#2 Alain Finkielkraut sur France Culture : « Inacceptable »

Je vous écris ce soir pour vous interpeller quant à la pertinence de continuer à laisser officier à l’antenne tous les samedis matin M. Finkielkraut, qui s’est, une fois de plus, illustré très récemment par des propos plus que douteux sur une chaine de télévision concernant « l’affaire Duhamel ». Je comprends que la pluralité des points de vue doive s’exprimer sur France Culture, je l’apprécie et c’est tout à votre honneur, mais ce monsieur dépasse les bornes. Même si ses propos et n’ont pas été tenu sur votre antenne, ce n’est pas la première fois, et au bout d’un moment, on ne comprend pas quelles sont les raisons qui motivent la présence, dans un grand média de qualité, d’un personnage qui se comporte de manière aussi irrespectueuse envers un certain nombre de personnes. Sans compter qu’il parasite la tranche 9h-10h du samedi matin depuis des années (j’ai envie d’oser la comparaison avec la moule qui s’accroche à son rocher). Bref, dans un souci de crédibilité et de modernisation de la grille de programme, il serait tout à fait bienvenu de lui trouver un ou une remplaçante, d’autant que votre antenne ne manque pas de (plus jeunes) talents ! 

Sandrine Treiner directrice de France Culture vous répond :

Chères auditrices, chers auditeurs
Suite à la chronique d’Alain Finkielkraut sur LCI dans « 24 H Pujadas » et à la décision de la chaîne de télévision de mettre fin à sa collaboration, de nombreux auditeurs nous interpellent à propos de l’émission Répliques qu’il produit chaque samedi sur France Culture. Des voix se sont exprimées pour demander son éviction de notre antenne, d’autres pour souligner au contraire la nécessité de cette émission de débat d’idées et de culture dans le paysage médiatique français.
Les réponses faites par Alain Finkielkraut à David Pujadas sur l’antenne de LCI soulèvent des questions absolument légitimes. Elles ont été de plus déformées par les réseaux sociaux : la vidéo principale qui a tourné notamment sur Twitter a été découpée de sorte de ne pas intégrer la condamnation absolue, en ouverture de chronique, des agissements d’Olivier Duhamel, et des actes pédo-criminels en général.
Je comprends pleinement les indignations et les incompréhensions que les propos d’Alain Finkielkraut ont suscitées mais ayant visionné avec attention l’intégralité de la séquence, j’ai également entendu l’absence d’ambiguïté dans la condamnation. Il ne m’appartient pas de commenter à sa place son intervention, tenue hors France Culture et qui soulève plusieurs questions difficiles. Je renvoie nos auditeurs à son écoute in extenso. Ils pourront se faire leur avis par eux-mêmes.
Alain Finkielkraut produit Répliques depuis plus de trente ans sur France Culture. Adepte des sujets difficiles, parfois polémiques, mais toujours inscrits dans l’air du temps et discutés dans la société de façon générale, il anime un débat hebdomadaire contradictoire avec des penseurs, des chercheurs, des écrivains. Nombreux sont les auditeurs de Répliques, et beaucoup d’entre eux sont critiques des positions d’Alain Finkielkraut lui-même. C’est le succès de ce rendez-vous que d’être aussi écouté par des personnes qu’il énerve grandement, voire qui désapprouvent la présentation des sujets et le choix de certains invités. A ce titre, Répliques occupe une place très particulière dans l’espace culturel et radiophonique à un moment où, hystérisés par les réseaux sociaux, les sujets ardus peinent à trouver le calme et le temps nécessaire pour permettre à la pensée de s’exprimer, à l’oreille de bien entendre, et à chacun d’élaborer une opinion. Il va de soi que les agissements criminels, les propos passibles de qualification judiciaire ne relèvent pas de l’opinion.
Pour ma part, je m’assure qu’Alain Finkielkraut reste fidèle à la promesse de Répliques : l’engagement d’un débat public exigeant et pluraliste, à l’image de ce que nos auditeurs attendent de toute notre antenne.
Sandrine Treiner, directrice de France Culture

Ce n’est évidemment pas la première fois qu’Alain Finkielkraut se plait à explorer les limites de ce qui peut se dire, en public en tout. Mais n’a-t-il pas, cette fois, dépassé les bornes de l’acceptable ? 14 ans… se figure-t-il ce que c’est d’avoir 14 ans ? L’a-t-il oublié ? Sans doute… Quoi qu’il en soit, et si j’ai globalement plaisir à écouter chaque dimanche ses invités, la question se pose aujourd’hui pour France Culture de le maintenir à l’antenne. Ce qui, vous l’aurez compris, me semble désormais plus possible. Ses propos concernant Olivier Duhamel sont une insulte aux centaines de milliers d’enfants ayant été abusés, et dont je fais partie. Trop, c’est vraiment trop ! Je n’imagine pas que France Culture ne s’exprime pas sur cette « affaire », ne réagisse pas.  

Monsieur A. Finkielkraut, vous étiez pour moi un « phare » de finesse, culture, tolérance, discernement. Votre déclaration est un cataclysme incompréhensible à mes yeux. Une aberration effarante. 

Il y a un problème Finkielkraut pour Radio France. Depuis sa honteuse intervention sur LCI pour défendre un présumé pédophile il n’y a aucune légitimité pour ce personnage à exercer ses « talents » sur le service public. Radio France doit prendre une décision à la hauteur du malaise causé et le mot est un euphémisme. 

Fidèle auditeur de France Culture depuis des années, je cesse d’écouter cette radio aussi longtemps que Monsieur Finkielkraut n’aura pas fait son mea culpa sur ses propos indignes tenus sur une autre antenne à propos de l’affaire Olivier Duhamel. Il n’a pas sa place sur France Culture en l’état. 

Jusqu’à quand allez-vous conserver une émission d’Alain Finkielkraut sur votre antenne ? Ses propos sur « l’affaire Duhamel » sont insupportables. Combien de « dérapages » autorisés avant de supprimer son émission ? La conserver décrédibilise l’ensemble de la chaîne. 

Je suis scandalisé par les propos tenus par l’animateur de l’émission Répliques venant au soutien de Monsieur Olivier Duhamel. Alain Finkielkraut n’a plus sa place sur l’antenne de France Culture. 

Fidèle auditeur de France Culture, je ne comprendrais pas que monsieur Finkielkraut garde sa place sur votre antenne après avoir tenu des propos qui légitiment l’inceste.  

J’ai été très choqué par les propos d’Alain Finkielkraut sur LCI concernant l’ouvrage de Camille Kouchner. J’espère que, comme LCI l’a fait avec raison, celui-ci sera sanctionné, voire congédié de votre antenne. 

Après l’intervention de Mr. Alain Finkielkraut sur LCI à propos L’affaire Olivier Duhamel, intervention moralement inacceptable, je pense sincèrement que ce monsieur n’a plus sa place sur votre antenne. (Répliques). Ses propos ne relèvent pas d’une simple opinion mais sont une justification impardonnable du crime de pédophilie et d’inceste. J’espère que la direction de France Culture, dont je suis un fidèle auditeur, en tirera les inévitables conséquences. 

L’intervention de Mr. Finkielkraut concernant l’affaire DUHAMEL sur la chaîne LCI (inceste et pédophilie) sont choquants. Bien que n’étant pas diffusés sur France Culture, ces commentaires portent atteinte à l’image de France Culture puisque Mr. Finkielkraut anime depuis plus de trente ans une émission sur cette chaîne : « Répliques ». Peut-on accepter que ce membre de l’Académie Française considère la possibilité que des relations sexuelles sur mineur de moins de 15 ans puissent faire l’objet d’un consentement de ce dernier, comme il l’a clairement dit sur LCI? Le ton, certes plus policé de son émission sur France Culture, ne doit ici pas induire en erreur. En tant qu’auditeur de France Culture, je considère qu’il y a préjudice à l’image de la chaîne de radio et qu’il conviendrait d’envisager la mise à la retraite de Mr. Finkielkraut: on ne peut à la fois se donner en spectacle sur les plateaux de télévision avec des propos scandaleux et utiliser la radio du service public pour donner le change et entretenir une image de respectabilité aux frais du contribuable.

Bonjour, comment justifiez-vous de maintenir à l’antenne de l’émission d’Alain Finkielkraut (qui n’en est pas à son premier « dérapage »…) après ses propos tenus sur LCI sur l’affaire Duhamel ? 

Auditrice très régulière de France Culture, j’ai pu suivre des débats passionnants sur cette radio concernant l’affaire Duhamel, avec des avis contradictoires et intéressants, qui font réfléchir et posent la question de la prescriptibilité de cette affaire, de la remise en cause de la présomption d’innocence, etc etc notamment dans l’émission signes des temps de dimanche dernier. Je n’étais pas forcément d’accord avec tous les intervenants, mais ce débat respectueux et ces échanges d’idées ont permis de nourrir ma réflexion, et c’est ce que je cherche en écoutant votre radio : des débats pertinents et qui prennent le temps. Je sais bien que l’émission les Répliques par Alain Finkielkraut n’est absolument pas sur le même schéma qu’une émission comme LCI et que le présentateur ne s’exprime pas sur les mêmes sujets que sur cette chaine d’information en continu. En 2019, lors de son intervention polémique sur le viol, j’avais écouté avec intérêt votre explication quant au fait de poursuivre son émission sur France Culture. Néanmoins, devant la réitération de propos choquants comme ceux qu’il a tenu récemment sur LCI, j’ai l’impression que le bénéfice du doute ne peut plus être permis quant à ses prises de positions. Il ne s’agit pas de propos hors de leur contexte. Il s’agit de propos impossibles à entendre, à accepter et qui choquent profondément. Est-il possible de conserver sur votre chaine de radio un présentateur qui tient des propos pareils ? Lui permettre d’avoir une émission à son nom, n’est-ce pas quelque part lui donner une crédibilité qu’il ne mérite plus ?
Je n’ai, sincèrement, jamais écouté son émission Les Répliques. Mais je suis profondément choquée à l’idée que France Culture continue à lui laisser la possibilité de s’exprimer.
Je pense que ses propos, qui bien que tenus en dehors de votre antenne restent les siens, sont inadmissibles, et ne peuvent en aucun cas être passés sous silence ni excusés.
Auditrice quotidienne mais discrète, n’ai jamais ressenti la nécessité de vous écrire auparavant. Néanmoins, je le fais aujourd’hui car ces propos m’ont profondément choqué.