Les auditeurs ont réagi au mouvement lycéen. Voici une sélection de messages.
Sur les revendications des lycéens somme toute légitimes, trois points ne me semblent pas avoir été traités avec toute la hauteur de vue nécessaire de ce qui se joue actuellement.
Le mauvais état des locaux. Il n’a pas été évoqué une situation très disparate et surtout le fait que la construction et la maintenance des bâtiments relevait de la compétence des Régions, sinon tardivement. Que beaucoup de lycéens fréquentent des bâtiments relativement récents, bien équipés qui sont une vitrine pour les collectivités qui les ont financés.
Parcoursup dont il est demandé la suppression, n’a pas fait l’objet d’une explication des tenants et des aboutissants de cet outil et des enjeux auxquels il doit répondre, sinon aujourd’hui avec la parole donnée à une représentante d’une Université.
10 milliards sont réclamés par les lycéens. D’où sort ce chiffre ? Qui en a fait le chiffrage et de quoi compose-t-il ?
Je trouve que l’on met trop en relief des faits bruts, sans apporter suffisamment d’éléments de décryptage dans une période particulièrement confuse et de surcroît de campagne électorale qui exige qu’un média public se doit de proposer un éclairage digne de ce nom.
En accord avec les revendications lycéennes.
En désaccord avec les violences de tous bords.
En accord avec la vétusté de certains établissements.
En désaccord avec la dégradation.
Toutefois dans vos chroniques il est regrettable que vous ne parliez pas des lycées bien entretenus et des lieux d’apprentissage où ça se passe bien…j’ose encore espérer. !?
Merci.
Quelques remarques sur la façon dont le mouvement lycéen est traité sur votre antenne :
– Je n’ai toujours pas entendu de lycéen opposé aux blocages et autres actions. Il doit pourtant bien y en avoir.
– Le présupposé des journalistes est que le « jeune » est de gauche tendance LFI. Quid des « jeunes » de droite ou d’extrême droite ? Le « jeune » est « antifasciste » : quid de la haine antisémite décomplexée dans les universités, particulièrement depuis le 7 octobre 2023 ?
– Il y a beaucoup de jeunes qui ne sont pas concernés par le mouvement (jeunes en alternance, en apprentissage…), et j’en ai vu un ce weekend, qui n’a manifesté aucun soutien à ses homologues lycéens. On voit bien ici le biais des journalistes : leurs enfants sont au lycée, à l’université, dans les grandes écoles… Mais pas dans les CFA.
– Quand ces lycéens verront arriver des professeurs (et pas des « profs ») remplaçants, leur feront-ils la misère…? S’il manque tant de professeurs depuis plusieurs années, il faudrait s’interroger sur le comportement des élèves vis-à-vis de ceux-ci.
– Quand les parents des lycéens verront arriver les professeurs remplaçants, se comporteront-ils comme des consommateurs, mettant en cause le contenu des enseignements, les notes, la moindre remarque faite à leur petit chéri ? S’il manque tant de professeurs, il faudrait aussi s’interroger sur le comportement des parents à leur égard.
– Quand il y aura des travaux d’ampleur réalisés dans les lycées, combien de temps faudra-t-il pour que tout soit dégradé ?
– Pourquoi ce mouvement à la rentrée 2026 ? Parcoursup, les emplois du temps à trous, le manque de professeurs… ce n’est pas nouveau. Par contre, l’interdiction du portable au lycée, oui.
PS : je suis professeure depuis près de trente ans dans le public.
Je suis un auditeur fidèle de votre chaîne. En particulier, j’écoute les journaux, celui de 13h très souvent, ceux de 7h30 et 8h presque tous les jours, et celui de 19h quand j’en ai la possibilité.
Et un fait me frappe : pas une fois je n’ai entendu un de vos journalistes rappeler ce fait très simple : bloquer un lycée, c’est illégal. Ce silence ne concerne pas que votre chaîne, mais la totalité des médias que j’ai pu écouter. À tel point que j’ai fini par douter, d’autant que certains de mes collègues (je suis prof) m’ont dit qu’il s’agissait là d’une forme normale d’expression, comme une grève ou une manifestation. J’ai fini par poser la question à un de mes amis, juge au tribunal administratif de Paris. Il m’a confirmé le caractère illicite des blocages de lycée, et m’a dit que lui aussi ne comprend pas du tout le silence des médias à ce sujet.
Alors ? Pourquoi ce silence ? Pourquoi aucune question n’est posée à ce sujet par vos journalistes aux lycéens qui bloquent ? Pourquoi aucun de vos journalistes ne fait-il mention de ce rappel de la loi ? Pourquoi ?
Moi qui suis un ardent défenseur du service public, que je crains de voir démantelé après la prochaine présidentielle, je ne peux pas comprendre ce silence. Encore une fois : pourquoi ?
Je me permets de vous écrire à la suite des événements récents entre les lycéens et les policiers, et des témoignages de lycéens et de parents que j’ai pu entendre sur vos ondes.
Je suis policière, mais je suis aussi maman. J’ai moi-même été lycéenne et j’ai aussi manifesté. Alors, quand j’entends certains propos laissant penser que les policiers sont là pour casser du manifestant, et a fortiori s’en prendre aux lycéens, je me permets de réagir.
