Plusieurs auditeurs interpellent Radio France sur la manière de présenter la météo en période de sécheresse. Ils jugent déplacées les formules positives associées au soleil comme “bonne nouvelle” ou “beau temps” alors que la pluie est attendue et que la sécheresse affecte fortement les cultures, les arbres, les animaux et les ressources en eau.

La terre est sèche comme jamais, les plantes sont assoiffées, la faune et la flore sont en grand danger faute de pluie et, malgré ce constat alarmant, dès que la pluie arrive enfin, les bulletins météo font état d’un « risque » de pluie, d’un temps qui « se dégrade » ou d’un « beau temps qui revient » après des pluies largement insuffisantes. Que l’on mette en garde les auditeurs face à des tempêtes ou des inondations, d’accord. Mais, de grâce, que les collaborateurs de Météo-France et les journalistes ne nous donnent pas l’impression d’être des citadins en souliers vernis ou en talons aiguilles, totalement insensibles à notre terre nourricière !

Est-ce que l’on vit sur la même planète ? Est-ce qu’on peut autant se réjouir d’annoncer du soleil et des températures élevées alors que l’on a vécu le pire été depuis longtemps ? C’est profondément insultant, c’est un crachat à la figure de ceux qui ont tant souffert et qui souffrent encore de la sécheresse. Gardez votre sourire — le sourire, ça s’entend à la radio — pour l’annonce du retour de la pluie sur toute la France, afin de retrouver enfin des conditions météo acceptables.

J’ai entendu ce matin votre présentatrice météo dire qu’après “quelques pluies passagères, la situation devrait s’arranger” ! Excusez-moi, mais ce n’est plus supportable d’entendre cela : non, une situation ne s’arrange pas quand il ne pleut pas ! Sur le terrain, la sécheresse est une catastrophe. Merci de ne plus utiliser ce genre d’expression !!!

Lors du point météo de ce matin du 22 septembre, la journaliste a plaisanté en affirmant qu’il n’y aurait « pas de jaloux aujourd’hui » puisque le pays est tout entier ensoleillé. Après quatre mois de canicules, 8 000 morts, 25 000 hectares incendiés et des sapeurs-pompiers épuisés qui appellent à la grève générale, je ne suis pas sûr que le ton utilisé, et plus généralement le traitement de la météo par Franceinfo, soit celui qu’attendent les auditeurs d’une radio de service public. Pourquoi faire mine d’ignorer la crise climatique dans laquelle nous nous trouvons ? Je trouve ce déni extrêmement dommageable.

Bulletin météo sur France Inter le 18 septembre : le présentateur affirme : « Le soleil est là et c’est une bonne nouvelle. » Mais c’est insupportable, ce déni : la sécheresse frappe, mais vous semblez vivre dans un monde parallèle à Paris : NON, LE SOLEIL N’EST PAS UNE BONNE NOUVELLE. Nous attendons la pluie, les arbres se dessèchent et meurent. Votre déni est insupportable.

Serait-il possible que les journalistes de Radio France cessent de s’enthousiasmer : « Bonne nouvelle, il fait beau ce week-end » ? Votre présentateur ne semble pas l’avoir remarqué, mais nous vivons une sécheresse absolument historique. Je suppose qu’à la Maison de la Radio, tant qu’il y a de l’eau au robinet, tout va bien, mais dans le monde extérieur, des milliers de bêtes sont abattues faute de fourrage, des champs entiers sont desséchés, des maraîchers se demandent juste comment survivre — et personne n’a la moindre idée de la manière de gérer ce problème. C’est peut-être bien de ne pas être trop éco-anxieux (j’ai des doutes), mais qu’un journaliste soit à ce point coupé du réel est effrayant.

La présentatrice météo n’a toujours pas compris que le soleil n’est pas “généreux”. Il signifie la mort de la végétation et de la faune sauvage, le risque de manque d’eau en Bretagne, etc. Attention à faire une présentation neutre.