#40 L’édito de la médiatrice

Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels envoyés du 30 septembre au 7 octobre 2022.
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1. Sandrine Rousseau, invitée du Grand entretien de France Inter
2. La chronique « En toute subjectivité » de Guillaume Roquette
3. Deux prix Nobel français

4. La situation en Iran
5. #MeToo, 5 ans après
6. Julie Gacon plébiscitée par les auditeurs
7. Les bonnes ondes de Florian Delorme
8. Coup de cœur : Christian Bobin, dans le Grand Atelier sur France Inter

9. La langue française

Question de points de vue
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Au menu de cet édito : sur France Inter, Sandrine Rousseau, invitée dans “Le Grand entretien” ; la chronique « En toute subjectivité » signée Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine ; le traitement éditorial des prix Nobel et la place de la science ; la couverture journalistique de la situation iranienne ; “Le Téléphone Sonne” sur #Metoo et les jeunes et le coup de cœur des auditeurs pour Christian Bobin dans « Le Grand atelier ». Et sur France Culture, les programmations spéciales à l’occasion des cinq ans du mouvement #Metoo et les chaleureux messages des auditeurs adressés à Julie Gacon et Florian Delorme.  

Commençons cet édito par les deux interventions, au micro de France Inter, qui ont suscité le plus de réactions des auditeurs cette semaine :

De Sandrine Rousseau…

La députée Nupes-EELV de Paris était l’invitée du Grand entretien ce lundi 3 octobre. Parmi les sujets évoqués, la situation interne d’Europe écologie les verts depuis les accusations de violences psychologiques visant Julien Bayou, le combat féministe, la libération de la parole et les propos d’Elisabeth Badinter. Réactions contrastées des auditeurs qui ont massivement écrit à la suite de son interview. 

« J’ai 66 ans, militante féministe depuis mon adolescence, je suis outrée par les interventions de Sandrine Rousseau s’imposant comme juge et arbitre sur Julien Bayou qui desservent les femmes par son agressivité et ses propos extrémistes, irrespectueuse du droit français, de la présomption d’innocence, instaurant un tribunal populaire à croire que son seul projet est de dégommer les hommes politiques qui l’entourent pour exister. Sa parole n’est plus audible et surtout elle n’est plus crédible, pour moi Sandrine Rousseau n’a plus sa place dans l’espace public, je l’invite à démissionner, pour ma part, je ne voterai jamais plus pour sa personne. » 

« Tout mon soutien à Madame Rousseau, la voix qu’elle porte est nécessaire et soutenue par la génération des jeunes féministes. Merci de votre discours engagé et loin du féminisme bien-pensant qui croit encore que porter plainte pour une agression sexuelle est la chose à faire. Ceux-ci n’y ont jamais été manifestement confrontés. » 

« Pourquoi inviter Sandrine Rousseau, finalement peu représentative de l’écologie et de ses valeurs ? Pourquoi relancer sans cesse une histoire qui n’est pas représentative des valeurs de l’écologie et du travail des militantes et des militants sur le terrain ? Il y a tellement de sujets importants. N’y a-t-il pas des femmes ou hommes politiques à EELV autres que Mme Rousseau pour parler et défendre les choix politiques d’EELV ? ». 

… à Guillaume Roquette

Si certains s’interrogent sur l’invitation faite lundi à Sandrine Rousseau pour défendre la cause des femmes ou faire entendre la voix de l’écologie, d’autres ont difficilement supporté la chronique de Guillaume Roquette, mardi, dans le rendez-vous d’opinion « En toute subjectivité ». La question, posée par le directeur de la rédaction du Figaro Magazine, « Qui pour défendre les riches ? », a même suscité un vif émoi chez des auditeurs. Une première depuis la création de ce rendez-vous, lancé en septembre 2021. Aucune intervention des personnalités s’exprimant régulièrement dans cette chronique n’ayant jamais été, à ce point, blâmée.  

