« L’Expresso » vous propose un condensé des thématiques abordées par les auditeurs dans leurs messages du 1 au 7 mai 2026.
Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

 
1. Le rapport sur l’audiovisuel public : avis d’auditeurs
2. Le traitement éditorial de la free party dans le Cher 
3. Le 13/14 de France Inter à Epernay consacré à l’Aide sociale à l’enfance
4. Le feuilleton du 13/14 de France Inter dans une école taurine
5. Le film « Michael » dans le Masque et la Plume 
6. Réactions d’auditeurs à l’émission « Grand bien vous fasse » sur la voyance 
7. 1er mai : « La fête du Travail » 
8. Langue française

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L’Expresso vous propose cette semaine une sélection de messages sur divers sujets qui reflètent les sensibilités des auditeurs de Radio France. 

Une partie des messages portent sur le rapport du député Charles Alloncle, issu des travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Ce document, vivement critiqué par une partie de la classe politique, a suscité de nombreuses prises de position. Beaucoup d’auditeurs expriment leur attachement à Radio France, tandis qu’une minorité formule des critiques plus globales sur le rôle et le fonctionnement de l’audiovisuel public.

Autre sujet ayant suscité de nombreuses réactions : la free party organisée le week-end dernier près de Bourges, qui a rassemblé plus de 20 000 personnes. La couverture de cet événement a particulièrement interpellé des auditeurs. Certains s’interrogent sur la place importante qui lui a été accordée sur les antennes, tandis que d’autres dénoncent un traitement qu’ils jugent soit trop complaisant à l’égard des participants, soit au contraire stigmatisant. La question de la parole donnée à des participants à un événement illégal a également été soulevée. Nous l’évoquerons demain lors du rendez-vous de la médiatrice sur Franceinfo à 16h53, 18h50 et 21h13 avec Richard Place, directeur de la rédaction. Il reviendra sur les choix éditoriaux de la rédaction pour couvrir cette actualité. 

Mercredi, le 13/14 de Jérôme Cadet, en direct d’Epernay, était consacré à l’Aide Sociale à l’Enfance pour évoquer ses réussites, ses échecs et les enjeux de financement. A son micro, le chef pâtissier Yazid Ichemrahen, champion du monde de pâtisserie et desserts glacés qui a grandi dans le foyer de l’ASE à Epernay. Les auditeurs ont unanimement salué la qualité de ce 13/14 en soulignant la justesse et la bienveillance du traitement éditorial ainsi que la qualité des témoignages et des intervenants. Beaucoup disent avoir été profondément touchés et mettent en avant le rôle essentiel du service public pour proposer ce type de reportages.

Les auditeurs ont également réagi au feuilleton du 13/14 de France Inter sur l’école taurine d’Arles. Ces reportages, diffusés cette semaine, à l’approche de la saison des corridas, ont suscité de vives critiques. Des auditeurs ne comprennent pas que cette pratique « cruelle », d’une « autre époque » soit évoquée sur une antenne de service public. 

Dans un tout autre registre, le propos tenu par une intervenante dans « Le Masque et la Plume » animé dimanche dernier par Charlotte Lipinska a choqué des auditeurs. Alors qu’il était question du biopic consacré à Michael Jackson, une chroniqueuse a estimé qu’« en fait on voit qu’il va devenir pédocriminel ». Des auditeurs, notamment des fans de l’artiste, ont fait part de leur indignation et ont jugé ces propos déplacés indiquant que « le roi de la pop » n’a jamais été condamné pour pédophilie. 
Rappelons que Michael Jackson a été acquitté lors de son procès en 2005 pour des accusations d’abus sexuels sur mineur. Le jury l’a innocenté à l’unanimité des 14 chefs d’accusation, dont des accusations de pédophilie. Après sa mort en 2009, de nouvelles accusations ont donné lieu à des poursuites civiles, mais aucune condamnation pénale n’a pu être prononcée en raison de son décès. Le chanteur n’a donc pas été condamné, il reste néanmoins au cœur de controverses persistantes, nourries par des accusations anciennes et des procédures civiles engagées après sa mort. 

Parmi les autres sujets de crispations, l’émission « Grand bien vous fasse » sur France Inter consacrée à la voyance, a surpris des auditeurs. Ils s’interrogent sur la place accordée à ce type de thèmes sur une antenne de service public, y voyant une forme de légitimation de pratiques non scientifiques. 

L’appellation « fête du Travail » est-elle correcte pour qualifier le 1er mai ? Non, selon des auditeurs.  
Ils reprochent aux antennes l’usage de l’expression « fête du Travail », qu’ils associent au régime de Vichy, préférant parler de la « journée internationale des travailleurs et des travailleuses ». Ils y voient un manque de « rigueur historique ».  
Il est important ici de redonner des éléments de contexte car ce débat renvoie à une double histoire : celle de la « journée internationale des travailleurs », instaurée en 1886 en hommage aux luttes pour la journée de 8 heures et celle d’une reconnaissance institutionnelle en France.  
Le 1er mai est à la fois la « fête du Travail », il s’agit du nom officiel en France et dans de nombreux pays, et la « fête des Travailleurs » qui est une appellation plus courante en Belgique ou au Québec, souvent utilisée par les syndicats ou les mouvements sociaux.  

Le régime de Vichy, dirigé par Philippe Pétain, a détourné le sens du 1er mai et en a fait un outil de propagande, en interdisant notamment les manifestations et les syndicats indépendants. Dès 1945, le Gouvernement provisoire rétablit le 1er mai comme journée de lutte et de revendications syndicales, en rupture avec l’héritage de Vichy. Aujourd’hui cette date est avant tout associée à la lutte pour les droits sociaux, sans lien avec le régime de Vichy. 

La « fête du Travail » le 1er mai a été officiellement reconnue par l’État français en 1947, c’est un jour férié et chômé associé à la fête du muguet. Quant à la « Fête des Travailleurs », l’origine est militante ; le terme plus engagé, est utilisé par les syndicats et les mouvements ouvriers pour rappeler le caractère revendicatif de cette date dans de nombreux pays avec l’organisation de manifestations et de défilés massifs. 

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes