculement rapide vers l’actualité internationale. Il est important d’expliquer que ce mouvement correspond au fonctionnement même de l’actualité. L’information est par nature évolutive et hiérarchisée en permanence : un événement majeur peut en supplanter un autre lorsque de nouveaux faits, jugés prioritaires à l’échelle nationale ou internationale, surviennent.
Cela ne signifie ni oubli, ni indifférence à l’égard des victimes ou des questions restées en suspens. Les rédactions doivent sans cesse arbitrer entre le temps nécessaire à la compréhension d’un drame et l’obligation d’informer sur des événements nouveaux, parfois tout aussi graves. Cette dynamique peut donner le sentiment qu’« une information chasse l’autre », alors qu’il s’agit en réalité d’un équilibre difficile entre suivi, approfondissement et actualité immédiate.
Le ressenti exprimé par les auditeurs rappelle néanmoins combien ces transitions doivent être expliquées, accompagnées et mises en perspective, afin que chacun puisse comprendre pourquoi l’antenne évolue et comment les rédactions continuent, parfois en arrière-plan, à travailler sur des sujets qui ne sont plus au premier plan de l’actualité.
Le décès de Brigitte Bardot
Brigitte Bardot, icône internationale du cinéma devenue “passionaria” de la cause animale est morte des suites d’un cancer le dimanche 28 décembre à 91 ans. Si la plupart des auditeurs reconnaissent la légitimité de consacrer une large place à la disparition d’une figure majeure du cinéma et de la culture populaire française, leurs messages révèlent à quel point le traitement de son décès a cristallisé des attentes contradictoires.
Pour une partie des auditeurs, insister sur les prises de position politiques et les condamnations judiciaires de Brigitte Bardot relève d’un jugement moral déplacé. Ils estiment que le seul rôle des antennes de Radio France au moment de sa mort est de rappeler ce qu’elle a apporté à la culture française : une icône du cinéma, une figure de la liberté féminine dans son époque, une militante de la cause animale. Ils voient dans l’évocation de ses polémiques passées une lecture politique jugée partisane, incompatible selon eux avec la neutralité du service public.
À l’inverse, des auditeurs regrettent un portrait lissé, voire “hagiographique” de la star. Ils regrettent, qu’une édition sur France Inter, ait célébré l’actrice et la militante animale sans évoquer ses prises de position homophobes et racistes, pourtant “établies par des condamnations judiciaires”, ou son compagnonnage durable avec l’extrême droite. Ils parlent d’un portrait incomplet et s’étonnent que l’on puisse dissocier l’artiste de la personne dans ce cas précis, alors que les journalistes adoptent parfois une approche inverse pour d’autres figures culturelles. Eric Delvaux, présentateur des éditions du week-end, a tenu à apporter une réponse aux auditeurs, à lire ici.
Au-delà de leur radicalité parfois, ces réactions posent une interrogation centrale et intéressante de l’exercice journalistique : comment raconter une figure publique complexe sans tomber ni dans le panégyrique ni dans le procès posthume ? Où placer le curseur entre respect dû à une personne décédée et exigence de vérité ? Les auditeurs rappellent que Brigitte Bardot n’était pas une artiste retirée du monde, mais une personnalité clivante qui, depuis des décennies, s’exprimait publiquement sur des sujets politiques et sociétaux, assumant des positions qui ont marqué durablement le débat public. À ce titre, beaucoup estiment que ces éléments font partie intégrante de son parcours et ne peuvent être effacés sans altérer la compréhension de son personnage.
Plusieurs programmes largement salués par les auditeurs
Ces dernières semaines, nous avons reçu de nombreux messages positifs d’auditeurs, dont une partie est à retrouver dans cette Lettre. Ils saluent notamment les 70 ans du « Masque et la Plume », rendez-vous emblématique auquel beaucoup disent leur attachement intact, la présence de Simon Le Baron aux manettes de la Grande Matinale de France Inter pendant les congés de fin d’année, mais aussi le lancement de Fip Cultes, nouvelle webradio, ainsi que la programmation de « Sous le soleil de Platon » et de « Un thé avec Agatha Christie » sur France Inter durant les fêtes.
Ces messages disent le plaisir des auditeurs à retrouver des rendez-vous identifiés, du temps long, des voix incarnées et une programmation perçue comme réconfortante. Ils rappellent aussi que les périodes des fêtes sont propices à une écoute différente, plus disponible.
Nous avons choisi, dans cette Lettre, de revenir plus particulièrement sur deux programmations qui suscitent un bel enthousiasme. D’une part, la matinale spéciale des Matins de France Culture, consacrée le 7 janvier à « 2026 vu par les Prix Nobel », largement saluée pour la qualité des échanges. D’autre part, le retour de « Grand bien vous fasse » sur France Inter dans son format d’une heure, décision très favorablement accueillie par les auditeurs, qui se disent heureux d’avoir été entendus et de constater que leurs remarques ont été prises en compte.
