Les auditeurs ont écrit au sujet du vocabulaire employé dans le traitement de la guerre, qu’ils jugent parfois inadéquat.
Qu’est-ce que les « frappes » ? En français je ne connais que les « bombardements » ! Qui tuent des êtres humains. Parler de « frappes » c’est utiliser le narratif de ceux qui veulent minimiser leur action criminelle ! Naïveté ou volonté sur France Inter ?
Arrêtez d’utiliser le terme de “frappes préventives” sur France Inter.
Le terme de frappe préventive relève de la propagande israélienne. C’est bien Israël qui attaque en premier. « frappe » est un terme euphémisant et « préventive » est factuellement douteux.
J’étais particulièrement choqué par le traitement médiatique de l’annonce des bombardements israéliens en Iran ce matin sur France Inter. Accent sur le volet « préventif » des bombardements, description de la réalité difficile vécue par la population israélienne, pas un mot sur la situation des civils en Iran. Serait-il imaginable sur France Inter de parler de « frappes préventives » de la Russie en Ukraine, puis de se préoccuper de la situation des civils russes obligés de se réfugier dans des abris sans se poser la question de la situation des populations civiles ukrainiennes ?
J’admire les efforts de neutralité journalistique de France Inter, ce qui rend la description de cette actualité d’autant plus choquante…
Une fois encore, je suis surpris par le terme « frappe préventive » , car ce terme implique un jugement. Il n’est pas factuel.
Israël a frappé l’Iran. En premier, cela est factuel.
Le qualificatif oriente la lecture de l’info, cela oriente la pensée des auditeurs. Cela va à l’encontre de la liberté, c’est un nivellement de la pensée, c’est grave.
Ce matin 28 février 2026, c’est presque une pensée unique et pleinement orientée qui est servie à l’auditeur, seuls quelques journalistes sont plus factuels.
J’apprécie très moyennement que vous qualifiiez à maintes reprises ce premier jour de frappes israélo-américaines de journée « historique ». Pour moi, ce terme revêt souvent une connotation positive. Comme si on pouvait se réjouir du début d’une nouvelle guerre… Ce n’est pas mon cas. J’ajoute que vos reportages en Iran font surtout état d’un enthousiasme de la part de la population. J’ai du mal à croire que tout le peuple iranien soit autant enthousiaste
Je trouve incompréhensible que vos journalistes continuent années après années de prendre le mot « victime » pour un synonyme du mot « décédé ». Hier, il y a eu 2 blessés en Israël mais « aucune victime ». Aujourd’hui, en Israël, une femme est «la première victime ».
J’entends ça si souvent sur France Inter et depuis si longtemps. L’absurdité d’une déclaration du style : « 300 blessés » mais aucune victime » n’est-elle pas sidérante ? Ces journalistes pourraient-ils rencontrer une de ces personnes qui aurait perdu ses jambes et lui dire : « Vous n’êtes pas une victime » ?
J’aurais des centaines d’autres choses à faire remarquer qui montrent que beaucoup de journalistes/animateurs semblent ne pas s’écouter, ne pas avoir de recul sur leurs paroles, pourtant adressées à des milliers d’auditeurs.
Mais je doute que cela serve à quelque chose puisque j’ai déjà entendu sur votre antenne, il y a longtemps, la critique que je fais aujourd’hui. Quel effet aura-t-elle eu ? Y a-t-il quelqu’un qui se soucie d’améliorer la qualité de la parole sur votre antenne ?
Je ressens un malaise proche de l’écœurement en entendant un grand nombre de journalistes intervenant sur les antennes de Radio France faire leur l’expression vulgaire » Finir le travail » pour désigner la poursuite des opérations de guerre actuellement menées au Moyen Orient. Je ne sais s’il est dans vos attributions d’intervenir à ce sujet mais, dans le meilleur des cas et au nom de la dignité devant prévaloir sur nos antennes du Service public, je vous en conjure.
Sur Franceinfo comme ailleurs, on ne comprend pas que nos amis journalistes n’aient pas encore assimilé que l’américain Pete Hegseth n’est pas secrétaire à la « défense » mais – nouvelle terminologie trumpiste – secrétaire à la « guerre » !
Le président des États-Unis a renommé le département d’État à la Défense des États-Unis d’Amérique en « Departement of War ». Cela est vérifiable sur le site internet dudit département, dont l’adresse est sans équivoque : www.war.gov .
Aussi pourquoi est-ce que vous qualifiez M. Hegseth de secrétaire d’État à la Défense, alors que le titre officiel de sa fonction est secrétaire d’État à la Guerre ?
Quand ils parlent des gouvernements de certains pays (Iran, Chine, Venezuela, Russie…), les journalistes utilisent le terme « le régime ».
Quand ils parlent des gouvernements occidentaux, ce terme est proscrit. Bizarre.
Loin de moi l’idée de mettre un signe d’égalité entre des dictatures et des démocraties. Évidemment.
Mais nous sommes, nous aussi, en France, aux États-Unis, sous un « régime », constitutionnel, politique…
« Le régime politique est l’organisation des pouvoirs et de leur exercice au sein d’une entité politique, autrement dit la forme institutionnelle du pouvoir et la pratique qui en découle ».
TOUTES les nations ont donc un régime : républiques, démocraties, royaumes (même en Europe), théocraties… cohabitation entre elles parfois…
Tout ça introduit beaucoup de confusion propices aux manipulations. La pédagogie passe beaucoup par le langage.
Ne pourrait-on pas un peu clarifier les choses et éviter de nous seriner des stéréotypes linguistiques simplistes à longueur d’antennes et d’éditoriaux ?
« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde. Ne pas les nommer, c’est nier notre humanité » a écrit Albert Camus.
Hannah Arendt n’a pas dit vraiment autre chose. Les mots ne sont jamais innocents.