#22 L’édito de la médiatrice

​​​​​​​Mise en ondes 

Les 100 ans de la radio  

Incontestable source de souvenirs, la célébration du centenaire de la radio a suscité cette semaine encore de très nombreux messages. Ils témoignent avec force du lien intime que chacun entretient avec ce média si singulier qui traverse avec agilité et humilité toutes les époques. Cet attachement s’ancre souvent dès l’enfance. Une écoute quotidienne, familiale et rassurante qui imprime le temps, comme l’horloge discrète de nos existences :  
« 1970 : une odeur de Blédine, celle des crêpes qui frémissent dans la poêle ; une fin de journée d’hiver. Assis sur les 1ères marches de l’escalier qui montait à nos chambres, j’initie Éric, mon frère, à faire des bulles avec un Malabar. Maman monte le son de la radio c’est le générique de Radioscopie ; Jacques Chancel je stoppe toute activité j’aime la musique de son générique ; je suis captivée par le son de sa voix ; j’ai 5 ans ; je mange une crêpe au sucre, je bois un bol de Blédine, et ce générique deviendra 40 ans plus tard la sonnerie de mon téléphone. Merci Monsieur Chancel ! » 

« La radio me tient compagnie toute la journée… je l’ai découverte quand, opérée de l’appendicite à 10 ans, ma mère m’a apporté un petit poste radio pour me divertir et grâce auquel j’ai découvert la voix d’Eve Ruggieri qui me racontait l’histoire… je n’ai pas décroché depuis ! » 

« La nuit du 20 au 21 Août 1968 j’ai écouté la radio qui annonçait l’invasion de Prague par les Russes Nous remontions de nuit de Montélimar vers la région parisienne et toute la nuit nous avons écouté cet épisode historique. » 

« Merci pour cette célébration qui nous permet de retrouver ces chères voix qui nous ont accompagnées tout au long de nos vies. Ce matin, Ivan Levaï à la revue de presse, Eve Ruggieri, Pierre Dac, Claude Villiers… J’attends L’Oreille en Coin avec Jean Amadou et Kriss, des Papous dans la tête (sur France Culture), Radioscopie de Jacques Chancel, Le Tribunal des Flagrants Délires avec Pierre Desproges et tant d’autres… Je me souviens d’un jeune chroniqueur moto, Nicolas Hulot… Il y avait ces voix bien sûr mais aussi ces metteurs en ondes dont nous n’avons jamais entendu les voix mais dont les noms demeurent… Merci à tous ! » 

« Un grand merci pour cette journée. Presque 34 ans que les voix de France Inter rythme une grande partie de mes journées. Depuis bébé en passant par l’adolescence avec les trajets pour aller à l’école et maintenant sur mon exploitation agricole pour m’aider à faire pousser de beaux fruits et légumes. Toutes ces magnifiques voix font partie de ma vie, quelques jours sans et un véritable manque se crée. Avec à chaque voix une heure de la journée. Ça s’appelle la France Inter dépendance, une dose de voix et ça repart. » 

« Aujourd’hui, juste avant d’arriver au travail, j’ai entendu la voix d’Ivan Levaï. Je l’ai reconnue instantanément, et d’innombrables souvenirs sont remontés à ma mémoire… Quelques heures plus tard, sortant du travail, j’ai allumé la radio, et entendu Jean-Luc Hees. Je l’ai reconnue à la première syllabe, et toute ma jeunesse est réapparue dans ces quelques syllabes. La voix, les voix, ce sont les musiques de ma mémoire. Je suis incapable de reconnaître un humain quand je le croise, mais je reconnais une voix de ma jeunesse… » 

« À l’occasion de son émission sur les voix de radio, je voulais témoigner de la façon dont les voix radiophoniques nous ont portés pendant le premier confinement. Alors que le monde s’effondrait, que tout allait fermer, les écoles, les magasins, le travail en suspens… Il est resté la radio. Je me souviens de mon émotion à entendre encore la voix de Fabienne Sintes nous raccrocher au monde, à la normalité, et elle partageant le même étonnement, le même doute, la même inquiétude. Un immense merci à elle et aux autres, nous sommes nombreux je crois à faire comme une famille autour du poste de radio. » 

Des dizaines de messages de souvenirs d’auditeurs, d’archives sont à lire et à retrouver dans cette Lettre. 

