Les auditeurs réagissent au traitement éditorial de la canicule sur les différentes antennes de Radio France.

Je souhaitais savoir pourquoi les effets d’annonce météo sont encore orientés sur les records de chaleur actuels ? Les termes « records historiques » sont très fréquemment utilisés alors que l’on sait très bien qu’en raison du dérèglement climatique les températures estivales seront de plus en plus élevées chaque année.
Allez-vous parler de record chaque jour de chacun des étés ?

Serait-il possible d’arrêter d’employer à tout propos le terme de « record » s’agissant des températures caniculaires que nous subissons ? Ce terme suggère une volonté de dépasser ces chiffres, une émulation entre les régions, et, à la fin, un podium et une médaille !
Vos journalistes peuvent s’y coller : trouver des synonymes moins valorisants pour cette catastrophe annoncée. Parce que ce n’est qu’un début…

Serait-il possible de demander à tous les intervenants de parler de « dérèglement climatique » et non pas de « réchauffement ». Sinon les climatosceptiques vont faire des petits quand cet hiver il va faire froid. Et merci de ne plus dire « il va faire beau » quand il fait chaud et que le soleil est là. Chacune et chacun y mettra une qualification.

Pourquoi ne profitez-vous pas davantage de l’opportunité que représente la canicule pour interpeler les candidats futurs et plus largement les politiques sur leurs propositions pour y faire face ?

Dans le journal de 8h ce matin, à 5 minutes d’intervalle, j’entends les deux phrases suivantes :
-à propos de la canicule actuelle : « Est-ce enfin l’heure de la prise de conscience ? »
-puis après quelques sujets sur l’impact du changement climatique : « Pour se mettre au frais, on peut aller faire les boutiques aujourd’hui : c’est le début des soldes ! »
Je crois que vous avez vous-même donné la réponse à votre question…
Continuons donc à consommer comme si de rien n’était, et bon courage pour les autres canicules à venir !

Ce matin encore j’entends une information concernant la météo « la journée d’hier a été la 3e la plus chaude depuis 1947 » alors que plus de 100 records de chaleur ont été battus, il me semble que ce genre d’info donne du grain à moudre aux climatosceptiques « Ben oui, y’en a toujours eu et y’a même déjà eu pire, avant on n’en faisait pas tout un plat… » discours vu dans des post internet au sujet d’une vidéo d’ARTE sur le climat en 2050.
Il y en a encore beaucoup qui ne raisonnent qu’au cas par cas sans prendre en compte l’évolution du climat.
Par contre une excellente info avait été donnée, il y a quelques jours, sur les années où une vague de chaleur précoce en mai avait eu lieu. On se rendait bien compte que le rythme s’accélérait et tendait à devenir annuel.
Merci de demander à vos météorologues d’être prudents avec ce type de non-record qui peut parler à des spécialistes mais pas à tout le monde, moi-même ma première pensée a été « Ah bon, on n’a même pas battu de record ?! ». Ceci dit, merci pour la qualité des infos sur vos antennes.

À l’écoute de l’antenne et encore ce matin, on a le sentiment que seule la France fait face à cette canicule et cumule responsabilités et problèmes. La France n’est pas la seule concernée mais vous n’en parlez pas. Que se passe-t-il en Europe ? Les autres pays sont-ils mieux dotés ? Est-ce que seule la France peut résoudre les effets de serre etc…?

Le traitement médiatique de la canicule implique une évocation détaillée des problèmes qu’elle pose pour les différents niveaux d’enseignement et les examens, en particulier le baccalauréat, dont on nous rebat les oreilles, en particulier à propos de l’épreuve du « Grand oral »…
Mais il y a un grand oublié, ce sont les concours : le mois de juin c’est en effet aussi le mois de passage des oraux des concours, des Grandes Écoles, ou des concours de l’enseignement, comme le CAPES ou l’agrégation : ce sont plusieurs dizaines de milliers de candidats, des centaines de membres des jurys ( eux siègent souvent 7 à 8 heures de suite, presque sans pauses), pour des oraux qui durent souvent 3/4 d’heure ou une heure, et peuvent demander 6 à 7 heures de préparation… Allez voir ainsi dans quelles conditions se passent les oraux de l’agrégation par exemple !
Qu’est-ce qu’on fait pour eux ? On attend qu’il y ait des évanouissements, des syncopes ou pire ? Pourquoi vous n’en parlez pas ?

