#18 Edito – La constance de l’actualité

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Situation en Colombie 

Attentifs à l’actualité internationale, les auditeurs nous écrivent depuis mardi pour faire part de la situation en Colombie et s’étonnent de ne pas en entendre parler sur les antennes de Radio France : 

« Je vous suis tous les jours à la radio, et vous fais confiance pour y entendre l’essentiel de l’actualité, en étant consciente que vous êtes obligés de faire un tri dans les infos. Mais nous sommes plusieurs à recevoir par d’autres sources d’informations (réseaux sociaux, journal Le Monde, etc.…) des infos importantes et terribles de ce qui se passe en ce moment en Colombie, les manifestations, la répression, les morts… Pourquoi est-ce que je n’entends pas un mot de tout cela sur votre antenne ? » 

« Pourquoi ne pas parler de ce qui se passe en Colombie ? Ce n’est pas ou si peu présent dans les médias en France, c’est fou ce qui se passe là-bas. J’ai un ami Colombien qui y vit et me dit que la dictature montre son vrai visage, qu’il est témoin d’atrocités et que la population pacifiste est menacée, réprimée. Il m’écrit que seule la pression internationale peut changer les choses. S’il vous plaît, faites un sujet et même plus, tellement d’auditeurs tiennent compte de l’actu que vous mettez en lumière. » 

« Savez-vous qu’en Colombie, l’armée est en train de tirer sur des manifestants ? Si oui, je n’en ai pas entendu parler sur votre antenne. »  

« Je suis colombienne. Je vous écris parce que la situation en Colombie est très compliquée et il nous faut de l’aide internationale. Le président a décidé de militariser le pays et ça devient de pire en pire, parce qu’ils ont le droit d’utiliser des armes contre le peuple. Chaque jour il y a de plus en plus de morts et on a tous peur, j’ai peur pour ma famille et mes amis. Beaucoup de journalistes travaillent indépendamment sur les réseaux sociaux et parfois ils sont menacés, voir tués. Nous avons besoin de l’aide pour faire circuler l’information et faire connaître ce qui est en train d’arriver en Colombie. On a besoin de votre soutien ! »  

« Dans notre pays, la Colombie, la situation est dramatique et nous ne savons plus quoi faire. Chaque jour, la violation de Droits de l’Homme s’aggrave. Nous sommes impuissants face à cette situation où le gouvernement a décidé d’attaquer son propre peuple et de nous envoyer les forces de l’ordre pour tuer les manifestants. Je me tourne vers vous avec l’espoir de montrer cette situation au monde. Nous avons besoin que le monde sache ce qui se passe en Colombie, nous avons besoin de journalistes comme vous qui sont engagés pour montrer la vérité. Nous avons peur de perdre le peu de preuves que nous collectons chaque jour lors de manifestations pacifiques où la police nous attaque. Nous sommes sincèrement désespérés. Si vous pouviez faire un espace dans votre chaîne pour parler de ce qui se passe dans notre pays, nous serions éternellement reconnaissants. »  

Les faits 

La Colombie est entrée mercredi dans sa deuxième semaine de manifestations contre le gouvernement de droite du président Ivan Duque. Plusieurs milliers de personnes, syndicalistes, étudiants et d’autres secteurs, sont descendues dans les rues de plusieurs grandes villes pour réclamer une amélioration des politiques de santé, d’éducation, de sécurité et dénoncer les abus des forces de l’ordre.  
Les violences ont fait au moins 24 morts et quelque 850 blessés, selon des sources officielles. Mais des ONG locales ont annoncé des chiffres plus élevés, notamment Temblores avec 37 morts. De son côté, Reporters sans frontières a déploré 76 agressions contre des journalistes, dont 10 ont été blessés par les forces de l’ordre.  
La vague contestataire, qui a débuté le 28 avril, s’est initialement levée contre un projet de réforme fiscale qui, selon ses critiques, aurait affecté la classe moyenne et était inopportun en pleine pandémie de Covid-19.  

