À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, Karin Tarte, professeur en immunologie, et Fabrice André, directeur de la recherche à Gustave‑Roussy, étaient les invités du 8h20. Des auditeurs considèrent que certaines causes du cancer ont été oubliées. Voici une sélection de leurs messages.
Je suis très surprise et très déçue qu’au cours de l’entretien de 8h20 ce matin sur la lutte contre le cancer il n’ait jamais été fait mention des pesticides et autres pollutions environnementales (exposition aux PFAS, particules fines et autres substances chimiques) comme cause de cancer (du sein, prostate, poumon, côlon…). Seuls le tabac et l’alcool ont été cités, rejetant totalement la faute de leur maladie sur les individus. Ce qui est vrai pour une part, mais il ne manque pas d’études scientifiques (ces dernières semaines encore) qui pointent du doigt les causes environnementales d’une part importante et surtout de l’augmentation notable des cancers en France.
Je trouve cet oubli ou ce silence très étrange. J’ai une grande confiance dans l’information de France Inter mais cette lacune m’a sauté aux oreilles.
Sur le cancer on renvoie depuis des décennies aux causes individuelles, tabac et alcool, culpabilisant les victimes, et ignorant les causes environnementales. L’agriculture en est un cas exemplaire, où on étouffe les témoignages des paysans au profit des lobbies agro‑industriels.
Cela justifierait un 8h20.
Je suis scandalisé d’entendre dans votre émission que l’on guérit mieux du cancer aujourd’hui qu’il y a 20 ans et que vous relayez l’idée que le cancer est dû au mode de vie. Vous affirmez que la science a fait des progrès. Ce que vous ne dites pas, c’est que dans nos campagnes les gens meurent du cancer en plus grand nombre et sont contaminés par les épandages agricoles de produits chimiques dans l’indifférence absolue des élus locaux, départementaux et les parlementaires. Il est révoltant d’entendre que le cancer est lié à notre mode de vie alors que c’est dans notre environnement hyper pollué aux pesticides que se trouvent les causes du cancer. Et pendant ce temps le sénateur Duplomb remonte aux créneaux pour autoriser plus de pesticides dans l’agriculture. Soigner le cancer c’est bien, bien lutter en amont contre ses causes c’est la priorité.
Le grand entretien à propos du cancer était très orienté alors que les fumeurs et la consommation d’alcool baissent (on nous répète sans arrêt que les viticulteurs sont en difficulté…) les cancers progressent fortement et il n’y a eu aucune allusion sur tous les produits chimiques largement répandus dans le sol, l’eau, l’air… Avant de vouloir soigner ce fléau, pourquoi ne pas vouloir éviter de les propager, il manquait vraiment ce côté.
Dans les interventions concernant la journée « cancer », les causes mentionnées sont tournées uniquement vers des comportements personnels, alcool, tabac…
Cela donne une impression désagréable de culpabilité…
Or hier on parlait de cette dame cancéreuse intervenant au Parlement pour dénoncer les pratiques agricoles d’utilisation des pesticides et autres « crasses » qui provoquent aussi des cancers aux riverains.
Il y a eu le cas à Asbest en Russie dans l’industrie qui a tué pas mal d’ouvriers.
Je ne veux nullement dire que le tabac et l’alcool ne sont pas nocifs mais ils ne sont pas les seules causes de développement des cancers. Il y a des personnes non fumeuses qui peuvent être malades des poumons…
Serait‑il possible d’ouvrir un peu plus le sujet ?
Dans le grand entretien de ce matin 4 février sur le cancer, je regrette qu’aucune question n’ait été posée aux invités sur la prévention primaire, en particulier sur les causes environnementales du cancer : pollution, pesticides… (explosion des cas de cancer du pancréas, clusters de cancers dans des zones polluées). À quand une émission sur le même sujet avec des épidémiologistes et des associations ?
Fidèle auditeur de FI et entre autres des émissions du matin, je suis parfois mécontent de ce que j’entends. Ce matin par exemple, vos invités et vous parliez du cancer.
J’ai réécouté l’émission et les mots « alimentation et environnement » n’ont jamais été prononcés alors que ces deux facteurs sont essentiels dans le pourcentage des cancers.
Quand l’oncologue parle des causes (alcool, tabac) vous auriez dû intervenir et parler des nombreuses autres causes (pesticides, agro‑industrie, environnement, air, etc.) car ces causes ont une influence majeure sur les plus de 400 000 cancers qui sont découverts et traités chaque année.