Les élections régionales et départementales 

A moins de trois semaines des élections régionales et départementales, les auditeurs demandent instamment de ne pas transformer cette période politique en pré-campagne présidentielle : 

« Je souhaite vous faire part de mon agacement (le mot est faible), concernant la manière dont les journalistes abordent le sujet des élections régionales à venir.   
En fait, ils ne le traitent pas, puisqu’on ne nous parle que de la future élection présidentielle. Celle-ci n’aura lieu que dans un an, alors que les départementales et les régionales auront lieu dans 3 semaines. Il serait intéressant que votre radio fasse preuve de pédagogie en expliquant le rôle des régions et les enjeux de cette élection. Cela aiderait peut-être à lutter contre l’abstention. Je suis une très fidèle et très ancienne auditrice de votre radio que j’aime. Mais j’ai parfois l’impression que vous imitez les télés d’info continue. Ce qui me désole. Il y a un temps pour chaque chose, et nous sommes dans le temps des Régionales. Le temps de la Présidentielle viendra plus tard. » 

« Je sais bien que Paris n’est pas concerné par les départementales, mais Paris n’est pas la France. J’apprécie votre radio mais par pitié parlez de nous, c’est à dire des 3/4 de la population qui n’habitent pas Paris. Détaillez-nous les programmes des candidats aux Régionales et départementales et non pas à longueur de journée de la politique politicienne qui ne sert qu’à faire grandir le vote RN et à toujours demander ce qu’untel ou untel pense de l’autre candidat. On est assez grands pour comparer si tant est que vous nous en donniez l’occasion ! » 

« Je ne vais pas dire que le front républicain est mort, mais presque », a affirmé l’eurodéputé LREM Stéphane Séjourné, conseiller du président de la République, invité du « Grand entretien » dans la matinale de France Inter, appelant à éviter de laisser au RN la possibilité d’exercer seul l’opposition pendant six nouvelles années.   

« Il faut avoir une réflexion au moment du second tour pour garantir le report des voix dans un premier temps et une expression politique dans ces assemblées qui permettent à d’autres oppositions de s’exprimer », a-t-il soutenu, suggérant que les autres oppositions figurent sur la liste du candidat contre le RN.  

Réactions immédiates des auditeurs :  

« Eh Bien, dont acte !!!!!!!! Si « le front républicain est mort » nous serons donc autorisés à ne pas voter en 2022. Face à Marine le Pen, nous ne serons pas obligés de voter Macron… Merci de me donner cette autorisation. Parce que c’est un peu facile de faire appel à la gauche une fois tous les cinq ans pour faire barrage au RN et le reste du temps conduire une politique de droite. » 

« Monsieur, vous déclarez qu’avec 20% aux présidentielles, le RN devrait avoir un groupe à l’Assemblée nationale. Par conséquent vous ne dissociez pas ces deux élections ? Les législatives et les présidentielles sont devenues une seule et même élection ? »  

Au cours de cette interview, Stéphane Séjourné a été interrogé par Léa Salamé et Nicolas Demorand sur le périple du président de la République : « L’itinérance d’Emmanuel Macron vise à prendre le pouls du pays, à accompagner les réouvertures. Si aller écouter les citoyens c’est être en campagne, alors il est en campagne depuis le début de son quinquennat », a expliqué le conseiller du président. 

Après 14 mois de crise, le chef de l’Etat a démarré cette semaine un « Tour de France » à la rencontre des Français afin de fixer le cap des dix derniers mois de son quinquennat, ultime ligne droite avant la présidentielle. Il a visité mercredi et jeudi les villages de Saint-Cirq-Lapopie et de Martel, et hier, en marge de ce déplacement dans le Lot, Emmanuel Macron a considéré que la société était « de plus en plus violente », en disant observer « une dégradation très nette », et que « la nation » vivait « un sentiment d’insécurité”

Ce thème s’annonce comme l’un des sujets majeurs de la prochaine présidentielle et son traitement médiatique est particulièrement scruté et commenté par nos auditeurs cette semaine. 

Le traitement journalistique des faits divers 

Au menu des interrogations et des remarques, le traitement de plusieurs faits divers sur les antennes et notamment les éléments de profil des agresseurs, communiqués ou non, lors des journaux ou des reportages : pourquoi le nom d’un forcené n’est-il pas systématiquement donné à l’antenne ? Pourquoi, dans certains cas, le nom d’un assassin est passé sous silence comme s’il s’agissait d’éviter une forme de stigmatisation ? Comment justifiez-vous l’omission de l’origine d’un suspect ? 

Voici les remarques d’auditeurs :  

« J’écoute assez régulièrement votre radio. Je ne connais toujours pas le nom du « forcené » qui a attaqué au couteau une policière à côté de Nantes il y a trois jours, mais le nom bien français de Terry Dupin qui a tiré sur des flics hier matin en Dordogne tourne en boucle. Peut-on savoir pourquoi ? » 

« Alors que Radio France n’a jamais daigné donner le nom du tueur du policier Éric Masson, alors que l’on n’a jamais su le nom du tueur de cette femme honteusement brûlée vive, alors que l’on ne nous dit pas le nom du tueur de la jeune fille de 17 ans, votre radio se croit habilitée à marteler le nom du tueur des Cévennes, Valentin Marcone, cela quand bien même il a été récupéré par la police hier soir.  
Comment justifiez-vous ce deux poids deux mesures entre le tueur de policier, le tueur de la femme brûlée vive, le tueur hier soir de la jeune fille et ce tueur des cévennes, lui-même rattrapé par la police ? Quel intérêt aujourd’hui à donner son nom ???? Quel intérêt journalistique s’il vous plaît ? »  

« A Avignon, un jeune dealer tue un policier. On ne dit pas ni son nom ni son prénom mais on s’empresse de dire qu’il est Français. Sa mère parle, on ignore son nom et son prénom et on ne filme que ses pieds. Dans le Gard, un jeune tue deux personnes et s’enfuit. On cite son prénom et son nom : Valentin Marcone. A Ivry, une jeune fille de 17 ans est assassinée par un jeune garçon en fuite. On donne le prénom de la victime, Marjorie, et le prénom de sa mère, Odile, dont on voit le visage. Mais on ne donne pas le prénom et le nom du tueur. Pourquoi cette différence de traitement de l’information ? Seuls les Français sont-ils répertoriés et nommés quand ils sont Français ? Doit-on cacher les noms des étrangers ou des Français récemment naturalisés quand ce sont des assassins ? Qui discrimine-t-on ? » 

Il est important d’indiquer que dans les affaires « Valentin Marcone » et « Terry Dupin » les identités ont été communiquées sur les antennes à la suite des conférences de presse des procureurs de la République et des avis de recherche, des appels à témoins lancés par la police pour retrouver les fugitifs. Il s’agit là d’une mission de service public. 

Dans les autres cas, il convient de rappeler qu’il est interdit de diffuser l’identité d’un mineur délinquant. Il est également impératif de respecter le cadre du secret de l’instruction et d’une enquête en cours, or divulguer le nom d’un suspect peut entraver le travail des enquêteurs et le bon déroulement des recherches.  

Au tout début d’une enquête, lorsqu’une personne est en garde à vue mais pas encore mise en examen les journalistes restent extrêmement prudents quant à la communication des identités. Tout dépend également de la nature et de la gravité de l’affaire : on ne présente pas comme suspect une personne qui n’aurait été qu’entendue par la police puis remise en liberté sans aucune charge retenue contre elle. 

Communiquer, ou non, l’identité d’une personne dans le cadre d’une enquête ne fait pas l’objet d’une charte spécifique au sein des rédactions de Radio France ; en revanche Franceinfo applique pour le traitement du terrorisme des principes spécifiés dans sa charte déontologique dont nous publions ici un extrait :  

« L’événement terroriste est d’une nature si particulière qu’il exige une déontologie adaptée. Et ce, pour plusieurs raisons : 

– depuis qu’il existe, le fait terroriste a toujours intégré une dimension médiatique. Les auteurs de cette violence visent à chaque fois à utiliser les médias comme « caisse de résonance » de leurs actes. 
– le terrorisme n’attend plus seulement la publication par les médias de l’attentat qui vient d’être commis. Il assure lui-même sa propagande, obligeant les médias à une prudence accrue. 
– le terrorisme s’en prend aux personnes. Le respect à l’égard des victimes doit primer sur le devoir d’informer. 
– la préservation de l’intérêt public est l’un de nos principes majeurs dans le choix de publication de nos infos. 

Franceinfo applique, pour le traitement du terrorisme, les principes suivants : 

– Franceinfo n’anonymise pas les terroristes. Les rédactions le font dans le but d’expliquer quels sont leurs parcours et leurs réseaux. Dans le cas contraire, elles se verraient accusées de censure et encourageraient le complotisme. 
– Franceinfo ne diffuse pas, conformément à la loi, d’images attentatoires à la dignité des personnes : victimes meurtries, terroristes présumés tués par les forces de l’ordre… La décision de diffuser des images relatives à une scène d’attentat, au nom du droit à l’information, relève de l’autorité de la direction de l’info. 
– si la situation l’exige, Franceinfo peut décider de ne pas traiter en direct mais en différé une intervention policière. 
– Les images fixes ou animées, les sons produits par les terroristes eux-mêmes, intuitu personae ou via leurs organisations, doivent être obligatoirement identifiés en tant que tels (incrustes à l’antenne, et/ou mention en voix). Leur usage est soumis à une indispensable contextualisation. » 

L’agression raciste à Cergy-Pontoise  

Dimanche soir, un livreur noir, à vélo, a été agressé alors qu’il récupérait une commande dans un établissement de restauration rapide. L’agresseur l’a frappé et a proféré des injures racistes. Témoin de l’altercation, une femme a filmé depuis sa fenêtre. L’agresseur l’a alors prise à partie et dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on entend l’homme proférer des insultes racistes à son encontre, notamment : « Espèce de négresse, espèce de sale noire (…) Pendant 800 ans, on vous a vendus comme du bétail ». Pour ces faits, l’homme sera jugé le 8 juillet pour injure publique à raison de l’ethnie, nation, race ou religion et d’apologie de crime contre l’humanité (crime de réduction en esclavage). 

Le traitement journalistique de cette agression raciste soulève des remarques :  

« Je suis choqué par l’agression dont a été victime un livreur à Cergy. Je suis encore plus choqué de la manière dont vous relatez l’évènement. En faisant la rétention de l’origine de l’agresseur, vous donnez l’impression d’une information orientée. C’est néfaste pour la crédibilité du journalisme. ».  

« Je viens d’entendre le sujet sur l’agression raciste à Cergy. Je m’étonne de l’information lacunaire sur cet événement. À aucun moment, on n’évoque le fait que l’agresseur se revendiquait algérien et qu’il évoquait la traite arabo-musulmane en disant que les noirs-africains n’étaient alors que du bétail. Je comprends bien que cela part d’un bon sentiment et que votre rédaction ne veut pas en rajouter au racisme anti-arabe. Ce choix me parait dramatiquement contre-productif. N’êtes-vous pas au courant que les sources d’informations sont aujourd’hui multiples et que la plupart des auditeurs connaissent les faits. L’interlocuteur de votre journaliste évoque à juste titre les dérives d’une chaîne de télé d’info en continue. Le problème, c’est que beaucoup d’auditeurs pourront conclure de ce traitement de l’information que c’est là et pas sur votre radio qu’on pourra avoir accès à une information complète. Je pense que le choix du traitement de ce fait divers a été évoqué en conférence de rédaction, mais je me permets de vous dire qu’en continuant comme cela, on va droit à l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Je puis vous assurer que votre auto-censure (comme celle de cacher le patronyme d’une personne incriminée lorsqu’elle n’est pas « français de souche ») provoque défiance et colère chez de nombreuses personnes avec qui j’ai l’occasion d’échanger. Par pitié, ne faites pas d’une chaine d’info en continue souvent évoquée ces jours-ci, un média de référence. Je suis un homme de gauche et cela me rend malade de voir à quel point vous faites des cadeaux à l’extrême droite, tout en croyant bien faire. » 