Afin d’apporter un éclairage aux auditeurs sur le traitement éditorial de la crise colombienne, Cyril Sauvageot, rédacteur en chef de la rédaction internationale leur répond :  

« Nous avons sans doute tardé à prendre la mesure du mouvement en Colombie, raison pour laquelle peu d’éléments ont été diffusés jusqu’ici dans les journaux. Plusieurs raisons à cela.  
D’abord, le mot d’ordre initial portait sur la contestation d’une réforme fiscale assez peu lisible de l’extérieur. Or depuis, le mouvement s’est amplifié, pour devenir une mobilisation de grande ampleur contre le gouvernement de droite, avec à la clé un plus grand retentissement international.  
Ensuite, l’actualité latino-américaine a été en grande partie occupée ces dernières semaines par la crise du Covid, particulièrement au Brésil où la situation reste dramatique.  
Mais nous nous efforçons de trouver la place dans les journaux pour se faire l’écho de ces manifestations, et nous allons continuer à le faire car le mouvement s’installe dans la durée. Des reportages de notre correspondante en Colombie ont d’ailleurs été diffusés hier (jeudi 6 mai), dans Les Matins de France Culture (journal de 7h30), et hier soir France Inter (journal de 19h). La chronique de Jean-Marc Four sur Franceinfo, « Un monde d’avance », y était également consacrée ce jeudi. 
Sachez que France Culture invitera un spécialiste Colombie ce soir dans son journal de 22h. 
Et de nouveaux éléments de reportage sont prévus pour lundi matin, au moins sur France Inter et France Culture avec la correspondante sur place Marie-Eve Detoeuf. Nous allons par ailleurs assurer le suivi ce week-end avec notre journaliste de permanence à Paris, selon l’évolution du mouvement. » 

Dans sa réponse aux auditeurs, Cyril Sauvageot évoque la situation dramatique du Brésil. Ce pays a enregistré sur une journée 73 380 cas confirmés de contamination au coronavirus, selon les informations communiquées hier par le ministère de la Santé, ce qui porte le nombre total d’infections dans le pays à plus de 15 millions depuis le début de l’épidémie. Par ailleurs, 2 550 décès supplémentaires liés au COVID-19 ont été recensés en vingt-quatre heures, pour un bilan qui s’établit désormais à 416 949 morts. 

Pour mettre fin à cette pandémie, le gouvernement américain soutient la levée provisoire des brevets sur les vaccins contre le Covid-19. Cette annonce a suscité de l’intérêt à travers le monde mais certains comme les Européens envisagent plutôt de discuter d’une telle mesure que de l’appuyer, tandis que l’industrie pharmaceutique freine des quatre fers.  

Le virus en Inde 

La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala a salué ce choix des Etats-Unis. Elle a dans le même temps encouragé l’Inde et l’Afrique du Sud, à l’origine de cette proposition destinée à accélérer la production et la distribution des vaccins, à rapidement présenter un texte révisé, plus acceptable par tous.

L’Inde, précisément, enregistrait hier 3 980 morts et 412 262 contaminations supplémentaires, avec un bilan total, que les experts jugent largement sous-évalué, de plus de 230 000 morts et 21 millions de cas.   

Au sujet des chiffres tels qu’ils sont donnés dans les journaux de Radio France, les auditeurs continuent à nous signaler que le manque de mise en perspective de ces données brutes, en provenance d’Inde, fausse l’information et engendre des inexactitudes: 

« Si je compte bien, l’Inde a à peu près 20 fois plus d’habitants que la France. La France compte, hélas et à ce jour, à peu près 300 morts du Covid par jour. A situation Identique, l’Inde en compterait 6000 par jour ; ils en comptent aujourd’hui 3000. Vos journalistes nous rabâchent la gravité de la situation de l’Inde alors qu’ils font de toute évidence mieux que nous. Ne sait-on pas faire une règle de trois à Radio France ou bien l’information serait-elle dictée par des intérêts qui se moquent des faits et aussi des Français. Je ne suis pas complotiste mais je ne vous comprends pas. » 

« Lorsque vous diffusez des données chiffrées sur la pandémie, pourriez-vous rapporter les nombres de contaminations journalières ou le nombre de morts à la population du pays ? L’Inde est un pays qui compte 1,3 milliard d’habitants. Pour un niveau de circulation du virus équivalent à celui de la France, il est bien « normal » que le nombre de nouveaux cas quotidiens soit considérablement plus élevé que ce qu’il est en France. Les journalistes doivent savoir interpréter les chiffres au-delà des données brutes. »   
 
« Vous dramatisez la situation en Inde avec des « records » de contamination… 400 000 cas aujourd’hui… Mais ils sont 1,3 milliards soient 20 fois plus que les Français. 400 000 cas chez eux c’est équivalent à 20 000 cas chez nous ! Vous dites l’épidémie est hors de contrôle en Inde… Que faut-il dire pour la France ? Cela fait 3 mois qu’on est au-dessus des 20 000 cas par jour ! Peut-être que la progression est spectaculaire en Inde, peut-être qu’elle se concentre dans quelques endroits ? Mais je n’ai pas entendu ces précisions alors que je vous écoute régulièrement… Il faut absolument que vous mettiez les chiffres en perspective ! Sur ce cas-là on peut facilement vous accusez d’exagérer… Dans quel but ? Difficultés avec les mathématiques, recherche du sensationnel, du record ? » 

Le pass sanitaire 

À deux semaines de la prochaine étape du déconfinement, la situation épidémique s’améliore en France, mais les hôpitaux restent surchargés de malades du Covid-19 et des experts sanitaires s’inquiètent toujours d’une réouverture prématurée. 

Les députés en commission ont donné un premier feu vert à l’instauration d’un « pass sanitaire » pour l’accès à des rassemblements de plus de 1 000 personnes, malgré de vives réticences chez certains élus.   
Emmanuel Macron l’avait annoncé, le 29 avril, dans un entretien à la presse régionale. Ce pass viendrait compléter le « pass sanitaire » exigé au niveau européen pour les déplacements à l’étranger.  

Le projet gouvernemental n’est pas le décrié « passeport vaccinal”. Il prévoit que l’accès aux établissements, lieux ou événements réunissant plus de 1 000 personnes dépendra de la présentation du résultat d’un examen de dépistage virologique négatif au Covid-19, d’un justificatif de vaccination ou attestant du rétablissement de la personne à la suite d’une contamination.  
Pour le ministre de la Santé Olivier Véran, un tel dispositif vise à éviter l’apparition de foyers de contamination et « correspond à une démarche qu’on voit émerger dans de nombreux pays ».  

Ce pass sanitaire suscite un véritable débat éthique, de la défiance, beaucoup d’interrogations et certaines confusions probablement à cause d’un manque d’informations, comme en témoignent les courriels des auditeurs : 

« Ce pass « sanitaire » est un scandale, alors même qu’il est très difficile de se faire vacciner !  C’est extrêmement injuste notamment pour les plus jeunes d’entre nous. » 

« Le pass sanitaire est un moyen de pression sournois, insidieux, pour que les réfractaires finissent par se vacciner. (…) cela provoque aussi une forme de stigmatisation vis à vis de ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, car ils apparaissent alors aux yeux d’autrui comme des citoyens irresponsables, des pestiférés qui n’ont plus de droit de cité. » 

« Vaccinés, nous pouvons néanmoins être infectés par le Covid.  Les vaccins empêchent surtout de développer une forme grave de la maladie, mais pas de transmettre ce dernier (…) Par conséquent, avec le pass sanitaire, nous pourrions accéder aux évènements culturels, voyager…, vaccinés, en étant malades mais en pouvant véhiculer et surtout transmettre le virus.  
Alors à quoi sert ce pass, puisque même vaccinés nous pouvons quand même transmettre le virus, si malades et éventuellement asymptomatiques ?  
Je tiens à préciser que je ne suis pas contre la vaccination (j’attends mon tour, tout juste 50 ans).  
Merci aux équipes de journalistes de France Inter pour votre formidable travail. » 

« L’obligation du pass exclurait ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner (pour cause d’allergie, etc.) et ceux qui ne veulent pas se faire vacciner par prudence. »  
 
« Le pass sanitaire n’est pas essentiel et dangereux pour la liberté. Je ne veux pas me faire vacciner car nous avons que trop peu de recul sur les vaccins. Suis-je condamné à rester chez moi toute ma vie ? » 

« Entendez-vous l’éco ? »

Depuis le début du mois d’avril, les auditeurs de France Culture nous écrivent, nombreux au sujet de l’émission de Tiphaine de Rocquigny « Entendez-vous l’éco ? » diffusée du lundi au vendredi de 14h à 15h.

« Depuis quelques semaines, les diffusions d’Entendez-vous l’éco ont subitement pris fin : était-ce prévu ? Les émissions vont-elles reprendre ? J’espère pouvoir vite retrouver mon rendez-vous quotidien avec cette émission riche, variée, stimulante et passionnante. Merci à toute l’équipe de France Culture pour la qualité de son travail. »  

« Pourquoi cette disparition ? Comment y remédier ? »  

« Rendez-nous notre émission Entendez-vous l’Eco !!!!!! Inadmissible et insupportable cette suppression ! »  

« Avez-vous supprimé cette émission ? Si oui : pourquoi ? J’étais un inconditionnel ! » 

« Vous nous manquez… quand l’émission va-t-elle reprendre ? » 

« Cette émission était l’une des meilleures de France Culture avec la retransmission des cours du Collège de France et Terre à Terre. J’ignore pour quelles raisons elle s’est arrêtée, mais quel dommage, je regrette son absence. Reviendra-t-elle un jour ? Tiphaine de Rocquigny était remarquable. »   

Notions, pensées, auteurs, débats d’actualité, Entendez-vous l’éco ? est très appréciée par les auditeurs car elle propose de faire découvrir toutes les facettes de l’économie et son influence sur la société : table-ronde d’actualité le lundi, un grand entretien sur une thématique précise du mardi au jeudi et un grand débat avec deux experts sur une grande problématique de science économique le vendredi. Chaque semaine, Catherine André et Aude Martin d’Alternatives Economiques viennent également présenter leur chronique d’actualité. 

Depuis lundi 3 mai, les auditeurs auront sûrement constater le retour d’« Entendez-vous l’éco ? » suspendue pendant un mois en raison de la crise sanitaire. 


Thomas Piketty dans le « Débat éco »

Maîtriser les concepts économiques favorise le décryptage des grands enjeux qui traversent notre société et permet à chacun de structurer sa réflexion pour analyser les événements, comprendre les points de vue, les choix des décideurs et les courants de pensée qui influencent des chercheurs. 

Pour toutes ces raisons, à la rentrée 2020, les auditeurs de France Inter avaient accueilli sans réserve la nouvelle programmation du « Débat éco » entre l’économiste Thomas Piketty et le journaliste Dominique Seux chaque vendredi à 7h46 sur France Inter. 
Aux éloges reçus à l’occasion de la mise en place de ce nouveau rendez-vous : « C’est une très bonne idée d’avoir réintroduit le débat économique du vendredi » ont rapidement succédé des critiques sur la forme de cet échange. Ces dernières semaines, nous recevons en nombre conséquent des courriels unanimes dont nous livrons ici un échantillon :  

« L’idée était bonne mais la mise en œuvre conduit à une cacophonie insupportable. » 

« Je suis de plus en plus exaspérée par votre pseudo-débatteur Piketty (…) Totalement égocentré, il monopolise le temps de parole pour débiter 100 mots à la seconde, ce qui donne un galimatias totalement inaudible et incompréhensible (il se fiche d’ailleurs totalement d’être compris ou non, ce qui lui importe est d’être « entendu »). » 

