Les auditeurs réagissent au traitement éditorial de l’affaire Epstein sur les antennes
Je me pose la question (non complotiste…) suivante : « La parution des millions de documents, noms, mails dans un timing apparemment choisi (… la narration). Dans quelle mesure le scandale de l’affaire Epstein pourrait-être considéré comme une sorte de manipulation ou d’ingérence US en vue de déstabiliser certaines institutions ou réseaux ? »
Les auditeurs s’interrogent sur le traitement éditorial et la couverture de l’affaire Epstein sur Franceinfo. Pour leur répondre, Richard Place, directeur de la rédaction de franceinfo, ainsi que Thomas Pontillon, journaliste à la cellule Vrai ou Faux sont au micro d’Emmanuelle Daviet. A écouter ici
Pouvez-vous arrêter de nous parler toutes les heures de l’affaire Epstein ? Pouvez-vous rappeler que tout ça a été sorti par les Américains pour que l’on ne parle pas d’autre chose et que tous les noms qui apparaissent ne sont pas des criminels ? Pouvez-vous à chaque fois rappeler le contexte ? Nous sommes à un mois des municipales avec des enjeux en France bien supérieurs en termes de liberté. Parlez-nous de ça. Des procès en cours, des criminels français…
Compte tenu du « désamour » de Trump pour l’Europe, après avoir fait caviarder les documents qui pouvaient le gêner, n’aurait-il pas prévu cette divulgation en Europe pour essayer de la perturber ?
Il me semble que très majoritairement, voire seulement, des ressortissants non-américains sont désignés dans les documents récemment publiés dans le cadre de l’affaire.
Ne pensez-vous pas que l’administration des Etats-Unis, au-delà de « diluer » Trump et de « mouiller » les Clinton, se sert de ce dossier pour en rajouter à son opération de déstabilisation de l’Europe ?
Avec tout ça, les journalistes qui voulaient savoir si Trump était mêlé à cette affaire semblent l’avoir oublié. Cette affaire incontestable, dans quelle mesure est-elle, du point de vue de Trump, un rideau de fumée ?
Depuis la sortie de ces documents par l’administration Trump, on ne sait pas s’ils sont caviardés, l’Europe est sous le choc.
On pourrait avoir l’impression, en écoutant les infos, que seule l’Europe est concernée. Mais je me pose la question de savoir pourquoi ils apparaissent maintenant dans une période de bras de fer entre les deux puissances et quel sera leur impact dans le conflit russo-ukrainien ?
Un immense merci pour cette émission si essentielle pour prendre de la hauteur sur un quotidien « trop vite en mouvement ».
J’écoute ce matin le grand entretien sur l’affaire Epstein.
Tout est très intéressant et permet de comprendre cette affaire tentaculaire.
Je souhaiterais poser une question pour prendre du recul sur le vocabulaire que vous employez dans vos échanges. A plusieurs moments, vous mobilisez un vocabulaire positif, presque élogieux sur la capacité de ce monsieur d’avoir créé un réseau tentaculaire d’informations/de personnes.
J’en suis surprise car de ce que je comprends nous avons à faire à un prédateur sexuel, un pédocriminel, quelqu’un qui exerce de l’emprise psychologique sur ces contacts, et non quelqu’un qui a du « génie » dans ses contacts. (Même si l’invité s’est repris et a dit « mauvais génie »).
Afin de faire avancer les discours sur ces affaires il faudrait plutôt employer un vocabulaire adéquat : c’est sans doute une personne malade mentalement qui a exercé un comportement d’emprise et de pouvoir sur des personnalités. Même si ce discours n’excuse pas le comportement des personnes incriminées. Plus nous serons objectifs et condamnant dans nos discours plus ces comportements seront décriés et non salués.
Faut-il se concentrer sur les Français mentionnés dans le dossier ? Il y a eu trois procédures : la première avec une condamnation d’Epstein en 2008 (Trump était-il mentionné ?). La seconde, la plus importante, celle qui conduisait au procès Epstein mais qui s’est arrêtée avec son suicide. On oublie un peu la troisième qui a conduit à la condamnation de Ghislaine Maxwell. Désolé mais parmi toutes les personnes citées, ce n’est pas Jack Lang qui nous intéresse le plus mais Trump !
La Guagua llora, la guagua está llorando… (Le bus pleure).
Un ouragan opaque de 3 millions de pages envahit une grande partie des écrans et des esprits de la planète, tornade d’argent, de sexe et de boue. Sa réplique attend son heure, aussi épaisse et poisseuse parait-il…
La Guagua llora, la guagua está llorando.
On extrait les noms (fameux de préférence), les lieux (prestigieux 800m2 parisiens, îles paradisiaques…) et les chiffres (dollars, filles, cadeaux…) de ce Cluedo géant au parfum de scandale. Dans sa prison, le voyou international fut, sans doute ? peut-être ? liquidé. Le mystère s’ajoute aux mystères.
La Guagua ya no puede arrancar…(le bus ne peut plus démarrer).
L’ouragan Epstein, sombre thaumaturge, délinquant maléfique emporte le Groenland, le Venezuela et Minneapolis sur son passage. La Guagua llora, la guagua está llorando… Comment peut-on instruire un dossier tronqué de 3 millions de pages ? Il faut s’y plonger, il faut s’y plonger, il faut s’y plonger, être le poisson que l’on noie…
Et oublier que, pendant ce temps, dans les rues et routes qui sillonnent le long lézard vert des Caraïbes les bus ne circulent plus. Le complice d’Epstein, le léviathan démocraticide du Pentagone affame sa proie et guette le moment de fondre sur Cuba, l’île insolente.
Je m’étonne que depuis la livraison des 3 millions de documents relatifs à l’affaire Epstein on évoque uniquement des personnalités hors Etats-Unis… Et plus du tout des liens entre Trump et le pédo-criminel. Trump est-il parvenu à dresser un écran de fumée entre lui et Epstein ?
Je tiens à dire que le fait d’avoir aborder l’affaire Epstein par le prisme du complotisme est dramatique et hallucinant, il y a des victimes. Il y a une association de prédateurs. Ceci devrait être l’alpha et l’oméga d’une approche journalistique dans notre pays.
J’écoute l’émission de ce soir et constate qu’un des intervenants essaie de banaliser toute l’affaire des puissants qui se rencontrent et leurs turpitudes, disant que cela a toujours eu lieu. Il répète ça et son argument m’interroge. N’est-ce pas facile de tout mettre sur le complotisme ? Or la réalité est sidérante… Je trouve que le débat est bien mené avec des bonnes questions.