A la suite des permutations de fréquences FM entre les réseaux de France Musique, de franceinfo et de ICI effectives depuis le 22 juillet dernier, de nombreux auditeurs nous écrivent.
Pour répondre aux questions des auditeurs, Emmanuelle Daviet reçoit Sibyle Veil, présidente-directrice générale de Radio France, Charles-Emmanuel Bon, Secrétaire général de Radio France et Stéphane Grant, directeur de France Musique.
Gabrielle Oliveira Guyon : Je vais vous laisser la parole pendant une vingtaine de minutes. Je tiens à dire un mot avant de vous laisser ce temps d’antenne. Je suis très heureuse de vous accueillir, émue aussi de vous accueillir au nom des auditrices auditeurs de France Musique, de nos équipes, mes collègues et amis, au micro comme en coulisses, ici au troisième et quatrième étage de la maison de la radio et de la musique. Des fréquences en moins, le DAB+ qui ne fonctionne pas partout, une couverture loin d’être totale, des messages par milliers de tristes et de colère, une sensation d’abandon. Faille du service public. Peine de ne plus accéder à nos programmes comme à la retransmission des concerts de nos quatre formations musicales. Une sensation d’humiliation aussi, des auditeurs auditrices en territoires ruraux et surtout un sentiment grave sur la façon dont tout cela était présenté avant l’été et le résultat. En tout cas, beaucoup de questions auxquelles vous répondez ce matin. France Musique, qui est essentielle, nous le lisons dans vos mots. Je suis très heureuse de vous accueillir dans le cadre de cette émission qui accueille les suggestions musicales des auditrices auditeurs. Une belle communauté autour de la musique, un moment précieux qui entame sa neuvième année. Mesdames, messieurs, vous avez la parole! Emmanuelle Daviet, médiatrice de Radio France. C’est à vous.
Emmanuelle Daviet : Sibyle Veil, souhaitez-vous réagir à ce qui vient d’être dit?
Sibyle Veil : Tout d’abord, bonjour à tous les auditeurs. J’ai lu beaucoup des courriers qui nous ont été envoyés. J’ai trouvé ça très émouvant parce qu’on lit la place qu’a France Musique dans leur quotidien, c’est que c’est plus qu’une radio, on voit que c’est un compagnon de vie, c’est des moments de sérénité, donc ça nous oblige évidemment. Et je suis là ce matin pour justement répondre à ces courriers. Répondre à ce que vous avez appelé, le sentiment de frustration peut-être parfois le sentiment d’injustice et leur dire que voilà, nous sommes là. On est là pour trouver une solution pour chacun. On n’abandonnera aucun auditeur. Et je suis là évidemment pour y répondre.
Emmanuelle Daviet : Alors, pour donner des éléments de contexte, rappelons que depuis le 22 juillet dernier, Radio France a réduit son réseau FM historique de 12 %, notamment pour réaliser 3,9 millions d’économies annuelles, tout en réaffectant certaines fréquences à franceinfo et au réseau Ici ex France Bleu. Et en accélérant donc la transition de France Musique vers le DAB+. Radio France indique que France Musique reste accessible à 87 % de la population en FM et DAB+, et bien sûr toujours partout en numérique. Le DAB+ couvre globalement plus de 80 % de la population. Mais les témoignages reçus au service de la médiation, et donc qu’en tant que médiatrice, je lis attentivement, montrent précisément le problème des auditeurs situés dans les zones non couvertes, notamment à la campagne et en montagne. Et ils sont nombreux à nous écrire depuis cet été. Alors, Sibyle Veil, revenons tout d’abord sur la motivation de ces changements. Est-ce une décision technologique ou bien une décision budgétaire ? Pour parler très simplement, sans les contraintes budgétaires de Radio France, auriez vous supprimé ces fréquences maintenant ?
Sibyle Veil : Alors pour répondre très directement à votre question, oui évidemment, on aurait préféré ne pas avoir à changer les habitudes des auditeurs. Si on a pris cette décision c’est en responsabilité, elle s’est imposée à la fois pour des raisons économiques et technologiques. Nos auditeurs savent sans doute que depuis des années, nous avons des économies. Si on regarde sur dix ans, c’est 130 millions d’euros d’économies que nous avons dû faire. C’est à peu près 20 % de notre budget. Qu’est ce que ça veut dire? Ça veut dire qu’aujourd’hui, nous n’avons plus les moyens de financer trois modes de distribution la FM, le DAB+ qui est l’avenir et le numérique. Et donc nous avons dû faire un choix. Et ce choix, c’est d’investir sur les modes de diffusion d’avenir. Le DAB + et le numérique et de commencer à désinvestir un peu sur le mode de diffusion historique mais plus vieillissant qu’est la FM. Alors on le fait de manière la plus raisonnable possible, et je voudrais juste que les auditeurs de France Musique sachent que si on a choisi le DAB+, c’est aussi parce qu’on s’inscrit dans le mode de diffusion qui est l’avenir de la radio. C’est la feuille de route que l’ARCOM a défini, avec des étapes dans lesquelles nous nous inscrivons nos Quelque part, ce que les éditeurs de France Musique font, c’est prendre de l’avance sur une évolution qui se généralise progressivement à l’ensemble des radios en France.
Emmanuelle Daviet : Alors précisément, nous recevons de nombreux messages d’auditeurs qui ne peuvent plus écouter France Musique sur leur poste de radio. Ils nous écrivent Je n’ai plus la FM et je n’ai pas le DAB+. Que dites-vous aux auditeurs qui en juin nous écoutaient avec leur poste de radio FM et qui aujourd’hui n’ont ni France Musique en FM, ni France Musique en DAB+?
Sibyle Veil : Alors tout d’abord, je voudrais rappeler qu’il s’agit d’une minorité de cas. Alors c’est sûr que ça ne console pas ceux qui sont dans cette situation. Mais je dois rappeler que pour la majorité des Français et des auditeurs, il n’y a pas de changement et que 87 % ont une diffusion en FM ou en DAB+. Pour les situations plus rares où il n’y a plus la FM et pas encore le DAB+. Je voudrais expliquer plusieurs choses. D’une part, la première chose, c’est que je comprends le sentiment d’injustice qu’ils peuvent éprouver. J’en suis navrée. Et encore une fois, si on avait pu ne pas prendre ces décisions, si elles ne s’étaient pas imposées à nous, on ne l’aurait pas fait. Ensuite, je voudrais dire que c’est temporaire parce que le DAB+ se déploie chaque jour davantage. Dans un mois à peine, le 27 octobre, ça sera disponible à Nevers, Cognac, Bayeux, Falaise, Alençon, Montargis, Giant, Cosne sur Loire, Mios. D’ici la fin de l’année 2026, on va y ajouter Dieppe, Neufchâtel, Vesoul. Et ce ne sont que quelques exemples. En 2027, il y aura une nouvelle vague de déploiement. Donc petit à petit, on va couvrir les derniers mètres de ces Français qui n’y ont pas encore accès. Et j’ajoute que même quand il n’y a pas encore le DAB+, il y a Internet et on peut nous écouter sur l’application, le site, par téléphone. Donc France Musique ne disparaît pas de la vie de nos auditeurs. France Musique change d’adresse.
Emmanuelle Daviet: Un autre aspect sensible de nombreux auditeurs nous écrivent qu’ils habitent déjà loin des salles de concert, des opéras et des équipements culturels et que maintenant, en plus, on les éloigne aussi de France Musique. Il y a le sentiment d’une relégation territoriale et un sentiment donc d’inégalité d’accès aux services publics, avec l’idée que ceux qui habitent à la campagne ou à la montagne, ou qui vivent éloignés des grandes villes sont pénalisés. Que répondez-vous à ceux qui évoquent une fracture culturelle entre les villes et les campagnes ?
Sibyle Veil :Alors bien sûr, je comprends cette crainte, mais je veux que nos auditeurs entendent que nous sommes déterminés à rester un service public de la culture présent partout en France. On le fait avec France Musique à travers les concerts de nos orchestres, et notamment le grand tour de l’Orchestre National de France qui va dans les villes petites et moyennes, à travers notre présence dans les festivals en région, à travers aussi nos offres enfants qui vont désormais tourner. Et encore une fois, ce qui se passe aujourd’hui pour le DAB+ n’est que temporaire puisqu’il a vocation à couvrir les zones rurales. Donc là où il n’y a plus la FM, il y aura le DAB+ demain. Et enfin, je voudrais dire à ceux qui habitent dans les zones rurales que l’on a renforcé dans le même moment pour eux, la présence de nos offres d’information. Donc, c’est vraiment l’inverse d’un mouvement d’abandon de ceux qui habitent dans ces zones rurales.
Emmanuelle Daviet: Stéphane Grant en tant que directeur de France Musique, comprenez vous ce sentiment d’injustice culturelle, ce sentiment de relégation?
Stéphane Grant : Oui bien sûr, on l’a lu dans les mails que nous avons reçus de tous les auditeurs qui nous ont écrit, Gabrielle l’a rappelé, la présidente l’a rappelé, et on y est évidemment très sensible. Depuis le 22 juillet, moi, mon souci à la place où je suis directeur de France Musique, directeur des programmes de cette chaîne pendant huit ans aux côtés de Marc Voinchet, c’est de ne pas seulement perdre un seul de nos auditeurs, mais d’en conquérir davantage. Je rappelle que cette chaîne est écoutée chaque jour par 1 million d’auditeurs qu’elle conquiert chaque jour, l’été l’a prouvé, davantage d’auditeurs encore sur le numérique. Nous avons eu de formidables chiffres en audience numérique tout au long de l’été, par une offre extrêmement plurielle, qui va d’une émission telle que celle que Gabrielle anime Aujourd’hui jusqu’à l’offre de podcasts jeunesse, sagas, etc. Donc mon souci, il est évidemment celui ci. On a fait beaucoup de choses tout au long de l’été pour accompagner ce redéploiement et ces nouveaux modes d’écoute à certains endroits en France de France Musique, une tournée des festivals. Nous sommes beaucoup déployés sur tous les festivals de l’été et davantage encore que nous l’avions fait dans les étés précédents. Et puis nous avons aussi construit avec toutes les équipes de France Musique partout où nous le pouvons à l’antenne, davantage de liens avec nos auditeurs. Nous sommes ce matin à l’endroit et dans l’émission idéale, l’émission qu’anime Gabrielle Oliveira Guyon « France Musique est à vous » depuis neuf saisons était une émission que nous avions installée le week-end. Tous les samedis en matinée. Nous avons décidé avec Gabrielle que ce soit aussi une émission que l’on retrouve dès le vendredi matin, parce qu’on sait que c’est évidemment le lieu idéal où l’on crée du lien avec les auditeurs. C’est ici que les auditeurs viennent nous parler, nous font des choix de programmation musicale et ce lien-là avec les auditeurs, on l’a construit chez Gabrielle, mais à plein d’autres endroits de l’antenne. Et je veux profiter aussi de ce moment ce matin à l’antenne pour vous dire qu’évidemment on va être très allants et que nous allons continuer d’aller beaucoup à la rencontre des auditeurs de France Musique tout au long des prochaines semaines. Cela va passer notamment, je ne pourrai pas être exhaustif, mais par une série de délocalisations de l’antenne dans les prochaines semaines. La première d’entre elles étant prévue le 21 octobre à Saintes, qui est un lieu de musique que nous connaissons bien et où France Musique est désormais écouté en DAB+ et en numérique.
Emmanuelle Daviet : Alors revenons à des aspects pratico pratique de cette situation. Vous proposez le DAB+ ou Internet, mais cela suppose parfois de changer de poste, d’autoradio ou de s’équiper d’un adaptateur. Charles-Emmanuel Bon, vous êtes le secrétaire général de Radio France. Est-ce vraiment à l’auditeur de payer le coût de cette transition en renouvelant son matériel?
Charles-Emmanuel Bon :En fait, il faut voir ce que fait la radio aujourd’hui et ce que fait France Musique aujourd’hui, c’est ce qu’a fait la télé il y a 20 ans. Il y a 20 ans, on a dû changer de poste de télévision, on a dû s’équiper d’adaptateurs. Ces adaptateurs coûtaient quand même un certain prix. Je me souviens à l’époque, par exemple, j’en avais acheté un à 80 €. Et donc aujourd’hui, on trouve des postes DAB + à 25 – 30 €, on trouve toutes les gammes. Voilà, pour pouvoir écouter la radio dans de très bonnes conditions. Et c’est vrai que c’est une solution qui nécessite un investissement, mais c’est un investissement d’avenir, C’est un investissement d’avenir. Pourquoi? Parce qu’en fait toute la radio, toutes les radios passent ou DAB+ passent au numérique. Et en fait, c’est vraiment un investissement d’avenir parce qu’on ne va pas pouvoir, et la radio est le dernier média qui est un média analogique, alors que tous les autres médias sont passés au numérique. Et donc en fait, l’avenir de la radio, c’est le numérique et l’internet. Comme aujourd’hui ,la TNT et le numérique sont le quotidien de l’écoute de la télévision.
Emmanuelle Daviet: Sibyle Veil Des auditeurs nous écrivent en nous disant pour certains qu’ils n’ont pas les moyens ou tout simplement, qu’ils ne veulent pas remplacer du matériel qui fonctionne toujours. Que leur répondez-vous ?
Sibyle Veil: Bien sûr, on entend très bien que pour certains auditeurs, le coût d’un nouveau poste de radio peut peser lourd financièrement. C’est pourquoi je voudrais leur proposer très simplement de nous écrire. Et ceux qui se trouvent dans une situation difficile, on leur enverra un poste en DAB+. On l’a déjà fait, il y a plusieurs centaines de postes qui ont été envoyés. Donc vraiment, je leur dis écrivez-nous.
Stéphane Grant: On va continuer d’en envoyer beaucoup. Je rappelle une adresse, un numéro de téléphone qui sont très importants, l’adresse qui est mise en place depuis déjà deux mois. C’est tout simple, c’est musique@radiofrance.com. Et le numéro de téléphone qui est en place actuellement 0156401004. On essaie de répondre et nous répondons à tous les auditeurs qui nous écrivent directement par France Musique et via le service de la médiatrice Emmanuelle Daviet. Évidemment, il se peut qu’on ait un peu de retard. On l’a dit, nous avons beaucoup de messages. Si des auditeurs nous écrivent et s’ils nous entendent et nous ont écrit qu’ils n’ont pas eu encore de réponse, ils en auront une, assurément. Nous traitons tous les mails de tous les auditeurs qui nous parviennent.
Emmanuelle Daviet: Alors justement, je vais vous donner un exemple d’un auditeur qui possède depuis 20 ans une chaîne hi-fi parfaitement fonctionnelle et qui ne veut pas écouter la radio sur son téléphone. Charles-Emmanuel Bon, quelle solution simple vous lui proposez?
Charles-Emmanuel Bon : Alors déjà, il faut rappeler que la FM pour France Musique, c’est encore et toujours sept Français sur dix. Donc c’est déjà une couverture qui est extrêmement large, qui est d’ailleurs très beaucoup plus large que celle de beaucoup de radio FM aujourd’hui en France et en plus du DAB +. Donc effectivement, on peut acheter un adaptateur qui se connecte à la chaîne hi-fi, mais il y a plein de façons d’écouter France Musique par Internet à la fois, et vous l’avez cité sur son ordinateur, sur une tablette, mais aussi des enceintes connectées, des assistants vocaux qui peuvent être très simples d’utilisation, sur un téléviseur connecté. Donc, il y a plein de façons d’accéder à France Musique, même si on n’a pas encore le DA B+ qui est près de chez soi.
Emmanuelle Daviet : Alors à propos de l’écoute de France Musique, justement en voiture, soit des auditeurs ne peuvent plus le faire faute d’équipements DAB+, soit ils sont équipés en DAB+ mais se plaignent d’une mauvaise couverture avec des coupures fréquentes ou des décrochages. Alors dans ces cas là, qu’est ce qu’on fait?
Charles-Emmanuel Bon : Il faut voir que le DAB+ a beaucoup de qualités et notamment effectivement la couverture des grands axes. Aujourd’hui, vous pouvez aller de Marseille à Lyon en passant par Brest, vous n’aurez pas de coupure. Vous pourrez écouter France Musique sur la totalité du trajet. Évidemment, comme Sibyle Veil l’a souligné, c’est un réseau qui s’étend et donc petit à petit, on va réussir à couvrir l’ensemble du territoire. Mais c’est un moyen de diffusion qu’on a pensé, particulièrement pour sa continuité et sa capacité à ne pas avoir de grésillements, pas de changement de fréquence, vous avez juste à cliquer France Musique et vous écouter France Musique. Donc c’est un mode de diffusion qui est moderne, qui est aussi moins énergivore, je tiens à le souligner, pour notamment dans le cadre de la transition énergétique, on consomme beaucoup moins d’électricité à diffuser et à recevoir. Le DAB+. Et donc c’est vrai qu’il y a des ajustements. On travaille sur ces ajustements, on essaye d’améliorer le plus possible et le plus rapidement possible notre réseau. Par exemple, en FM, il y a des endroits où les auditeurs nous ont remontés, par exemple autour de Caen ou autour de Lannion, voilà des perturbations. Donc on travaille avec l’ARCOM parce que c’est l’ARCOM qui est en charge de ces sujets, de façon à pouvoir décaler une fréquence de façon à améliorer et à travailler sur la qualité de réception dont on a bien conscience qu’elle n’est pas parfaite partout et donc on travaille vraiment à s’améliorer.
Emmanuelle Daviet : Au delà de ces aspects techniques, Sibyle Veil, il y a un point que je trouve intéressant, certains auditeurs vivent aussi comme un symbole le fait qu’une fréquence de France Musique puisse servir désormais à Franceinfo ou au réseau Ici ex France Bleu. Pourquoi avoir privilégié l’information plutôt que la musique ou la culture sur ces fréquences ? Est-ce que cela signifie qu’en matière de diffusion hertzienne, l’information est désormais considérée comme plus prioritaire que la culture?
Sibyle Veil : Alors tout d’abord, je voudrais dire aux auditeurs qu’il y a deux piliers dans le service public de la radio aujourd’hui, c’est l’information et la culture. Et les deux sont essentielles. Je pense que nos auditeurs ont conscience que, à une époque où les fausses informations se multiplient, où il y a des manipulations qui y sont diffusées pour le compte de puissances étrangères, chacun doit pouvoir avoir accès à une information de confiance et c’est notre mission de l’apporter partout en France. Et parfois, c’est même plus qu’une mission, c’est une obligation notamment qui nous est fixée en situation de crise. Par exemple quand il y a des crises liées au changement climatique, des feux, des méga feux, des inondations, que tout tombe, qu’il n’y a plus d’électricité. Il n’y a plus que la réception hertzienne, notamment la FM, qui nous permet de continuer à informer les populations, à leur expliquer ce qui est en train de se produire, à leur diffuser les messages d’alerte des pouvoirs publics et à leur dire ce qu’ils doivent faire pour se mettre en sécurité. Et ça peut sauver des vies. Et donc, c’est la raison pour laquelle, effectivement, pour l’information, nous avons besoin d’avoir un réseau FM le plus complet possible. Et en même temps, il y a la culture qui est un pilier majeur de notre offre, de notre distribution et on le prouve chaque jour avec la place de la musique sur nos antennes. La place des offres culturelles. Et on a bien l’intention de rester un service public de la culture qui soit présent et engagé partout en France.
Emmanuelle Daviet : Autre question fréquente dans les messages que nous recevons au service de la médiation quel est l’avenir de France Musique ? Alors, c’est une inquiétude des auditeurs qui redoutent une forme d’effacement progressif de la chaîne. Sibyle Veil, que répondez-vous à cette crainte ?
Sibyle Veil : Alors, je voudrais que nos auditeurs sachent l’ambition que nous avons pour France Musique, la considération que nous avons pour vous, ces auditeurs. Et l’importance qu’on attache à la mission de service public de France Musique. Donner du plaisir en écoutant cette grande musique. Apprendre, faire découvrir, transmettre. C’est ça la mission de France Musique. Et cette saison qu’on vient de lancer le fait encore une fois avec beaucoup de beauté. Il y a des nouveautés qui rencontrent un vrai succès. Il y a toujours une immense qualité grâce à des équipes qui sont brillantes. Un nouveau directeur, Stéphane Grant, qui est avec nous ce matin, qui dirige la chaîne et qui a pour mission de continuer à faire de France Musique une très grande chaîne.
Emmanuelle Daviet Stéphane Grant, que répondez-vous à cette inquiétude?
Stéphane Grant : Que j’ai de l’ambition pour cette chaîne que nous avons, comme je viens de le dire, la présidente, débuté il y a quelques semaines maintenant, une nouvelle grille de France Musique avec de nouveaux rendez-vous, mais pas que, des rendez-vous très installés sur cette chaîne depuis quelques années, qui ont prouvé leur succès. Je le rappelle, 1 million d’auditeurs dans un contexte où le média radio peut être malmené. Qu’une chaîne comme France Musique, qui offre la qualité des émissions que les auditeurs écoutent chaque jour dans un média où la musique est aujourd’hui quelque chose que l’on peut aller écouter sur d’autres plateformes de streaming, etc. L’offre de France Musique, elle est aujourd’hui unique. Donc l’ambition pour cette chaîne, elle est pas seulement intacte, mais elle est surtout dans un média qui se renouvelle à folle allure, si j’ose dire. On a l’exigence et la mission de se projeter aussi vers l’avenir, de considérer par exemple le jeune public qui vient écouter par millions près de 7 millions bientôt d’écoutes pour un podcast comme Octave et Mélo. C’est un succès absolument incroyable pour France Musique. C’est considérer les mélomanes qui sont très attachés à cette chaîne. Les concerts que nous diffusons chaque soir. Nous étions hier en direct avec l’Orchestre National de France. Comme nous serons ce soir avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, dans une opération qui s’appelle Unanime et qui met en valeur les compositrices, les figures féminines dans la musique classique. Enfin bref, l’ambition, elle n’est pas seulement intacte, mais elle est pleine et entière. Et j’ai en tout cas pour souci de ne laisser aucun auditeur de côté dans ce chantier que personne ne mésestime. Encore une fois, nous lisons les courriers de tous les auditeurs, nous y sommes attentifs, nous y répondons, nous prenons chacun en considération et nous gardons une ambition pleine et entière avec toutes les équipes de cette chaîne, pour qu’elles aillent encore plus de l’avant. J’ai dans mon bureau et je vais montrer tout à l’heure à la présidente une affiche de France Musique qui doit dater des années 80 ou 90 qui s’appelle France Musique, le monde prend l’air. Elle est extrêmement belle cette affiche. Et je dois dire aussi que dans le contexte qu’on traverse en ce moment, avec une actualité qui nous sature. Actualité politique, actualité internationale, venez, venez écouter France Musique, vous allez respirer, vous allez vous faire du bien. Nous sommes avec vous.
Emmanuelle Daviet Sibyle Veil, Charles-Emmanuel Bon, Stéphane Grant, je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre aux questions des auditeurs. Alors on a bien compris ce matin que chacun d’eux sera accompagné s’il a des questions. Et je rappelle le numéro qu’il est possible de contacter. Donc pour avoir toutes les informations nécessaires, c’est le 0156401004. Et puis vous pouvez écrire également à musique@radiofrance.com. J’invite vraiment les auditeurs à nous écrire également à la médiation. On lit absolument tous vos mails, on essaie de répondre au mieux et de la manière la plus précise et la plus concrète à toutes vos interrogations. Et j’ai un mot particulier pour un auditeur de France Musique qui s’appelle Claude, qui dans ce contexte, nous écrit régulièrement et bien qu’il sache que nous avons transmis tous ces messages à Stephane Grant.
Stéphane Grant : Absolument, je les ai reçus, vous me les avez transférés pas plus tard qu’hier et je vais lui répondre aujourd’hui.