#24 Langue française

Parmi tous les chroniqueurs (euses) ou présentateurs (trices) qui terminent leurs entretiens par la phrase « merci d’avoir été notre invité », combien ont réfléchi à ce que ça veut dire exactement cette petite phrase? Ne veulent-ils pas plutôt dire « Merci d’avoir accepté notre invitation »? 

« C’est compliquééee… » Combien de fois par jour entendons-nous cette expression sur les ondes de Radio France ? Tout semble vraiment très compliqué pour les journalistes votre maison. Si l’on ajoute à cela leur tic de langage enfantin consistant à redoubler le sujet (« Le président, il a dit »)…

Votre journaliste qui parlait de l’Algérie a utilisé le mot autisme pour qualifier l’absence de réaction quant aux revendications des médias locaux. Cela m’a fait penser à François Fillon qui avait dit  » je ne suis pas autiste » pour exprimer le fait qu’il n’était pas sourd !!!! L’autisme est une maladie pour laquelle il n’y a pas de volonté propre à l’être ! Merci de tenir compte de mon ressenti. 

La journaliste a fait une belle boulette. Elle parle d’une personne électrocutée, encore en vie. Soit on est électrisé et encore en vie, soit électrocuté et c’est terminé !

Électriser et électrocuter par l’Office québécois de la langue française

Dans la langue générale, le verbe électrocuter a le sens de « tuer (qqn) par une décharge électrique » et, au passif ou à la forme pronominale, être électrocuté ou s’électrocuter signifient « avoir reçu ou recevoir accidentellement une décharge électrique causant des blessures ou la mort ». Ces deux acceptions sont répertoriées dans bon nombre de dictionnaires, mais on en trouve encore quelques-uns, même récents, qui ne consignent que le premier de ces deux sens, soit «  tuer par l’électricité », notamment un condamné à la peine de mort. 
Dans un contexte plus spécialisé, on rencontre parfois le verbe électriser, lui aussi le plus souvent sous la forme être électrisé ou s’électriser, pour signifier « avoir reçu ou recevoir accidentellement une décharge électrique », mais il n’est employé que pour les cas où la victime survit. Ceux qui recourent à ce verbe le font par opposition à électrocuter, qu’ils réservent aux victimes qui ne survivent pas. 
En résumé, dans la langue générale, électriser semble superflu dans la mesure où électrocuter peut s’employer à propos de personnes ayant reçu une décharge électrique, qu’elles en meurent ou pas. À cela s’ajoute le fait que les dictionnaires généraux n’enregistrent pas électriser dans ce sens, il y figure comme terme technique au sens de « communiquer à (un corps) des charges électriques », par exemple, électriser une clôture de barbelésélectriser un bâton de verredes particules électrisées, ou dans un emploi figuré comme électriser la fouleun auditoire. 

Votre invité, académicien, dit « une nation pour LEquel… » et ce à plusieurs reprises. Je dois dire que cela me choque. Si vous le pouvez passer lui le message. Merci, à part cela, j’apprécie beaucoup vos émissions. Bonne journée. 

Je suis plus que scandalisée de ces mots anglais qui envahissent notre langue la langue française est en perte totale d’existence au détriment de nos ancêtres le franglais est omni présent. C’est une véritable perte d’autonomie puisque l’anglais remplace le français. 

Je vous écoute quotidiennement histoire de m’informer de l’avancée de notre monde… Dans votre journal, premier titre : « 11 hommes à abattre » pour du foot… Quelle que soit l’importance de ce sujet, le choix de ces mots me semble disproportionné et malvenu au vu de toutes les violences dans lequel notre monde patauge, reléguant les crises politiques (Afrique, Israël, Colombie, France…), sociales (harcèlement, féminicides, gilets jaunes, écologie, police, justice…) et j’en passe… à une normalité inéluctable.  Le choix des mots, sur LA radio nationale… on n’est pas dans la rue ou sur les terrasses où les « je vais le tuer » et autres sont malheureusement de plus en plus monnaie courante… Voilà pour ça ! Sinon encore merci pour le reste des contenus et leur présentation !

Je trouve, parmi les messages que vous avez reçus à propos du bon usage (de la langue française), celui d’une auditrice qui déplore qu’un journaliste ait dit « les yeux grand t’ouvert » qui s’écrit, d’après elle, « les yeux grands ouverts ». Je souhaite donc rappeler que « grand » est ici un adverbe, donc un élément qui ne s’accorde pas. Ainsi, on peut écrire, par exemple, les fenêtres grandes ouvertes ». En revanche, l’accord de « grand » comme un adjectif (« les fenêtres grandes ouvertes ») est aujourd’hui parfaitement admis et donc l’orthographe proposée par l’auditrice est tout à fait exacte elle aussi, mais non pas exclusive… Le journaliste était donc plutôt un expert de l’orthographe. Bien à vous. 

J’aimerai beaucoup savoir qui a gagné ce matin le concours, qui a le plus clairement répété, inlassablement répété… : « clairement  » « clairement  » « clairement  » ?

J’ai entendu votre journaliste prononcer la phrase suivante : « Khaled Drareni dénonce sans relâche un pouvoir autiste. » Je ne suis pas journaliste. Je vous prie donc de bien vouloir m’excuser si j’ai commis une erreur dans le nom ou l’orthographe des journalistes cités. Utiliser ce mot « autiste » dans un sens péjoratif ne peut que nuire à une population qui subit préjugés et stigmatisation. La langue française est suffisamment riche. Il est possible d’utiliser d’autres expressions pour satisfaire les idéaux que vous défendez (le respect de la liberté de la presse) comme les nôtres (le respect de la dignité humaine). Bien à vous.

Pourriez-vous sensibiliser vos journalistes à l’emploi abusif de certains anglicismes tel que celui de « dispatcher », qui est employé à tour de bras… Je vise par exemple les chroniques sur l’EURO 2021 ce vendredi 11 juin où ce terme a été largement utilisé. Ce n’est pas la première fois que j’entends vos journalistes être incapables d’utiliser des termes de « répartir », « distribuer »… Merci de votre attention.

Dans des reportages où il est question de couples humains, les termes « la femme de… » sont quelques fois prononcés alors que l’on ne dit pas « l’homme de… ». Cette forme du lexique peut, ou même devrait, être ressentie comme inégalitaire car c’est le mot « mari » qui est, en l’occurrence, le terme associé au mot « femme ».   Encourager la prise de conscience et la modification cette habitude de langage en cessant de dire « la femme de… » serait cohérent avec les notions d’égalités en général et avec notre époque. D’autres termes existent. 

Titulaire d’un certificat de linguistique générale complétant une maitrise de langue vivante en 1971, je m’étonne que des journalistes sur les chaines de Radio France confondent presque systématiquement les voyelles O longue (ouverte) et O courte (fermée). Merci de rappeler aux journalistes que le O ouvert se prononce en début de mot surtout quand il est suivi de 2 consonnes. 

Vous devriez compter le nombre de fois où vos journalistes régionaux ont utilisé le mot « clairement » dans le cours de leurs interventions à l’antenne ! Quelle pauvreté d’expression, plus les choses sont troubles, plus les intervenants usent et abusent d’adverbes hors de propos. C’est révélateur de la médiocrité de la pensée politique/médiatique actuelle. Seul ce qui se conçoit bien s’énonce « clairement » !

De plus en plus, vos journalistes (mais aussi leurs invités) s’affranchissent de la règle d’accord du participe passé avec le complément d’objet direct placé avant le verbe (ex. : la nouvelle que nous avons apprise…), ce qui est particulièrement désagréable à l’oreille dans de nombreux cas : pourriez-vous leur rappeler cette règle de base ou, s’ils l’ignorent, leur donner une courte formation sur le sujet. Avec mes remerciements anticipés.

Dans les journaux vous parlez systématiquement de « dégazage », il faut plutôt employer le terme de « déballastage ». Car un commandant de bateau volant faire un dégazage en mer tout ce qui risque d’arriver c’est de faire sauter le bateau ! Cette opération se fait dans un port avec des équipements spécifiques. 

Je viens d’écouter le journal et dans un des titres annonçant un reportage sur une campagne de sensibilisation à la vaccination dans les quartiers populaires de région parisienne, la journaliste a dit « dans les quartiers difficiles ». Pourquoi ? Pourquoi utiliser (systématiquement, sans même le réaliser) cet adjectif dépréciateur (péjoratif ?), a fortiori pour un sujet qui n’évoquait même pas les « difficultés » de ces quartiers ? L’intervenant interviewé dans ledit sujet a d’ailleurs lui-même parlé de « quartier populaire ». Ces termes dévalorisants, utilisés régulièrement et sans raison, finissent par former une petite musique délétère, qui nuit grandement à la perception des zones défavorisées, et n’arrangent rien aux tensions sociales qui traversent ce pays.

Dans le corrigé de la Dictée Géante de samedi je lis, comme j’ai entendu à l’antenne, que « eût été » serait du subjonctif imparfait. Ne serait-ce pas plutôt du conditionnel passé deuxième forme ?