Les rédactions préfèrent s’en tenir aux faits et analyser en quoi ces faits illustrent une tendance de notre société. Plutôt que l’origine de l’agresseur c’est l’origine de l’agressé qui importe. Il ne s’agit pas de dissimuler mais d’être factuel et en l’occurrence de relater qu’une personne noire a été victime de faits racistes expliquent les rédactions.  

Nous reviendrons sur ce traitement éditorial demain dans le rendez-vous de la médiatrice avec Matthieu Mondoloni, directeur adjoint de la rédaction de Franceinfo. Nous répondrons également à une question fréquente dans le courrier cette semaine : « Une procession de 300 catholiques a été agressée à Paris samedi dernier par des militants d’extrême gauche. Pourquoi n’en avez-vous pas parlé ? » s’interrogent des auditeurs. Réponse demain à 11h51 sur Franceinfo. 

Qui veut la pale des éoliennes ? 

« Les éoliennes ont le vent en poupe dans l’actualité. C’est un sujet polémique sur lequel Emmanuel Macron reconnaissait il y a un an que le consensus s’affaiblissait » nous écrit un auditeur. « Un sujet polémique », pour le moins !  

Thomas Legrand en fait les frais cette semaine. Sa chronique du 2 juin « Les éoliennes : une nécessaire réglementation » a suscité des crispations et en particulier ce passage : 

Thomas Legrand : « D’objets écologiques majestueux, rassurants, élégants, sources d’énergie douce, de puissance tranquille, l’éolien est en passe de devenir une armée d’invasion de monstres géants, agents du grand capital qui brasse l’air et découpe les chauves-souris dans un chuintement incessant. Stéphane Bern, monsieur patrimoine, est l’archétype de l’anti-éolien produit par le développement dérégulé. Il affirme hâtivement, ou spécieusement, que l’éolien n’est pas écologique.  
Le débat charrie aussi tout un tas de fake news : entre autres, sur la durée de vie d’une éolienne, ses piètres performances, le caractère non renouvelable de ses grands tubes. Beaucoup de bêtises circulent qui nourrissent un agacement antimoderne, imagine une menace sur notre identité (nos paysages) voulue par des décideurs apatrides, invisibles, à la fois capitalistes et écologistes.  
Tous les fantasmes, dont se repait le conservatisme à la mode, sont réunis, offerts au RN qui y trouve une occasion de s’implanter en milieu rural. Voilà bien une preuve que les extrêmes prospèrent mieux dans les univers dérégulés ! Mais l’Etat va enfin cadrer l’implantation des éoliennes ! Il était temps ! Barbara Pompili vient de produire une circulaire dont on se demande pourquoi elle n’arrive que maintenant. » 

Réactions des auditeurs : 

« Je suis scandalisé par votre billet de ce matin concernant les éoliennes, assimilant leurs opposants à des gens d’extrême droite et anti-modernes. Ce n’est pas parce que certains dans cette mouvance récupèrent ce sujet que tous ceux qui s’opposent à ces implantations peuvent être ainsi qualifiés par des journalistes ; les éoliennes engendrent des nuisances, détruisent effectivement les paysages, tuent des millions d’oiseaux et de chauve-souris (il y a des études scientifiques très précises sur le sujet, encore faudrait-il que certains commentateurs sortent de leur paresse et les lisent). » 