J’ai été surpris ce matin d’entendre les réactions des journalistes auprès de leurs invités Magali Reghezza-Zitt, géographe, membre du Haut conseil pour le climat de 2019 à 2023, et Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, directeur de recherche au CNRS.
En effet, alors que les deux invités alertent sur la gravité du climat, on a pu entendre les journalistes quasiment minorer les propos, en proposant d’installer la climatisation partout, car ça ne réchauffe pas tant que ça, et que ça fonctionne au nucléaire !
Comment le public peut-il prendre conscience de la gravité de la situation quand deux spécialistes alertent et que deux journalistes relativisent ?
Je trouve cette attitude choquante.

Je suis femme de ménage et vous nous oubliez constamment !
Vous croyez que nous ne souffrons pas de la chaleur ? Si on ne va pas bosser, pas de salaire.
Vous pourriez vous intéresser à nous les femmes de ménages les invisibles de la société !

Je suis frappée et attristée par le fait que depuis le début de cette canicule, tous les reportages ne traitent que des humains. Quand enfin le monde animal est abordé, c’est pour parler des animaux d’élevage ou domestiques… Il serait intéressant de parler aussi du monde sauvage, qui souffre terriblement, et dont le dépérissement a d’ailleurs des conséquences sur nous aussi.
Par exemple, les truites vont agonir plusieurs jours dans l’eau devenue trop chaude, les arbres meurent.
Notre mode de vie est mortifère pour nous mais aussi pour les autres espèces.
Et c’est de l’information importante à faire passer, sur le service public.

Eh non cher présentateur, il fait certes chaud mais ce n’est pas du « beau » temps, c’est au contraire un temps épouvantable pour la nature, pour notre santé, pour l’agriculture (que mangerons-nous à l’automne ?), etc. La notion de « beau temps » est à revoir…

“Le Téléphone sonne” de ce soir a donné la parole à un auditeur affirmant que la laine de verre, ça isole pour le froid mais pas pour le chaud. Tous ceux qui ont un minimum de connaissances en physique ont dû bondir, ou s’effondrer, tellement cette affirmation est puérile – et fausse.
« Le chaud » et « le froid » sont en effet des notions enfantines, ce n’est pas de la physique. Celle-ci traite de la chaleur et des variations de chaleur, mais pas du froid, qui ne signifie rien. La chaleur est une énergie. La laine de verre est un isolant thermique, ce qui signifie que la chaleur se transmet « difficilement » à travers elle. Difficilement, c’est à dire plus lentement qu’avec les matériaux non isolants. La laine de verre (comme tout corps) n’a rien à faire du sens dans lequel la chaleur la traverse, elle isole rigoureusement de la même façon, que la chaleur la traverse de bas en haut ou de haut en bas. Quand le soleil chauffe la toiture et tend à réchauffer la maison, ou quand le radiateur chauffe le plafond et tend à réchauffer les oiseaux, le phénomène est rigoureusement le même. Dans l’équation décrivant le phénomène, seul change le signe (+ ou -), dont la laine de verre n’a pas conscience.
Que les occupants de la maison ressentent différemment les deux phénomènes est une autre question.

Jour de canicule…
J’écoute à la radio les recommandations pour les vieux ( dont je fais partie), les élèves, les malades, etc…
Mais pense-t-on un instant aux animaux de boucherie qu’une fois de plus, dans le « marché aux bestiaux » près de chez moi et partout en France, on va faire monter en grand nombre dans les camions qui partiront à l’autre bout de l’Europe et parfois ensuite au-delà des mers pour un dernier voyage dans des conditions épouvantables ? Bien des choses sont suspendues avec la canicule, mais pas ce lucratif commerce.
Souvent sans eau, sans nourriture, entassés, avec la chaleur démultipliée par la surchauffe du métal, certains animaux seront même morts avant d’arriver à leur égorgement. Pour les autres, la violence, la brutalité, la maltraitance accompagneront ce convoi de la mort.
Depuis des années, les associations se battent pour qu’on transporte des « carcasses » et non des animaux vivants. La canicule qui aggrave encore dramatiquement la situation peut être l’occasion de remettre cette question sur le devant de la scène.
Quels journalistes parleront de ces milliers d’animaux alors que communes, préfectures, services vétérinaires se renvoient indéfiniment la balle ? Qui sera la voix de ces « sans-voix » ? Quels lanceurs d’alerte feront des reportages « grand public » sur vos antennes ?