Les auditeurs ont réagi au traitement éditorial de la mort de Lionel Jospin sur les antennes.
Je regrette que ce soir sur France Inter, à 18h00, l’hommage de Jospin se soit centré sur les événements du 21 avril 2002. Comment résumer un tel homme à cela ? N’oubliez jamais la loi du 29 juillet 1998, qui est la SEULE à avoir apporté un traitement à l’exclusion et à la prévention de l’exclusion. Et qui ne se souvient pas du PACS, de la CMU, des 35 heures, de la réduction des frais notariés pour acheter un bien ?… France Inter pouvait faire mieux.
France Culture,
Ce matin, lendemain de l’annonce de la mort de Lionel Jospin. C’est l’heure des hommages, mérités selon moi quant aux qualités de l’homme. Mais reprendre le discours de pensée unique, qui attribue à la dispersion des candidats en 2002 la défaite de Jospin, est un non-sens : il a perdu car la fin de son quinquennat à Matignon a été nuisible à de nombreux Français. Il n’a pas été un bon candidat « mon projet n’est pas socialiste ». Il a donc, avec ses amis de Solférino, contribué à susciter de nombreuses candidatures à gauche. L’extrême gauche, la vraie cette fois, c’est-à-dire LO et la LCR, rassemble près de 10 % des voix ! Selon moi, c’est la réponse à l’annonce de la dérive droitière du PS, qui s’exprime à chaque fois au-delà de deux années de pouvoir.
Un peu de recul n’empêche pas un hommage funèbre mérité.
Les analyses et commentaires de la première partie du journal relèvent de l’hagiographie et du dithyrambe de Lionel Jospin.
S’il est incontestable que l’homme possédait des qualités d’autorité et d’intégrité incontestables, pourquoi ne présenter qu’un bilan laudateur en gommant tout échec ?
Sinon, comment expliquer sa défaite à la présidentielle, en 1995 ?
Pourquoi ne pas aborder, avec honnêteté intellectuelle, les limites de la loi sur les 35h ; outre un coût abyssal pour les finances publiques, sa principale erreur a été de la généraliser obligatoirement à l’ensemble des entreprises ? De même, son refus hautain de reconnaître le besoin de sécurité des citoyens, transformé avec condescendance en sentiment d’insécurité, continue à être développé par la presse bien-pensante, malgré les avertissements de Jean-Pierre Chevènement.
J’espère que Radio France va rendre un hommage vibrant au dernier politicien intègre « jusqu’aux bouts des ongles » de la Cinquième République ! J’avais 48 ans en 2002 et je ne mesurais pas encore les conséquences de mon vote du premier tour de la présidentielle. Un ami m’avait pourtant appelé la veille pour m’alerter sur le fait que Lionel Jospin et J.-M. Le Pen étaient donnés au coude à coude dans les sondages par le Nouvel Observateur. Je ne pouvais imaginer que mon pays placerait un parti fascisant et stigmatisant devant un homme aussi tolérant que Lionel Jospin, j’ai donc donné ma « misérable » voix aux écologistes… Le dimanche soir, avec des amis, nous attendions confiants les résultats du premier tour et c’est mon fils de 16 ans qui est venu nous asséner la nouvelle ! J’étais persuadé qu’il avait mal compris ; la confirmation du résultat a provoqué en moi un véritable séisme, j’ai pleuré comme un gamin, plus personne ne pouvait s’exprimer devant une telle ineptie… Ce jour-là, la politique a basculé dans le grand n’importe quoi. Après l’« illusion » républicaine du second tour, les langues se sont déliées, la stigmatisation des races et des classes avait désormais « pignon sur rue » et la droite libérale s’en est cyniquement emparée pour contrer la gauche sociale. Les politiques de tous bords ont alors cessé de se respecter, les médias ont surfé sur la vague pour assurer le buzz, les multinationales se sont emparées des médias et c’est crescendo qu’on en est arrivé à l’ignominie que l’on vit aujourd’hui et au désaveu d’une partie des électeurs ! Je pleure Jospin à chaque présidentielle, je pleure l’humaniste, le trotskiste dans tout ce qu’il avait de bon, l’homme généreux et timide, pourtant doté d’un charisme immense, un présidentiable comme il n’en existe aucun à ce jour. Merci, Lionel, de nous avoir apporté l’espoir ; ceux qui te critiqueront ou te snoberont aujourd’hui ne t’arriveront jamais à la cheville. L’Histoire saura, j’espère, s’en souvenir.
