Des auditeurs reprochent aux antennes de Radio France de ne faire entendre que la parole des lycéens bloqueurs et de ne pas assez tendre le micro à ceux qui souhaitent retourner en cours.

L’écoute des journaux de France Inter, jour après jour, démontre la très forte empathie de la rédaction en faveur des bloqueurs et manifestants. Eux seuls ont la parole. On nous parle de « mobilisation, de lycéens nombreux dans les cortèges, de grande motivation, de revendications et d’actions légitimes… », mais jamais des lycéens beaucoup plus nombreux qui sont en cours, des lycées beaucoup plus nombreux qui sont ouverts (au pire moment des blocages, il n’y avait qu’environ 10 % de lycées bloqués), de l’agacement très légitime des parents qui voient que leur ado ne peut aller en cours parce qu’une minorité bloqueuse l’en empêche, ni du rappel de la loi qui dit que bloquer un établissement scolaire est illégal ! (Il est vrai que le respect de l’État de droit est à géométrie variable pour la rédaction.)
Radio France (car la critique vaut aussi pour franceinfo) est la porte-parole, l’attachée de presse et la caisse de résonance des contestataires. Est-ce le rôle d’une radio publique ?
Petit exemple : hier (lundi 2/10), un journaliste de France Inter n’a rien trouvé de mieux que de suivre, très matinalement et tout en empathie, un petit groupe de bloqueurs à la recherche de poubelles et de barrières susceptibles de servir à bloquer leur lycée. Pourquoi ce choix puisqu’on a appris (pas sur France Inter) que des parents d’élèves s’étaient imposés pour libérer l’entrée de plusieurs lycées ?
Les journalistes de l’audiovisuel public doivent absolument se ressaisir et respecter la déontologie minimale qu’impose le service public.

Je souhaite vous faire part d’une remarque concernant le traitement, dans les informations diffusées par franceinfo, des manifestations étudiantes et lycéennes, notamment lorsqu’elles portent sur la sélection dans l’enseignement supérieur et sur la demande d’abolition de Parcoursup.
Certaines revendications entendues lors de ces mobilisations me paraissent tout à fait légitimes, par exemple celles concernant le remplacement des enseignants absents, les conditions d’enseignement ou l’organisation des cours.
Je regrette néanmoins que l’on entende rarement la voix des nombreux lycéens et étudiants qui travaillent beaucoup, obtiennent de bons résultats et souhaitent poursuivre des études exigeantes. Tous ne demandent pas la suppression de Parcoursup ni celle de toute forme de sélection. Certains considèrent au contraire que l’admission dans les formations les plus exigeantes doit tenir compte du travail accompli, des résultats et de la capacité à suivre le rythme de la formation.
Il ne s’agit évidemment pas d’opposer les étudiants entre eux, mais de montrer que leurs opinions sont diverses. Ceux qui ne manifestent pas, souvent parce qu’ils étudient, qu’ils travaillent ou qu’ils ne se reconnaissent pas dans ces mobilisations, mériteraient eux aussi d’être entendus.
Il me semblerait donc plus équilibré que franceinfo présente également leur point de vue, ou mentionne au moins l’existence de cette autre sensibilité parmi les lycéens et les étudiants.

Concernant la fermeture des lycées : vous interrogez systématiquement des élèves voulant continuer la lutte et bloquer les lycées. Vous diffusez leurs justifications sans aucune critique et en ignorant totalement les 95 % d’élèves qui veulent reprendre les cours.
Les exemples de votre orientation assez particulière dans le traitement de l’information, qui ignore systématiquement l’opinion de la majorité, me conduisent à m’interroger sur votre conception de la démocratie. Vous surexposez systématiquement les minorités. Est-ce là ce que vous apprenez en école de journalisme ?

Je suis maman d’une élève de première, je pense qu’il faut parler aussi des élèves qui se font insulter et harceler parce qu’ils souhaitent revenir en cours, et qui ne se sentent plus en sécurité pour revenir au lycée.

La parole est toujours donnée aux manifestants lycéens et étudiants.
Jamais à ceux qui veulent reprendre les cours et qui ont aussi des choses à dire !

Pourquoi n’interroger à chaque fois que les étudiants fauteurs de troubles, qui ne sont qu’une minorité ? Quand on leur demande combien d’étudiants ont participé aux votes, ceux-ci refusent de donner des chiffres, alors que ces mêmes contestataires exigent la plus grande transparence pour les autres. Se faire systématiquement l’écho de pratiques fort peu démocratiques est indigne d’un service dit public. On aimerait entendre en contrepoint l’opinion de la majorité dite silencieuse et des étudiants qui veulent travailler. Merci d’agir.

Cela progresse un peu : on entend maintenant des élèves qui revendiquent et hésitent à bloquer, mais restent quand même dans l’idée qu’il faut bloquer. Quand ferez-vous entendre la voix des gens qui veulent aller en cours, car il y a trop d’enjeux à perdre tant d’heures de cours, et qui risquent de ficher en l’air leur avenir et leur projet d’études ? Et qui sont empêchés par des blocus NON filtrants ? Merci.

J’entends, depuis 4 semaines, des « porte-paroles » lycéens de syndicats dont on ignorait l’existence. On évoque « LES lycéens » pour désigner une toute petite minorité agissante, dont on n’évoque pratiquement jamais le nombre (pourcentage de lycées bloqués, nombre d’élèves qui bloquent activement). Jamais la parole n’est donnée aux élèves qui ne participent pas, ni, a fortiori, à ceux qui voudraient entrer et suivre leurs cours et en sont empêchés. Ce n’est ni une information neutre, ni une information honnête.

Je constate un biais systématique des médias et de Radio France en particulier. La radio n’a donné la parole qu’à des étudiants ou lycéens bloquant leur lieu d’étude, ou à des manifestants militants. Les autres sensibilités, sans doute majoritaires, n’ont pas de relais médiatique. Ces personnes ont aussi un avis tout aussi honorable que celui de ceux qui se font entendre plus ou moins violemment.

Pourquoi n’avez-vous interviewé que trois des lycéens souhaitant « poursuivre le combat » et aucun de ceux qui souhaitent reprendre les cours au plus vite… Nous en connaissons.

Pourquoi le journaliste ne donne-t-il jamais la parole aux étudiants qui veulent travailler ? franceinfo donne la parole uniquement à ceux qui veulent faire grève. Cela ne reflète pas l’opinion générale et déforme la réalité.