Je suis surpris en écoutant les journaux sur ICI lorsque le sujet du meurtre de Quentin Deranque est abordé sur le choix des mots.
En effet Quentin Deranque est décrit comme un nationaliste ou identitaire. Ce n’est pas faux sur le principe mais pourquoi ne pas assumer le terme d’extrême droite, qui est définie par son nationalisme entre autres ?
À côté de cela, la Jeune Garde est systématiquement présentée comme d’extrême gauche. Une fois de plus, ce n’est pas faux sur le principe, mais ce qui me dérange dans ce choix des mots, c’est la différence de traitement dans la définition des deux parties qui participe à la banalisation de l’extrême droite en France.
Dans le climat politique actuel, avec la montée du fascisme dans certains pays. Cela me fait peur pour la suite des choses. Et je n’ai pas envie qu’un média de service public y participe.

Aux infos de ce dimanche 15 février, 12 heures, le journaliste qui annonce les titres, à propos du décès de l’étudiant du groupe Némésis, dit : « l’étudiant identitaire » est décédé.
Définition du mot identitaire dans le Larousse : 1. Qui concerne l’identité, la singularité de quelqu’un, d’un groupe. 2. Parfois péjoratif.
Donc, ce terme ainsi utilisé ne veut rien dire : cet étudiant pourrait appartenir à n’importe quel groupe. Pourquoi le journaliste ne dit-il pas : l’étudiant d’extrême droite ?
Alors que tous les journalistes de Radio France ne se gênent pas pour dire de LFI : l’extrême gauche.
Appelons un chat un chat.

Le procureur de la République lors de sa conférence de presse a été très précis, il n’a ni parlé de rixe ni d’un militant identitaire… Pourquoi reprenez-vous encore, au lendemain de cette information ces éléments de langage qui ne correspondent pas à la réalité des faits.

Votre traitement de la mort de Quentin fait de lui le coupable, les assassins ne sont même pas désignés : « il a été… identitaire” ? Je suppose que quand on fait des mots son métier, on en connaît le sens. “Identitaire” est un adjectif dans le dictionnaire français. Employé comme nom, c’est un néologisme qui renvoie au bloc identitaire, au refus de l’autre, à la xénophobie militante et agressive … Voilà, une fois de plus, l’inversion des responsabilités.
C’est honteux, innommable, vis-à-vis de cette victime innocente, de sa famille, de la vérité.

Le militant mort à la suite d’affrontements a été traité comme un « identitaire ». C’est un terme un peu léger pour un mouvement notoirement d’extrême droite. Le terme est beaucoup trop léger par rapport au mouvement auquel il revendique appartenir.

Je suis stupéfaite de l’utilisation du terme identitaire concernant Quentin. Il est qualifié d’ « identitaire » et non membre de l’extrême droite ? Il semblerait que le mot « extrême droite » soit effacé. Cela m’interpelle ! A-t-on peur de s’attaquer à l’extrême droite au même titre que l’extrême gauche ?

J’entends beaucoup les mots « militant nationaliste » ou « militant identitaire » pour parler d’un jeune homme qui, me semble-t-il, était d’extrême-droite, et d’une extrême droite violente (même si je ne crois pas qu’une extrême droite non-violente existe !). Je n’ai pas de sympathie particulière pour les extrêmes, les « ultras » s’il faut en rajouter pour l’audience, et j’apprécie qu’on ne rende pas acceptable, qu’on ne lisse pas l’identité nauséabonde des uns comme des autres.

Votre journaliste évoque l’étudiant tabassé à Lyon par « des antifascistes ». L’appropriation par ces groupes d’extrême gauche du beau nom d’antifasciste est une usurpation. La violence et l’intimidation dont ils usent vis-à-vis de leurs adversaires est plus propre du fascisme que de son contraire, et il est malheureux qu’il faille attendre un incident aussi dramatique pour que la radio publique commence à s’intéresser à leurs exactions. D’autre part, vos journalistes devraient les nommer « antifasciste » avec davantage de circonspection. Le vocable possède une connotation flatteuse diamétralement opposée à ce qu’ils sont en réalité. Je rappelle que Raphaël Arnault, co-fondateur de la Jeune garde a été condamné en février 2022 par le Tribunal correctionnel de Lyon justement, pour des violences en réunion.