Quand nous intervenons lors de blocus devant des établissements scolaires, nous ne sommes pas là pour nous en prendre aux jeunes. Nous sommes là aussi pour les protéger. Concrètement, cela passe notamment par la vérification des sacs pour écarter les objets qui pourraient être dangereux : un briquet d’un côté, un déodorant de l’autre, et très vite, avec certains produits, on peut provoquer un départ de feu. Notre rôle est aussi d’éviter qu’un accident arrive. Je n’ai rien contre les lycéens. Je les entends, je peux comprendre leurs revendications. Dans ma région, les proviseurs autorisaient les blocus, à condition que cela se passe correctement. Et, quand tout se passait bien, nous étions parfois davantage des gardiens d’enfants, voire des animateurs de karaoké, à les entendre chanter, que des policiers confrontés à une situation difficile.
Et franchement, cela se passait très bien là où les choses restaient calmes.
Là où cela s’est compliqué, c’est quand certains ont commencé à nous tirer dessus avec des mortiers, à mettre le feu et à ravager des établissements scolaires. Dans ma région, dès les premiers jours, nous avons essuyé des tirs de mortiers. Nous étions dans un seul véhicule, à proximité d’un établissement en difficulté, et nous avons reçu une cinquantaine de tirs. Nous n’étions pourtant pas là pour provoquer qui que ce soit, mais pour assurer notre mission.
Ce sont ces comportements qui posent problème, comme dans n’importe quelle manifestation. Ce n’est pas le fait que des lycéens manifestent. Ce qui pose problème, c’est la violence et les troubles à l’ordre public.
Je voudrais que l’on comprenne que, derrière l’uniforme, il y a aussi des hommes et des femmes, des parents, des personnes qui ont été jeunes et qui savent ce que signifie vouloir défendre ses idées. Ces lycéens pourraient être nos propres enfants. Je trouve donc inadmissible de penser que nous sommes là pour leur casser la figure ou pour les empêcher systématiquement de s’exprimer.
Je ne prétends pas que tout se passe toujours parfaitement, ni que la police n’ait jamais rien à se reprocher. Je souhaite simplement apporter mon témoignage de policière de terrain, parce que je trouve important que notre réalité soit également entendue, au même titre que celle des lycéens et de leurs parents.
Je voulais simplement faire entendre une autre voix, celle d’une policière qui est aussi une maman, et qui n’a rien contre les jeunes qui manifestent pacifiquement.
Une policière de terrain et maman.
Non, non, et non ! Vous formatez l’opinion publique !
Dans votre émission ce premier lundi de novembre votre journaliste-intervieweuse, en parlant de la journée des lycéens de septembre, dit : « pendant que toute la jeunesse était dans la rue ». C’est une honte de vouloir imposer clairement l’idée que toute la jeunesse de France manifestait, alors que, très clairement également, c’est une large minorité de la jeunesse qui était dans la rue (avec de très bonnes raisons). France Inter ne peut pas, ne doit pas véhiculer des idées, des messages, des informations fausses. Vous contribuez à formater les idées du public qui, avec ce genre d’idées, est induit à voter pour les représentants de l’extrême droite.
Dites à vos journalistes de faire preuve de vigilance dans leurs propos, ils ont un impact sur des millions de Français ! J’attends un France Inter objectif et qui ne porte pas des idées ou des informations fausses portées sans limites par les réseaux sociaux et les chaînes d’informations permanentes.
Il y a de nombreux débats, dialogues sur le thème actuel des lycéens/ étudiants, question bête : pourquoi n’entend-on pas les proviseurs /directeurs/ chefs d’établissement de manière sereine, sachant qu’ils sont les premiers à voir leurs locaux vétustes/abimés leurs lycéens sans chauffage /en souffrance pour de nombreuses raisons, leurs ascenseurs PMR en panne, leurs professeurs absents ? Sans leur tomber dessus mais écouter leurs besoins ?! Je ne comprends pas pourquoi ils sont si invisibles, j’ai entendu un lycée à Ivry réussir à améliorer ses locaux et conditions de travail par dialogue proviseur/rectorat/ parents d’élèves. C’est très dommage de ne pas entendre ces initiatives positives et sereines.
Depuis plusieurs mois, je suis très surprise et contrariée par des choix de mots pas neutres du tout de la part de journalistes à l’antenne — je précise bien : hors éditos et émission Les Informés.
Par exemple à l’instant : « Le gouvernement siffle la fin de la récré », au sujet du mouvement lycéen. Impossible de ne pas y entendre une infantilisation, une décrédibilisation des jeunes, bref un avis ! Je n’écoute pas les flashs info pour avoir l’opinion du/de la journaliste !! Si c’est volontaire, c’est sournois. Si ce n’est qu’une formule pour rester dans le champ lexical de l’école, c’est sacrément pauvre.
Ce genre de glissements peut sembler minime mais il est de plus en plus fréquent, donc désagréable, je le déplore.
Ce lundi 02 novembre au journal de 13 heures votre journaliste a jugé adéquat d’appeler « proviseur » le chef d’établissement du Collège Lakanal d’Aubagne. Le minimum de rigueur consiste à employer les mots justes. Or j’observe que dans le domaine de l’éducation, l’approximation règne ! Au collège, le chef d’établissement est le principal. C’est au lycée qu’officie le proviseur ! L’usage d’un lexique approprié fait partie du respect dû au public.