La loi de programmation militaire

Avec l’augmentation du budget dédié à la la nouvelle Loi de programmation militaire, l’objectif affiché est de rénover les équipements, moderniser la dissuasion nucléaire, d’améliorer le traitement des troupes, de renouveler du matériel mais aussi d’investir dans le cyber. Thomas Gomart directeur de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), Jean-Dominique Merchet journaliste à l’Opinion, spécialiste des questions militaires, et le général Jérôme Pellistrandi, le rédacteur en chef de la revue Défense nationale était les invités de la matinale de France Inter. Des avis d’auditeurs à lire ici :

Je ne comprends pas du tout cette décision de gonfler autant le budget de l’armée sans demander l’avis des citoyens…
N’y a-t-il pas d’autres priorités bien plus importantes : le dérèglement climatique qui est mondial avec des catastrophes naturelles qui sont déjà réelles aujourd’hui et qui vont s’intensifier ? Quels sont les impacts de la guerre sur le réchauffement climatique, la destruction de la biodiversité ? Nous sommes en train de détruire la planète… il n’y aura aucun vainqueur dans la guerre. Ne devrait-on pas mettre des moyens pour la paix ? Nous pourrions montrer un autre modèle tout en soutenant l’Ukraine et d’autres pays qui sont attaqués.

Deux remarques pour votre émission très intéressante :
Ne vaut-il pas mieux comparer l’armée française à l’armée britannique plutôt qu’à l’armée allemande qui a une dimension différente liée à son désarmement historique ?
Ne faudrait-il pas mieux acquérir du matériel allié compatible avec nos pays amis, plutôt que de s’obstiner à développer nos propres produits chers et peu efficaces (type drone Neurone, avions Mirage et Rafale) ?

Pour un bénéfice à long terme, ne faudrait-il pas associer la recherche fondamentale à l’armée comme aux Etats-Unis ? En effet, cette recherche n’étant pas lucrative, elle est sous-exploitée mais pourtant nécessaire à tous les champs d’application technique.

On est capable d’anticiper une guerre future (cf l’Ukraine) et de mettre 400 milliards, mais on n’anticipe pas le dérèglement climatique. A moins que les 400 milliards anticipent les guerres du climat à venir ?

Évidemment, il va falloir détailler au centime près le financement ce projet titanesque. Il va aussi falloir expliquer à quels autres projets ayant une urgence mineure le gouvernement va renoncer pour diriger cette fraction du budget vers la belligérance.
Il va sans doute aussi falloir profiter de l’ambiance du moment pour réévaluer l’âge de la retraite des personnels militaires en fonction de leur période d’activité effective sur le terrain.

Le projet de loi programmant une forte hausse du budget des armées, avec une augmentation de 40% par rapport à la précédente Loi de programmation militaire, interroge. On comprend bien l’objectif de rénover les équipements, moderniser la dissuasion nucléaire, et investir dans le domaine cybernétique, mais cette augmentation budgétaire considérable ne pourrait-elle pas être mieux utilisée pour répondre à d’autres besoins prioritaires, tels que les enjeux sociaux, économiques ou environnementaux de notre société ? Et comme l’a dit un des invités on a déjà 3 000 milliards de dette !

Ne pas oublier que la France possède la 2ème superficie maritime mondiale…