« Question subjectivité, on est « dans le dur », avec Guillaume Roquette, le directeur de la rédaction du Figaro Magazine que vous mettez à l’antenne le mardi. Le problème est que ce monsieur prétend soumettre à l’auditeur des données « objectives », quand il parle de ces « malheureux » 10% les plus riches qui seraient les cibles de l’impôt… alors que ce sont précisément ceux qui « optimisent » un max et se débrouillent pour ne pas en payer.
Est-il obligatoire de nous infliger les billets de ce personnage ? Il faudrait cesser de donner de l’audience à cette pensée-là. Il y a bien assez de chaînes de radio et de TV pour la relayer. L’entendre sur France Inter produit l’effet d’un électrochoc.  
Bref, oui à la subjectivité, et non à la propagande. France Inter nous a habitué à davantage de discernement. » 

« Comment peut-il oser dire qu’il n’y a qu’un écart de 1 à 3 entre les riches et les pauvres? Et pleurer sur ces personnes qui prennent des risques en mettant leur argent en bourse ! On n’a qu’à l’obliger à vivre pendant plusieurs années avec moins de 1500€ par mois dans un quartier ségrégué.  
Tout de même, sortir de la pauvreté en France est loin d’être facile. Les personnes les plus riches ne perçoivent même plus les conditions réelles de vie des plus modestes (logement, loisirs, déplacements, éducation) et surtout des conséquences sur leurs enfants (estime de soi, échec scolaire, addictions…)  
Si les riches étaient si valeureux à prendre des risques en jouant leur argent à la bourse, il y a longtemps qu’ils ne le feraient plus. Et personnellement (enseignante), je n’ai pas d’argent à mettre en bourse. J’ai deux comptes épargne populaire dont le rendement est systématiquement en dessous de l’inflation.  
S’il vous plaît, on peut ratisser large pour obtenir plus d’audience mais là franchement, cela passe les bornes ! Je suis très en colère alors que j’adore ma radio ! » 

« Quel dégoût me prend ce matin au réveil en entendant la chronique de Guillaume Roquette. Rendre justice aux grands patrons qui ne gagnent pas autant qu’avant à cause de la crise ! Comment peut-on oser ces propos dans le contexte économique de notre société ? Comment peut-on oser alors que la population française s’appauvrit au risque de ne pas pouvoir se chauffer ni manger à sa faim cet hiver.  
Je vous fais part du choc que je ressens devant de tels propos. Je souhaiterais pouvoir entendre de vrais chroniques journalistiques, objectives, justes et menées par des professionnels neutres.  
Je ressens une grande colère devant le manque de respect et d’humanité qui ressortent de cette chronique. En espérant ne plus avoir à me manifester auprès de vous dans de telles conditions. » 

Les auditeurs ont toute légitimité à nous faire part de leur opinion, mécontentement ou adhésion. Notre mission de service public de l’audiovisuel consiste à faire exister sur l’antenne une mosaïque de points de vue et les débats d’idées qui circulent dans notre société, la radio n’ayant pas vocation à livrer à son auditoire une uniformité de pensée.  

Ces derniers jours, les propos de Sandrine Rousseau ou de Guillaume Roquette ont heurté certaines sensibilités, la semaine passée les points de vue d’Elisabeth Badinter en indignaient d’autres. Interrogée à ce sujet, le 30 septembre, dans « Le rendez-vous médiatrice » sur France Inter, Adèle Van Reeth, directrice de l’antenne indiquait :  

« Le rôle de France Inter, et de la matinale en particulier, est de donner à entendre les éléments qui constituent ce qu’on appelle le débat public. Cet enjeu est absolument décisif. Notre rôle est de relayer le débat public et tout ce qui va en ce sens conforte notre mission de service public. Les paroles sont les bienvenues tant qu’elles sont argumentées, qu’elles suscitent des désaccords est sain. Que ces désaccords puissent s’exprimer est essentiel au bon fonctionnement de la démocratie, au bon fonctionnement même du service public. Je me réjouis plutôt que le débat ait été lancé et que nous soyons dans un endroit où nous pouvons donner la parole à d’autres points de vue, à des points de vue qui sont en désaccord qui permettent d’alimenter cette réflexion. »  

Traitement éditorial des prix Nobel et place de la science 

La « saison » des Nobel s’est ouverte en début de semaine. Alain Aspect, a reçu mardi le prix Nobel de physique, la plus prestigieuse des récompenses scientifiques. Le chercheur s’est dit « impressionné » par ce prix, ce mercredi sur France Inter, « sans prétendre » être au niveau des autres « grands physiciens » qui figurent sur la liste des prix Nobel de physique, Marie et Pierre Curie, ou encore Albert Einstein. Alain Aspect a été couronné aux côtés de l’Américain John Clauser et l’Autrichien Anton Zeilinger, pour leurs découvertes sur la physique quantique.  

Hier, le Nobel de littérature a couronné Annie Ernaux faisant de cette figure féministe la première Française à décrocher le prix. L’écrivaine, âgée de 82 ans, souhaite utiliser cette récompense pour poursuivre son « combat contre les injustices, tout ce qui est une forme d’injustice par rapport aux femmes, à ceux que l’on appelle les dominés. »  
L’Académie de Suède a expliqué avoir récompensé Annie Ernaux « pour le courage et l’acuité clinique dont elle fait preuve pour révéler les racines, la distanciation et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ».  

De l’autre côté du poste, des auditeurs s’agacent de la différence de traitement octroyé aux deux Nobel sur l’antenne de France Inter, avec un large temps d’antenne consacré à la littérature et dans une moindre mesure, à la science, avec des messages parfois très (trop ?) durs : 

« J’ai constaté depuis bien longtemps que France Inter, et particulièrement le 7/9 devenu 7/9h30, pratiquait un véritable « apartheid culturel » vis-à-vis des sciences et techniques. Je tiens aujourd’hui une preuve irréfutable en flagrant délit. Deux prix Nobel français en une semaine et une différence de traitement inimaginable : 25mn d’interview pour Annie Ernaux, plus des commentaires dithyrambiques tout au long de la matinale et des journaux. Pour Alain Aspect, 9mn d’interview par votre journaliste vedette qui ne connaît pas le sujet qu’elle traite. Je ne lui en veux pas, ce n’est pas sa spécialité. Il eut fallu qu’elle soit assistée par un journaliste scientifique. A France Inter, le domaine des sciences (hors médical) est traité comme subalterne par rapport à celui, hypertrophié, de la littérature, philosophique ou artistique. Et pourtant, pour faire avancer le monde, il est bien plus fondamental (voir la pyramide des besoins de l’Homme). Voilà une piste de progrès pour devenir une VRAIE radio généraliste. » 

« Je suis étonnée par l’importance que vous avez donnée au prix Nobel de littérature, en comparant le temps accordé au prix Nobel de physique, dans vos entretiens du 7/9. Alain Aspect, par ses travaux, par son prestige déjà international, et sa valeur personnelle, méritait tout autant d’être entendu » 

« J’ai été extrêmement choqué par l’interview d’Alain Aspect, prix Nobel de Physique 2022 dans le 7h50. Que votre journaliste ne soit pas en mesure de comprendre un sujet de recherche me semble tout à fait normal (…), mais (…) les journalistes ont un rôle fondamental à jouer comme contre-pouvoir ou même contre l’ignorance et cela inclut naturellement le domaine scientifique. 
Cette inculture est déplorable car dangereuse. 
Dangereuse car elle ne porte pas la contradiction à la démagogie de groupes de pressions ou au pouvoir en place. 
Dangereuse car l’humanité est dans une situation climatique critique de ne pas avoir su écouter, entendre et comprendre les rapports que le GIEC publie depuis des décennies. 
S’il vous plait, formez vos journalistes en place et embauchez des journalistes compétents dans le domaine scientifique ! » 

Former les journalistes aux questions scientifiques : cette demande des auditeurs est un marqueur fort en ce début de saison radiophonique. A ce sujet, un auditeur écrivait récemment :

« N’étant pas le seul que ça agace parmi mes confrères et mes collègues, j’ose me faire le porte-parole de cette remarque que je souhaiterais constructive bien évidemment.  
La totalité des journalistes de vos antennes, ainsi que la très grande majorité de vos producteurs et animateurs sont issus d’une formation littéraire. Je n’ai rien contre, et le savoir-faire de l’écriture s’en ressent, il est rythmé, riche et agréable la plupart du temps, parfois un peu cliché, mais ce n’est pas ici mon propos.  
Là où c’est plus gênant, c’est à chaque fois qu’un sujet demandant des connaissances mathématiques, scientifiques même de base est abordé, on sent, soit la panique, soit l’euphorie générale au micro des journalistes: « Hi, hi, hi, un sujet où personne ne va rien comprendre ! ». Et bien non, sachez que si vous traitez un sujet que vous estimez compliqué à cause d’un manque de connaissance profond dans un domaine, parmi vos auditeurs, il y a des gens qui comprennent, voire même qui sont acteurs, créateurs, experts, de ce dont vous parlez.  
On est nombreux à ne pas comprendre, pourquoi des journalistes qui ne comprennent bien pas un sujet, et qui sont par l’actualité forcés de le traiter, pensent systématiquement que les auditeurs ne comprendront pas non plus.  
Toutes ces phrases « On ne comprend plus rien » , « Ne vous inquiétez pas, là on simplifie, « Monsieur X, sans avoir un bac +14 pouvez-vous nous expliquer ».
Oui, simplifier et vulgariser peut-être important pour que le plus grand nombre comprenne, mais non, on ne peut pas tout simplifier à l’extrême sans dénaturer la complexité de la nature de la vie. La vie politique française et ses enjeux sont très complexes, (et aussi très ennuyeux) et vous traitez cela avec passion et rigueur. Des centrales nucléaires vont être mises en travaux, combien de kwatts a-t-on besoin cet hiver en France ? Que va-t-il nous manquer ? Feuille blanche.  
Il y a longtemps, il y avait encore quelques scientifiques, quelques matheux dans les médias venaient traiter ce type de sujet. Mais où sont-ils ?
La prise d’antenne, parler au plus grand nombre, ne peut se faire en excluant une partie de la population. Nous sommes très nombreux en France à savoir faire une règle de 3, à manipuler une division avec un chiffre négatif. 
Merci de m’avoir lu, et peut-être ce message aura servi à quelque chose ? »  

La formation scientifique des journalistes était le sujet du rendez-vous de la médiatrice samedi dernier sur Franceinfo, Olivier Emond, chef du service sciences, santé, environnement et technologies de Franceinfo, répondait aux questions des auditeurs, à réécouter ici.  

La situation en Iran 

En début de semaine, des auditeurs estimaient qu’il n’était pas suffisamment question de l’Iran sur les antennes, alors que des femmes de ce pays retirent leur foulard et organisent tous les jours des rassemblements, avec des hommes, pour protester contre la mort de Mahsa Amini, défiant la répression meurtrière des manifestations qui ont lieu depuis près de trois semaines en Iran.  

La jeune femme kurde iranienne de 22 ans est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la police des mœurs pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique qui oblige notamment les femmes à porter le voile. La colère a éclaté lors de son inhumation et s’est propagée dans le pays. 
Ces manifestations, les plus importantes en Iran depuis celles de 2019 contre la hausse du prix de l’essence, ont fait réagir les auditeurs :

« Pourriez-vous médiatiser davantage les manifestations qui ont lieu depuis plus de deux semaines en Iran ? Je comprends que la guerre en Ukraine soit à la Une. Mais pourquoi privilégier dans les gros titres les affaires de violences conjugales de la Nupes (qui méritent bien sûr une couverture médiatique) plutôt qu’un mouvement social sans précédent qui fait de nombreux morts chaque jour ? Des femmes et tout un peuple se battent pour leur liberté, il serait important d’en parler davantage. »  

« Je suis surpris du manque flagrant d’information concernant l’Iran. Ce qui s’y passe est historique et ça ne fait que quelques lignes ici ou là. Comment est-ce possible ? » 

« Les informations relatives aux mouvements de contestations ne sont pas relayées sur vos chaînes. L’ukrainien essaye de récupérer 10% de son territoire, tandis que le peuple iranien essaye de récupérer 100% de ses droits et libertés. Une part plus importante devrait être consacrée aux événements de l’Iran. Vous savez parfaitement qu’une exposition médiatique internationale peut être bénéfique aux mouvements en Iran. Merci d’avance pour vos efforts pour un traitement de l’information juste et honnête. » 

France Culture et Franceinfo ont consacré des émissions et des reportages aux affrontements qui secouent le pays, à retrouver ici.  

Mercredi, France Inter a proposé une journée spéciale avec des témoignages, des invités, des spécialistes, pour décrypter et comprendre la situation en Iran. Des auditeurs ont salué cette initiative : 

« Ce mercredi 5 octobre, c’est avec satisfaction que j’ai entendu que France Inter faisait une journée spéciale sur les protestations et les manifestations des femmes iraniennes (et des hommes) après la mort d’une jeune femme qui ne portait pas son voile comme les autorités religieuses islamiques le prescrivent.  
Un auditeur grincheux ferait remarquer qu’il a fallu attendre près de 3 semaines pour que la radio publique s’émeuve un peu, imitant les néo-féministes qui préfèrent éreinter une féministe (Elisabeth Badinter), comme l’a fait Mme Mailfert dans son billet hebdomadaire de vendredi dernier, plutôt que dénoncer un patriarcat qui, ô surprise, existe également, dans les sociétés musulmanes. Je crois qu’à ce jour, mercredi 5 octobre, 92 personnes sont mortes en Iran. » 

« Témoignage bouleversant de Negzzia chez Sonia Devillers à propos des événements actuels en Iran. Ce ne sont pas que les femmes qui veulent être libres, c’est le peuple tout entier. Soutien à eux ! » 

« Je tiens à vous remercier pour votre journée spéciale Iran sur France Inter qui a permis à mes compatriotes en Iran de faire entendre leurs voix.  Un grand merci à tous de votre solidarité et en espérant des jours meilleurs pour mon pays.  Femme, vie, liberté ! » 

Dans les journaux des différentes antennes, il est régulièrement question des évènements en Iran, d’ailleurs, demain, dans « Le rendez-vous de la médiatrice », sur Franceinfo, à 13h20 et 16h20, Franck Mathevon, directeur de l’information internationale, répond aux questions des auditeurs sur la stratégie journalistique déployée pour informer de la situation dans ce pays où la presse est muselée et les médias internationaux inexistants.  

#Metoo, cinq ans après 

Le 5 octobre 2017, le New York Times publiait une enquête sur des accusations de harcèlement sexuel contre le jusque-là intouchable producteur hollywoodien Harvey Weinstein. Le mouvement #MeToo était lancé.  

Depuis, des centaines de milliers de femmes ont partagé ce hashtag pour dénoncer des violences sexuelles et sexistes, ne plus tolérer de tels agissements et affirmer leurs convictions féministes. Cinq ans après ce mouvement sans précédent à travers le monde, France Culture a proposé toute la semaine une programmation spéciale avec experts, philosophes, sociologues et témoins, sur l’antenne et via un nouveau podcast original. Des propositions éditoriales très appréciées par les auditeurs : 

« J’écoute votre émission en ce moment. Quelle excellente initiative de faire cette semaine d’émissions pour les 5 ans du mouvement !  
J’ai 50 ans et j’ai malheureusement à mon actif un palmarès assez fourni d’expériences d’agressions sexuelles de la plus sordide à la plus « banale » et quand je vous écoute, je me dis que les femmes d’aujourd’hui partent sur de meilleures bases mais ce n’est pas encore gagné ! Le travail de terrain dont vous parlez est essentiel.  Continuez comme ça et merci à France Culture pour cette semaine #MeToo qui s’annonce passionnante. »  (France Culture, Être et Savoir, semaine spéciale #MeToo : 5 ans après)

« Merci beaucoup pour cette émission, ça fait du bien ces paroles d’hommes, qui se remettent en question. » (France Culture, Les Pieds sur Terre, semaine spéciale #MeToo : 5 ans après) 

France Inter a consacré, le 4 octobre, un « Téléphone sonne » à #Metoo pour évoquer l’influence de ce mouvement sur la jeune génération.   

« Je suis un homme de 45 ans, le mouvement Metoo a été une énorme libération pour moi… Cela m’a permis de me détacher de la vision machiste des rapports homme/femme et m’a aidé à remettre en perspective de nombreuses interrogations et des sentiments de frustrations qui datent de l’époque du collège…  C’est d’un grand réconfort de voir les jeunes se saisir de ces thématiques essentielles, qui parlent aussi de domination et d’un jeu auquel de nombreux hommes (dont de mon âge) ne souhaitent plus du tout jouer. »  (France Inter, Téléphone sonne, 4 octobre)

« Je souhaite réagir à l’intervenant qui dit que les hommes étaient silencieux pendant 5 ans. Pour ma part je me sens très concerné par MeToo. Cependant la parole pour moi était aux femmes, pas aux hommes qu’ils l’ont depuis si longtemps. J’ai appris à écouter, à entendre ce que nous leur avons fait. Et j’en prends ma part. Cela m’a fait beaucoup réfléchir et d’ailleurs cela continue. » (France Inter, Téléphone sonne, 4 octobre)

Julie Gacon et Florian Delorme de France Culture 

Ce vendredi matin, Julie Gacon a salué avec émotion les auditeurs des « Enjeux internationaux » sur France Culture. Elle présentera désormais “Cultures Monde” le magazine international quotidien de la chaîne, du lundi au jeudi à 11h, les auditeurs retrouveront Mélanie Chalandon  le vendredi à 11h.  

« Les Enjeux internationaux », à 6h45, se poursuivent avec Baptiste Muckensturm (6h/7h), chaque matin sur France Culture.   

Remerciements, félicitations pour son professionnalisme et encouragements affectueux des auditeurs pour Julie Gacon : 

« Grand merci à Julie Gacon pour la grande qualité de ses émissions, vos questions précises et claires, le choix de vos invités, le don d’orienter vos questions vers la conclusion parce que le temps passe vite surtout lorsque les commentaires sont passionnants… Merci pour avoir pris le temps de nous dire au revoir, je vous ai écoutée tous les matins… du coup je vais m’abonner au podcast de Cultures Monde et là nous aurons tous plus de temps. »
 
« Bonne chance pour votre nouveau challenge et un immense merci pour nous avoir accompagné tous ces matins ou dans vos reportages avec justesse, courtoisie et humanité. Vous aviez repris et porté parfaitement le flambeau , et votre duo avec Baptiste fait des Enjeux une pépite. Nous sommes aussi émus que vous mais faisons confiance à cette équipe pour conserver l’esprit bienveillant et universel de cette émission. À bientôt en podcast probablement pour votre nouvelle émission ! »  

Depuis 2011, Florian Delorme était à la tête de « Cultures Monde », il est nommé délégué aux programmes par Sandrine Treiner, directrice de France Culture. Il aura pour mission de conduire la stratégie éditoriale de la chaîne pour les programmes. Ce vendredi matin, il présentait sa dernière émission et cette annonce, a fait réagir les auditeurs, unanimes à saluer son travail :    

« En écoutant votre émission, je viens d’apprendre que vous la quittez pour d’autres responsabilités. 
Je voulais simplement vous dire que j’ai rarement écouté une émission aussi intelligente, menée de main de maître avec délicatesse, exigence, humour, insolence et courtoisie quel que soit votre interlocuteur et le sujet traité ! C’était une belle partition, vous êtes grand chef d’orchestre ! » 

« Un très grand merci à Florian Delorme, et à son équipe, pour cette formidable émission qui fait honneur à France Culture. C’est une belle reconnaissance de passer le flambeau à Julie Gacon qui possède également une grande finesse d’esprit et contribue à l’intelligence collective. »  

Coup de cœur des auditeurs  

Le poète Christian Bobin était l’invité dimanche 2 octobre dans “Le Grand atelier” de Vincent Josse à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « Le Muguet rouge », chez Gallimard, ainsi qu’un recueil de ses œuvres, « Les différentes régions du ciel », dans la collection Quarto/Voix contemporaines. « Moment suspendu », « Deux heures de grâce », les auditeurs ne tarissent pas d’éloges : 

« Quel bonheur cette émission d’aujourd’hui ! D’un seul coup on grandit, on vibre à ses paroles, on est ému par son émotion, sa profondeur. Une interview comme celle-là nous rend plus intelligent. Bravo à Christian Bobin et sa poésie, sa spiritualité de la vie et merci à Vincent Josse de ces deux heures magnifiques ! J’en redemande ! Merci merci ! » 

« Comment peut-on vous remercier de nous avoir offert une telle présence, une telle ouverture du cœur et de l’esprit réunis… Avec humilité, délicatesse, subtilité et infinie présence Christian Bobin exerce une magie inégalée et intemporelle. Merci, merci beaucoup… Une lectrice inconditionnelle de Christian Bobin depuis plus de 25 ans. »

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes de Radio France