En moins de vingt ans, les écrans se sont imposés partout : dans nos poches, nos foyers, nos écoles, nos relations sociales. Ce mercredi 21 janvier, France Inter y consacrait une journée spéciale : France Inter crève l’écran. Une journée pour mesurer leurs impacts sur notre santé, mais surtout pour explorer des pistes concrètes : réduire la place du smartphone, questionner nos usages et imaginer des solutions pour mieux vivre avec ou sans écrans. Les auditeurs ont réagi aux différentes émissions sur le sujet :

Nous vivons dans un monde d’injonctions paradoxales.
D’un côté, il est vivement recommandé, quasi quotidiennement via des émissions de radio, des messages télévisés, etc …, de limiter l’utilisation des réseaux sociaux et de lutter contre l’addiction qu’ils génèrent. Toutefois, la quasi-totalité des médias et des sites institutionnels permettent de les contacter majoritairement et quasi uniquement via les réseaux sociaux : X, Facebook, Instagram, WhatsApp, etc… Que des modes de communication qui privilégient le pillage des données personnelles : si c’est gratuit, c’est toi le produit.

Je suis très intéressé par votre thème de la journée et parfaitement conscient du problème que l’usage des réseaux sociaux est problématique en particulier pour les jeunes. Toutefois je me pose une question sur les contours du débat : on parle toujours d’usage « des écrans » de manière générique, sans définir exactement ce que l’on entend par là, pour parler de toute utilisation de son smartphone. Mais que faut-il entendre ? Je prends mon exemple personnel : avant, j’étais abonné au Monde et à Libération papier que je lisais tous les jours avec mon journal. Aujourd’hui, j’ai les mêmes abonnements mais en numérique : je passe donc des heures à lire les journaux sur mon téléphone plutôt que sur papier. Idem pour les livres, que j’ai pris l’habitude de lire en version numérique sur mon téléphone. J’écoute également France Inter via l’appli pour écouter les émissions qui me plaisent aux heures qui me conviennent plutôt qu’en direct quand je ne le peux pas. Ceci représente donc « du temps d’écran » plutôt important. Est-ce problématique ? Est-ce que cela fait partie du débat que l’on a en ce moment ? La question n’est pas seulement rhétorique : ça pose la question de savoir si, d’un point cognitif et des neurosciences, le seul fait d’utiliser un écran plutôt qu’un support matériel comme le papier a des effets négatifs ? Ou est-ce plutôt à l’usage en général d’internet et des réseaux de manière « passive » (on ne choisit pas le contenu de ce qui nous arrive quand on scroll) qui est problématique ? Lire sur écran ce qu’on lisait sur papier est-il en soi un problème ?

Faire attention aux écrans chez les jeunes, ok, mais alors pourquoi la région Île-de-France a-t-elle supprimé les livres scolaires et donné des ordinateurs ?
Il faut manipuler, comme vous le dites !

Juste pour vous faire part de mon interrogation concernant le rapport école/écran : premier rendez-vous avec le directeur du collège m’informant que l’écran est la bête noire de l’éducation nationale. Message contredit par le fonctionnement au quotidien du collège puisque cela fait deux ans que ma fille de 5eme n’a pas de cahier de texte, doit accéder à école directe et l’année dernière Pronote (public-privé même combat) et doit faire ses leçons sur ordinateur tous les soirs. Je suis assez perplexe, la plupart des parents sont en désaccord mais rien ne change. Merci pour votre émission !

Je me permets de vous interpeler sur les limites de l’interdiction des téléphones au collège.
En effet, ma fille est dans un collège à Nantes où les téléphones sont interdits. Elle n’a pas de téléphone et nous soutenons pleinement ce fonctionnement dont nous pouvons, cependant, observer les limites quotidiennement.
Pronote, plate-forme en ligne reléguant les informations en lien avec le collège (devoirs, notes, informations sur le fonctionnement, retards des enfants, etc …. ) est venue, dès la rentrée, bousculer la fameuse interdiction venant de l’équipe pédagogique.
Quid des enfants n’ayant pas de téléphone, pas d’accès à internet ? Quid du contrôle parental qui doit être constamment levé pour avoir accès aux multiples liens envoyés par les professeurs pour faire les devoirs ? Quid des enfants dont les parents n’ont pas les compétences, le temps pour s’approprier ces outils et apporter un cadre sécurisant à leur enfant.
Difficile de se positionner en tant que parent face aux professeurs, face à ses enfants.

Ne faudrait-il pas également expliquer qu’utiliser telle ou telle plateforme est un choix qui a des conséquences ? Favoriser WhatsApp plutôt que Signal c’est cautionner le vol de données, le financement de multinationales étrangères qui sont celles des amis de Trump…
Choisir l’IA plutôt que Lilo (ou même Qwant) pour faire des recherches c’est pareil, avec en effet des répercussions sur l’environnement, vu la pollution engendrée par ces technologies… La paresse et le manque de conscience de nos consommations a des conséquences, pas seulement personnelles et mentales mais aussi géopolitiques et environnementales.

Et si au lieu de proposer des contacts par WhatsApp et donc de favoriser comme vous le faites sciemment les produits de Meta, vous proposiez un contact par Signal ? Ceci éviterait à vos auditeurs de se comporter comme des moutons et d’accepter d’être des marchandises…

On parle de l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale et c’est très bien, mais très rarement de l’impact des ondes wifi, 5G, etc. sur la santé physique. Cette problématique pourrait-elle être abordée sur France Inter ? Merci d’avance pour votre réponse.

C’est faux de dire que nous sommes tous addicts.
J’ai 60 ans. Et dans mon entourage très proche, amis, famille, on n’est pas sur nos téléphones. On n’est pas sur les réseaux. On a une vie. Cinéma, sports, lecture… Il y a des irréductibles chers amis !