Plusieurs auditeurs expriment leur surprise et leur incompréhension face à la mise en avant de la couleur de peau d’un astronaute dans la couverture médiatique de la mission Artemis-2.
À la suite de l’écoute ce jour du reportage et commentaires sur la Mission Artemis, il est entre autre dit à propos d’un membre de l’équipage : “ce sera la première personne noire…”
Surprise de ma part, aucun intérêt vu le sujet, pourquoi spécifier qu’il est noir ?
Les réactions suscitées par la couverture de la mission Artemis 2 portent sur la mise en avant de la couleur de peau d’un astronaute. Une question résume les messages reçus après la diffusion d’un sujet sur France Inter : « Pourquoi avoir souligné qu’un astronaute de la mission Artémis est noir ? ». Pour plusieurs auditeurs, cette précision apparaît comme secondaire, voire déplacée dans un sujet scientifique où l’on attend avant tout des éléments liés à la mission, aux compétences ou aux enjeux techniques.
Plutôt que de réduire la précision de la couleur de peau à une assignation identitaire, mieux vaut y voir la volonté de valoriser une première historique de la part de la journaliste qui a traité ce sujet. On peut raisonnablement penser que, le temps étant compté en radio, il n’a probablement pas été possible dans ce journal de développer davantage le profil de Victor Glover puisque c’est de lui qu’il s’agit.
Il faut savoir que les missions Artemis ont été conçues et annoncées comme des missions de rupture, non seulement sur le plan scientifique, mais aussi en matière de représentation : première femme sur la Lune, présence d’astronautes issus de profils jusqu’ici peu représentés. Dans ce cadre, la mention de la couleur de peau vise à souligner une évolution dans l’histoire de la conquête spatiale, longtemps marquée par une forte homogénéité. Elle traduit aussi la volonté plus large de rendre visibles des parcours qui ont été historiquement minorés, en écho à des débats contemporains sur la diversité et l’inclusion dans les domaines scientifiques.
La mention de la couleur de peau de Victor Glover s’inscrit dans une histoire longue, faite d’avancées, mais aussi d’obstacles et de retards car la conquête spatiale, telle qu’elle s’est écrite dans les années 1960 avec le programme Apollo, n’a emmené sur la Lune que des hommes blancs. À l’époque, alors même que les États-Unis étaient traversés par le mouvement des droits civiques, les tentatives d’ouverture du corps des astronautes se heurtaient à des résistances profondes. Au début des années soixante, des candidats astronautes noirs, considérés aujourd’hui comme des pionniers, avaient pourtant ouvert la voie, au prix de discriminations, d’isolement et de carrières brisées. Certains avaient été envisagés, formés, soutenus un temps, avant d’être écartés dans un climat politique et social qui n’était pas prêt à les voir incarner ce rêve américain.
Il a fallu attendre les années 1980 pour qu’un premier Afro-Américain parte dans l’espace, et encore davantage de temps pour que cette diversité progresse réellement. Autrement dit, ce qui peut apparaître aujourd’hui comme une simple précision biographique renvoie en réalité à des décennies d’histoire, de luttes et d’invisibilisation.
La présence de Victor Glover prend donc une dimension particulière. En devenant le premier homme noir à participer à un vol lunaire, il ne réalise pas seulement une performance individuelle : il s’inscrit dans une trajectoire collective, celle de tous ceux qui, avant lui, n’ont pas pu aller au bout de ce parcours. Sa place dans la mission Artemis est ainsi porteuse d’une mémoire, presque d’une réparation symbolique.
On comprend alors pourquoi cette information peut être mentionnée à l’antenne. Non pour réduire un astronaute à une caractéristique, mais pour signaler qu’un seuil est franchi, que quelque chose change dans la représentation même de ceux qui accèdent à ces missions d’exception. Dans un moment où ces questions de diversité et de reconnaissance restent débattues, y compris au plus haut niveau politique, cette dimension n’est pas anodine. Encore faut-il, sans doute, en donner les clés. Car sans ce recul historique, la mention peut sembler gratuite.
Par ailleurs, cette évolution intervient dans un contexte particulier puisque l’administration Trump multiplie les attaques contre les politiques de diversité. Depuis son retour au pouvoir, le président républicain a notamment fait retirer du site de la NASA l’engagement d’envoyer, dans les années à venir, la première femme et la première personne de couleur sur la Lune. Cette décision alimente les incertitudes quant à la composition des futurs équipages des missions Artémis, qui n’ont pas encore été annoncés.
J’ai entendu votre journaliste dire à propos du lancement de la mission Artemis dire que c’était la première fois qu’il y avait un astronaute noir… Était-ce bien nécessaire ???
Dans votre journal, vous avez présenté la Mission Artemis en distinguant parmi les astronautes, un homme noir et une femme. En quoi cette distinction est-elle intéressante pour la science ?
Était-il nécessaire que votre journaliste fasse mention de la couleur de peau d’un des astronautes ? Est-ce une information utile ? Si oui, pourquoi ne pas préciser la couleur de peau des autres personnes à bord ?
Dans le journal ce mercredi : information sur Artémis. La journaliste nous dit qu’il y a trois astronautes blancs et un noir. Suis-je la seule à en être choquée ? Maintenant France Inter relève aussi une supposée couleur de peau comme élément d’identification des personnes ? Et est-ce le facteur à mettre en avant sur cette expédition lunaire ? Je ne vous comprends plus…
Dans les informations, la journaliste qui présente l’équipe qui va voler autour de la lune a cette remarque incroyable : après avoir dévoilé le fait qu’une femme et une personne de couleur noire vont être à bord, « encore un profil atypique » pour présenter un canadien qui n’a jamais volé.
On n’est pas gêné de présenter une femme et un noir comme des profils « atypiques » ? Ça va ?
Ce midi, la journaliste traite le sujet sur la mission sur la lune à venir. Elle cite les différents astronautes en dévoilant leur carrière et ajoute pour Victor Glover : père de 4 enfants. D’après Wikipédia Mr Reid Wiseman a 2 enfants et Jérémy Hansen 3
enfants et Mme Christina Koch aucun.
Pourquoi une telle mention alors que pour les autres aucune mention du genre ? Je n’ose penser que c’est le fait que M. Glover est le seul homme de couleur de cette mission qui a incité à cette précision !