#35 Langue française

Je me contiens depuis un moment, mais ce matin en entendant je ne sais plus qui demander plusieurs fois de suite à un invité à propos du décès de Mikhail Gorbatchev « C’est quoi, ça » ou « C’est quoi, à votre avis ? » la coupe a été pleine !
Cela ferait-il vraiment mal aux dents à vos journalistes de s’exprimer correctement ? De ne pas adopter l’abatardissement systématique de notre langue pour parler comme « le commun du peuple » ?
C’est difficile de dire « Qu’est-ce que c’est ? » ou « Qu’est-ce, à votre avis ? »

Fidèle auditeur, j’aimerais vous demander un service.
Vous serait-il possible d’expliquer à vos journalistes qu’en français, il existe une « forme interrogative » beaucoup plus belle que cet agressant « comment VOUS expliquez ? » au moins 10 fois par interview, alors que la forme interrogative est toujours d’actualité (à moins qu’une nouvelle loi ???). C’est un peu un tic journalistique que je n’ai jamais compris… Alors que, « comment expliquez-vous » (entre autres) est plus agréable à l’oreille. S’il vous plaît, apprenez la forme interrogative.

A propos de certains couloirs des dortoirs de l’ENS qui vont être interdits aux hommes, j’entends la journaliste parler des hommes cisgenres, « des hommes qui se prennent pour des hommes ».
A mon sens, si on commence à devoir définir un mot aussi simple que « homme » dans une revue de presse, on commence sérieusement à rendre les choses compliquées. Il y a un parti pris qui consiste à utiliser le terme cisgenre qui me dépasse. En outre, entendre « un homme qui se prend pour un homme » me laisse perplexe.
Certes, le terme cisgenre nécessite d’être défini, puisqu’avec le climat ambiant chacun est défini par une lettre désormais. Mais que la définition soit bien choisie. Ou alors, questionner le fait qu’une info simple (on interdit aux hommes l’accès aux couloirs des femmes) nécessite une définition…
Je vous souhaite une bonne journée, autrement dit, je vous souhaite que tout se passe bien pour vous aujourd’hui.

Je m’interroge sur la pertinence du terme “éco-anxiété” que l’on entend beaucoup en ce moment. L’anxiété étant à mon sens une peur démesurée ou non justifiée face à une situation ou à l’avenir. Devrions-nous plutôt parler d’une peur légitime, rationnelle face à une catastrophe existentielle qui approche et qui est avérée ?

C’est quoi « un incendie hors-norme », ou c’est quoi a contrario un incendie normal ? Et l’emploi de l’expression « du jamais vu »… depuis avant-hier…, « compliqué » à toutes les sauces… Tous les médias se repassent les mêmes expressions, c’est délirant le formatage des journalistes/animateurs/personnalités médiatiques.

Hier avant midi, on nous annonce que « le live » du Tour de France va continuer. Quelle différence avec le « direct », sinon que le premier mot est anglais et le deuxième français ? Deux minutes plus tard, aux infos, l’incendie dans les Landes n’est toujours pas « sous contrôle ». En français, un incendie est « circonscrit », ou « maîtrisé », ces deux mots disant très précisément qu’on a arrêté la progression du feu mais qu’il n’est pas encore éteint. Alors, est-ce difficile de parler français ?

Je viens d’écouter les informations dans lequel un de vos journalistes parlait des feux de forêt. Votre journaliste disait que le feu était fixé. Je m’insurge contre cet anglicisme ! En français on ne dit pas fixer un feu mais stabiliser ou bien éteindre un feu plutôt. Fixer un feu ne rime à rien et ce n’est pas français même si c’est de plus en plus employé sur des chaînes de télé.

Ce matin votre chroniqueuse météo a dit en parlant des températures que le vent allait les « temporiser ». Certes, ces mots se ressemblent mais ils n’ont rien à voir. Voici un petit point de vocabulaire TEMPORISER/TEMPÉRER.
Comme beaucoup d’autres mots français, ces mots se ressemblent mais ils n’appartiennent pas à la même famille et leur sens est très éloigné. On les appelle des paronymes.
Temporiser vient du latin médiéval temporizare qui signifie « passer le temps », du latin tempus, le temps. Il signifie aujourd’hui « différer d’agir par calcul, dans l’attente d’un moment plus favorable.
Tempérer vient du latin tempe rare qui signifie « mélanger ». Il indique aujourd’hui l’action de modérer par un mélange, d’adoucir l’intensité, de modérer.

Deux cents hétudiants, vingt hexemples, deux haoût, mes zoreilles saignent plusieurs fois par jour…Vous n’êtes certes pas responsables de chaque mot prononcé sur votre antenne par vos zinvités, mais lorsqu’il s’agit de vos journalistes,on souhaiterait qu’un minimum de rappel des règles zorthographiques s’impose, surtout sur France… quoi déjà ?

Ébahi d’entendre parler à plusieurs reprises dans des flashs du dimanche 28 août des fortes pluies au Pakistan provoquées par « la moisson ». Je sais bien que le suivi de l’information en direct rend fatalement plus fréquentes les bévues, mais quand même ! Confondre « mousson » et « moisson », voilà qui dénote à tout le moins une inculture de la part du rédacteur de la « brève » et un manque de contrôle avant sa diffusion à l’antenne.

La journaliste a communiqué des informations très intéressantes sauf en ce qui concerne les dégâts occasionnés par la MOUSSON au PAKISTAN et non à la MOISSON.

Le verbe pallier répété à plusieurs reprises (d’où ma réaction) ne doit pas être utilisé avec « à ».
Moyen mnémotechnique : pallier c’est comme combler !
Vous remerciant de votre vigilance à bien vouloir pallier cette lacune.

Je voudrais contredire l’un de vos auditeurs qui écrit (le 24 août) « Un chaland est un client et pas un pot de yaourt. Bien achalandé signifie donc : qui a beaucoup de clients. ». C’était vrai au XIXe siècle, mais, de la même façon que « chaland » est un terme archaïque pour « client » (cf. l’expression « attirer le chaland »), « achalandé » au sens de « fréquenté » est donné comme vieilli ou rare par tous les dictionnaires. Le sens actuel (bien fourni en marchandises) s’est substitué au sens originel dès le début du XXe siècle, sauf au Québec où il s’est maintenu. Ne demandons pas aux journalistes de Radio France de parler comme Zola ou Maupassant, ils ont assez de mal avec le français d’aujourd’hui.

L’expression « encore sous le choc » me hérisse. Une catastrophe vient de se produire et les rescapés interviewés sont « encore sous le choc », comme si c’était une surprise ou s’ils devraient déjà avoir « tourné la page » ? Je trouve ça limite méprisant. Virez-le « encore » et vous décrirez l’état psychologique des gens avec plus d’égards, sans jugement de valeur, intentionnel ou non.

Vous n’arrêtez pas depuis quelques jours de parler de feu « fixé » mais ça vient probablement de « fixed » qui en anglais veut dire « résolu ». Si c’est possible d’arrêter de mous parler correctement ce serait apprécié ! Merci !!!

J’écoute régulièrement Franceinfo car c’est une station de qualité pour se tenir informé. Cependant, je trouve que vous utilisez, sans raison, trop de mot anglais. Pourquoi mettre dans le langage courant des mots anglais alors que des équivalents existent en français ? J’écoutais ce matin une émission avec deux journalistes sur les superettes de l’ombre, ou « Dark Stores ». Le journaliste disait « Dark Store ». La journaliste qui l’accompagnait m’a ravi en disant qu’elle employait superette de l’ombre mais à fini par dire aussi « Dark Store » car le journaliste lui répondait toujours avait « Dark Store ».

Je viens d’écouter votre émission et suis très gêné par l’utilisation systématique de pléonasmes ou d’expressions idéologiques qui éloignent et confondent l’auditeur des propos tenus : « Bonjour à toutes et tous » où « tous » (neutre ou masculin pluriel en français) contient déjà toutes… c’est un pléonasme. Idem sur la répétition constante d’elle après il, alors qu’”il” représente le masculin mais aussi le neutre.
Pourquoi compliquer une langue en s’appuyant sur une certaine mode pour n’apporter aucune clarté supplémentaire dans le propos.
S’il s’agit d’établir un équilibre entre le féminin et le masculin, cela semble dommage de le faire dans une forme lourde et confuse. Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement et…

Je voudrais appeler votre attention, et donc celles de tous les journalistes de Radio France sur l’emploi abusif, pour ne pas dire systématique, du mot « patron » pour désigner la personne qui est à la tête d’une structure. A mon sens et pour faire simple, ce terme n’est convenable que pour désigner le niveau de décision le plus élevé dans une entreprise. En revanche, le patron de Bercy est un ministre, celui de Matignon, le Premier d’entre les autres, celui de l’Elysée, le Président tout court. Au choix pour les syndicats, partis, associations et autres selon leurs titres. J’espère que vous voudrez bien donner suite à cette proposition et je vous en remercie.