« Pouvez-vous obtenir de Thomas Piketty qu’il n’interrompe pas son interlocuteur ?
Les problèmes économiques sont complexes, France Inter doit aider les auditeurs à se faire leur propre opinion et évidemment pour cela offrir un tableau compréhensible de la réalité » 

« Pourriez-vous suggérer à Thomas Piketty de prendre des cours de diction et de surtout chercher à en dire moins pour mieux le dire ? Sachez que j’ai pris l’habitude d’éteindre la radio pendant les quelques minutes de la prestation tant le débat contradictoire avec Dominique Seux est devenu inaudible. » 

« J’écoute le débat éco entre Dominique Seux et Thomas Piketty, et comme chaque semaine j’ai une pensée pour Bernard Maris, qu’est-ce qu’il nous manque. C’est réellement pénible d’écouter les vociférations de Thomas Piketty qui desservent sa cause et défendent si mal ses idées. A quand des échanges apaisés et constructifs ?!! » 

« Merci à vous de bien vouloir relayer mon appel auprès de Thomas Piketty, en lui expliquant que ma démarche n’est certainement pas celle du censeur mais de celui qui reconnaissant la qualité intrinsèque de l’intervenant l’invite à changer pour rendre lisible son message. » 

« Il y en a plus qu’assez d’entendre cette personne le vendredi dans un « débat » où il est le seul à parler, sans jamais laisser la parole à son partenaire. Qu’on lui confie un éditorial, si on le juge pertinent. Mais qu’on arrête de l’inviter à dialoguer : il est d’une impolitesse absolue, non maîtrisable par qui que ce soit. » 

« Thomas Piketty ne sait pas débattre. Il tente en permanence d’accaparer la parole, et rabâche en permanence sa détestation des riches. L’impôt est son seul sujet et c’est fatigant. » 

« Vous avez sans nul doute, des compétences et des connaissances dont nous pouvons profiter. Mais le non-respect mutuel du temps de parole dédié et l’insupportable cacophonie que cela entraîne annulent totalement votre propos. Le brouhaha provoqué par vos interactions permanentes rend votre discours incompréhensible. Là, je suis incapable de dire de quoi vous avez parlé, quel dommage ! » 

« Je me permets de vous poster, pour la première fois, un avis sur l’un de vos programmes, la matinale de France Inter du vendredi matin « Débat Seux – Piketty ». Le problème de ce débat est la présence de Th. Piketty. Face à un D. Seux, posé, calme, pédagogue, empathique, compétent, rigoureux, etc., France Inter lui « impose » un économiste agressif, impoli et obsessionnel. Que France Inter cherche à opposer les idées « libérales » de D. Seux, aux idées « social démocrate » de la gauche française : c’est parfait ! Mais SVP, optimisez le casting avec un économiste de « gauche » (RIP Bernard Maris) qui puisse prendre de la hauteur et débattre intelligemment avec notre D Seux parfois désemparé devant la mauvaise foi de Piketty et bien trop politisé. Bon courage pour trouver cet oiseau rare ! Chez Alternatives Économiques ?… Merci par avance de prendre soin de vos auditeurs qui souhaitent approfondir des sujets hors idéologies « fermées » (Piketty) mais ouvertes, innovantes et tolérantes.  Merci à D. Seux de sa patience et compétence (je suis Social Démocrate !) » 

Lorsqu’on participe à un débat, la plus exigeante et indispensable des politesses consiste à écouter l’argumentation de son interlocuteur avant de lui apporter la contradiction. Qui plus est en radio où l’attention et l’intérêt de l’auditeur passent impérativement par la qualité d’écoute offerte par le débat. Le respect de l’Autre, de l’interlocuteur et de l’auditeur, est une règle stricte et intangible. Ce principe radiophonique élémentaire, souvent négligé par Thomas Piketty, suscite chaque semaine des courriers d’auditeurs exaspérés. 

« Ça nous marque » 

Faire de l’histoire économique, raconter la saga des marques à forte valeur patrimoniale, c’est le concept de la chronique « Ça nous marque » sur Franceinfo. Chaque samedi, Olivier de Lagarde reçoit un chef d’entreprise à la tête d’une marque emblématique connue par tous. Décrire l’évolution d’une marque au fil des décennies, c’est souvent plonger dans l’histoire de notre pays et comprendre comment une entreprise a su s’adapter, traverser les crises et répondre aux attentes des consommateurs. Au sujet de cette chronique, des auditeurs s’interrogent : 

« Permettez-moi d’être très étonné qu’une radio du service public offre une telle tribune à une entreprise. La séquence sur l’histoire de la marque, qui semble justifier cette émission, occupe un temps d’antenne négligeable par rapport à la présentation des nouvelles activités business. »  

Un autre auditeur considère qu’il s’agit d’un « porte-voix publicitaire » et une auditrice observe que seuls des directeurs de grandes entreprises sont interviewés en ajoutant : « Si encore la chronique s’attachait à parler des petites marques (il s’en crée tous les jours) qui font le choix de fabriquer en France, en défendant le respect de certaines valeurs sociales, écologiques et solidaires ».
Demain sur Franceinfo dans le rendez-vous de la médiatrice, Olivier de Lagarde répondra aux remarques des auditeurs. Rendez-vous à 11h51. 

La région « Sud » ? 

Depuis l’annonce dimanche par Jean Castex d’une liste commune entre le parti présidentiel La République en marche (LaRem) et les Républicains pour les élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), la formation de droite est plongée dans la crise, le Premier ministre évoquant même « un exemple de la recomposition politique » en France.  
Tout au long de la semaine, les rédactions ont suivi les multiples rebondissements de cette actualité politique. Le traitement éditorial a suscité des réactions quant à l’usage fautif de la région « Sud » : 

« Je voudrais signaler aux journalistes qui parlent de la région « Sud » qu’il s’agit toujours de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur administrativement, la dénomination « Sud » n’étant qu’une appellation marketing imaginée par l’actuel président de région Renaud Muselier pour éviter l’acronyme Paca. » 

« Votre journaliste ne connaît manifestement pas les nouvelles régions de France. Non la région PACA n’est pas devenue la région « Sud » même si Renaud Muselier voudrait nous le faire croire et nous inonde de placards publicitaires payés avec l’argent du contribuable et vantant toutes ses actions en faveur de la région PACA. » 

« Jusqu’à preuve du contraire, les sites gouvernementaux ne mentionnent aucune région « Sud » et notre région s’appelle toujours Paca, sauf dans les rêves de M. Muselier. » 

Ce vendredi 7 mai, dans la matinale de Franceinfo,  Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, a déclaré qu’elle présenterait une liste aux élections régionales du mois prochain en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), après le trouble semé par son alliance avec le président sortant de la région Les Républicains (LR), Renaud Muselier.  « Je suis candidate et la majorité présidentielle sera représentée au premier tour », a-t-elle affirmé sur Franceinfo  « Ça ne changera plus. »  

« Handicapé n’est pas mon métier » 

Mercredi, en tant que secrétaire d’Etat chargée du handicap, Sophie Cluzel présentait « Alternance par DuoDay », un événement numérique, prévu le 27 mai, pour favoriser le recrutement, dans les PME ou la fonction publique, de personnes handicapées en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Il s’agit d’inciter les recruteurs à découvrir de « nouveaux talents », et d’inviter les candidats “à oser mentionner leur handicap sur leur CV », et à affirmer que « le handicap n’empêche pas la compétence ».  

C’était le sujet du « Téléphone sonne », mercredi 5 mai, intitulé « Handicapé n’est pas mon métier » où Fabienne Sintès a donné la parole à Laetitia Bernard, journaliste à la direction des sports de Radio France.  

