Les auditeurs reprochent un traitement trop centré sur les violences survenues lors des manifestations.

Pendant de longues années, j’ai eu plaisir à allumer ma radio chaque matin sur France Inter, mais avec le temps, je me pose beaucoup de questions et je suis un peu déçu…
Je vais être franc avec vous. Je suis conscient que l’actualité n’est pas gaie depuis plusieurs années, mais là, la matinale me plombe le moral chaque matin. Je souhaite réagir aujourd’hui car, depuis les émeutes, vous ne parlez que de violence et vous faites constamment de la publicité pour LFI et le RN. Avez-vous oublié les autres candidats ? Ou même toutes les revendications positives des manifestants… De quel côté êtes-vous ? Vous souhaitez défendre les choses positives de la vie ? Ou nous plonger dans les abîmes de la société ?
Parfois, je rigolais bien avec les humoristes de France Inter, mais leur humour est toujours lié à la politique et vous prenez trop le parti de la gauche sans voir toutes les réalités.
Mon cœur est à gauche et la liberté d’expression est importante pour moi. Quand on se moque de la droite, il faut aussi savoir se moquer de la gauche… Pour l’actualité, il faut aussi mettre les choses positives en avant. Il y a déjà assez de négatif en ces périodes difficiles… Il faut être juste.
Voilà, les choses sont dites…
Je doute que cela change un jour, mais au moins vous avez des pistes.
Merci à toute l’équipe pour ces bons moments passés avec vous, mais pour mon moral, votre auditeur va peut-être juste écouter Zoom Zoom Zen en fonction du thème et peut-être faire une petite pause…

Fidèle auditeur des émissions du service public, j’ai pour habitude d’écouter vos émissions du matin comme nombre de Français. Attaché au service public de l’information, je m’interroge ces derniers jours sur le traitement du mouvement lycéen, étudiant et des journées de mobilisation. J’entends que les violences et les dégradations doivent être traitées mais depuis hier jusqu’à ce matin, vous ne parlez exclusivement que de ça. J’aurai souhaité que vous mettiez également en avant la mobilisation citoyenne, les profils des manifestants, leurs attentes, leurs espoirs. Et pourtant, un silence assourdissant de ce côté-là ? 500 000 personnes dans la rue contre la vie chère, ça parle, ça dit des choses, qu’attendez-vous pour leur donner la parole ? Je suis extrêmement déçu par la ligne éditoriale que vous adoptez dans la roue des autres médias privés, j’aurai cru à moins de partialité de votre côté. Ancien auditeur de France Inter, de France Culture, si je ne puis plus me tourner vers France Info, que dois-je faire ? 

Je me pose une question : pourquoi le traitement de l’information autour des manifestations se concentre-t-elle sur les violences, policières comme celle des casseurs (violences qui sont minoritaires au regard des centaines de milliers de manifestants qui l’ont fait de manière pacifique), plutôt que sur les revendications et le débat constructif? 
J’ai l’impression que ce sensationnalisme fait le jeu de l’extrême droite en installant un climat de peur et d’opposition radicale entre manifestants et force de l’ordre. 

Je suis triste d’allumer notre Radio France avec amertume depuis le mois d’octobre. De ce fait la radio est éteinte. En effet le traitement des informations sur les mobilisations des lycéennes et lycéens par Radio France (surtout France info et France Inter), a très vite été phagocyté au profit des scènes de pillages et violences. Sur ce dernier point, je déplore la répétition de la description des désarrois bien compréhensibles des commerçants. Car dans le même temps sur les journées de lundi et mardi, les témoignages des lycéens sur les violences ou encore de la part des étudiants n’ont pas fait l’objet du même traitement. La retransmission de la communication des ministres sur le terrain (ministre du commerce et Premier ministre) le lundi et mardi a été menée comme du journalisme embarqué, opération de communication politique, Les interviews des ministres ont été quasi absents, et je n’ai pas entendu de question avec contrepoint de la part des journalistes. En Bretagne par exemple, des lycéens et étudiants (école d’ingénieurs Ensat à Lannion notamment) portent les mêmes revendications et s’organisent avec l’idée d’une convergence des luttes. Cela est peu traité dans le cadre de Radio France. Je regrette ne pas entendre de témoignages de celles et ceux qui pillent ou détruisent. Livrer non-stop des titres et plateaux sur les violences, les émeutes, les pillages, les destructions, sans reportage en contrepoint, vers les personnes ayant profité ou agi, créé un malaise de plus. Pourtant, les pillages sont filmés, passent en boucle, avec des personnes souvent jeunes qui ne sont pas si difficiles à approcher puisque filmées. Ce traitement dans une unique forme n’est plus de l’information. Merci de bien vouloir corriger les choses.