J’ai écouté votre journal ce jour, vers 8h, j’entends parler de « pitch ». Étant enseignant et fils d’un professeur de français, je suis surpris et humilié de ne pas comprendre le vocabulaire utilisé par une radio nationale.
Cette mésaventure m’arrive souvent quand j’écoute vos émissions. Je m’interroge sur le tropisme de vos journalistes pour de nouveaux anglicismes inconnus du grand public.
Je ressens cette mode comme de la pédanterie, le besoin de paraître plus savant ou plus cultivé que la plupart des auditeurs.
Cette pratique ne fait pas honneur aux radios nationales et je vous serais reconnaissant d’appeler vos journalistes à un peu plus d’humilité.

Ne serait-il pas possible de dire « père/mère » plutôt que « papa/maman » à tout bout de champ ??!!

Issu d’une famille d’enseignant (petit-fils, fils, époux, beau-frère et père d’enseignant) et moi-même enseignant, je trouve désobligeant que les journalistes de toutes les chaînes de radio désignent les professeurs par « profs ». Pouvez-vous transmettre aux journalistes ce message ? L’argot collégien ou lycéen n’a pas sa place à la radio. L’usage de « profs » contribue, à mon avis, à la dévalorisation de cette profession.

Pour le coup, du coup, d’un coup je me suis senti dans le coup en suivant un cours de français sur internet.

Je vais faire une gentille remarque à votre éditorialiste de ce jour. Elle a dit je cite : “elle va t’être” au lieu de “elle va être” !!! Le “t” euphonique ne s’emploie que pour les expressions va t’on / va t’il etc mais pas va t’être. Je remarque que cette erreur linguistique revient souvent… en tous cas je félicite toute votre équipe pour la qualité et l’intégrité des émissions proposées… et surtout sans aucune coupure pub ce qui est vraiment très fidélisant.

Je n’en peux plus d’entendre sur votre chaîne « Merci d’avoir été nos invités ». N’est-ce pas VOUS qui INVITEZ ?
Merci d’avoir répondu à notre invitation ou si vous tenez à employer le verbe “être” : Merci d’être venus à notre micro… Donc vous vous FELICITEZ d’avoir eu la bonne idée d’inviter ces invités-là.

Même si c’est un détail bien insignifiant au vu de ce qui est reporté, pouvez-vous informer vos journalistes que le H de hectare est muet et donc la liaison se fait. Les oreilles sont heurtées par les répétitions multiples des « deux centS hectares » ou « trois cent quatre vingtS hectares » donc il y a un S et la liaison est faite (cf la grammaire des nombres). Aucun de vos reporters ne fait cette liaison correctement.

Dans le journal la présentatrice dit : « La colère ne semble pas prête de retomber. » Il fallait dire « … ne semble pas près de retomber ». Je ne compte plus les fautes de français que j’entends quotidiennement sur France Inter ou sur France Culture. Ne pourrait-on pas envisager d’engager des correcteurs qui se chargeraient de relire les textes avant que ceux-ci ne soient lus à l’antenne ?

Je suis une fidèle auditrice de France Inter dont j’apprécie la grande qualité et la variété des programmes. Je suis d’origine étrangère et je parle à peu près correctement quatre langues.
Depuis le début des programmes d’été je suis choquée par le nombre de mots anglais utilisés par vos invités. Je sais bien qu’il y a toujours eu une mode – très parisienne, il me semble – d’utiliser des mots anglais au lieu de mots français qui existent bien pourtant. Et actuellement je trouve – c’est très personnel – que les trentenaires en usent et abusent très largement. J’ai donc l’impression qu’il s’agit d’un phénomène important et de plus en plus répandu.
Serait-il possible que, tout en respectant la liberté de vos invités de s’exprimer ainsi, vous puissiez donner simultanément à vos auditeurs les mots français correspondants ? Malgré le sympathique effet « djeun’s », je suis réellement persuadée que cela participe à la paupérisation de la langue française lorsque les journalistes d’une radio comme France Inter se permettent de répéter ces anglicismes inutiles puisque les équivalents français existent. D’avance un grand merci pour ce que vous pourrez faire !

Je ne suis pas lettré ni intellectuel cependant je suis très surpris des fautes de syntaxe. En effet lorsque vos journalistes parlent, à titre d’exemple, une centaine de victimes ont été dénombrés, s’agissant d’une centaine c’est a été dénombré. Dans chacun des reportages cela ressort. C’était ma remarque mais vous êtes loin d’être seul et je parie sur la qualité de Radio France pour être attentif à respecter notre belle langue.

On ne dit surtout pas « entraineuse », car ce n’est pas du tout le même métier… EntraîneurE ou coach pour une femme c’est bien !