#37 Traitement éditorial de la mort d’Elizabeth II

AFP

D’accord, la reine d’Angleterre est morte.
C’est une information.
Est-on pour autant obligé de nous noyer pendant plusieurs jours sous cette « Windsorlâtrie » digne d’un pays du Commonwealth ?
Je ne le crois pas.
Nous n’avons que faire des détails sur le parcours du train funéraire ou sur le nom de l’entrepreneur des pompes funèbres (je l’ai entendu sur Franceinfo!) qui a mis à disposition le corbillard écossais, sur tel ou tel rejeton de cette famille de nantis dont la seule gloire « est d’être né » comme le disait Molière… C’est indécent au regard de tous les sujets d’actualité qui impactent le quotidien des Français (crise de l’énergie, inflation…).
Les médias français n’en ont pas fait autant pour le décès de monarques de pays frontaliers de la France, comme la mort du roi des Belges qui a eu un traitement médiatique normal.
Cessez donc ce traitement de « l’actualité » digne d’un tabloïd !

« Je comprends, en partie, les messages des auditeurs. La disparition de la Reine a entraîné une immense émotion dans le monde entier dont nous avons rendu compte, mais nous devons aussi aller plus loin. C’est ce que nous tâchons de faire à la Rédaction internationale et dans les différentes rédactions de Radio France pour décrypter cet événement historique. Avec la mort d’Elizabeth II, un très long chapitre de notre Histoire s’est refermé. Même si son rôle politique a été secondaire, il n’était pas inexistant. Le souverain britannique est un garant de la démocratie, et la Reine était une figure fédératrice dans un pays aujourd’hui déchiré, par le Brexit, les inégalités sociales, la poussée indépendantiste en Ecosse… Charles III devra à son tour tenter de rassembler son peuple, une tâche difficile pour un héritier souvent contesté. C’est tout cela que nous essayons de raconter sur les antennes de Radio France. Nous nous sommes aussi efforcés de varier les sujets, les angles, de donner la parole aux opposants à la monarchie, aux militants républicains, ou à ceux que la royauté britannique indiffère. Et nous avons continué à laisser beaucoup de place aux autres sujets d’actualité, en particulier à la guerre en Ukraine et au recul récent des forces russes. »

Je voudrais savoir ce qui vous fait croire que vos auditeurs sont intéressés par la monarchie britannique ? Pour ma part et pour tout mon entourage cela n’a aucun intérêt. Nous souhaiterions plutôt avoir des informations sur les réformes préparées par le gouvernement, sur le projet de budget ? Je me permets aussi de vous rappeler que le 21 janvier 1793 la France a coupé la tête du roi… et que depuis, avec quelques temps de restauration ou d’Empire, nous sommes en République… Donc en quoi une radio d’Etat REPUBLICAIN doit-elle se faire la chroniqueuse d’une monarchie étrangère ? Je ne comprends pas bien le but.

L’actuelle première ministre britannique a su être cash en avouant ne pas savoir si son pays était « amie ou ennemie » avec la France.
Et nous, on a une radio publique d’informations qui nous gave de flashs spéciaux depuis 4 jours comme si le deuil nous concernait. Faut-il rappeler aux journalistes que la France n’est pas dans le Commonwealth et que l’Angleterre n’est pas l’Union européenne ? Peut-on m’expliquer à quoi nous servent les états d’âme de Stéphane Bern ou d’autres chroniqueurs qui font leur fortune sur la royauté des autres ?
Merci de nous parler des sujets qui nous concernent, parlez-nous de l’Europe plutôt que de monarchies d’un autre âge !!

Pitié ! Ne laissez pas tomber les Ukrainiens comme vous l’avez fait pour les rouennais au moment de la catastrophe Lubrizol ! Vous aviez laissé les gens seuls, privés de toute information, dans une situation de danger immédiat. Une honte pour la presse dans son ensemble. Le décès de la reine Elizabeth ou de Jacques Chirac n’aurait pas dû vous empêcher d’assurer votre mission d’informer. Les évènements d’Ukraine sont d’une importance vitale pour notre Europe, n’oubliez pas cette actualité. Et ne vous plaignez pas que les gens cherchent à s’informer sur Internet.

Il est à peine 08h15 sur France Inter et je suis déjà fatigué de vous entendre parler et parler de la mort d’Elizabeth II. Que de louanges, de discours pontifiants, de temps perdus pour des sujets plus importants. Arrêtez tout ce cirque médiatique, ne tombez pas dans le ridicule. Dans un pays républicain, comment est-ce possible d’encenser autant cette personne et tous ceux autour d’elle dans cette monarchie ridicule, d’un autre temps.

La reine d’Angleterre est décédée. Soit. Que l’information soit donnée. Mais est-il nécessaire d’arrêter tous les programmes de franceinfo, de passer en édition spéciale ? Nous ne sommes pas anglais, les valeurs de la monarchie sont très discutables. Notre peuple a lutté pour s’en libérer. Le niveau de détail sur les règles de la monarchie anglaise et du protocole donné sur l’antenne sont ahurissants. Dans des moments pareils, je coupe ma radio info/culture/inter. Toutes le même programme !!!

Je suis un auditeur fidèle. Mais je risque fort d’être de moins en moins assidu. Je sais déjà que je n’écouterai plus la radio les lendemains de décès de personnalités. Ce que je ne supporte plus, c’est l’information unique, développée et accommodée à toutes les sauces. Aujourd’hui, enfin hier soir, la reine Elizabeth II est décédée. J’ai trouvé très intéressante une nécro très détaillée passée dans le journal d’hier soir sur Inter. Mais ce matin on nage en pleine indigestion. La chronique économique commence ce matin ainsi : je vous pose une question simple, y’a-t-il un angle économique au décès de la Reine ? La réponse est non, mais la chronique porte tout de même là-dessus. Ce réflexe de ne focaliser que sur un évènement, au risque d’oublier le reste du monde, au risque de prendre des angles ridicules, est à mon sens contreproductif. Et franchement pénible !