Est-il vraiment utile que vos journalistes précisent que les vidéos qui ont été transmises par Benjamin Griveaux à la jeune femme mise en examen sont des vidéos de masturbation? En quoi ce détail éclaire l’information faite autour de cette affaire ? Quel effet recherchez-vous? Personnellement je ne trouve pas que ce niveau de détail soit du niveau de votre grande radio. Je suis déçu.

« Pouvez-vous arrêter de nous rebattre les oreilles avec des sujets sur le sexe et encore le sexe toutes les journées ? On a compris l’affaire Griveaux et autres. On passe à d’autres sujets du monde non ? » Courriel signé d’une « fidèle auditrice ». Il est vrai que dernièrement il a beaucoup été question de sexe, de vie intime, de vie privée. Doit-on blâmer les rédactions ?  Rappelons que la mission des journalistes consiste à relater les faits pour informer le public. À charge pour eux de recueillir l’information, d’établir une hiérarchisation selon le traitement éditorial qui paraît le plus pertinent. Pour valider le choix de diffuser ou non une information, il y a également une notion capitale à prendre en considération, c’est la notion d’intérêt public.   
Dans le cas de l’affaire Benjamin Griveaux, la notion d’intérêt public est clairement établie puisque le renoncement de ce candidat à la mairie de Paris a des conséquences sur la vie publique et politique à l’échelle, non seulement de la capitale, mais aussi du pays avec le changement de ministre de la Santé alors que les autorités sont en pleine gestion de la crise du coronavirus.  
Bien que cette affaire traverse différentes sphères, politique, judiciaire, numérique, médiatique, des auditeurs la jugent cependant « anecdotique », « Pourriez-vous nous lâcher cinq minutes avec ce non-évènement Griveaux ? Merci, on ne manque pas d’infos plus importantes ». Ils estiment que l’ampleur accordée est démesurée. 
D’autres auditeurs n’ont pas apprécié le descriptif de la vidéo : « Je suis scandalisé par la description faite du contenu de la vidéo dans le cadre de l’affaire Griveaux. « Benjamin Griveaux se masturbant… ». L’information rapportant une « vidéo sexuelle » n’était-elle pas suffisante ? Vous imposez de ce fait un visionnage mental de cette vidéo dont le contenu n’intéresse personne sinon les voyeurs… Vous tombez au plus bas de l’information « People »… Cela me dégoûte. » 
Pourquoi ne pas sobrement évoquer une vidéo sexuelle ou une vidéo intime ? Tout simplement parce que cela ne veut rien dire. L’auditeur peut alors tout imaginer. En revanche nommer l’acte filmé lorsque l’affaire éclate est très factuel. L’évocation reste certes perturbante car appartenant à la sphère de l’hyper intime mais elle a le mérite de ne pas laisser place à des suppositions plus scabreuses. Il ne s’agit pas là de voyeurisme et l’argumentaire de la pudeur et de la morale pèse faiblement lorsqu’il s’agit de restituer le réel et, répétons-le, d’être factuel. Il n’en demeure pas moins que cette information provoque un effet de sidération mais n’inversons pas les rôles en accusant les journalistes de se complaire dans l’ob-scène médiatique.  
 
Des auditeurs, qui eux ne sous-estiment pas l’importance à accorder à cette actualité, commentent les faits avec des perspectives assez éloignées des analyses entendues sur les antennes : « Ce que l’on reproche à Griveaux,  et les politiques et les médias ne veulent pas l’entendre, c’est d’avoir voulu capitaliser sur un discours politique focalisé uniquement sur un programme à destination des  familles à Paris et sur son comportement privé.  Au vu de son comportement privé, cela devient un mensonge politique. Et nous sommes soulagés que quelqu’un ait débusqué ce double discours. A part cela, la vie intime de Griveaux m’indiffère », « Dans l’affaire Griveaux, qui prône les valeurs familiales traditionnelles, la victime n’est pas Griveaux, mais les citoyens qui sont trompés par un fervent défenseur de ces valeurs familiales traditionnelles et donc patriarcales… L’artiste russe est un activiste en soutien de la cause féminine, un battant pour la société qui veut se dégager du patriarcat et de l’hypocrisie masculine déjà en Russie, pourquoi ne le serait-il pas en France ?… Je n’éprouve que de l’admiration pour cet artiste russe, et du dégoût pour tous les bonimenteurs politiques ». 
Admiration nullement partagée par une autre catégorie d’auditeurs scandalisés de l’invitation faite à Piotr Pavlenski dans le zoom de la rédaction de France Inter lundi dernier : « Je suis extrêmement choquée par l’interview de Piotr Pavlenski entendue ce matin sur France Inter. Comment votre rédaction a-t-elle pu donner la parole à un homme pareil, aux actes criminels, et donner donc de la valeur et de la légitimité à ses actions ? Je ne peux pas comprendre qu’on l’interviewe et je suis très déçue de ce choix éditorial. » 
Ce vendredi 28 février dans le « Rendez-vous de la médiatrice » sur France Inter ces différentes remarques et observations ont été soumises à Philippe Lefébure, Directeur de la rédaction de France Inter et à Bruno Duvic présentateur du journal de 13h, ils répondent ici

Qu’un journaliste de France Inter nous informe sur l’existence d’une vidéo à caractère sexuel postée sur les réseaux a-sociaux: normal. Mais que France Inter nous donne le détail de ce que l’on peut voir sur cette vidéo….. c’est LAMENTABLE!

