Votre information concernant le jeune d’extrême droite lyonnais décédé est partielle voire partiale. A aucun moment vous n’avez fait état des actions habituelles de l’extrême droite lyonnaise. Les nombreuses victimes de l’extrême droite n’ont jamais eu droit à autant de temps d’antenne.

Votre reportage à Lyon était extrêmement complaisant à l’égard des fascistes qui pullulent dans cette ville depuis des années. Les médias furent longtemps absents quand des militants, des locaux de gauche étaient tabassés, dégradés. Où était votre rédaction durant toutes ces années ?
L’atmosphère est irrespirable, notamment dans le Vieux Lyon, où les actes et les propos racistes n’ont cessé de se multiplier. Une mise en contexte serait nécessaire.

Le traitement médiatique du meurtre de Quentin Deranque à Lyon depuis quelques jours me laisse très perplexe, et je pense ne pas être la seule à vous le faire savoir.
J’ai fait mes études à Lyon de 2017 à 2022, militante engagée à gauche (Jeunesse Communiste), j’ai appris à appréhender les dangers que représente le terrain lyonnais pour la lutte politique. Ne pas parler de la place de bastion de l’extrême et ultra droite de cette ville et ainsi cacher le contexte entourant la mort de Quentin Deranque, c’est nier le contexte qui l’entoure et c’est passer sous silence les dangers que représentent aujourd’hui les groupuscules d’ultradroite en particulier dans le Vieux Lyon qui terrorisent population et commerçants depuis des années.
On ne compte plus les agressions sur les militants de gauche qui ont conduit à de nombreuses hospitalisations, le saccage de locaux syndicaux et politiques dans le Vieux Lyon ou la Croix Rousse et je n’oublie pas les consignes qui nous étaient données de ne pas faire de militantisme à certains endroits mais aussi de ne pas se déplacer seul dans les rues de la ville avec des drapeaux ou des stickers.
Toutefois, cela ne concerne pas seulement les militants. Je me souviens d’une attaque au couteau lors de l’Euro 2018, des tabassages de couples homosexuels/lesbiens, et des attaques de vitrines de commerçants qui ne soutenaient pas leur campagne de haine. Je me souviens aussi des nombreuses vidéos que j’ai vu sur les réseaux d’une bande d’hommes circulant dans les rues de la vielle ville, scandant des slogans néonazis et faisant des entraînements quasi militaires dans des rues désertées par les habitants. Des lieux qui ont été reconnus comme le rassemblement de ces groupuscules, comme la Traboule, semblent impossibles à fermer définitivement tant leur force de frappe est importante. Parler de ce contexte, de la réalité de ce qu’il se passe à Lyon depuis des années, ce n’est en aucun cas une légitimation du drame qui s’est joué et du meurtre de ce jeune garçon. C’est informer pour permettre à vos auditeurs de comprendre ce qui se joue en dehors des instrumentalisations. C’est justement le rôle d’une radio publique d’outiller les auditeurs de toutes les informations permettant de comprendre l’actualité. Malgré tout ce que j’ai pu voir, vivre ou entendre, je n’ai jamais entendu des programmes de France Inter aussi détaillé sur les groupuscules d’extrême droite et leurs actions.
Dans un contexte de campagne électorale c’est à vous de rétablir la vérité en parlant de tout ce qui se joue. Comment voulez-vous sinon que la majorité de la population qui n’habite pas à Lyon puisse comprendre dans quel contexte un tel drame a pu avoir lieu ?
J’aimerais que ce contexte soit rappelé dans les prochains jours qui serviront aussi à faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et que justice soit rendue.

En préambule, sachez que je condamne toute violence quelle qu’elle soit, de gauche, de droite et leurs extrêmes. Aussi que vous ne mentionnez pas que certains quartiers de Lyon vivent dans la peur de descentes de groupuscules d’extrême droite, racistes qui depuis quelques mois ratonnent, tabassent des personnes homosexuelles, des artistes, des personnes de couleur, – il y a quelques temps des danseurs en ont fait les frais et votre antenne l’avait relayé – m’a vraiment paru une faute journalistique. Et là, plutôt que de parler du danger et de l’angoisse que provoquent ces attaques, cet excès de droit à la violence qui les caractérise, vous diffusez des propos de personnes intégristes catholiques, – bien sûr que l’on ne peut que déplorer ce type de geste, – et rien sur la tension que ces groupes ont provoquée dans le contexte de la conférence de Rima Hassan et la haine qu’ils propagent. S’il vous plait, ne faites pas le jeu du Rassemblement National, ni des idéaux rances qui minent les consciences. Cela fait des années que je vous écoute et franchement cette manière de traiter l’information ne devrait pas avoir lieu sur votre antenne. J’espère pouvoir vous écouter encore longtemps.