Des auditeurs jugent indécent le traitement médiatique centré sur des plaintes individuelles concernant les difficultés liées au carburant en comparaison avec les souffrances causées par les guerres.

En trois jours, plusieurs reportages au cours des journaux d’information sur l’augmentation des carburants. Les interviews de Norbert qui ne pourra pas aller voir Tata Simone pendant le week-end de Pâques et de Monique qui devra partir moins loin en vacances ont une dimension quelque peu indécente à l’heure où des personnes meurent pendant la guerre, n’ont plus de logement, errent sur les routes. Ces reportages répétés sont nombrilistes et insipides et à ce titre plutôt gênants.

En ouverture du journal ce jeudi 9 avril, à nouveau une interview d’une personne en vacances qui évoque le prix du péage et le coût de l’essence… Information capitale qui mérite que la nouvelle de 200 morts au Liban ne passe qu’à la seconde place. Je suis fatigué de cet égocentrisme nourri par France Inter à travers la répétition de reportages sur nous autres pauvres Français obligés de faire attention à nos déplacements et à nos achats.  Merci de renouer avec une hiérarchisation décente des informations. L’exemple de France Culture est à suivre. 

Je suis scandalisé de la manière dont France Inter traite l’augmentation des carburants en surévaluant fortement l’impact. Un exemple ce jour, jeudi 9 avril aux informations. Une dame explique que, partie en week-end au bord de la mer, elle n’a pas pu se payer le restaurant à cause du prix du carburant. Faisons un petit calcul : elle a sans doute fait au maximum, 500 km aller et retour, ce qui fait environ 30 litres de carburant pour une consommation de 6 litre /100 km. Le prix du carburant a augmenté de 30 centimes /litre, soit 9 euros pour ses 30 litres. Soit 9 euros de plus pour son trajet et elle ne peut plus se payer le restaurant pour sa famille ? Dites moi où peut-on trouver un restaurant qui coûte 9 euros pour une famille, et même pour une seule personne ? Tous les jours, France Inter propage de telles informations! Et n’a pas le jugement nécessaire pour nous expliquer que, du moins pour les particuliers, même si c’est un peu gênant, ce n’est pas encore catastrophique. 

Le monde est en feu, il y a eu hier plus de 200 morts au Liban et dans les infos ce jeudi 9 avril vous débutez par interroger une personne en vacances qui se prive d’aller moins au restaurant, puis vous développez le sujet … Je n’ai rien à ajouter !

Lamentable, je trouve lamentable que vous commenciez le journal par les plaintes des Français qui ne peuvent pas aller au restaurant pendant le week-end et qui se plaignent du prix de l’essence. 
Plus de 200 Libanais sont morts, des gens vivent dans la terreur et vous, journalistes, vous focalisez l’actualité sur le nombril des Français. Le conflit au Moyen Orient se résume au prix de l’essence dans notre pays et aux conséquences sur le pouvoir d’achat. Dans les écoles de journalisme, on apprend que pour intéresser l’auditeur il faut lui parler de son environnement. Je vois que vous appliquez cette maxime à la lettre. Je suis consternée par le prisme que vous faites de l’actualité. 

Français de l’étranger, j’écoute tous les jours Franceinfo et suis révolté par la manière dont, à répétition, vos intervenants suralimentent la psychose de l’augmentation des prix des carburants et de la pénurie qui “pourrait résulter” de la situation actuelle (blocage du détroit d’Ormuz et poursuite de la guerre contre l’Iran); pénurie qui en réalité n’existe aucunement actuellement en France, car c’est bien le week-end de Pâques qui provoque ce ralentissement des livraisons des stations envahies suite à cette psychose que vous créez artificiellement (pour quelles raisons ?…). Vos allusions permanentes à une “renaissance possible” d’un mouvement style “Gilets jaunes” me semble également un véritable appel à une panique générale et à cette renaissance. Vous pourriez traiter ce sujet important pour tous les gens de manière plus neutre et ne pas faire de quelques exemples de situations ou de propos, des généralités.