Lors du Journal de 12h30 de ce vendredi 14 février, le présentateur a cru bon de décrire le contenu des vidéos envoyées par Benjamin Griveaux. Ce côté voyeuriste sur n’importe quelle chaîne du groupe Radio France, ça l’est plus encore sur FC.
Était-il bien nécessaire de s’abaisser à ce niveau (sans mauvais jeu de mots) alors que tout curieux eut pu trouver l’objet de sa curiosité sans difficulté ?
C’était plutôt gras que grivois et certainement pas digne du média.

La notion de vie privée est déjà en soi une fiction s’agissant de personnes politiques qui savent parfaitement utiliser les médias et mettre en scène leurs proches pour leur communication politique.
Je suis, en outre, étonnée que l’on ne parle pas d’un sujet qui me paraît pourtant essentiel : les risques d’exploitation politique, voire de chantage, induits par des vidéos ou images compromettantes impliquant des responsables politiques. Le fait que M. Griveaux était ministre lors du « tournage » des vidéos incriminées est un facteur aggravant : pensez à ce qui aurait pu se passer si les vidéos en cause avaient été utilisées par une puissance étrangère ou une organisation mafieuse.
De ce point de vue-là, l’unanimité du personnel politique autour du cas de B. Griveaux est inquiétante tant elle révèle une totale immaturité de sa part et le sentiment qu’ils peuvent échapper aux règles de base.

Affaire Griveaux : respect de la vie privée.
Depuis hier, tous les politiques de tous bords, presque tous les médias se sont accordés pour dénoncer l’étalage de faits relevant de la vie privée et donc, à juste titre, personne n’a détaillé le contenu des « sex tapes ».
Cette même règle a toujours été respectée, que ce soit pour des footballeurs ou d’autres…
Quelle honte de constater, hier 14 février, au journal de 19 h, que la journaliste, quasiment en ouverture du journal, tient à préciser que B. Griveaux se masturbait dans la vidéo !
Désolé, mais la révélation du contenu de correspondance privée est un délit…à tout le moins cela ne correspond pas à l’idée que je me fais de la notion de Service public dont France Inter s’enorgueillit de façon aussi ostentatoire.

La nécessité de protéger la vie privée a été massivement traitée du point de vue des candidats.
Mais protéger les électeurs.trices de l’usage que les candidats (plus rarement les candidates) font de leur vie privée n’a guère été envisagé. Je veux dire : pourrait-on être protégé.e des baisers de Griveaux à sa femme (dans Elle, cette semaine), des photos de son dernier enfant, etc. ?
Un traitement mieux équilibré nous aurait permis de comprendre un système plutôt que de nous apitoyer sur une psyché.

Depuis ce matin le débat porte sur le niveau zéro de la politique qui effectivement est atteint. Mais je pense, et ce n’est jamais abordé que c’est un problème moral. On entre dans une société moralisatrice, par exemple on oppose la famille à la sexualité,etc comme si avoir une sexualité est amoral
Et je trouve que la gravité de la situation est là. Il y a longtemps que la politique navigue dans les eaux troubles.

La publication de cette vidéo est dégueulasse, c’est sa vie privée et on s’en moque. Alors que je ne soutiens pas du tout LREM et que je ne vote pas à Paris, je regrette qu’il démissionne. Il aurait pu se contenter d’un « oui, et alors? »; cela aurait eu un peu plus de panache.

Je ne sais où envoyer ce message pour vous faire part de mon soutien total à M Benjamin Griveaux dont je ne partage pas les idées politiques mais dont je me sens solidaire et trouve totalement répugnant la diffusion de vidéos concernant sa vie privée dans ses manifestations les plus intimes et qui ne relèvent pas de la justice je trouve le procédé ignoble et dangereux, nous avons tous des secrets à préserver, tous des histoires qui ne concernent qu’une relation entre adultes consentants.

Votre façon de traiter l’information, et en particulier de passer en « émission spéciale » chaque fois que la mère Michel a perdu son chat, me dégoûte ! Vous ne traitez alors plus qu’un seul sujet, même s’il est futile, comme en l’occurrence, l’affaire Benjamin Griveaux. Cela traduit le mépris dans lequel vous tenez vos auditeurs – qui sont aussi les payeurs de vos émoluments ! Ils ne refusent bien sûr pas que vous traitiez un tel sujet mais EXIGENT que vous les INFORMIEZ aussi sur les autres sujets d’actualité. NON AUX EMISSIONS SPÉCIALES sauf en cas de danger mortel et imminent dont il faut avertir les auditeurs pour qu’ils prennent aussitôt les mesures pour assurer leur survie ou au moins se protéger. Ces émissions spéciales dans lesquelles vous rabâchez à l’envie la même chose ne sont que pure PARESSE de votre part et VOL des impôts que nous versons pour vous faire vivre et vous faire profiter de vos privilèges. Maudits soyez-vous !

Au sujet de la démission de Benjamin Griveaux, Je suis choqué de ce que les premiers invités politiques de franceInfo soient des représentants des partis extrêmes : France insoumise, Rassemblement national. Leur tendre ainsi le micro à cette occasion, c’est les habiller de respectabilité. Pourquoi eux ??