Les Matins de France Culture en public : “2026 vu par les prix Nobel”
Mercredi 7 janvier, la matinale spéciale de France Culture consacrée à « 2026 vu par les Prix Nobel » a manifestement touché juste en donnant à entendre des voix savantes qui parlent sans surplomb, des scientifiques capables de partager la complexité de leurs travaux sans les simplifier à l’excès, et une conversation qui laisse place à la curiosité, au doute et à l’intelligence collective. A travers leurs messages, les auditeurs confirment surtout leur attachement à une radio qui prend le temps de la pensée.
Beaucoup évoquent une impression de « respiration », presque de soulagement, dans un paysage médiatique souvent perçu comme saturé de bruit et d’esbroufe. Ils saluent la qualité des questions, la pédagogie des métaphores, la modestie des invités, leur capacité à rendre sensible ce qui, par nature, est abstrait. À travers ces échanges autour de la physique quantique, de la recherche fondamentale ou des grands enjeux scientifiques, c’est une autre idée du savoir qui se dessine : un savoir en mouvement, nourri de patience, d’obstination et de créativité, loin de la posture ou de la performance.
Ces réactions témoignent aussi du souhait de voir la science retrouver une place centrale dans l’espace public, non comme une autorité distante, mais comme une source d’espoir et de compréhension du monde. Plusieurs auditeurs parlent d’ « éclairage », de « raison », de « connaissance » dans des temps troublés, comme si cette matinale avait offert un contrepoint nécessaire aux inquiétudes contemporaines. Ils rappellent combien entendre des femmes et des hommes de science réfléchir à l’avenir, avec rigueur et humanité, peut redonner confiance et désir de comprendre.
Au-delà des remerciements adressés à l’équipe des Matins et à Guillaume Erner, se lit également une reconnaissance plus large pour le rôle singulier de France Culture. Une radio qui ne cherche pas à séduire par le spectaculaire, mais qui assume la lenteur et l’exigence. Ces messages, empreints d’enthousiasme, disent combien cette profondeur de la réflexion est perçue non comme un luxe, mais comme une nécessité. Dans un monde traversé par le doute et la défiance, offrir du temps à la pensée et à la science apparaît, pour ces auditeurs, comme un véritable service rendu à la vie démocratique.
Le retour de “Grand bien vous fasse”
Les messages d’auditeurs sur le retour de « Grand bien vous fasse » produit par Ali Rebeihi ont une tonalité particulière : celle d’une joie franche et sans réserve ! Beaucoup tiennent d’abord à dire leur reconnaissance d’avoir été entendus. Ils rappellent qu’ils avaient exprimé, depuis la rentrée 2025, et pendant de longues semaines, leur frustration face à la réduction du format de « Grand bien vous fasse ». Ils se réjouissent aujourd’hui de constater que leurs remarques ont été prises en compte. Le fait même que leurs messages aient été publiés et que la direction de France Inter ait ajusté la grille en conséquence est vécu comme un signe fort : celui d’un dialogue réel entre la radio et son public.
Ce retour au format d’une heure est unanimement salué comme une évidence retrouvée. Les auditeurs expliquent combien la réduction à une demi-heure avait appauvri l’émission, compressant les échanges et les témoignages, empêchant les sujets d’être réellement approfondis. À l’inverse, l’heure complète redonne à « Grand bien vous fasse » ce qui fait son identité : « un temps long », propice à « l’écoute », à « la nuance », à « la réflexion partagée ». Beaucoup disent éprouver à nouveau ce « grand bien » promis par le titre même de l’émission, porté par la voix et la posture d’Ali Rebeihi, décrites comme rassurantes, attentives et profondément incarnées.
Ces réactions disent aussi le lien très fort des auditeurs à cette émission et à son équipe. Ils parlent de « bonheur », « d’intelligence radiophonique », de « plaisir retrouvé », et formulent des vœux explicites pour que ce format d’une heure s’inscrive dans la durée.
Ces messages rappellent une chose essentielle : lorsque les auditeurs sentent que leur parole compte réellement, qu’elle peut influer sur les choix de programmation, la relation de confiance se renforce. Cette séquence autour de “Grand bien vous fasse” montre qu’une écoute attentive du public n’est pas seulement possible, elle est nécessaire et produit des décisions saluées et fédératrices. Pour beaucoup, c’est aussi cela, le sens du service public : une radio qui ajuste, parfois, ses choix en tenant compte de celles et ceux qui l’écoutent, et qui sait le reconnaître.
Tous nos vœux pour cette nouvelle année
Le service de la médiation adresse à toutes les auditrices et à tous les auditeurs ses meilleurs vœux pour 2026. Nous vous souhaitons une année riche d’écoutes, de découvertes, de réflexions et de dialogues partagés sur les antennes de Radio France. Nous continuerons, tout au long de l’année, à lire vos messages avec attention, à relayer vos questionnements et à faire vivre cet espace d’échange indispensable entre vous et les chaînes. Merci de votre fidélité, de votre exigence et de votre engagement à nos côtés.
Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes