Les auditeurs réagissent à l’annonce du départ de Charles Sapin de France Inter :

Bravo aux équipes de Radio France pour leur mobilisation courageuse à défendre les valeurs républicaines. On ne défend pas la liberté d’expression avec des gens qui n’ont de cesse que de la combattre et qui attaquent le service public matin, midi et soir.

Par ce message, je souhaite exprimer ma satisfaction de voir Charles Sapin quitter France Inter. Je tiens à féliciter vivement et chaleureusement les syndicats et les journalistes de Radio France, qui se sont opposés à l’arrivée de cette personne, et qui ont tenu bon, en défendant ainsi les idées républicaines et l’honneur d’une radio de service public.

J’ai lu dans la presse que l’éditorial et la venue du numéro 2 du magazine « Valeurs actuelles » sur l’antenne de France Inter sont annulés. Bravo.
Je suis satisfaite pour les équipes de France Inter, que leur lutte ait donné de l’écho à cette programmation indigne et que la direction ait reculé.
Ce n’est pas comme s’il n’y avait aucune diversité sur les antennes de France Inter : il y a de la diversité dans les invités, les opinions, les sujets traités, les journalistes, etc.
J’écoute davantage France Culture depuis plusieurs années ; il n’empêche que j’ai été une fidèle de France Inter.
Pourquoi aller chercher un directeur adjoint de Valeurs actuelles ? On peut sérieusement se poser la question. C’est terrible comme symbole.
Il y a toute une flopée de journalistes marqués à droite qui auraient rempli ce souhait de pluralisme de la nouvelle directrice. C’est un mauvais calcul.
Soutien au service public et aux équipes de France Inter.

Fidèle auditeur de France Inter depuis une trentaine d’années, j’ai décidé aujourd’hui de cesser d’écouter cette station qui demeure pourtant, à mes yeux, l’un des symboles de l’excellence radiophonique française.
La Matinale, “Le Téléphone sonne”, “Le Masque et la Plume” : autant d’émissions qui ont accompagné et continué de rythmer mes journées pendant des années.
J’avais déjà profondément désapprouvé les deux journées de grève organisées contre l’arrivée de Charles Sapin. Mais les communiqués victorieux publiés après son départ franchissent, pour moi, une limite supplémentaire.
On peut contester les opinions d’un journaliste, les discuter, les combattre par l’argumentation. On peut aussi choisir de ne pas les partager. Mais se réjouir collectivement d’avoir obtenu son éviction de l’antenne me paraît difficilement conciliable avec l’idée que je me fais du pluralisme, a fortiori sur une radio de service public.
C’est donc avec un véritable regret qu’après une trentaine d’années de fidélité, je cesse aujourd’hui de vous écouter. En dépit de l’immense qualité de France Inter et de l’attachement que je lui porte, continuer comme si cet épisode était anodin reviendrait, à mes yeux, à cautionner un ostracisme que je désapprouve profondément.
Je vous souhaite sincèrement une belle continuation — et, peut-être, à l’avenir, davantage d’ouverture à ceux qui ne pensent pas exactement comme vous.

J’allais vous écrire au sujet de l’édito de Charles Sapin sur France Inter et la nouvelle qu’il ne sera plus sur les ondes est tombée. J’en suis satisfaite, mais quel gâchis. Personnellement, quelque chose s’est cassé. J’ai du mal à tourner le bouton sans sentir de l’amertume.
J’ai l’impression d’avoir été graduellement abandonnée par ma radio de toujours, je ne la reconnais plus. En voulant se courber devant des forces de plus en plus autoritaires et réactionnaires, France Inter se transforme et malheureusement petit à petit abandonne ses auditeurs fidèles qui vont se détacher d’elle, et à la fin, elle va les perdre.

Je souhaite adresser mes félicitations et mon soutien aux salariés de Radio France qui se sont mobilisés ces dernières semaines, ainsi qu’aux nombreux auditeurs qui ont fait entendre leur voix.
Le résultat est désormais clair : Charles Sapin se retire de France Inter. Après la décision de la direction de supprimer son éditorial hebdomadaire, il a lui-même annoncé qu’il ne poursuivrait pas ses interventions sur la station.
Je veux donc saluer celles et ceux qui ont défendu leur conception du service public et qui, par leur mobilisation, ont contribué à ce que cette situation soit finalement reconsidérée.
Un homme politique, situé très à droite sur l’échiquier politique, affirme que « Radio France est aux mains de LFI ». Permettez-moi de reprendre ses propres propos pour poser une question simple : « où sont les éléments permettant d’affirmer que Radio France serait « aux mains de LFI » ?
Des salariés se sont mobilisés. Des syndicats se sont mobilisés. Des auditeurs ont exprimé leur désaccord. Cela ne transforme ni les uns ni les autres en militants de LFI.
Une mobilisation de salariés et d’auditeurs n’est pas, par définition, une opération organisée par un parti politique.
Et je tiens à le préciser très clairement : je ne défends pas LFI.
Je défends le service public de Radio France, son indépendance, son pluralisme et le droit de ses salariés comme de ses auditeurs à exprimer leur désaccord.
Il est donc assez révélateur que certains commentateurs semblent avoir besoin de voir la main d’un parti dès lors qu’une décision éditoriale ne leur convient pas.
Il faut également rappeler pourquoi la présence de Charles Sapin a suscité cette mobilisation.
S’il avait travaillé au Figaro, son profil éditorial aurait probablement été beaucoup moins problématique dans le cadre d’une rédaction privée évoluant dans un autre environnement éditorial.
Mais France Inter est une antenne du service public.
Et Charles Sapin était alors directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, publication dont l’histoire éditoriale et judiciaire n’est pas anodine.
Parmi les affaires judiciaires et controverses documentées concernant Valeurs actuelles, on retrouve notamment la publication d’un faux sondage attribué à Ipsos, une affaire concernant l’atteinte au secret des sources de journalistes du Monde, l’affaire de la Marianne voilée ayant donné lieu à une condamnation pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, des poursuites et condamnations liées à des publications visant les Roms, l’affaire concernant Danièle Obono ayant donné lieu à des condamnations pour injure publique à caractère raciste, ainsi qu’une condamnation pour diffamation concernant Mathieu Klein.
Ces affaires ne signifient évidemment pas que toute personne travaillant ou ayant travaillé à Valeurs actuelles serait personnellement responsable de ces faits.
Mais elles permettent de comprendre pourquoi le choix d’installer comme éditorialiste régulier sur France Inter un responsable de sa rédaction pouvait légitimement susciter des interrogations et une mobilisation.
Il ne s’agissait donc pas de refuser une opinion de droite ou conservatrice sur le service public. Il s’agissait de discuter du choix d’un profil éditorial particulier, dans un format régulier et identifié, sur une antenne publique.
Je me réjouis donc du retrait de Charles Sapin de France Inter.
Mais je refuse de présenter cet épisode comme une quelconque « victoire de LFI ».
C’est d’abord la conséquence d’une mobilisation collective de salariés, de syndicats et d’auditeurs de Radio France, attachés à leur service public et à leur conception du pluralisme.
Les auditeurs fidèles de Radio France ont eux aussi leur mot à dire. Ils ne sont ni les représentants d’un parti ni les instruments d’une quelconque stratégie politique : ce sont des citoyens qui écoutent, soutiennent et défendent un service public auquel ils sont attachés.
Alors, à ceux qui parlent de « prise de contrôle de Radio France par LFI », je réponds simplement : regardez plutôt les faits.
Des salariés se sont mobilisés, des syndicats se sont mobilisés, des auditeurs ont protesté, la direction a finalement retiré l’éditorial et Charles Sapin a annoncé son départ de France Inter.
C’est cela que je souhaite saluer.
Merci aux salariés qui se sont mobilisés, merci aux auditeurs qui ont fait entendre leur voix et merci à celles et ceux qui continuent de défendre un service public radiophonique pluraliste, indépendant et exigeant.

Je suis auditeur de France Inter depuis toujours. Mes parents écoutaient France Inter. Je suis choqué de la réaction des équipes de France Inter à la suite de l’affaire Charles Sapin. Je n’ai aucune sympathie particulière pour lui, je ne le connais pas vraiment. Mais cette histoire porte un grave préjudice à cette radio, qui doit être capable de faire parler toutes les voix. Il ne faudra pas vous plaindre si, la situation politique évoluant, le service public devait en subir les conséquences.

Je tiens à remercier l’intersyndicale des journalistes de France Inter et de Radio France pour ses revendications et je partage avec elle le constat suivant : « Qu’il ait fallu deux jours de grève pour que cette publication [Valeurs actuelles, NDLR], multi condamnée pour racisme, ne soit plus associée à l’antenne de France Inter. » J’estime avec eux que « cette affaire a fait beaucoup de mal à Radio France ».
Mon soutien est total aux syndicats et aux représentants du personnel. Ma position concernant cette affaire, je la partage entièrement avec eux. C’est pourquoi, en tant qu’auditrice, je me suis déclarée en grève d’antenne et j’avais totalement interrompu l’écoute assidue de la grille de la radio via l’application Radio France.
Je reprends mon écoute et le suivi de mes émissions préférées, qui sont nombreuses, car j’apprécie la qualité de votre grille, tant sur France Inter que sur France Culture et France Musique.
Une auditrice indignée !

