#13 La campagne électorale : le temps de parole

Comment est mesuré le temps de parole des politiques par le CSA ? © Getty / Tetra Images

Des auditeurs s’étonnent des règles des temps de parole lors de cette campagne présidentielle. Les explications de Jean-Christophe Ogier, adjoint au Secrétaire général de l’information de Radio France, dans cet article.

Juste un petit mot pour vous dire que je m’interroge sur cette mascarade que vous avez organisé dans votre émission, à quoi sert ce défilé de candidats auxquels vous ne laissez pas le temps de parler ? Tout le monde est frustré, les candidats comme les auditeurs.
Ces règles de temps de parole ne sont pas justes et vous journalistes vous pourriez refuser de les cautionner en refusant de participer à ce style de mascarade. Cette campagne est vraiment décevante à tous points de vue.

Je suis choqué par l’écoute du podcast du votre émission dominicale du 27 mars. 5 minutes par candidats à l’élection, sérieusement ? Comment peut-on permettre une émission aussi gadget, aussi inutile dans un contexte où le risque d’abstention est si fort.

Je trouve tellement médiocres les conditions de cette émission, avec 5 minutes par candidat, que je me demande les raisons pour lesquelles vous acceptez de la faire ???

Je suis ébahi de vous voir défendre et revendiquer la règle de l’équité sans jamais la remettre en question alors que votre émission en démontre de manière évidente les limites, c’en est presque une caricature. Vous avez même été plus que malpoli avec Nicolas Dupont Aignan dont je ne suis certainement pas un électeur. Heureusement j’arrive à la fin et la discussion s’ouvre un peu avec Nathalie Arthaud, mais franchement, votre émission m’a déçu aujourd’hui.

Juste pour vous signaler, comme d’autres j’imagine, mon grand étonnement quant aux règles dites « d’équité » qui, même après la validation des candidatures par le Conseil constitutionnel accordent une place démesurément plus importante à certains candidats au détriment des autres jusqu’à l’instauration, enfin, pour les derniers jours de campagne, d’une égalité réelle… et bien tardive ! Je sais bien que vous ne décidez en rien de ces règles. Tout de même le ton condescendant pour couper tel ou tel candidat remettant en cause ce principe, ce qui est parfaitement son droit, est sans doute dommage. Comment ne pas alimenter une certaine défiance avec ces règles et encourager l’abstention !

Je n’ai pas compris votre étrange décision de nous priver de Guillaume Meurice dans le 5/7, sous prétexte d’implication politique…en le remplaçant par un autre, tout aussi saignant.. Alors non, je ne comprends pas ! Rendez-nous Guillaume !

Lors du 5/7, vers 5h45, la journaliste nous annonce qu’en raison de la campagne officielle qui a débuté, France Inter ne pourrait rediffuser la chronique « politique » de Guillaume Meurice. En clair, le discours populiste d’extrême-gauche habituel ne convient pas aux règles d’équité en vigueur. En échange, nous allons pouvoir écouter un autre « humoriste France Inter » qui fait une chronique, tout aussi populiste, tout aussi gauchiste.
L’organe de régulation constate que la chronique de M. Meurice ne respecte pas l’équité mais ne trouvera rien à redire à celle de cet autre « humoriste France Inter ». C’est à n’y rien comprendre.

Il est assez curieux ou incohérent d’entendre dire ce mardi 29 mars qu’on ne passe plus les chroniques dites politiques de Guillaume Meurice le matin (celle sur Zemmour du lundi 28) et rediffuser une chronique consacrée en partie à Macron. Et en matière de temps de parole des candidats ce qui vaut le mardi ne vaut-il pas le lundi ? La logique échappe.

Quand est-ce que les journalistes politiques de Radio France se révolteront contre les conditions d’entretien avec les candidats aux élections. Au nom d’une égalité qui est une équité sans aucun sens on a qu’à déplorer les 2 minutes données aux petits candidats qui du coup n’ont d’autre choix que de dénoncer la situation perdant leur temps au profit de ceux qui ont établi la règle du jeu. L’audiovisuel public se doit de ne plus obéir mais se révolter au nom du principe d’égalité et non de pseudo égalité qu’est l’équité. Tu es petit, tu resteras petit. Tu es ouvrier pauvre, tu resteras ancien ouvrier tout aussi pauvre. Tu es riche tu le resteras jusqu’à la fin car c’est le principe d’égalité !!! Comme si un ouvrier au smic ne valait pas plus que son salaire au nom de son salaire. Sans ouvrier point de riches ne l’oublions pas. Mon mari ouvrier n’aura pas l’occasion sûrement de vivre jusqu’à 90 ans… Lui. Je précise que je ne vote pas aux extrêmes et sûrement pas au milieu puisque c’est le plus extrême finalement !!! Je vote car je refuse de m’abstenir. Je vote pour un monde qui n’existe pas : censé raisonnable, solidaire et qui permet à l’école de rétablir les chances aux enfants de milieu populaire comme ma fille dont le mérite à se déclasser sera un combat supplémentaire que les enfants des beaux quartiers n’ont pas à faire. En tant que mère je me dois de donner à ma fille de dépasser ses parents qui par leur condition sociale l’empêche… Enfin pas eux mais le système. La réussite étant chasse gardée.

« Equité = souci de ne favoriser aucune personne aux dépens des autres ». Telle est la définition du dictionnaire et, en théorie, la règle qui devait s’appliquer aux 12 candidat.es invité.es les uns après les autres au cours des 2 émissions du dimanche sur France Inter entre midi et 13h. Or, il est notable d’avoir pu constater des temps de réponse beaucoup plus longs et de multiples questions à relance favorisants les « grands candidat.es » (ex : RN, LREM), alors que les candidat.es de moindre importance n’avaient pas plus de 5mn pour y répondre (NPA), avec toute la morgue qui caractérise les journalistes lorsque l’on vous fait remarquer le peu d’égalité en temps de parole (Dupont-Aignan), que je pense a pu constater chaque auditeur de ce programme. Pourquoi n’avoir pas organiser 3 émissions avec 4 candidat.es au lieu de 2 avec 6, ce qui aurait eu l’avantage d’avoir plus de temps de parole pour chacun.es des candidat.es ?

Pourquoi prend t’-on 20 minutes sur l’émission la Terre au Carré pour la campagne ? Cela peut montrer un manque d’intérêt pour l’environnement. Par ailleurs, est-ce la bonne heure d’écoute pour la campagne ? Je propose de prendre ces 20 minutes sur des émissions d’amusement (que j’apprécie par ailleurs) comme la Bande Orignale, Popopop…

Je suis surpris du choix de l’horaire de passage des spots promotionnels des candidats à la présidentielle 2022. En effet, écourter l’émission « La Terre au carré » pour ces spots est une aberration. C’est la seule émission, avec « CO2 mon amour », qui traite du sujet écologique, tellement important alors que le réchauffement climatique est un enjeu majeur de cette campagne.
Déjà, la suppression de la chronique de Camille Crosnier dans le 7/9 montrait le peu de considération de la station vis-à-vis du climat. Ecourter « La Terre au carré » en est la confirmation.
Pendant ce temps, « La bande originale », seule émission d’une heure trente sur la grille, est maintenue dans son format. Prendre un quart d’heure sur cette émission pour les spots des candidats, juste avant « Carnets de campagne », aurait été plus judicieux à mon sens.