A la suite de la mort de Lyhanna, âgée de 11 ans, des auditeurs ont réagi. Voici une sélection de leurs messages.
Une question me taraude et jamais je ne l’entends ni posée, ni traitée : pourquoi ne s’interroge-t-on jamais sur la libido masculine ? Un nombre très important d’hommes (puisqu’il y a de nombreuses petites filles et petits garçons victimes) agressent ces enfants : Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe dans leur tête, leur corps ? J’aimerais savoir si une enquête sociale, psychologique est menée par des chercheurs ?
Comment se fait-il qu’on ne parle pas dans toutes ces histoires de viols du comportement des hommes ? Qu’est ce qui ne fonctionne pas chez les hommes ? Qu’est-ce qu’ils ont dans la tête pour qu’ils ne contrôlent pas leurs pulsions? Est-ce un problème dans l’éducation ?? C’est ça le vrai problème ?
Les violences sexuelles sont constamment abordées sous l’angle de la justice mais jamais sous l’angle de la sexualité des hommes et de leur éducation dans ce domaine. Pourquoi ?
Toujours fidèle auditeur de vos chroniques (et des matins de FC), et à la suite de celle d’aujourd’hui à propos des vagues que génère le drame de la petite Lyhanna, je tiens ici à souligner la dimension sociétale du problème.
Ce que je regrette en effet dans cette affaire, comme dans beaucoup d’autres, c’est qu’on s’intéresse aux conséquences plus qu’aux causes (et le plus souvent pour des raisons politiciennes).
Lors du procès, les avocats de Jérôme B. auront en effet tout loisir de démontrer que ses actes sont les conséquences de problèmes ou de situations qu’il a « subies » dans son enfance et nous serons certainement nombreux, non pas à l’excuser, mais à le reconnaitre.
N’oublions donc pas le rôle de l’éducation !
Je suis membre d’associations de parents d’élèves depuis plus de 8 ans avec à l’actif des dizaines de conseils de discipline qui révèlent la souffrance et/ou la déviance de certains enfants et les difficultés de parents démissionnaires et/ou désemparés.
La principale mesure appliquée pour les faits graves est l’exclusion définitive avec obligation de scolarisation, c’est-à-dire, en clair, qu’on refile la « patate chaude » à l’établissement scolaire voisin.
Lorsqu’on soulève ce problème au chef d’établissement ou à la commission départementale de discipline pour prôner une vraie prise en charge, un accompagnement, voire des soins : silence radio.
Question de moyens certainement. On préfère construire des prisons que de veiller à l’éducation de nos enfants.
Conclusion, la vigilance doit rester de mise pour nos enfants, la relève arrive !
L’amélioration de notre système judiciaire va simplement permettre de mieux traiter les conséquences d’un système socio-éducatif qui présente quelques trous dans la raquette.
Le fichage numérique, des juges 2.0 et l’augmentation des places dans les prisons ne vont pas résoudre le problème ; ils vont tout au plus concerner une partie de ceux qui vont se faire prendre.
Combien de femmes tuées faudra-t-il encore pour que ce sujet devienne une priorité nationale ?
Combien d’enfants victimes de violences sexuelles ?
Combien d’affaires comme celle de la jeune Lyhanna, où des signaux existaient, mais où la protection n’a pas été suffisante ?
Aujourd’hui, nous ne sommes plus face à des faits divers.
Nous sommes face à une défaillance systémique.
En France :
– 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année
– 1 enfant est violé toutes les 3 minutes
– 1 enfant sur 10 est victime d’inceste
– plus de 100 femmes sont tuées chaque année sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint
Ces chiffres sont connus.
Ce qui manque, ce n’est pas l’information.
C’est la volonté d’agir.
Une proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants existe.
Elle n’est toujours pas à l’ordre du jour.
Pendant ce temps, les victimes continuent de subir.
Il faut des mesures concrètes :
– reconnaissance du féminicide comme infraction autonome
– introduction du contrôle coercitif
– protection immédiate des victimes en cas de danger
– statut de lanceur d’alerte pour les parents protecteurs
– juridictions spécialisées
– réforme des délais judiciaires
– centralisation des signalements
La question est simple :
Pourquoi ce sujet n’est-il pas au cœur du débat politique en vue des élections présidentielles de 2027 ?
Pourquoi la protection des femmes et des enfants n’est-elle pas une priorité nationale absolue ?
Les médias ont un rôle essentiel.
Vous avez le pouvoir de rendre visible ce que la société préfère ne pas voir.
De transformer un sujet en priorité politique.
De faire pression pour que les choses changent.
Et si les institutions n’agissent pas, les citoyens, les victimes et leurs familles s’en saisiront.
Il faut ouvrir ce débat.
Enquêter.
Donner la parole aux victimes.
Questionner les responsables politiques.
Et mettre ce sujet au cœur de l’espace public.
J’aimerais qu’on pose la question suivante : comment est-ce que la justice sera capable de traiter 70000 cas en un mois alors que les affaires trainent depuis des années?
Il me semble que cela confirme qu’il ne s’agit pas réellement d’une seule question de moyens.
À propos de l’affaire Lyhanna, personne n’en parle sur les ondes :
Quid de la protection des enfants du principal suspect ?
Quid de la connaissance des faits par la conjointe de ce suspect ?
Je veux bien entendre l’engorgement des services de justice et qu’il est « normal » que ces dossiers souffrent plusieurs mois/ années de retard dans leur traitement.
Comment explique-t-on en revanche pourquoi les parents protecteurs sont pourchassés, y compris à l’étranger, dès la première ou deuxième non-représentation d’enfants ? Cela en quelques jours ou quelques semaines et pour des années (voir les témoignages de la commission d’enquête).
Il y a là une deux-poids-deux-mesures difficilement compréhensible voire, insupportable.
Merci de poser ce genre de question à vos invités.
En démantelant progressivement la justice, les services psychiatriques, les RASED de l’Éducation nationale et d’autres dispositifs d’accompagnement, nous avons renoncé à une prise en charge adaptée des enfants. Or, ce sont eux qui deviendront les adultes de demain, parfois en grande difficulté, avec des risques accrus de comportements délinquants ou criminels.