Dans la chronique Debout la Terre du mardi 28 avril, Raphaël Gerson affirme que “les loups ont été réintroduits sur le territoire français depuis les années 90/2000”.  Cette phrase a fait réagir les auditeurs :

Pour commencer, je souhaite préciser que j’apprécie les chroniques de Raphaël Gerson et que j’espère que l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) restera ce qu’elle est actuellement.
Ce matin, Raphaël Gerson a commis une erreur importante dans sa chronique. En effet, il a parlé « de la réintroduction du loup ». Or, le loup n’a pas été réintroduit en France. Il est revenu seul, c’est une reconquête naturelle d’un territoire perdu. Ce qui est grave, c’est que le terme réintroduction est utilisé par les anti-loups pour faire croire que ce sont « les écolos » qui ont rapporté le loup en France, ce qui justifie, selon eux, qu’on puisse l’exterminer en défaisant ce que l’homme a fait. Comme je l’ai mentionné plus haut, le loup est revenu de ses propres moyens à partir des populations sauvages vivant en Italie du Nord (et probablement plus récemment des populations polonaises ou tchèques via l’Allemagne). Il s’agit d’une dynamique naturelle. Rappelons que le loup est une espèce protégée, ce qui signifie qu’on doit la préserver et qu’enfin depuis quelques années la population de loups en France est stable (autour de 1000 individus)

Votre chroniqueur vient de dire que le loup avait été réintroduit en France. 
 Comment une radio comme France Inter peut-elle propager cette fausse information ? 
 On sait, depuis la réapparition du loup dans les Alpes-Maritimes dans les années 1990, que la population de loups en France provient de migrations naturelles de loups italiens, renforcée depuis peu par des migrations en provenance d’Europe du Nord. 
 Il est vraiment désolant que France Inter laisse ses chroniqueurs raconter ça sur un sujet très sensible dans les régions concernées par le retour du loup. 
 Un auditeur en colère ce matin contre « ma » radio. 

Je vous envoie ce message pour signaler une erreur d’information dans l’émission de lundi matin 28 avril 2026, « Debout la Terre » de Raphaël Gerson juste avant 7h. 
Il a été indiqué que le Loup avait été réintroduit en France, ce qui est faux. Le loup n’a pas été réintroduit, mais a recolonisé naturellement le territoire français au début des années 1990 depuis l’Italie et la population naturelle des Apennins. 
La véracité de cette information est facile à obtenir, par exemple sur le site de l’Office français de la biodiversité ici : 
https://urldefense.com/v3/__https://ofb.gouv.fr/doc/le-loup__;!!B6IQPYr2rLEU!V6ejfCfe24yme2OATgPBQgTVToYIQGkQE0wCNAcxZ4Ird5a5S22oAErf5JtGOrGNUA2P9pubOTOt0p-z79fsT97-YQQ$ 
La différence entre recolonisation naturelle et réintroduction est importante en termes d’enjeux de conservation, d’enjeux socio-économiques et d’enjeux politiques. Une réintroduction animale est le fruit d’une politique publique, et lorsque l’animal visé est un grand prédateur (exemple de l’ours dans les Pyrénées), cela signifie que le gouvernement qui prend cette décision assume que le maintien du grand prédateur, parfois contre des intérêts socio-économiques locaux, est plus fort que ces intérêts. 
Dans le cas d’une recolonisation, on est en présence d’un phénomène naturel qui témoigne d’une bonne santé de l’écosystème et de sa résilience, ce qui évite aussi de mettre en place des politiques publiques, souvent coûteuses et parfois impopulaires. 
Ainsi, dire que le loup a été réintroduit volontairement alors qu’il n’existe aucun plan d’action du ministère de l’écologie dédié à la conservation de cette espèce visant sa réintroduction, risque d’alimenter la sphère complotiste. Au contraire, expliquer que sa présence en France provient d’une recolonisation, est une bonne illustration de restauration naturelle des équilibres écosystémiques dès lors que la pression anthropique cesse (dans le cas présent c’est l’absence de persécution et la bonne santé des populations italiennes qui ont permis son retour). 
Rappelons que le loup est au sommet de la chaîne alimentaire et en tant que « grand » prédateur (pas si grand que les grands fauves en Afrique cependant), il joue un rôle indispensable de régulateur des consommateurs secondaires tels que les cerfs, chevreuils et sangliers qui peuvent occasionner d’importants dégâts aux forêts (exemple du Parc national du Yellowstone aux USA, dont la forêt a été sauvée par le retour des loups) et aux cultures. 
Merci de corriger, le cas échéant, les propos de ce matin dans une émission prochaine.

Vous avez dit que le loup a été réintroduit. C’est faux il est revenu naturellement via l’Italie.  Merci de rectifier.

Ce matin j’ai failli m’étouffer avec mon café en écoutant la chronique de Raphaël Gerson sur les emplois saisonniers dans les parcs nationaux et régionaux. En effet, parlant des chiens de protection de troupeaux, il a dit que le loup avait été réintroduit dans les Alpes dans les années 90-2000 ! J’espère que c’était un lapsus et qu’il voulait dire l’ours ! Car sinon il relaye une fausse information éculée depuis 30 ans véhiculée par le milieu de la chasse et les élus hostiles à l’écologie, car bien évidemment il est prouvé que le loup est revenu naturellement dans les Alpes au moins depuis 1992.

Un chroniqueur a parlé ce matin de la réintroduction du loup en France sur votre antenne, sans la moindre contradiction. Quelle importance vue de Paris ? Les loups ont des pattes, et ont été capables de franchir seuls les Alpes depuis l’Italie. Ce genre de désinformation est propagée par les chasseurs et les éleveurs, et il est dommage que votre antenne leur donne voix.