Des auditeurs ont exprimé leur avis sur l’équilibre éditorial accordé aux partis politiques lors des élections municipales. Voici une sélection :

Je trouve que vous avez passé, lors de ces municipales, beaucoup trop de temps à opposer l’extrême gauche à l’extrême droite. Le milieu et la gauche ont été inaudibles. Et pourtant, nombreux sont les électeurs qui ont voté à gauche. Le fait de parler des extrêmes les rend existants et crédibles, même s’ils disent des inepties. S’il vous plaît, parlez-en moins et on s’en portera mieux !

Une matinale qui revient sur les municipales. Après une première partie ordinaire, la seconde est quasi essentiellement consacrée au Rassemblement national, qui est décidément une obsession de France Culture. On apprend quoi ? Pas grand-chose. Et LFI ? Presque rien, comme cela se passe depuis des mois. Pour connaître les élucubrations de Mélenchon et compagnie, il faut aller s’informer ailleurs. Ajoutons à LFI les autres mouvements d’extrême gauche. Est-il normal de chanter l’hymne algérien dans un « meeting » municipal ? Est-il normal d’en rajouter une couche sur les juifs la veille de l’élection ? Est-il normal de parler des Français « tout blanc, tout moche » ? Manifestement, ça ne doit pas nous intéresser.

Je suis scandalisé de la façon dont vous traitez l’actualité politique concernant le Parti communiste.
Le service public a complètement passé sous silence les résultats électoraux du PCF. Cette censure, qui ne dit pas son nom, est tout simplement inadmissible dans notre pays.
Comme tout au long de la campagne, le PCF a été invisibilisé, alors qu’il a certes perdu des villes, comme les autres formations, mais il en a aussi gagné, comme les autres.
Pourquoi n’est-il pas traité comme les autres formations ?

57 mairies RN et un maximum d’interviews et de reportages sur le RN. 700 mairies communistes avec des gains comme Nîmes et rien, ou pas à parité avec le RN, comme invités et reportages. Pourquoi ?

Fidèle lecteur de Franceinfo à travers l’application, je regrette l’absence de pluralisme lors des élections municipales et le silence avec lequel vous avez traité les résultats du PCF. Pourquoi ce traitement à l’égard des électeurs de ce parti ?

Vous n’avez pas parlé des maires sortants qui ont été hués, insultés dans leur ex-mairie par des militants lfistes, à Blanc-Mesnil, à Creil.
Des drapeaux palestiniens devant des mairies par des sympathisants lfistes, comme par exemple à Roubaix. cf. la meute mélenchoniste.
Ces maires lfistes issus de l’immigration, dont les pères ouvriers ont fait des études dans notre pays, chose qu’ils n’auraient pas pu faire dans leur pays d’origine. Honte à eux de laisser leurs militants agir ainsi dans la salle de la mairie.

Je suis désagréablement surprise, et déçue, de la couverture de ces municipales, très spécifiquement en matière de choix d’invités. L’équilibre n’est pas au rendez-vous. Dans la Matinale, lundi 16 mars : aucun représentant des écologistes / François Hollande côté PS, ou plutôt côté opposants à la direction du PS, et donc personne pour lui répondre. Idem lundi 23 mars : toujours aucun écologiste / aucun représentant socialiste / Raphaël Glucksman : eurodéputé Place publique, un parti qui n’a aucun maire (seulement des conseillers municipaux). À quel titre parle-t-il ? Que représente-t-il ? Quelle est sa légitimité dans le débat des municipales, à part celui de vouloir se présenter à la prochaine présidentielle ? Ce qui est loin d’être acquis (attendre les primaires). Là encore, personne pour faire entendre une autre voix à gauche (hors LFI). J’ajoute que la petite musique de fond « l’union du PS avec LFI au 2e tour a fait perdre la gauche » est très souvent factuellement inexacte : si l’on examine le nombre de voix, c’est le renfort des voix du RN qui permet à la droite de l’emporter, car le candidat de gauche au 2e tour fait (le + souvent) le plein des voix de gauche du 1er tour (et même au-delà). Regardez Besançon, Limoges, Clermont-Ferrand, Brest… Toulouse et Bordeaux font exception. Le problème, c’est que les invités choisis (à gauche) n’ont cessé de dérouler cette analyse, anti-union à gauche, et que seule une oreille attentive aux reportages permettait d’entendre un peu + de subtilité dans l’analyse des résultats. La ligne que l’on attend d’Inter n’est pas celle des petites phrases, des coups d’éclat, du bruit médiatique. Quand les reportages se font de + en + rares dans les journaux, quand les émissions virent au talk-show permanent, quand les rediffusions se multiplient au détriment de la production : on ne peut qu’être déçu et inquiet de ce que devient Inter depuis un an ou deux. Alors ne sacrifiez pas la Matinale au buzz politique et à l’audimat, et faites-nous entendre des femmes et des hommes politiques légitimes.

J’ai été très choquée ce matin par les reportages présentés au journal de 6 h sur France Inter. Pour traiter les élections municipales, deux reportages étaient diffusés : l’un sur Roubaix, qui présentait la mairie comme aux mains des militants LFI qui s’y promenaient et faisaient entendre des youyous ; juste après était présenté un reportage sur Toulon qui faisait entendre une militante RN disant que les Français étaient bêtes, qu’ils n’avaient pas compris ce qui était bon pour leur avenir. Aucun commentaire ensuite.
Je trouve très dangereuse cette juxtaposition sans mise en perspective. Si l’on voulait défendre les idées du RN, on ne s’y prendrait pas autrement. J’écoute beaucoup France Inter, mais ce traitement racoleur et sans analyse de l’actualité démocratique m’interroge vraiment quant à la pertinence de ma fidélité à la radio.