Franceinfo, lundi dernier : la journaliste présente le jeune qui a été tué à Lyon comme « d’extrême droite » et ses assassins comme des « antifascistes ». Comment appréciez-vous cette présentation à la limite de la justification d’un tel acte ? Qui sont les fascistes ?

Vous écrivez sur le site de France Culture : « Quentin Deranque, jeune militant d’extrême droite, est mort samedi dernier, après avoir été frappé au sol par un groupe antifasciste, en marge d’une conférence… ».
Quentin Deranque a été frappé au sol à mort par un groupe d’extrême gauche. De la part de France Culture, je me serais attendu à une plus grande honnêteté intellectuelle. En cela (bien nommer), réside la confiance en un média.

Quand vous titrez : « Mort de Quentin, jeune militant d’extrême droite : à Lyon, le symbole d’une violence politique qui se radicalise », je suis scandalisée, écœurée… le taxer d’ « extrémiste » est très grave, c’est comme si vous écriviez qu’il n’avait eu finalement que ce qu’il méritait. Était-il cagoulé ? NON. Armé ? NON, contrairement aux extrémistes de gauche qui eux, attendaient fermement, bien équipés, et prêts à en découdre avec ces autres jeunes qui montraient JUSTE une banderole pour exprimer leur mécontentement que Rima Hassan puisse tenir une conférence à Sciences Po. Les autres partis ont-ils d’ailleurs droit à des conférences eux dans ce même établissement ????? C’est encore un autre sujet… Quentin n’était pas extrémiste, c’était justement un amoureux de son pays, croire pacifiquement à l’identité d’un pays fait-il de nous un « extrémiste » ?
Signé : une maman indignée par votre complaisance à des faits tellement, tellement graves.

Je suis surprise du traitement de l’information dans le journal de 19h concernant la mort de Quentin Deranque ; dans la même phrase il est désigné l’extrême droite et l’ultra-gauche. Il me semble qu’il serait plus juste de parler d’ultragauche et d’ultradroite ou d’extrême droite et d’extrême gauche. Il ne me semble pas que le groupe Némésis soit moins ultra que d’autres groupes…j’ai l’impression que c’est une reprise de la rhétorique du rassemblement national et une manière de banaliser l’extrême droite dans les médias. Je suis très inquiète de ce manque de subtilité et de neutralité sur un sujet important pour notre démocratie.

Aujourd’hui, dimanche 15 février 2026, les journalistes de franceinfo ont, pour traiter l’actualité dramatique survenue à Lyon hier soir, employé un vocabulaire qui m’a semblé être très partisan car très connoté, pouvant induire les auditeurs en erreur. En effet, ils n’ont, à aucun moment qualifié le groupe Némésis de groupe de mouvance d’extrême droite mais, à la place, l’ont qualifié de groupe « identitaire », appellation extrêmement floue. En revanche, ils n’ont pas hésité à prononcer plusieurs fois les mots « extrême gauche » en voulant qualifier des groupes dont on ne connaît pas encore l’affiliation politique mais supposés responsables de l’assassinat de ce jeune militant d’extrême droite et non « identitaire ». Lorsque le président Macron a qualifié d’extrême gauche LFI, les journalistes n’ont fait aucun commentaire alors qu’ils auraient pu donner leur avis sur ce que peux affirmer ou pas un Président de la République.
Sur France Culture, l’information a été relayée différemment : ils ont bien nommé Némésis un groupe d’extrême droite et non « identitaire ».

Merci à votre journaliste de France Culture de parler de collectif féminin d’extrême droite pour définir Némésis qui veut se faire passer pour association féministe.
La recherche du terme juste et approprié devient d’une vraie importance au vu des événements actuels.
De même votre papier sur l’ultra gauche, je ne sais plus si c’est aux informations ou dans une émission, que je l’ai entendu, mais c’est un vrai soulagement quand le sens est redonné aux mots.

J’aimerais comprendre pourquoi l’association Némésis est toujours présentée sur vos antennes comme une association « d’extrême droite » (par ailleurs sans aucune source à l’appui de cette qualification) et jamais simplement comme une association féministe, ce qu’elle revendique. Je note que toutes les autres associations féministes sont elles bien présentées comme « féministes » et jamais comme des « associations de gauche » ou « d’extrême gauche » (ou par ailleurs pourquoi pas « du centre »). J’aimerais donc comprendre non seulement ce traitement différencié entre ces différentes associations ainsi que la source qui permet à vos rédactions de qualifier l’une d’entre elles « d’extrême droite ».