Je viens d’entendre la confirmation du départ de votre antenne de M. Sapin et je m’en réjouis.
Un journaliste de Valeurs actuelles n’avait rien à faire dans le « service public » (expression qui doit avoir encore tout son sens) et la mobilisation des journalistes a porté ses fruits. Radio France doit rester ce phare dans la nuit qui s’annonce chaque jour un peu plus !

Je suis un gros consommateur des programmes de France Inter, essentiellement en différé sous forme de podcasts. Je vous écoute dès que j’ai un instant et j’apprécie la variété des programmes.
Je n’ai hélas pas été surpris de la grève visant à rejeter l’arrivée de Charles Sapin. J’avoue ne pas connaître ce journaliste, mais cette réaction m’a paru exagérée et trop automatique. Charles Sapin et Valeurs actuelles sont deux choses différentes. Il ne l’était d’ailleurs pas lors du choix de lui proposer une chronique. Pourquoi faire l’amalgame ? Pourquoi également lui faire un procès d’intention plutôt que de lui laisser une chance ? Les deux chroniques que j’ai pu entendre me semblaient tout à fait acceptables sur les ondes de France Inter. Cette réaction me paraît contre-productive en ce qu’elle donne des arguments aux ennemis du service public et parce qu’elle appauvrit les points de vue exprimés sur votre antenne. C’est bien dommage.

Merci à la mobilisation des salariés de Radio France, à ses auditeurs. Le départ de Charles Sapin ne doit pas fermer la porte du pluralisme, une personne de droite marquée oui, des symboles non.
Ce n’est une victoire pour personne, mais c’est un soulagement : je vais pouvoir réécouter France Inter.

Je suis très heureux que Charles Sapin n’ait plus d’édito régulier sur France Inter. Il indique, sur X, avoir refusé une séquence de débat qui lui aurait été proposée par France Inter en contrepartie. Il est vrai que lire un édito sans contradicteur, c’est moins contraignant qu’une discussion argumentée. Refus de combat, en quelque sorte. Je voudrais juste lui dire que ce n’est pas « une minorité radicalisée » comme il l’indique dans son message sur X, mais sûrement la grande majorité des auditeurs de France Inter qui se réjouit de le voir quitter l’antenne. J’ai bien compris les arguments que Céline Pigalle a confiés récemment à Emmanuelle Daviet sur la nécessité qu’elle a de faire front aux attaques des ennemis et des contempteurs de Radio France sur le thème du pluralisme. C’est ce qui l’a conduite à leur ouvrir une petite porte avec, sans aucun doute, beaucoup de circonspection, dans l’objectif de protéger notre indispensable service public. Sa tâche est rude, mais préserver France Inter en y faisant entrer ses ennemis est une stratégie hautement inflammable, à la pérennité discutable.

Auditeur assidu de France Inter depuis des années, j’ai décidé de me cantonner désormais à France Culture, FIP et Franceinfo. Votre décision de refuser un journaliste (que je ne connaissais pas) parce qu’il écrit dans un journal (que je n’ai jamais lu) me semble être un manque flagrant de pluralisme. Inquiet de ne plus être correctement informé sur France Inter, en raison d’un choix éditorial engagé, contraire à mes principes, je quitte votre station à regret.

Je suis ravie que Charles Sapin quitte Inter. J’avais soutenu la grève. Ce monsieur n’était pas prêt à débattre, bien dommage ! Et après, qu’on ne me parle pas d’atteinte au pluralisme. Surtout, ne lâchez rien face à ces extrémistes, aucune concession admise. Merci.

Je suis satisfait que Valeurs actuelles n’ait pas sa tribune sur Radio France, grâce aux protestations de ses professionnels et au large soutien des auditeurs. Il y avait un biais dans cette ambition compréhensible d’« écouter nos différences ».
Par contre, je comprends, sur le principe, la décision de Charles Sapin de refuser le débat contradictoire dans sa chronique ; c’est ainsi que les choses se sont apparemment passées. Une chronique permet de développer des idées, pas un débat, que vous appelez aussi duel… c’est dire.

France Inter, merci ! J’apprends par le journal de 15h que Charles Sapin s’en va. Vous avez refait ma journée ! Je suis fier, en ce samedi 19 septembre, d’écouter « Face à l’Histoire » sur une radio qui a su résister dans une période plus tendue que jamais dans l’histoire de notre pays. Merci !

Auditeur de Radio France et en particulier de France Inter depuis 35 ans, je suis atterré par l’éviction de Charles Sapin sous la pression des syndicats.
Quels arguments ai-je encore pour défendre la station auprès de mes amis de droite lorsque même moi je ne supporte pas de voir ma station préférée sous la coupe d’une gauche sectaire et antidémocratique ? Je suis triste… À bon entendeur !