Pourquoi les journalistes chroniquant le résultat des municipales sont-ils toujours à charge contre LFI, envers et contre tout ?
Est-ce bien une posture impartiale ?
Est-ce que Franceinfo est une radio privée ou de service public ? Qui vous finance ? Nous, non ?

Comment France Inter peut-il laisser occuper sa fréquence par un discours opportuniste du représentant national RN pendant une durée ininterrompue de 4 minutes sur le créneau stratégique de 20 h/20 h 10, où nous sommes nombreux connectés pour entendre des journalistes nous exposer leur analyse sur les premières tendances du scrutin qui vient tout juste de se clore ? Il me semble que votre radio s’est laissée ici déborder, et a failli à son rôle de média sérieux et indépendant. Permettez-moi de m’en inquiéter pour l’avenir.

Le traitement de l’analyse des municipales m’a déçue et est sélectif.
Au premier tour, les analyses se concentrent sur le RN et la LFI, et presque rien sur les autres partis. En écoutant France Inter pendant la semaine entre les deux tours, on aurait pensé qu’au deuxième tour, il n’y avait que LFI et RN. Pour l’analyse du deuxième tour, c’est un peu plus pluraliste (LR, PS, MODEM, RENAISSANCE), mais toujours pas un mot sur le PCF.
Pourtant, au premier tour, on a gardé une grande ville comme Montreuil et d’autres villes moyennes, Dieppe, ainsi que des villes dans le bassin minier, mais pas un mot sur France Inter. Et pareil pour le deuxième tour : on parle de grandes villes qui sont passées à droite, Brest, mais pas un mot sur Nîmes qui passe au PCF. Pourtant, c’est aussi une grande ville, et le PCF conserve des villes d’Île-de-France comme Bobigny ou Villejuif.

8 h 30 repris à 11 h 10, entre-soi de gauche. Que des commentaires sur les résultats de la gauche. Rien sur ceux de la droite (à part la mauvaise campagne de Dati) et du centre gauche, et encore moins sur les bons résultats du RN, à part les discours effarés des personnes interviewées sur les 40 % du RN à Marseille. Rien, bien sûr, sur l’explication de ces bons résultats et sur les problèmes des habitants de cette ville. Exclure près de 60 % des électeurs de vos commentaires, c’est un excellent marchepied pour le RN !!!
Les commentaires faits étaient bien, mais avec une seule et même orientation. Il faut être plus équilibré.

Je m’étonne que vous ne parliez pas du double discours du RN, qui fustige les alliances à gauche, parlant de tambouille, mais appelant les candidats LR à fusionner.
Un second point : les élections municipales sont aussi une élection au niveau national, via l’élection des sénateurs au suffrage indirect. Dans ma petite commune, c’est ce qui a guidé mon choix, malgré l’intérêt que je portais à une des deux listes en course.

Pourquoi la rédaction de France Inter s’obstine-t-elle à considérer les membres de LFI comme s’ils étaient tous des Mélenchon ? Comme dans tous les partis, il y a tous les types de personnalités : des sincères comme des calculateurs ou des hypocrites ou des naïfs ou… etc. De plus, pour les municipales, on connaît mieux les candidats et, en fait, beaucoup de gens votent d’abord pour la personne plutôt que pour le parti !
La rigidité et la rancune des médias et de certains candidats de gauche semblent aussi nocives que l’autoritarisme et l’impulsivité agressive de Mélenchon…
Quant à l’argumentaire de « cohérence », je ne sais s’il faut en rire ou s’inquiéter d’entendre des candidats français adopter le mode de raisonnement de Trump !!
Si on mettait en priorité le bien commun plutôt que la compétition ?

Lors de cette soirée électorale, couper le discours entamé de M. Faure, patron du PS, pour passer celui de M. Bardella, patron du RN, n’est-ce pas faire un choix politique et briser la neutralité qui s’impose à vous ? Comment justifier ce choix éditorial ? Je souhaiterais vraiment comprendre.
Je viens de passer sur une autre chaîne, et j’ai écouté les prises de parole de M. Faure et de M. Bardella. Comme quoi, c’est possible.
Je reste donc sur cette chaîne, merci à eux de maintenir la neutralité.

Je suis outrée d’avoir dû entendre pendant quatre minutes de prise de parole de Jordan Bardella, avant même 20 h 10 en ce soir de résultats électoraux. Seul homme politique à pouvoir s’exprimer ? Pourquoi lui en premier ? Et si longtemps ?
Lui donner l’antenne puis juger qu’il fait un discours de dimension nationale est vraiment une manière scandaleuse de créer de toute pièce une réalité funeste. Vous voudriez qu’il soit président l’an prochain que vous ne feriez pas autrement.

Mon seul accès à l’info était, depuis quelque temps, le journal de 8 h de France Culture.
Ce matin, résultats des élections…
On a été très bien informés de ceux de LR, du PS, des macronistes et du RN.
LFI ? Juste pour dire que l’alliance avec le PS n’était pas efficace, voire contre-productive. Aucun résultat.
Ce n’est pas de l’info.

Savez-vous qu’il y avait des candidats communistes et que certains ont été élus au premier tour avec succès ?
Pourquoi vous n’en parlez pas ? C’est honteux.

Comment s’explique l’absence du Parti communiste français dans les commentaires et analyses des résultats des élections municipales, et dans les invités, sur Franceinfo ?

À propos des résultats et des divers commentaires des élections municipales sur les ondes de Radio France, je constate que le Parti communiste n’est jamais cité.
Ainsi, la victoire au premier tour, dans sa ville, de son secrétaire général est ignorée, aussi bien que l’arrivée en tête au 1er tour de la liste menée par le PCF à Nîmes…
Cet ostracisme est intolérable sur les ondes du service public.