Sur France Inter ou Franceinfo, les journalistes parlent d’une capture au sujet de l’enlèvement de Maduro comme s’il s’agissait d’une bête prise lors d’un safari légal. 

Depuis l’annonce de l’attaque américaine sur le Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro, les journalistes de France Culture reprennent sans nuance les termes de Donald Trump : capture. Ce terme est, dans le langage courant, utilisé pour la prise d’animaux, et s’il ne me surprend pas dans le discours de Trump, j’attends plus d’autonomie et de discernement de la part des professionnels de ma radio. 

Je suis extrêmement choqué de vous entendre répéter le verbe  »capturer » pour signifier l’enlèvement du président Maduro. L’emploi de ce verbe étant réservé au monde animal. Merci de manifester un peu plus de tenue langagière sur un service encore Public.  

 S’agissant de l’intervention américaine au Venezuela, je m’étonne que vos journalistes reprennent les termes du point de vue américain. Ils parlent de la capture de Maduro et non par exemple de son enlèvement. Le terme de capture renvoie à des animaux ou à des criminels, il a été utilisé pour Ben Laden ! De grâce, un peu de prudence, un peu de recul dans votre vocabulaire. 

Depuis ce matin les différents journaux parlent de la « capture » du président Vénézuélien, reprenant en cela la phraséologie de D. Trump, l’accréditant donc. 
De toute évidence, les Etats-Unis n’ont pas de compétence de « police » que sur leur territoire. Quoique qu’on puisse penser de l’action politique du président vénézuélien, il s’agit d’un « enlèvement » précédé d’actes de guerre, pas de « capture  » ou « d’arrestation » d’un narco-trafiquant ». 
En reprenant le « narratif » trumpien, France-Inter l’accrédite… 

Je suis surprise par le vocabulaire utilisé par la plupart des chaînes d’information publiques au sujet de l’enlèvement par les États Unis de Nicolas Maduro : on entend que Nicolas Maduro a été « capturé » et « exfiltré ». Or le terme « capture » appliqué aux humains est très généralement utilisé dans le sens de l’arrestation d’un malfaiteur et le mot « exfiltration » est utilisé lorsque qu’une personne est sortie d’un lieu où elle est en danger, ce qui n’est pas le cas de Maduro. Je trouve que ces termes (capture et exfiltration) tendent à légitimer l’action des US. Le mot qui me semble le plus juste par rapport à l’action des États Unis est « enlèvement » (qui correspond à l’action consistant à s’emparer de quelqu’un et à le détenir, contre sa volonté, généralement par la force). Quoi qu’on pense de Maduro, l’action de force des US est inacceptable et ouvre une véritable boîte de Pandore.  
Je souhaiterais savoir pourquoi le mot « enlèvement » au sujet de Maduro n’est pas utilisé par les médias ?  

Je suis scandalisé par la manière dont vous traitez l’enlèvement du Président Vénézuélien. Je ne vous donnerai qu’en exemple le terme de « capture » que vous employez depuis hier sur vos ondes, alors qu’il s’agit d’une violation du droit international par les États-Unis, et non d’une simple capture d’un criminel. En d’autres circonstances, cette opération militaire pourrait être considérée comme une déclaration de guerre. Plutôt que de mettre en perspective toutes les précédentes opérations américaines illégales depuis la Seconde Guerre Mondiale (interventions de la CIA en Amérique latine, invasion de l’Irak, fourniture d’armes à l’état génocidaire d’Israël, etc.), vous concentrez votre ligne éditoriale à paraphraser les déclarations de Donald Trump et son gouvernement, et vous commentez les commentateurs eux-mêmes : E. Macron, B. Netanyahou pour ne citer qu’eux.  
Merci de faire preuve de journalisme et de maintenir la qualité du service publique d’informations à la hauteur de nos impôts, et de ne pas vous abaisser à la presse privée française bien médiocre sur les questions géopolitiques (et tant d’autres). 

Pourquoi dites-vous que M. Maduro a été capturé plutôt qu’enlevé ?