Aveugle de naissance, Laetitia est championne de sauts d’obstacle de handisport et publie cette semaine « Ma vie est un sport d’équipe » aux éditions Stock. Elle témoigne de son expérience de journaliste sportive et de championne de France en sauts d’obstacle handisport. Surtout, elle relate comment, aveugle de naissance, elle a appris à affronter les obstacles constitués par son handicap. En France, 12 millions de personnes vivent avec un handicap. Une situation qui pénalise l’insertion dans le monde du travail, en dépit des efforts menés pour favoriser l’inclusivité. 

Cette émission a réellement touché les auditeurs : 

« Merci ! Quelle bouffée d’oxygène ce Téléphone Sonne. Beau témoignage de vie. J’ose espérer qu’il y aura encore des sujets « hors covid » de cette qualité. Il y avait un bon moment que je n’avais pas écouté jusqu’au bout l’émission. » 

« Je suis un “radiovore”, dans le sens où la radio m’accompagne tous les jours. Et je suis ému de savoir qu’une voix hautement radiophonique (Laetitia) a une autre dimension que je ne connaissais pas. Merci pour cette approche du handicap qui m’oblige à approcher le monde de façon plus complexe et sensible. Merci à vous et à Laetitia. » 

« Mon fils est au collège, sa prof de français est non voyante, elle est en permanence accompagnée d’une assistante. J’avoue n’avoir jamais imaginé qu’une personne aveugle puisse faire ce métier, je suis très admirative de sa force par rapport aux épreuves qu’elle a dû surmonter pour y arriver (probablement travailler plus dur, et toujours y croire). » 

Coup de cœur des auditeurs 

« “Oscar de la diversité » : retour sur la représentation du handicap au cinéma et dans la pop culture » est le coup de cœur des auditeurs cette semaine, il s’agit de la chronique de Frédérick Sigrist : 

« Ceci est un simple remerciement. Merci Monsieur Sigrist, de reconnaître et de parler si clairement et sans pathos de ce que doivent vivre les personnes qui essaient de vivre une vie avec leurs handicaps. J’ai beaucoup apprécié votre billet ! » 

« Bravo à Frédérick Sigrist pour sa chronique sur les handicapés, super héros au cinéma. Moi-même fille d’une mère mal voyante et belle-mère d’une petite fille souffrant de troubles moteur je peux attester combien est juste sa conclusion qui m’est allée droit au cœur. Merci à lui ! » 

« Je suis enseignante dans un petit collège de l’Yonne et j’envisage de faire écouter cette chronique à mes élèves pour aborder la question du handicap. Question sur laquelle les collégiens d’aujourd’hui posent pour la majorité d’entre eux un regard bienveillant mais parfois maladroit. » 

La radio célèbre son centenaire 

La radio fait partie de notre patrimoine, de notre histoire, de notre quotidien. A la fin du mois de mai, la radio fête ses 100 ans et à cette occasion vous pouvez nous écrire pour témoigner de ce que ce média représente pour vous, dans votre vie de tous les jours, quel moment de radio vous a marqué, ému ou bouleversé au cours de votre existence. Gardez-vous un souvenir particulier ? Que vous soyez auditeurs de France Inter, Franceinfo, France Bleu, France Culture, France Musique, FIP ou Mouv’  dites-nous quel lien singulier vous cultivez avec votre station, quelles sont vos habitudes radiophoniques. Nous vous lirons avec un réel plaisir.  

Des messages seront publiés sur le site de la médiatrice, en étant anonymisés, afin de les partager avec toute la communauté des auditeurs de Radio France, les journalistes, les producteurs, les réalisateurs, les techniciens et l’ensemble des collaborateurs de la Maison de la radio et de la musique. Une adresse pour nous écrire votre témoignage :  https://mediateur.radiofrance.com/mediateur/

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Emmanuelle Daviet  
Médiatrice des antennes de Radio France ​​​​​​​