« Vous n’habitez pas à côté d’une éolienne ! Moi, oui !  Alors ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas. Regarder les éoliennes en passant sur la route et vivre avec tous les jours, sont deux choses différentes.  
Les centaines de camions toupies de béton, les centaines de camions de cailloux enfouis dans le sol, le bruit – quand elles tournent – un véritable supplice chinois, les ombres portées, le saccage du paysage de nos territoires ruraux, les cadavres d’oiseaux aussitôt avalés par les renards (maintenant on les voit même en plein jour ! signe que le garde-manger est bien garni…), etc… Tout ça c’est de l’écologie et la préservation de la biodiversité !? Il faut bien être de la ville pour le croire ! » 

« Oh !! les Parisiens !!  
Réveillez-vous, informez-vous et sortez de vos tours !!!  
Vous êtes prêts à avoir un monstre de 200m de haut à 500m de votre habitation, la rendant invivable et invendable !!  
C’est ce qui nous attend, ruinant notre investissement immobilier de toute notre vie.  
Le rendement de ces machines est dérisoire, elles ne marchent qu’a grand coup de subventions.  
Venez sur le terrain, documentez-vous, avant de vous en prendre à M. Stéphane Bern qui, lui, a fait son boulot de journaliste !!! » 

Quelques heures après cette chronique Thomas Legrand a indiqué sur Twitter : « Parler de « dérégulation » s’agissant de l’implantation d’éoliennes dans la chronique de ce matin était une bêtise. J’y reviendrai dans un prochain édito ». 

Jeudi matin, Guillaume Erner recevait dans « Les matins » les ingénieurs Philippe Bihouix et Thierry Salomon pour le débat : « Éolien : une énergie face à des vents contraires. ». Là encore beaucoup de réactions d’auditeurs :  

« Les éoliennes sont une catastrophe écologique et paysagère, elles ne sont que la dernière poule aux œufs d’or des firmes capitalistes, et malheureusement la légitime colère des opposants que personne parmi nos « élites » ne considère est récupérée par le RN à des fins électoralistes. » 

« Est-ce que Guillaume Erner va poser la question à Monsieur Salomon sur ce qu’on fait, comment on a de l’énergie, quand il n’y a pas de vent ? Le Danemark montré en exemple, et l’Allemagne également, ont recours au gaz ! Bravo pour les émissions de CO2 et l’indépendance et la souveraineté (gaz russe pour l’Allemagne). Est-ce que Guillaume Erner peut poser des questions qui risquent de déranger ? » 

« Vraiment déçu de la prestation des deux intervenants ce matin. On n’en sait pas plus, si ce n’est que les oiseaux iront bien avec les éoliennes, idem pour les poissons et les fonds marins, que la solution énergétique existe, mais que finalement on ne sait pas ce qu’on fera sur le quai de la station de métro en l’absence de vent, et que les voitures électriques ne sont pas un problème, mais que pour le coup il faudra peut-être quand même et de toute façon retourner fissa dans des cavernes chauffées à la pompe à chaleur. Les arguments avancés auraient mérité d’être un peu plus étayés, on n’a pas tout compris, et surtout c’est resté beaucoup trop superficiel. Et puis mettre deux ingénieurs face à un extrait d’un discours de Stéphane Bern forcément limité (le discours aussi), c’est injuste. Du coup les invités se sont focalisés sur des sujets mineurs peu convaincants et totalement inintéressants (les chats). On a ressenti aussi la vieille guerre entre Salomon et Jancovici, un débat entre les deux aurait été au moins amusant. » 

L’éolien : sujet ultra sensible pour les auditeurs 

Les éoliennes coûtent trop cher, leur production est irrégulière, elles bétonnent l’environnement, elles tuent des oiseaux… Ces critiques sont-elles fondées ?
Il y a une semaine la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a défendu le caractère  » vital » de l’éolien pour lutter contre le dérèglement climatique et s’est appliquée à démonter les  » contre-vérités » accablant l’éolien.

Selon la ministre, les énergies renouvelables sont déjà compétitives et le seront plus encore demain, ajoutant que diversifier le bouquet énergétique de la France réduit  » l’insécurité » liée à une trop forte dépendance au nucléaire. Rien ne dit que l’éolien fait chuter les prix de l’immobilier, hors cas particulier estime Barbara Pompili qui a dénoncé des « campagnes de désinformation alimentées avec cynisme par quelques opportunistes politiques ».  
Les pylônes transforment les paysages. Mais « j’aimerais qu’on ait les mêmes prescriptions pour les zones commerciales ou les panneaux publicitaires qui défigurent les entrées de ville », a ajouté Barbara Pompili. 

Au sujet de l’impact sur la faune, très souvent évoqué dans les messages des auditeurs, ajoutons que les oiseaux, surtout migrateurs, les rapaces ainsi que les chauves-souris de haut vol sont reconnus comme les plus sensibles à l’essor de l’éolien : collisions avec les pales, pertes d’habitats, perturbations comportementales, selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et l’Office national de la Chasse et de la faune sauvage (ONCFS). 

Il y a une semaine, la LPO a déploré la mort aux Pays-Bas d’un gypaète barbu, espèce protégée, et Allain Bougrain-Dubourg a demandé au gouvernement français, « porté par des ambitions louables en matière de transition écologique », d’exclure des zones de développement éolien les zones Natura 2000 classées. 

L’Etat et la filière affichent leur volonté de mieux répartir les installations. La ministre, qui reconnaît des erreurs dans le passé, parfois un manque de concertation, demande aux préfets de cartographier les zones susceptibles d’accueillir de futurs sites, et veut croire que l’éolien séduise une majorité de l’opinion.  

Selon l’Institut de sûreté nucléaire (IRSN), 82% des Français ont une bonne image de l’énergie éolienne. Pour ce qui est de vivre près d’un site, le parc éolien est jugé comme le moins inacceptable : 41% des sondés accepteraient de vivre près d’éoliennes, 22% près d’une ligne à haute tension, 16% près d’une centrale nucléaire.  

Les auditeurs lui souhaitent « Bon vent » 

Cette semaine encore, Pierre Weill a reçu de nombreux messages très chaleureux de la part des auditeurs qui n’en finissent pas de lui dire au revoir :  

« Je vous écoute depuis toujours et votre voix, vos analyses, votre matinale me manquent déjà. Je vous souhaite une très bonne retraite et encore merci pour votre intégrité et votre honnêteté de journaliste » 

« Bonjour à vous, du poste radio ! Je voulais dire au revoir à une voix devenue familière, celle de Pierre Weill. J’appréciais sa voix douce et posée que je retrouvais occasionnellement. Je conserve un profond plaisir d’avoir entendu sa voix et profité de sa présence toute proche dans mon poste. Bonne retraite et merci d’être resté si longtemps près de nous. »  

« Quelle bonne idée d’avoir invité Pierre Weill dans « La bande originale » pour la fête de la radio, il nous a tant accompagné, faisait partie de nos vies et lorsque a été annoncé son départ à la retraite  
Je me suis sentie comme orpheline, mais c’est la vie…Bonne retraite Pierre !!! » 

« Je voulais remercier le journaliste Pierre Weill et lui souhaiter une bonne retraite. D’abord, vu qu’il était souvent le joker des habituels, c’était à chaque fois une bonne surprise, un changement dans les différents rendez-vous, le journal, le téléphone sonne etc. ; sa voix douce et suave, et surtout son ton, sa manière de mener les interviews, directes et efficaces, laissant la parole à l’invité. Et puis souvent un mot sur la musique où l’on sentait sa passion et très bonne connaissance du rock. Voilà tout était bien. Tous mes remerciements à ce grand et modeste professionnel. » 

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Emmanuelle Daviet 
Médiatrice des antennes de Radio France 
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