Week-end de Pâques 2026, depuis samedi la radio n’a de cesse de diffuser des micros-trottoirs sur l’augmentation de l’essence en France, en lien, bien sûr avec la guerre Américano-Israëlo-Iranienne. Et je bondis à chaque fois, choquée par l’indécence des personnes interrogées qui se plaignent de devoir réduire leurs circulations, voire, Ô infamie suprême, renoncer à leur week-end de Pâques chez des amis, en famille, au soleil, ailleurs quoi.
Alors que Beyrouth est à nouveau en ruine pour la Xième fois depuis que je suis en âge de comprendre ce qu’il se passe dans le monde ; alors que des civils iraniens et libanais sont assassinés par Netanyahou et Trump, que les populations ne peuvent plus satisfaire leurs besoins primaires et que les Palestiniens sont assassinés en masse depuis le 7 octobre 2023 ; et bien les Français se plaignent sur les ondes de manquer d’essence, qu’elle est trop chère et qu’ils doivent même se calmer sur la viande. Y’en a même une ce matin qui nous informait, au bord des larmes, qu’elle craignait de ne pas pouvoir partir en vacances avec ses quatre enfants cet été !!!! Et le plus incroyable c’est que ce matin, la radio nationale m’informe qu’en ce mardi, lendemain du week-end de Pâques, il y a pénurie d’essence dans une station sur deux en France ! Mais de qui se moque-t-on ? Alors, on se plaint de ne pas pouvoir partir pour le week-end car on ne peut pas remplir son réservoir et à la fin du week-end, quand même, y’a pénurie. Je fais donc l’hypothèse que beaucoup ont quand même pu remplir leurs réservoirs. Est-ce que dans ces cas-là, un journaliste digne de ce nom ne devrait pas raison garder et contourner le marronnier plutôt que de nous le mettre en pleine face ? J’aurais aimé pouvoir compter pour cela sur les journalistes de ma radio préférée.

Un peu de décence s’il vous plaît, entendre une mère de famille pleurer sur le fait qu’il va falloir annuler ses vacances en raison du prix des carburants c’est insupportable lorsque l’on pense aux victimes des guerres qui doivent composer avec le deuil et les menaces quotidiennes sur leur vie et celles de leurs proches, sans parler de leur avenir après de tels traumatismes. Alors 1km à pied, oui ça use les souliers, mais arrêtons de geindre !

C’est à propos des informations diffusées ce jour. Votre journaliste a interviewé des consommateurs à une station d’autoroute. C’était tellement pathétique que vous n’auriez pas dû diffuser ce reportage. On ne choisit pas une station d’autoroute pour parler des tarifs du carburant.

J’ai entendu un reportage dans un des journaux de la soirée sur le sujet des conséquences de la hausse du prix du pétrole et donc des carburants (en Mayenne je crois).
On y entendait un camping cariste trouver douloureux d’avoir à supporter les prix actuels alors que son véhicule (un camion aménagé si ma mémoire est bonne) consomme 40 l de gazole au 100 km. C’est très étonnant qu’un reportage donne l’impression de compatir aux difficultés de tels « consommateurs-pollueurs »; cela m’a choqué, tellement loin des gens qui souffrent réellement de cette situation parce qu’ils « n’ont pas le choix ».
Si la crise actuelle pouvait avoir pour effet d’éliminer de la circulation de tels engins, et commencer à faire changer ces comportements nocifs ce serait une bonne chose.

Je viens d’entendre un reportage sur une famille à la suite des hausses du carburant. La femme disait qu’avec le salaire de son mari (2 500€) ils n’y arrivaient plus. J’en connais qui gagnent moins que ça. Elle disait qu’elle ne pouvait plus accompagner ses enfants à l’école en voiture (distante de 1Km) et qu’ils étaient obligés d’y aller à vélo. Les miens l’ont fait pendant toute leur enfance. Elle disait aussi que son mari dépensait avant 32 euros par semaine en carburant et maintenant 50 euros (soit une augmentation de 56%) alors que l’augmentation a été de 23%. A la fin elle disait que la prochaine fois elle voterait RN car eux ils régleraient mieux la situation. Mais où est-on ? C’est une honte ! Laisser passer de tels propos sur une chaîne publique…