Mon épouse et moi écoutons quasi quotidiennement les informations de votre radio. Nous avons été scandalisés par le biais évident dans le traitement des manifestations. Toute l’antenne a été monopolisée au profit des émeutes, des actions violentes en marge des manifestations. Pas un mot, ou alors nous n’avons pas été là au bon moment, sur le fond : l’étude des revendications, leur mise en perspective, l’analyse du malaise étudiant et son objectivation par un travail de recherche, des chiffres, etc. Lors d’une émission alors même qu’une invitée essayait de revenir sur ce terrain, le journaliste l’a ramené immédiatement sur le terrain des violences.. 
Nous en avons été profondément attristés. Tout pour la violence, les débats sans fin sur l’origine des émeutiers – et sans aucun travail de recherche, de confrontations de données objectives. 
Il faut les faits, en allant chercher et en confrontant des témoignages, des données chiffrées et contextualisées. 
Rien de tout çà ici. Du buzz médiatique, pathétique et insalubre. 
Notre démocratie bat de l’aile, les violences de toute sorte s’amplifient, la haine empuantie à nouveau les esprits. 
Et malheureusement nous ne pouvons que constater que votre antenne participe à ce mouvement, à alimenter les crispations et les réactions passionnées. Tout pour le buzz, plus rien – ou si peu – pour la pensée humaniste. 
Triste.

Je précise être auditeur régulier de franceinfo et de l’information de service public. Je suis cependant déçu du manque de recul et d’analyse critique des journalistes de votre chaîne. Que le gouvernement axe toute sa communication sur la sécurité, l’ordre et les dégradations, soit. Mais votre rôle de journalistes me semble être de prendre du recul face à cette stratégie : où sont les réponses aux revendications ? Où est votre analyse de l’interdiction anticonstitutionnelle du droit de manifester, ou de la séparation de l’exécutif et de la justice ? En part de temps d’antenne, ces analyses sont presque inexistantes.

Je suis auditrice de franceinfo depuis plus de vingt ans. Je m’informe le matin en me préparant, le soir en faisant la cuisine. J’ai toujours trouvé le traitement de l’information qualitative et relativement bien investigué. 
Je suis en train de remettre en question mes habitudes en raison de la manière incompréhensible dont la radio, comme les autres médias, traite le mouvement social. Nous n’entendons jamais de questions de fond ! Comment est-il possible qu’aucun journaliste ne se soit intéressé en profondeur aux questions d’éducation et n’ait été capable de mener une émission de fond, uniquement de fond, sur les revendications des lycéens (et des enseignants, qui sont très proches) ? Dès que j’allume la radio, c’est « la manifestation est-elle réussie selon vous ? », « que penser des casseurs » ? , « comment s’en sortent les commerçants ? » . Idem pour le 17/10 : rien sur le fond ! Depuis plus d’un mois qu’a commencé le mouvement lycéen, à une échelle jamais connue auparavant, qu’attendez-vous pour vous emparer de ce qui est la véritable arme contre le RN ? Car en faisant comme les autres, vous l’aidez grandement. En comparaison avec la couverture non-stop de la visite du pape, qui m’avait laissée tout aussi perplexe… 

Je suis navrée d’écouter les analyses après les événements de samedi dernier. 
Peut on parler des vrais enjeux sociaux et de l’éducation en France et pas de la minorité de pilleurs, qui se sont mis en avant par leurs actes malheureusement choquants ?
Peut-on aborder les sujets plus complexes et intéressants qui ont amené les manifestants dans la rue et pas ceux les pilleurs, qui, comme on le sait, n’ont pas beaucoup de revendications constructives ? Merci d’avance pour orienter vos débats avec des perspectives plus larges. 

Encore ce dimanche, le journaliste dit « retour sur ces manifestations qui ont dégénéré »!! 
NON les manifestations se sont passées dans le calme. J’y participais à Paris par exemple. 
Ce ne sont pas les manifestations qui ont dégénéré, ce sont des des individus extérieurs aux manifestations qui ont détruit et pillé des lieux publics et magasins! 
S’il vous plait, soyez un minimum précis dans votre façon de traiter l’information !