J’ai écouté l’édito de Cyril Lacarrière ce matin. Dans cet édito, Cyril disait qu’aucune presse n’avait vu venir la perte de Lionel Jospin au premier tour. Or, je me souviens très bien que le jeudi, le journal Le Monde publiait un article dans lequel un journaliste ou un spécialiste des élections mettait en garde sur la montée de Jean-Marie Le Pen. Je m’en souviens très bien puisque je partais à l’étranger et j’ai fait changer mon vote par correspondance à ce moment-là, pensant que plutôt que de voter extrême gauche, il convenait de voter Jospin dès le premier tour. Merci pour la qualité de vos éditos.
Comme d’habitude, nous écoutons le journal de 13 h. Lors du temps consacré à la vie de Lionel Jospin, nous avons été fort déçus que ce soit une ancienne ministre de droite qui vienne parler de lui. Certes, Mme Bachelot a été une actrice politique de cette période, mais il y en a d’autres à gauche qui auraient pu s’exprimer. Deuxième mécontentement : dans cette même émission, son échec aux présidentielles a pris une trop grande place par rapport au rappel des lois qui ont profondément changé la société, le travail… Un travail sur l’héritage politique survolé ! D’où ma colère !
La vérité de l’Histoire est de ne rien omettre. Concernant Lionel Jospin : l’inversion du calendrier électoral, qui mettait l’élection présidentielle avant les élections législatives, était antidémocratique. La logique veut que les élections législatives permettent aux citoyens de faire des choix partisans et ensuite des alliances pour l’élection présidentielle.
Énorme respect pour cette grande personnalité politique. Mais quand j’entends sur vos ondes signaler parmi ses acquis le quinquennat, je ne peux m’empêcher d’avoir un serrement au cœur. Le quinquennat, pour lequel je regrette d’avoir voté, a verrouillé notre vie politique autour de la présidentielle, ce qui nous mène, si la proportionnelle n’est pas adoptée, vers l’abîme. Désolé, M. Jospin, mais voilà une décision, prise avec Jacques Chirac, qui pèse terriblement sur notre destin.
N’oubliez pas l’humour et le recul qu’il avait sur lui-même : son apparition dans le film « Le Nom des autres » en est un exemple public.
Quelle déception pour les infos de ce lundi 23 mars 2026, 13 heures. On attend des analyses sur les élections municipales de la veille, tout le monde n’a pas eu les résultats de 22-23 heures. On a des discours d’apologie de Lionel Jospin pendant 20 minutes, comme à son enterrement. C’est visiblement préparé d’avance, mais hors sujet total ce jour. Une analyse équilibrée aurait de toute façon mieux expliqué sa déroute de 2002 : la déception de ses électeurs naturels, à travers les privatisations, mais aussi son soutien invraisemblable à Claude Allègre, honni par une large part des enseignants, électeurs de gauche traditionnels.
Je m’élève avec force contre la tendance idéologique que montre le Journal de 13 h ce lundi sur France Inter. Consacrer20 minutes au décès de Lionel Jospin, alors que des sujets beaucoup plus pertinents de l’actualité — élections municipales, situation au Moyen-Orient — auraient dû être traités avec l’importance qu’ils ont eu, est inadéquat. Aller interviewer des voisins de la rue du Regard (haut lieu de la bourgeoisie chic de Paris !), donner la parole à Najat Vallaud… tout cela, entre autres, montre ad nauseam une orientation qui ne saurait être de mise sur les ondes d’une radio de service public.
À l’heure du décès de Lionel JOSPIN revient la polémique sur son échec du 21 avril 2002 au 1er tour de la présidentielle, où il n’obtient que 16,18 % des voix, derrière Jean-Marie Le Pen à 16,86 % (le dépassant donc de 0,68 %). Il est injuste d’en rendre Christiane Taubira responsable, alors que l’échec de Lionel JOSPIN est dû à la gifle de Bayrou sur l’enfant qui lui faisait les poches le 8 avril précédent… ce qui a fait monter Bayrou de +1 % à +2 %, le propulsant à 6,84 % !