Plusieurs auditeurs dénoncent un traitement éditorial jugé complaisant à l’égard des forces de l’ordre sur les antennes.

Je suis professeur dans le secondaire et je suis atterré de votre couverture des blocages de lycées. Vous ne parlez presque pas des revendications — ô combien légitimes — de nos élèves. Vous ne parlez presque que des violences de la part des bloqueurs mais pratiquement jamais de celles commises par les policiers. Vous vous contentez d’énoncer brièvement les saisines de l’IGPN. Vous parlez longtemps du policier tabassé à Belfort mais jamais des accusations selon lesquelles il aurait maintenu l’adolescent sous l’eau. Vous évoquez des interpellations ou des face-à-face « musclés » entre des lycéens et policiers.
Des lycéens à l’hôpital, faisant des crises d’asthme, plusieurs ayant perdu des dents ou un œil à la suite de tirs policiers. Des enfants traumatisés par la brutalité de la police qui – rappelons-le – est censée les protéger. J’ai honte de n’entendre presque qu’une seule version de l’histoire.
Pendant toute la semaine, des policiers ont tabassé des enfants qui souhaitaient de meilleures conditions d’étude. On ne les a presque jamais entendus.

Je vous précise tout d’abord que je ne suis ni une lycéenne ni une mère de lycéen.
J’ai suivi depuis 48 h votre couverture des protestations lycéennes et des débordements associés, et il apparaît que vous manquez à la fois aux exigences d’exhaustivité et d’objectivité de votre radio et de votre chaîne d’information. En effet, des chiffres sont donnés sur le nombre de policiers blessés, mais aucun chiffre sur les lycéens blessés, alors que de nombreux cas sont documentés de façon fiable et que l’IGPN a déjà ouvert trois enquêtes à la demande du Défenseur des droits.
Votre information est donc partielle, ayant pour conséquence d’assimiler les lycéens et les casseurs — certains sont les mêmes, mais beaucoup ne le sont pas. En faisant cela, vous prenez parti contre les revendications des lycéens, alors que vous devez faire preuve d’objectivité dans le rapport et l’analyse des faits.
Je pense que vous avez les moyens humains et techniques de réunir des données sur les victimes lycéennes, ce qui intéressera également vos auditeurs.
Je vous demande donc en tant que citoyenne et auditrice de faire évoluer votre traitement de cette actualité.

Le traitement de l’information concernant le mouvement lycéen est extrêmement déséquilibré. Rien n’est dit, ou presque, sur les violences policières pourtant inouïes qui ont eu lieu : trois éborgnés par tirs tendus de LBD, lycéens battus lors de gardes à vue par ailleurs abusives, voiture de police qui, à Troyes, fonce sur les lycéens pour les gazer, insultes racistes, misogynes et homophobes systématiques ; rien de tout cela n’est dit. En revanche, les propos lénifiants et trompeurs des ministres, autant qu’on voudra.

Bravo pour l’objectivité de vos informations de ce 13h… tout sur les attaques condamnables des jeunes… mais rien sur ceux qui ont perdu un œil ou la moitié de la mâchoire… tout cela sur des mineurs… bravo !

Je suis à l’écoute du journal de 19h et suis un peu (beaucoup) surpris par ce que j’entends à propos des manifestations des lycéens.
Certes, il y a des débordements du côté des lycéens, mais aucun mot sur la violence des forces de l’ordre, sur l’abus de la force, disproportionnée face à des adolescents de 15 ans et qui sont pacifiques dans la plupart des cas ! Mais quelle est la ligne à suivre pour France Inter ??? Nous persuader que ce sont les lycéens qui saccagent le pays ? C’est pour justifier le comportement des CRS et leur violence dont personne ne parle ?!!
Les titres semblent s’éloigner de la réalité vécue ! C’est regrettable.

J’ai écouté votre antenne hier soir (02/10), entre 21h et 22h. J’ai été très surpris de la ligne éditoriale pour traiter le sujet du blocus des lycées. L’accent était essentiellement mis sur les violences des jeunes, je ne dis pas manifestants volontairement. Les deux lycéens qui ont été interrogés l’ont été à charge. La violence policière n’a pas été mentionnée.
Vous êtes le service public, j’attendais de votre part que les deux points de vue soient mis en avant de façon équitable et équilibrée.
J’ai un fils de 15 ans et j’ai enseigné pendant plusieurs années en banlieue parisienne, je ne vois donc cette actualité qu’à travers le prisme des médias.
Enfin, afin d’appuyer ce que je dis, ce matin sur mes réseaux, on me propose le visionnage d’un reportage intitulé « Colère des lycéens : la violence hors de contrôle ? ».

Je tiens à vous faire part de mon profond désaccord avec le traitement de l’actualité des mobilisations lycéennes dans votre journal de 13h mais également depuis plusieurs jours…
Votre journal n’a relaté que les actes violents commis par certains jeunes à l’encontre d’une femme à Marseille et d’un policier. Certes, ces actes sont répréhensibles et méritent d’être signalés. Mais pas un seul mot sur les revendications des lycéens et des enseignants. Pas un seul mot sur les violences policières, alors que des centaines de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux témoignent pourtant d’usage de la force excessif y compris envers des mineurs.
Cette présentation unilatérale donne l’impression d’un amalgame entre quelques casseurs et l’ensemble des lycéens mobilisés, et occulte le sens même de leur mouvement. Je suis un auditeur fidèle et j’attends de la part du service public une couverture équilibrée et contradictoire de l’actualité. Ce traitement unilatéral m’a profondément déçu.
Merci de votre attention et vous prie de croire, malgré tout, en mon attachement à votre antenne, mais pour combien de temps encore…

Je suis scandalisée du traitement médiatique du mouvement lycéen que vous proposez. Vous ne traitez ce mouvement que sous l’angle des violences lycéennes et vous n’évoquez quasiment jamais les revendications des lycéens. D’ailleurs, vous ne daignez pas leur donner la parole. Surtout, pratiquement aucun écho n’est accordé aux violences policières et à l’usage démesuré de la force de policiers armés comme s’ils allaient sur le front. Aucune remarque sur le décalage des forces entre des mineurs et des policiers suréquipés ; cette disproportion, cette démesure et la violence de la réplique policière ont été dénoncées par le Syndicat de la magistrature. Pratiquement aucune information sur vos antennes concernant des jeunes, des mineurs, gravement blessés, éborgnés ou défigurés par les forces de l’ordre.

Je n’ai pas le temps de réagir à chaque fois que j’entends des infos incomplètes.
Mais là, je prends deux minutes pour vous faire remarquer que le mouvement des lycéens mérite plus d’équité dans le traitement d’informations.
Ainsi, vous ne pouvez pas dire au journal les faits graves commis par des jeunes et ne pas mettre dans la balance le comportement des policiers, ni oublier le jeune de 15 ans qui vient de perdre un œil sous le tir d’un « flash-ball » !? Ou laisser dire aux ministres des discours de déni, de mépris vis-à-vis des revendications pourtant légitimes !!
C’est simple et concret : la plupart des familles de France subissent les conséquences délétères dans les établissements scolaires, surcharges des classes, surnombres, surchauffe et durée des journées beaucoup trop longues, sans oublier l’entonnoir de Parcoursup… !!!
Les conséquences sur nos équilibres de vie sont trop importantes et durent depuis trop longtemps, décennie après décennie. Eh bien, c’est le moment d’écouter les revendications légitimes, de les faire entendre et d’obtenir des réponses concrètes…. Comment travaille France Inter !?